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Trajan le meilleur des Princes

Trajan, le meilleur des princes

Trajan est à la tête de l'Empire romain entre 98 et 117 après J.C. Pendant son règne, le sénat lui décerne le titre d'Optimo Principi,

Portrait de Trajan sur un sesterce
Portrait de Trajan sur un sesterce. Photo Freeman and Sear

"le meilleur des Princes". Trois siècles après sa mort, sa réputation d'empereur idéal est intacte. A cette époque, alors que l'Empire a radicalement changé, on souhaite à chaque nouvel empereur d'être "felicior Augusto, melior Trajano", c'est-à-dire "plus heureux qu'Auguste, meilleur que Trajan"[1]. Au XVIII° siècle, Montesquieu lui-même, dans son ouvrage classique sur les causes de la décadence de l'Empire romain, est très élogieux : "Nerva adopta Trajan, prince le plus accompli dont l'histoire ait jamais parlé. Ce fut un bonheur d'être né sous son règne. Il n'y en eut point de si heureux ni de si glorieux pour le peuple romain. Grand homme d'état, grand capitaine, ayant un coeur bon qui le portait au bien, un esprit éclairé qui le montrait le meilleur, une âme noble, grande, belle, avec toutes les vertus, n'étant extrême sur aucune. Enfin l'homme le plus propre à honorer la nature humaine, et à représenter la divine"[2]. Trajan, malgré cette réputation exceptionnelle, a-t-il vraiment été le meilleur des princes ?

Les sources littéraires de l'histoire de Trajan sont minces[3]. Les commentaires de la guerre des Daces, qui portent le nom de l'empereur mais qui ne furent peut-être pas écrits par lui sont perdus[4]. Aucun des ouvrages des historiens contemporains qui ont raconté l'histoire de son règne n'a survécu. Tacite évoque Trajan occasionnellement. Suétone interromp sa "Vie des douze Césars" à Domitien (96 ap. JC), et l'auteur de l'Histoire Auguste, par ailleurs très souvent fantaisiste, a commencé son ouvrage par le récit du règne d'Hadrien, successeur de Trajan. Dion Cassius écrit dans les années 30 du 3° siècle après J.C. une longue histoire des empereurs, mais seule une version abrégée de la période de Trajan a survécu. On trouve également quelques indications dans les textes d'auteurs plus tardifs (IV° siècle), Aurelius Victor et Eutrope, ainsi que des mentions brèves, des allusions, des observations incidentes, dans une vingtaine d'auteurs. Les écrits de Pline le Jeune, le Panégyrique de Trajan aussi bien que ses lettres constituent la source contemporaine la plus importante. Le Panégyrique est un éloge écrit à la gloire de l'empereur au début de son règne.

Quant au 10ème volume des lettres de Pline, également écrites au début du règne, il contient la correspondance de Pline, alors légat impérial en Bithynie, avec l'empereur. Toutes sortes de problèmes plus ou moins importants y sont évoqués. Malheureusement, peut-être les réponses ont-elles été écrites par la chancellerie impériale, plutôt que de la main de l'empereur lui-même, ce qui n'enlève rien à l'intérêt de ces textes. Cette pauvreté relative des sources littéraires est compensée par la richesse des inscriptions. Le nom de Trajan est si souvent gravé sur les monuments que dès l'antiquité, il a été surnommé "le pariétaire"[5]. Les monnaies, très nombreuses et riches d'informations de tous ordres, constituent l'une des sources principales de l'histoire de Trajan, auxquelles il faut ajouter l'archéologie monumentale. Trajan en effet a fait construire de grands projets architecturaux, qui éclairent son règne.

La Patrie des Ulpii, la famille de Trajan, est Italica, un municipe de l'Espagne Ultérieure ou Bétique (Italica est située près de la Séville moderne). Le père de Trajan fait une carrière militaire réussie, qui lui vaut une belle ascension sociale. Il se distingue notamment en tant que légat de légion sous Vespasien, pendant la Guerre des Juifs. Son action efficace lui vaut d'être nommé consul en 70, avant de devenir gouverneur d'une des plus importantes provinces de l'Empire, sur le plan militaire et stratégique, la Syrie. Là encore il se distingue face à l'Empire Parthe, l'un des ennemis héréditaires les plus sérieux de Rome. Grâce à ses loyaux services, Trajan père, le premier de sa famille, devient Sénateur à Rome. Il est probablement mort avant 100 après J.C., au moment où Pline écrit son Panégyrique.

C'est en Syrie, sous le commandemant de son père, que Trajan fait ses premières armes en tant que Tribun militaire, comme tous les fils de Sénateurs. Trajan fils semble avoir été toujours très respectueux de son père, qu'il fait déifier en 113 (monnaie n°1). C'est au contact de ce père apparemment rigoureux que Trajan a acquis un goût pour le commandement, pour l'action et pour l'efficacité militaire. Trajan est donc originaire d'Italica, où il est né en septembre 53 après J.C. On ne sait rien de son enfance et de son éducation, mais on peut noter qu'Italica, colonie fondée au I° siècle avant J.C. était toute romaine. Strabon, dans sa "Géographie" (III, 2, 15) dit qu'on y parlait latin et la cité a toujours gardé des liens très étroits avec la mère Patrie. Bien qu'espagnol par le lieu de naissance, culturellement, Trajan, qui est le premier "étranger" à être devenu empereur, est entièrement romain.

Trajan n'a pas laissé la réputation d'être particulièrement cultivé. Il ne fut pas un empereur philosophe. Pline évoque cependant les conversations intéressantes qui s'engageaient à la table de l'empereur (Panégyrique, 49 et Lettres, VI, 31).Trajan aurait particulièrement apprécié Alexandre le Grand, son héros préféré. A défaut d'être lui même un fin lettré dans le style de Marc Aurèle, ou un amoureux pathologique des arts lyriques comme Néron, Trajan, semble-t-il, a toujours respecté les arts et lettres. Il aurait même renoncé aux lois de lèse-majesté[6]. Sur ce plan, le contraste avec les pratiques de Domitien est frappant : Domitien, dit Suétone[7], fait périr Hermogène de Tarse "à cause de quelques allusions [défovorables à l'empereur] contenues dans son histoire"; Domitien n'oublie d'ailleurs pas de faire crucifier les libraires qui ont diffusé ces allusions... Rien de tout cela sous Trajan, qui respecte les arts et lettres, et fait même contruire des bibliothèques grecques et latines à Rome, sur son forum (voir le plan du forum de Trajan). Cette tolérance a sans doute beaucoup contribué à la mise en place de son exceptionnelle réputation.

Colonne Trajane, détails. Les bas-reliefs, disposés en spirale, représentent plus de 2500 figures, et retracent les principaux évènements des guerres daciques. Trajan y  très fréquemment représenté. Photos © Kalermo Koskimies Plutôt qu'un lettré casanier ou contemplatif, Trajan donne davantage l'image d'un homme d'action. Sa carrure est imposante, les traits de son visage, tels qu'il apparaissent sur les sculptures ou sur les monnaies (voir son buste en marbre, photo n°1 et, par exemple, les monnaies n°7 ou 24), sont plutôt graves; son visage "respire une certaine gravité et le regard, empreint de résolution, semble dur[8]". Sa chevelure, devenue blanche précocement, cependant, adoucissait cette physionomie naturellement imposante. Après ses débuts en Syrie sous le commandement de son père, Trajan poursuit sa carrière dans les armées de Germanie, où, selon Pline, ses qualités militaires auraient été particulièrement appréciées des légions. Dès ses débuts, et l'ensemble de son règne le confirmera, Trajan dément donc la réputation de ses compatriotes, dont Tite Live dit que parmi tous les espagnols, ils étaient les moins aptes à la guerre[9]. En 89, Trajan est légat de la Ière légion Adjutrix dans la province de Tarraconnaise, lorsque Domitien lui donne l'ordre de marcher sur le Rhin pour réprimer le soulèvement d'Antonius Saturninus et de ses troupes cantonnées à Vindonissa (Windish). Quand Trajan arrive en Germanie, la révolte est déjà terminée, mais son zèle est récompensé par le consulat dont il est revêtu en 91. Trajan est donc très différent de son père politique, Nerva, qui l'a adopté à l'automne 97. Trajan, le militaire physique d'origine espagnole est l'opposé de Nerva l'Italien, qui a laissé la réputation de ne pas avoir été très courageux sur le plan physique. Sur ses monnaies c'est en tenue d'imperator, de général victorieux, que Trajan est représenté le plus souvent. A l'occasion, il se fait graver sur le revers d'une monnaie (n°2) en pleine action : monté sur un cheval au galop, il transperce un ennemi avec sa lance. C'est précisément pour ses qualités militaires, mais aussi pour sa loyauté, que Nerva semble avoir choisi Trajan comme successeur.

Le gouvernement de Nerva, devenu empereur sur le tard (il a plus de 60 ans lorsqu'il accède à l'Empire, en 96), est davantage civil que militaire. C'est le Sénat, durement éprouvé sous Domitien, qui le choisit en remplacement du tyran. La Garde Prétorienne, à Rome, et l'armée en général, dont la solde avait été fortement augmentée, s'indigna au contraire de l'assassinat de Domitien[10], et humilia Nerva en lui demandant de punir les meurtriers de Domitien. Tiraillé entre l'armée et le parti sénatorial, âgé et malade, Nerva décida de recourir à un homme jeune et énergique, capable de se faire respecter. C'est sur Trajan, l'un des généraux les plus en vue, que se porta son choix. Trajan gouvernait alors la Germanie Supérieure, zone militaire hautement stratégique, en tant que légat impérial. Dans le passé, lors du soulèvement d'Antonius Saturninus, il avait fait preuve de loyauté envers Domitien. Le cas échant, il pouvait faire respecter son père adoptif. Ce choix, dit Tacite, fut excellent. Ce fut le meilleur choix possible : à l'aurore de ce siècle bienheureux, dit-il, Nerva a uni deux choses autrefois incompatibles, le Principat et la liberté, et chaque jour Trajan ajoute au bonheur de notre temps[11]. Pline le jeune, de même, ne tarit pas d'éloges envers le nouveau maître de l'Empire.

Nerva meurt en janvier 98, peu de temps après l'adoption de Trajan. Celui-ci ne se précipite pas immédiatement à Rome pour recevoir l'investiture officielle. Il préfère expédier les affaires courantes depuis son quartier général de Germanie. De façon générale, il a poursuivi la politique conduite par ses prédecesseurs, Vespasien ou Domitien, dans cette région de l'Empire, en renforçant les points d'appui militaires du limes, la frontière avec la Germanie barbare. C'est à Rome que Trajan passe l'année 100. Nerva est alors déifié; il apparaît tout au long du règne dans la titulature impériale, aussi bien sur les monuments de pierre que sur les monnaies (voir par exemple les monnaies n°2, 7, 9, etc). Quant à lui, il fait d'abord preuve, selon Pline, d'une certaine modestie, en refusant que l'on attribue son nom à un mois de l'année, que l'on place sa statue parmi celles des dieux ou encore en refusant, au début du règne en tout cas, le titre de père de la patrie (Pater Patriae). Il s'intitule Germanicus certes (voir la monnaie n°3), pour son action en Germanie, mais il ne triomphe pas : Pline dit en effet qu'il n'a livré aucune bataille, son seul nom ayant suffi à effrayer les barbares et mis fin à leurs déprédations. On sent là les limites de l'apport historique du Panégyrique, écrit avant tout pour flatter l'empereur. La modestie relative de Trajan est cependant incontestable du point de vue des consulats. Pendant son règne, Trajan n'a été consul que 6 fois, alors que Vespasien l'avait été 9 fois, Titus 8 fois et Domitien 17 fois !

L'historien grec Ammien Marcellin affirme que Trajan, à chaque fois qu'il prononçait un serment ou exprimait un voeu terminait toujours en s'écriant : Quand donc réduirai-je la Dacie en Province![12]. Cette expression n'est probablement pas historique, mais elle montre bien quelle était la préoccupation principale de Trajan au début de son règne. Les Daces, peuple barbare installé au nord du Danube, s'agitaient sous le commandement de leur chef Décébale. Au début du II° siècle après J.C., le peuple Dace n'est pas inconnu à Rome. Déjà, au I° siècle av. JC, ils ne cessent d'inquiéter les provinces romaines situées au sud du Danube. Sous la dictature de César, par exemple, le chef Dace Boerebistas constitue une coalition des tribus de son peuple et attaque la Thrace, la Macédoine et l'Illyrie. César s'apprêtait à lancer une expédition contre eux quand il fut assassiné (Suétone, César, 44). Pendant le I° siècle après J.C., Rome contient difficilement ce peuple remuant. Il lui arrive d'installer en masse sur la rive droite du Danube la partie la plus agitée de ces populations. A la fin du règne d'Auguste, Aelius Catus transporte en Mésie 50000 barbares (Strabon, VII, 3, 10). C'est sous Domitien que Décébale commence à faire parler de lui. Il utilise les techniques militaires romaines et impose à Rome, qui ne parvient pas à le réduire par les armes, un traité de paix humiliant. Domitien s'intitule Dacicus et organise un triomphe à Rome, mais personne n'est dupe : le peuple romain appelle cette cérémonie "les obsèques des morts de Dacie[13]".

Trajan souhaite donc mettre fin à l'humiliation de Rome sur le Danube. Il commence les préparatifs d'une grande campagne. Il réorganise l'armée, en créant 2 nouvelles légions, la II° légion Traiana et la XXX° Ulpia. L'Empire dispose désormais de 30 légions permanentes, chiffre encore jamais atteint jusque là. Par ailleurs, il opère une réorganistation du stationnement des troupes; en particulier, il déplace des légions de Bretagne (Angleterre actuelle) et de Germanie vers le Danube. La campagne contre les Daces commence en 101. L'armée romaine franchit le Danube sur un pont de bateaux, comme en témoigne un bas-relief de la Colonne Trajane à Rome (la photo n°2 montre des exemples de bas-reliefs). C'est en 102 qu'est prise la capitale Dace Sarmizegethusa (voir la carte). L'audace militaire de Décébale ne l'empêche pas de capituler. Il devient allié du peuple romain, ce qui signifie qu'il ne peut plus entreprendre de guerre sans la permission du Sénat. Trajan reçoit au cours de cette première guerre dacique 3 salutations impériales décernées par ses troupes (monnaie n°4), correspondant à trois grandes victoires. De retour à Rome[14] il triomphe (monnaie n°5) et reçoit le titre de Dacicus (monnaie n°6). Pourtant, Décébale refuse la défaite, et après un court répit, il attaque les camps de légionnaires installés en Dacie. Trajan repart donc en campagne en 105-106. Cette fois-ci, Décébale, à nouveau vaincu et traqué préfère se donner la mort plutôt que de subir l'humiliation d'un triomphe à Rome, qui aurait certainement été suivi de sa mise à mort.

Les guerres Daciques ont mobilisé de très importantes ressources, mais les gains sont considérables. La Dacie annexée est constituée en province (monnaie n°7). Pour la première fois, l'empire romain s'étend au delà du Danube. Trajan a donc vengé Rome. Il a en plus dépassé les limites fixées par Auguste, qui préconisait de garder les limites de l'Empire telles quelles. L'architecte grec Apollodore de Damas jette un pont sur le Danube (à Drobeta, cf. carte et monnaie n°9).

Carte : Les conquêtes de Trajan.

Ce monument remarquable constitué de 60 piles de pierre mesurait plus d'un kilomètre de long. Après la victoire, les populations Daces qui ont survécu à la guerre sont traitées impitoyablement : une partie est réduite en esclavage, d'autres sont contraints à l'exil, comme on peut le voir sur la Colonne Trajane. Dans la nouvelle Province, vide d'habitants, un trophée est élevé à Adamclisi pour matérialiser la victoire (photo n°3). Ce monument fait partie d'un programme de propagande politique plus large : les bas-reliefs de la Colonne Trajane, à Rome (photo n°2 et 5 et monnaie n°19), racontent tous les détails de la guerre et mettent particulièrement en avant l'action de Trajan, l'artisan de la victoire. Les monnaies diffusent également très largement l'image de Trajan vainqueur et triomphateur. La Dacie, qui reçoit le jus italicum[15] (exemption d'impôts fonciers) devient une colonie de peuplement. On vient de tout l'Empire s'y installer. La nouvelle province est très prospère grâce à ses mines d'or et d'argent. La prise du trésor de Décébale, mais surtout l'afflux de l'or des mines de Dacie à Rome permet à Trajan de mettre en oeuvre une politique sociale et architecturale active.

C'est grâce à son action militaire en Dacie que Trajan se voit décerner le titre de "Meilleur des Princes, par la volonté du Sénat et du peuple romain" ("Optimo principi senatus populusque romanus"). La modestie de la titulature des débuts du règne, mise en avant par Pline dans son Panégyrique s'estompe donc. Le titre flatteur de "meilleur des princes" apparaît désormais sur les monnaies de bronze, d'argent ou d'or (voir notamment les titulatures des monnaies n°8, 9, 10, 11, 12, etc), et rappelle que Trajan, pendant tout son règne, entretient des relations cordiales avec le Sénat. Cette titulature, mais aussi l'iconographie monétaire montre que Trajan est proche du dieu des dieux, Jupiter Capitolin, qui lui aussi est Optimus (on l'appelle Jupiter Optimus Maximus, "Jupiter le meilleur et le plus grand"). Trajan apparaît sur une monnaie avec un foudre (monnaie n°10), attribut typiquement jupitérien à la main, ou même directement en compagnie du dieu (monnaie n°11), qui le prend sous sa protection. Cette assimilation Trajan-Jupiter est très habile du point de vue de la propagande et du culte impérial.

Reconstitution du trophée romain d'Adamclisi, en Roumanie. Les trophées sont également très souvent représentés sur les monnaies (voir par exemple les monnaies n°18 ou 25)

La politique de Trajan, à bien des égards, s'inscrit dans la continuité de celle engagée par Nerva. Sur le plan social, le "meilleur des princes" continue de mettre en oeuvre la politique des alimenta (monnaie n°12), créées par Nerva. Cette instution avait plusieurs buts. D'abord, grâce à des prêts agricoles à faible taux d'intérêt, il sagissait de revivifier l'agriculture de l'Italie qui subissait de plein fouet la concurrence des productions agricoles abondantes des provinces. Les intérêts dégagés devaient permettre de financer l'éducation d'enfants orphelins des cités italiennes. Cette politique sociale n'était cependant pas sans contrepartie, puisque les enfants ainsi aidés, une fois parvenus à un âge suffisant, devaient s'engager dans l'armée.

L'annexion de la Dacie constitue un véritable tournant dans le règne de Trajan. Au début de son règne, en effet, l'empereur est soucieux de montrer qu'il est économe dans sa vie publique[16]. Il conseille à Pline le Jeune de ne pas grever les ressources de l'état par des dépenses inconsidérées. En 106, cette période est révolue. C'est l'époque des largesses impériales et des projets architecturaux pharaoniques et somptuaires, financés par l'or Dace. Les congiaires, distributions d'argent au peuple de Rome, s'étaient élevés jusqu'alors à 75 ou 100 deniers au maximum par tête (Claude donna 75 deniers, Néron 100 denier, Titus, Domitien et Nerva 75 deniers). Après les guerres Daciques, Trajan fait distribuer 650 deniers par personne[17] ! L'Italie et Rome se couvrent de grands chantiers. Trajan fait construire la Via Trajana, qui conduisait de Rome à Brindisi. Une monnaie représente cette réalisation sous forme d'allégorie : la nouvelle route y est figurée par une femme couchée au sol et appuyée sur une roue (monnaie n°13). A Rome même, un nouvel aqueduc, "l'Aqua Trajana" conduit l'eau du lac Sabatinus (lago di Bracciano), jusqu'au Janicule (monnaie n°14). Deux grands établissements de bains sont créés : les thermae Trajanae et les thermes Surianae, alimentés par l'Aqua Trajana. Le "meilleur des princes" s'est aussi préoccupé de l'approvisionnement de Rome en blé, notamment en faisant réaliser des aménagement portuaires (monnaie n°15), ainsi que de la distraction du peuple : il fit agrandir le Cirque et en aménagea l'intérieur (cf. monnaie n°16). Le satyriste Juvénal, contemporain de l'Empereur, déplore que le peuple romain, autrefois glorieux, n'ait désormais plus d'autre ambition qu'un double désir passionné : "du pain et des jeux" (Panem et circenses, Juvénal, X 78-81). On comprend également que l'Empereur ait eu quelques difficultés pour recruter des légionnaires à Rome, et qu'il ait dû recourir au service d'innocents orphelins italiens pour contenir manu militari Germains et autres Sarmates sur le Rhin ou le Danube.

Le plus important des grands projets architecturaux de Trajan à Rome est cependant le forum qu'il fit édifier par l'habile constructeur du pont de pierre du Danube, Apollodore de Damas. Ce vaste complexe architectural (voir le plan ci-joint), contruit dans le prolongement du Forum d'Auguste, a nécessité le nivellement d'une colline, dont la hauteur initiale est indiquée par le sommet de la Colonne Trajane[18].

Plan du Forum de Trajan à Rome

Plan : Le Forum de Trajan à Rome. 1/ Entrée principale, porte triomphale (voir la monnaie n°18). - 2/ Statue équestre de Trajan (voir la monnaie n°17). - 3/ Basilique Ulpienne. - 4/ Colonne Trajane (voir la monnaie n°19). - 5/ Bibliothèque grecque. - 6/ Bibliothèque latine. - 7/ Temple de Trajan et Plotine, construit sous Hadrien.

 

Le forum se composait d'une grande place bordée d'arcades, dans laquelle on entrait par une porte monumentale (monnaie n°18). Au centre s'élevait une statue équestre de Trajan (monnaie n°17). Face à l'entrée monumentale du forum se trouvait l'immense basilique ulpienne (photo n°4). Le Forum de Trajan : état actuel. Photos © Kalermo Koskimies Derrière la basilique, au centre d'une petite place, se dressait la Colonne Trajane, couverte de bas-reliefs représentant les principaux évènements des guerres daciques et surmontée d'une statue de l'Empereur (photo, n°5 et 2 ainsi que la monnaie n°19). De part et d'autres se trouvaient deux bibliothèques, l'une consacrée aux ouvrages grecs, l'autre aux oeuvres latines. Hadrien paracheva le Forum de Trajan par la construction d'un temple face à la basilique ulpienne, où, plus tard, furent déposées les dépouilles de Trajan et de Plotine, son épouse. Le Forum de Trajan, impressionnant, est entièrement construit à la gloire de l'Empereur. Comme les monnaies, qui représentent tous ces bâtiments, statues, portes et colonnes (monnaies n°17, 18, 19), il s'agit d'une grande oeuvre de propagande.

La place de la Colonne Trajane, gravure de Guisueppe Vasi, milieu du XVIII° siècle. Photo © Kalermo Koskimies

La place de la Colonne Trajane, gravure de Guisueppe Vasi, milieu du XVIII° siècle. Photo © Kalermo Koskimies

La première décennie du règne de Trajan fut principalement marquée par les guerres daciques; le royaume Nabatéen, déjà client de Rome, fut intégré à l'empire en 106, devenant la province d'Arabie (monnaie n°20 et carte de l'Empire). En 113, débute le dernier acte du règne de Trajan, les guerres parthiques. La cause immédiate de la guerre semble être la realpolitik : le souverain Parthe place en effet sur le trône d'Arménie son neveu Parthamasirus, après avoir dépossédé Exédarès qui régnait dans cette région avec l'investiture romaine. Mais les causes de la guerre contre les Parthes vont au delà de ce simple fait qui ne fut peut-être qu'un prétexte : il est possible que Trajan, grand admirateur d'Alexandre le Grand, ait voulu réaliser un rêve oriental. L'idée que Rome devait entreprendre une guerre en Orient, que ce soit pour égaler la gloire d'Alexandre, ou pour effacer la cuisante défaite subie par Crassus, à Carrae, en Mésopotamie en 54 avant J.C. était répandue dans l'opinion. Tite Live nous apprend que les Grecs vantaient la gloire des Parthes aux dépends des Romains[19]. Chez de nombreux poètes du I° siècle, Horace, Properce, Lucain ou Martial[20], on trouve cette idée qu'il faut entreprendre une guerre en Orient, pour faire taire les bavardages des Grecs ou pour obtenir une revanche face à l'ennemi Parthe. Dion Cassius (LXVIII, 17), enfin, dit que la campagne de Trajan fut lancée pour satisfaire son désir de gloire.

C'est en 113 que Trajan part en Orient. Une monnaie est frappée à l'occasion du départ de l'Empereur[21], qui ne reverra plus la ville éternelle. La campagne commence par une offensive diplomatique, qui précède l'engagement militaire contre les Parthes. Trajan s'assure d'abord de la loyauté des rois des peuples du Causase, comme par exemple le roi du Bosphore Cimmérien, Sauromates II (cf. carte - cf. Pline, Lettres à Traj, 63, 64, 67). Trajan attaque ensuite l'Empire Parthe en passant par l'Arménie. Pendant 3 ans, il va d'est en ouest, traversant la Mésopotamie. Il prend Babylone et Ctésiphon, capitale Parthe. Selon Dion Cassius, il serait même parvenu jusqu'au Golfe persique où il aurait regretté que son âge déjà avancé ne lui permette pas de marcher vers l'Inde, sur les traces d'Alexandre[22]. Trajan, malade, serait mort en août 117 à Sélinonte, en Cilicie, après 19 ans de règne, alors qu'il était en route vers Rome. Les circonstances exactes de sa mort ne sont pas explicitement décrites par des documents contemporains. La fin de Trajan, qui n'avait pas désigné de successeur, et l'accession au pouvoir d'Hadrien est enveloppée d'incertitudes et de rumeurs. Hadrien, alors gouverneur de Syrie, avait certes un lien de parenté avec Trajan : il était à la fois son petit-cousin (sa grand-mère était la tante paternelle de Trajan) et son petit neveu (son épouse Sabine était une petite fille de la soeur de Trajan, Marciana). Hadrien, a effectué une grande partie de sa carrière aux côtés de Trajan. Plotine, l'épouse de l'empereur, l'aurait beaucoup aidé non seulement à poursuivre cette brillante carrière, mais aussi à accéder à la tête de l'Empire, après la mort de son mari[23]. Marguerite Yourcenar, dans ses Mémoires d'Hadrien, s'est plue à imaginer les circonstances troubles de l'accession au pouvoir d'Hadrien[24]. Malgré tout, les monnaies d'Hadrien ne laissent rien transparaître des péripéties de son accession au pouvoir (monnaie n°21).

La numismatique montre bien ce qu'a été le bilan des guerres parthiques de Trajan. Ses actions militaires lui valent de nombreuses salutations impériales par les légions (monnaie n°4). Il place l'Arménie et la Mésopotamie sous le pouvoir du peuple romain (monnaie n°22). Une monnaie sur laquelle figure la légende Regna Adsignata (monnaie n°23) montre qu'il a imposé dans cette région des royaumes clients de Rome, sans forcément les annexer ou les constituer en provinces, contrairement à ce qu'il avait fait en Dacie. Peut-être n'en a-t-il pas eu le temps. Il impose également un roi pro-romain à la Parthie (monnaie n°24), désormais placée sous la domination polique romaine. Il n'oublie pas de rajouter dans sa titulature le terme Parthico, "le vainqueur des Parthes" (monnaie n°25, mais aussi 22, 23, 24, etc). Hadrien fait diviniser Trajan et organise son triomphe posthume à Rome. Il fait construire un tombeau digne du nouveau dieu, un temple sur la partie sud du forum bâti par Trajan lui-même. C'est là que repose le "meilleur des princes", aux côtés de son épouse, Plotine. Hadrien respecte les formes mais pas le fond : il ne poursuit pas la politique expansioniste deTrajan[25], préfèrant s'en tenir aux recommandations d'Auguste. A la mort de Trajan, l'Empire est à son apogée territorial et au sommet de sa puissance politique.


[1]Eutrope, Abrégé..., VIII, 5, 3

[2]Montesquieu, considérations sur les causes de la grandeur des romains et de leur décadence, Flammarion,coll. GF, n°186, 1990, chapitre XV.

[3]Tacite, Oeuvres complètes, textes traduits, présentés et annotés par Pierre Grimal, Gallimard, La Pléiade, 1990. - Suétone, Vie des douze Césars, Gallimard, coll. Folio Classiques, n°640, Paris, 1975. - Histoire Auguste, les empereurs romains du II° et III° siècles, édition par André Chastagnol, coll. "Bouquins", Robert Laffont, 1994. - Dion Cassius, "Loeb", 9 vol., 1914-1927. - Pline le Jeune, Lettres; Panégyrique de Trajan, CUF, 4 vol., 1927-1947. - Aurelius Victor, Livre des Césars, CUF, 1975. - Eutrope, Abrégé de l'histoire romaine, Garnier, 1934

[4]Julien, Caess., 28, 30.

[5]C. de la Berge, Essai sur le règne de Trajan, Paris, BEC, 1877, p. 4, n.5, ainsi que Ammien, XVIII.3 et Aurelius Victor, Epitome, 41. C. de la Berge a rassemblé au début de son ouvrage une liste de 106 inscriptions retrouvées dans les diverses parties de l'Empire (pages I-XLVIII).

[6]Dion Cassius, LXVIII, 5

[7]Suétone, Domitien, X.

[8]Cf. C. de La Berge, op. cit., p. 288

[9]Tite Live, XXXIV, 17

[10]Suétone, Domitien, XXXIII

[11]Tacite, Vie de Cn. Julius Agricola, III,1

[12]Ammien, XXIV, 3

[13]Martial, V, 3

[14]Henry Cohen, Description historique des monnaies frappées sous l'Empire romain, tome II, Paris, 1883, page 17, les n°1 et 2 sont des médaillons qui montrent l'adventus de Trajan dans Rome.

[15]Digeste, L 15 (de censibus), l. 1 §§ 8 et 9.

[16]Pline, Panégyrique, 20

[17]Trajan a fait distribuer trois congiaires : l'un en 99, lors de son retour de Germanie, le deuxième et le troisième en 103 et en 106, après chaque guerre Dacique. Arpès son règne, le montant des congiaires reste très élevé : 1000 deniers sous Hadrien, 800 sous Antonin, 850 sous Marc Aurèle et Commode. Cf. C. de La Berge, op. cit., page 100

[18]Une inscription située à la base de la Colonne Trajane indique la titulature de Trajan, suivie de l'expression ad declarandum quantae altitudinis mons et locus tran[tis oper]ibus sit egestus.

[19]Tite Live, Histoire de Rome, IX, 18.

[20]Cf. De la Berge, op. cit., p. 152, note 3.

[21]Voir Henry Cohen, op. cit., page 21, monnaies n°40-41.

[22]Dion Cassius, LXVIII, 29

[23]Histoire Auguste, op. cit., introduction à la vie d'Hadrien par A. Chastagol, pages 3-6 et Vie d'Hadrien par le pseudo Aelius Spartianus, pages 17-27

[24]Cf. Marguerite Yourcenar, Mémoires d'Hadrien, Gallimard, coll. folio, n°921, 1974. Voir les pages 103 et suivantes.

[25]Histoire Auguste, op. cit., Vie d'Hadrien

Légende des monnaies de l'Empereur Trajan


Denier de Trajan, frappé en 114. A/ IMP TRAIANVS AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ DIVVS PATER TRAIAN. Le père de Trajan assis à gauche sur une chaise curule, tenant une patère et un sceptre. [Cohen n°140] Photo © CNG

1. Denier de Trajan, frappé en 114. A/ IMP TRAIANVS AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ DIVVS PATER TRAIAN. Le père de Trajan assis à gauche sur une chaise curule, tenant une patère et un sceptre. [Cohen n°140] Photo © CNG

Sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Tête laurée à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. Trajan debout à droite tenant une haste et terrassant un ennemi. [Cohen n°503]. Photo © CNG

2. Sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Tête laurée à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. Trajan debout à droite tenant une haste et terrassant un ennemi. [Cohen n°503]. Photo © CNG

Denier de Trajan frappé en 101 ou 102. A/ IMP CAES NERVA TRAIAN AVG GERM. Buste lauré tourné à droite. R/ PM TR P COS IIII PP. Victoire à demi-nue debout à de face, regardant à gauche, tenant une couronne et une palme. [Cohen n°240] Photo © CNG

3. Denier de Trajan frappé en 101 ou 102. A/ IMP CAES NERVA TRAIAN AVG GERM. Buste lauré tourné à droite. R/ PM TR P COS IIII PP. Victoire à demi-nue debout à de face, regardant à gauche, tenant une couronne et une palme. [Cohen n°240] Photo © CNG

Sesterce de Trajan, frappé en 115-116. A/ IMP CAES TRAIANO OPTIMO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré et drapé à droite. R/ IMPERATOR VIIII SC. Trajan assis sur une estrade placée à gauche, accompagné de deux personnages debout et harranguant 5 soldats, dont un à cheval. [Cohen n°178] Photo © CNG

4. Sesterce de Trajan, frappé en 115-116. A/ IMP CAES TRAIANO OPTIMO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré et drapé à droite. R/ IMPERATOR VIIII SC. Trajan assis sur une estrade placée à gauche, accompagné de deux personnages debout et harranguant 5 soldats, dont un à cheval. [Cohen n°178] Photo © CNG. - Cette monnaie date de l'époque des guerres parthiques, mais la mise en scène des salutations impériales, dans l'ensemble, est toujours similaire à l'exemple donné ci-dessus.

Sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Trajan dans un quadrige allant à gauche, tenant une couronne et un sceptre surmonté d'un aigle. [Cohen n°495]. Photo © Matthew Sersch

5. Sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Trajan dans un quadrige allant à gauche, tenant une couronne et un sceptre surmonté d'un aigle. [Cohen n°495]. Photo © Matthew Sersch

Denier de Trajan frappé en 104-110. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Tête laurée tournée à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. Dace assis à droite sur un bouclier, dans l'attitude de la tristesse. En dessous, un sabre ou une épée recourbée. [Cohen n°529] Photo © CNG

6. Denier de Trajan frappé en 104-110. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Tête laurée tournée à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. Dace assis à droite sur un bouclier, dans l'attitude de la tristesse. En dessous, un sabre ou une épée recourbée. [Cohen n°529] Photo © CNG

Dupondius de Trajan frappé en 112-117. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ DACIA AVGVSTA PROVINCIA SC. La Dacie assise à gauche sur un rocher, tenant une enseigne surmontée d'un aigle. A son côté gauche, un enfant tenant des épis. Devant elle, un autre tenant une grappe de raisin. [Cohen n°127] Photo © CNG

7. Dupondius de Trajan frappé en 112-117. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ DACIA AVGVSTA PROVINCIA SC. La Dacie assise à gauche sur un rocher, tenant une enseigne surmontée d'un aigle. A son côté gauche, un enfant tenant des épis. Devant elle, un autre tenant une grappe de raisin. [Cohen n°127] Photo © CNG

Aureus de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P. Buste lauré et drapé tourné à droite. R/ COS V PP SPQR OPTIMO PRINC. Temple à 8 colonnes. Au milieu, statue de la Paix (?) debout. Au dessus du fronton, 5 statues dont 4 tiennent des hastes. [Cohen n°97] Photo © CNG

8. Aureus de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P. Buste lauré et drapé tourné à droite. R/ COS V PP SPQR OPTIMO PRINC. Temple à 8 colonnes. Au milieu, statue de la Paix (?) debout. Au dessus du fronton, 5 statues dont 4 tiennent des hastes. [Cohen n°97] Photo © CNG

Sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Pont du Danube, orné à chaque extrêmité d'une tour surmontée e 3 statues. Sous le pont, un bateau. [Cohen n°542]. Photo © Matthew Sersch

9. Sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Pont du Danube, orné à chaque extrêmité d'une tour surmontée e 3 statues. Sous le pont, un bateau. [Cohen n°542]. Photo © Matthew Sersch

Gros plan du revers d'un sesterce de Trajan frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Trajan debout à gauche en habit militaire, tenant un foudre et une haste. Il est couronné par une victoire debout, qui tient une palme. [Cohen n°516] Photo © CNG

10. Gros plan du revers d'un sesterce de Trajan frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Trajan debout à gauche en habit militaire, tenant un foudre et une haste. Il est couronné par une victoire debout, qui tient une palme. [Cohen n°516] Photo © CNG

Sesterce de Trajan, frappé en 112-117. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ CONSERVATORI PATRIS PATRIAE SC. Jupiter nu debout à droite, le manteau sur le bras, tenant un foudre et protégeant Trajan, qui est à sa gauche et tient une branche de laurier [Cohen n°48]. Photo © Matthew Sersch

11. Sesterce de Trajan, frappé en 112-117. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ CONSERVATORI PATRIS PATRIAE SC. Jupiter nu debout à droite, le manteau sur le bras, tenant un foudre et protégeant Trajan, qui est à sa gauche et tient une branche de laurier [Cohen n°48]. Photo © Matthew Sersch

Denier de Trajan frappé en 112-117. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TRP COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. A l'exergue : ALIM ITAL. L'abondance debout à gauche, tenant des épis et une corne d'abondance. A ses pieds, un enfant. [Cohen n°9] Photo © CNG

12. Denier de Trajan frappé en 112-117. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TRP COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. A l'exergue : ALIM ITAL. L'abondance debout à gauche, tenant des épis et une corne d'abondance. A ses pieds, un enfant. [Cohen n°9] Photo © CNG

Denier de Trajan, frappé en 112-117. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à gauche R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. A l'exergue : VIA TRAIANA. Femme couchée à gauche, regardant en arrière et tenant une roue sur son genou gauche et un roseau. [Cohen n°648] Photo © CNG

13. Denier de Trajan, frappé en 112-117. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à gauche R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. A l'exergue : VIA TRAIANA. Femme couchée à gauche, regardant en arrière et tenant une roue sur son genou gauche et un roseau. [Cohen n°648] Photo © CNG

Revers d'un sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V DES VI. Buste larué tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. AQUA TRAIANA à l'exergue. Fleuve couché à terre à gauche, sous une voûte cintrée soutenue par 2 colonnes et garnie d'antéfixes sur toute sa longueur. Il tient un roseau et a le bras gauche appuyé sur une urne de laquelle sortent des eaux. [Cohen n°20]. Photo © Matthew Sersch

14. Revers d'un sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V DES VI. Buste larué tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. AQUA TRAIANA à l'exergue. Fleuve couché à terre à gauche, sous une voûte cintrée soutenue par 2 colonnes et garnie d'antéfixes sur toute sa longueur. Il tient un roseau et a le bras gauche appuyé sur une urne de laquelle sortent des eaux. [Cohen n°20]. Photo © Matthew Sersch

Sesterce de Trajan frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ PORTUM TRAIANI SC. Structure d'un port   dont l'identification est discutée (Ostie, Centumcellae ou Porto). [Cohen n°306] Photo © CNG

15. Sesterce de Trajan frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ PORTUM TRAIANI SC. Structure d'un port dont l'identification est discutée (Ostie, Centumcellae ou Porto). [Cohen n°306] Photo © CNG

Sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Trajan debout sur une estrade placée à droite. Derrière lui, le préfet du prétoire debout. Plus bas, 4 hommes debout tendant les mains vers lui. Au devant, une femme couchée à terre et à gauche, les 3 obélisques du cirque [Cohen n°524] Photo © Matthew Sersch

16. Sesterce de Trajan, frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Trajan debout sur une estrade placée à droite. Derrière lui, le préfet du prétoire debout. Plus bas, 4 hommes debout tendant les mains vers lui. Au devant, une femme couchée à terre et à gauche, les 3 obélisques du cirque [Cohen n°524] Photo © Matthew Sersch

Sesterce de Trajan, frappé en 114. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR COS VI PP. Buste lauré tourné à droite R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Statue équestre de Trajan à gauche, tenant une haste et une petite victoire. [Cohen n°499] Photo © Matthew Sersch

17. Sesterce de Trajan, frappé en 114. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR COS VI PP. Buste lauré tourné à droite R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI SC. Statue équestre de Trajan à gauche, tenant une haste et une petite victoire. [Cohen n°499] Photo © Matthew Sersch

Sesterce de Trajan, frappé en 114 ? A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. A l'exergue : FORUM TRIAN SC. Edifice à 6 colonnes de face et 2 de côté, avec une grande porte au centre. Sur la plate-forme, au milieu un char tiré par 6 chevaux et conduit par 2 soldats ou 2 victoires, dans lequel se trouve Trajan tenant une branche de laurier et couronné par la Victoire. De chaque côté du char, un trophée et une Victoire. Les 6 colonnes de face sont séparées par 4 niches renfermant chacune une statue debout. Au dessus de chaque niche, un médaillon et un cinquième médaillon au dessus de la grande porte [Cohen n°169] Photo © Matthew Sersch

18. Sesterce de Trajan, frappé en 114 ? A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. A l'exergue : FORUM TRIAN SC. Edifice à 6 colonnes de face et 2 de côté, avec une grande porte au centre. Sur la plate-forme, au milieu un char tiré par 6 chevaux et conduit par 2 soldats ou 2 victoires, dans lequel se trouve Trajan tenant une branche de laurier et couronné par la Victoire. De chaque côté du char, un trophée et une Victoire. Les 6 colonnes de face sont séparées par 4 niches renfermant chacune une statue debout. Au dessus de chaque niche, un médaillon et un cinquième médaillon au dessus de la grande porte [Cohen n°169] Photo © Matthew Sersch

Denier de Trajan frappé en 113 ? A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. Colonne en spirale, surmontée de la statue de Trajan debout en habit militaire. Au bas de la colonne, 2 aigles. Sur la base, des bas-reliefs. [Cohen n°558] Photo © CNG

19. Denier de Trajan frappé en 113 ? A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC PM TR P COS VI PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. Colonne en spirale, surmontée de la statue de Trajan debout en habit militaire. Au bas de la colonne, 2 aigles. Sur la base, des bas-reliefs. [Cohen n°558] Photo © CNG

Sesterce de Trajan frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TRP COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. SC. A l'exergue ARAB ADQUIS. L'Arabie debout de face, regardant à gauche et tenant un rameau. A ses pieds, un chameau. [Cohen n°32] Photo © CNG

20. Sesterce de Trajan frappé en 104-110. A/ IMP CAES NERVAE TRAIANO AVG GER DAC PM TRP COS V PP. Buste lauré tourné à droite. R/ SPQR OPTIMO PRINCIPI. SC. A l'exergue ARAB ADQUIS. L'Arabie debout de face, regardant à gauche et tenant un rameau. A ses pieds, un chameau. [Cohen n°32] Photo © CNG

Sesterce d'Hadrien frappé en 117. A/ IMP CAES DIVI TRAIAN AVG F TRAIAN HADRIAN OPT AVG GER DAC. Buste lauré tourné à droite. R/ DAC PARTHICO PM TR P COS PP SC. Hadrien et Trajan debout face à face, soutenant un globe. [Cohen n°523] Photo © CNG

21. Sesterce d'Hadrien frappé en 117. A/ IMP CAES DIVI TRAIAN AVG F TRAIAN HADRIAN OPT AVG GER DAC. Buste lauré tourné à droite. R/ DAC PARTHICO PM TR P COS PP SC. Hadrien et Trajan debout face à face, soutenant un globe. [Cohen n°523] Photo © CNG

Sesterce de Trajan frappé en 116. A/ IMP CAES NER TRAIANO OPTIMO AVG GER DAC PARTHICO PM TR P COS VI PP. Buste lauré et drapé tourné à droite. R/ ARMENIA ET MESOPOTAMIA IN POTESTATEM PR REDACTAE SC. Trajan debout à droite en habit militaire, tenant une haste et un parazonium, et posant le pied sur l'Armenie couchée à terre. D'un côté, l'Euphrate et de l'autre le Tigre couchés, tenant chacun un roseau et appuyés sur une urne [Cohen n°39]. Photo © Matthew Sersch

22. Sesterce de Trajan frappé en 116. A/ IMP CAES NER TRAIANO OPTIMO AVG GER DAC PARTHICO PM TR P COS VI PP. Buste lauré et drapé tourné à droite. R/ ARMENIA ET MESOPOTAMIA IN POTESTATEM PR REDACTAE SC. Trajan debout à droite en habit militaire, tenant une haste et un parazonium, et posant le pied sur l'Armenie couchée à terre. D'un côté, l'Euphrate et de l'autre le Tigre couchés, tenant chacun un roseau et appuyés sur une urne [Cohen n°39]. Photo © Matthew Sersch

Sesterce de Trajan, frappé en 116. A/ IMP CAES NER TRAIANO OPTIMO AVG GER DAC PARTHICO PM TR P COS VI PP. Buste lauré drapé tourné à droite. R/ REGNA ADSIGNATA. Trajan assis sur une estrade placée à droite. Derrière lui, le préfet du prétoire. Devant, un soldat debout tenant une haste. Au pied de l'estrade, 3 rois debout. [Cohen n°325]. Photo © ?

23. Sesterce de Trajan, frappé en 116. A/ IMP CAES NER TRAIANO OPTIMO AVG GER DAC PARTHICO PM TR P COS VI PP. Buste lauré drapé tourné à droite. R/ REGNA ADSIGNATA. Trajan assis sur une estrade placée à droite. Derrière lui, le préfet du prétoire. Devant, un soldat debout tenant une haste. Au pied de l'estrade, 3 rois debout. [Cohen n°325]. Photo © ?

Monnaie de Trajan - Sesterce frappé en 116-117 après JC

24. Sesterce de Trajan frappé en 116-117 après JC. A/ IMP CAES NER TRAIANO OPTIMO AVG GER DAC PARTHICO PM TR P COS VI PP. Buste lauré drapé tourné à droite. R/ REX PARTHIS DATVS SC. Trajan assis sur une estrade à droite, accompagné du préfet du prétoire; au pied de l'estrade, le roi Parthamaspates et la Parthie agenouillée [RIC II 668; Banti 97] Photo © CNG

Dupondius de l'Empereur Trajan

25. Dupondius de Trajan frappé en 116. A/ IMP CAES NER TRAIANO OPTIMO AVG GER DAC PARTHICO PM TR P COS VI PP. Buste radié et drapé tourné à droite. R/ SENATVS POPULUSQUE ROMANUS SC. Trajan de face, marchant entre 2 trophées. Il tient une haste et regarde à gauche. [Cohen n°356] Photo © CNG

Autres pages sur Trajan  

Biographie de Trajan (ancienne biographie d'après le dictionnaire de biographies de Weiss)
Mort de Trajan (7 août 117 après JC. Monnaie en illustration : sesterce de Trajan)
Dernière mise à jour : ( 07-08-2009 )
 
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