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27-06-2019
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Les monnaies romaines fabriquées dans les camps militaires

Le collectionneur de monnaies se pose naturellement la question : « où les pièces ont-elles été fabriquées ? » Cette question du lieu de création des monnaies est importante car elle peut apporter des informations historique capitale sur les monnaies et ainsi mettre un peu plus en relief leur intérêt.

Mais poser la question « où les romains ont-ils fabriqué leurs monnaies ? », on se heurte à quelques difficultés dont certaines sont impossibles à résoudre. En effet, des marques d'atelier figurent sur les monnaies de la République romaine mais ne sont pas toujours explicites; certaines ont perdu à jamais leur signification. Si l'on se penche sur les monnaies impériales romaines, on peut préciser que les marques d'ateliers n'apparaissent qu'à partir de la deuxième moitié du IIIème siècle de notre ère, et qu'elles deviennent systèmatiques à partir du règne de l'Empereur Dioclétien.

En l'absence de marques d'ateliers, et donc d'informations géographiques, sur la plupart des monnaies romaines, on peut cependant envisager les Institutions monétaires, qui apportent quelques informations et aussi la connaissance historique des évènements par d'autres sources que la seule numismatique (textes littéraires ou épigraphiques, archéologie).

Exemple de denier fabriqué dans un atelier militaire

Les Romains, au cours de leur longue histoire, ont très souvent fabriqué des monnaies au cours des campagnes militaires, dans des ateliers mobiles. C'est le cas de cette émission militaire de Brutus; ce denier a été frappé en 42 avant JC dans un atelier provisoire d'Asie Mineure. Photo CNG

Précisons enfin que la question « où les romains ont-il frappé leurs monnaies ? » ne peut qu'entraîner des réponses longues et complexes qui équivalent pratiquement à écrire toute l'histoire monétaire de Rome.

Nous proposons ci-dessous d'enviager une partie de la réponse à cette question du lieu d'émission des monnaies. Il s'agit des « nummi castrenses », c'est-à-dire littéralement les « monnaies des camps ». Il s'agit des monnaies émises dans les camps légionnaires par les généraux (imperatores) et les empereurs romains. L'article présenté ci-dessous a été rédigé par le numismate français François Lenormant et a été publié dans le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines de Daremberg et Saglio. Il apporte des données positives sur la question des ateliers monétaires romains; dans l'ensemble, les indications apportées demeurent valables. On y verra notamment que les ateliers monétaires romains n'ont pas toujours été fixes, et en particulier qu'il a existé des ateliers monétaires « de campagne », provisoires et non fixés géographiquement, qui ont fonctionné selon une fréquence très variable selon les circonstances politiques et historiques de chaque époque.

« Les Monnaies des Camps » (« Castrenses Nummi »). Le droit de battre monnaie était, sous la république romaine, attaché au commandement en chef des armées en campagne. Les espèces fabriquées en ce cas pour les besoins de l'armée étaient désignées dans le langage par le nom de « moneta castrensis » ou « nummi castrenses ». Dans la série romaine de la république, ces pièces militaires se reconnaissent surtout aux noms des officiers qui les ont fait frapper. Il est cependant certain que l'on doit tenir pour fabriquées hors de Rome et par ordre des généraux d'armée un grand nombre de pièces sur lesquelles on ne voit ni le nom du magistrat, ni l'indication de ses fonctions. Ainsi peuvent être rangées dans ce nombre les pièces d'or de 20, 40 et 60 sesterces, frappées sous le régime de la loi Flaminia, ainsi que les monnaies d'argent et de cuivre au nom de Rome et aux plus anciens types dont la fabrique est évidemment grecque. Cependant, comme à tout prendre on peut avoir, dans certains cas, employé à Rome même des graveurs grecs pour exécuter les coins des monnaies, il est plus sage de ne considérer comme pièces positivement militaires que celles dont l'attribution est rendue certaine par les noms d'officiers qu'elles portent, accompagnés de titres. On peut ainsi résumer les faits relatifs à ces monnaies et les principes de législation qu'ils révèlent. Le général, qu'on l'appelat dictateur, consul, proconsul, propréteur, ou qu'il fût seulement désigné par le titre d'imperator, avait, par le fait même du commandement en chef (imperium) dont il était revêtu, le droit de battre monnaie, et ce droit, il pouvait l'exercer légalement par son questeur ou son proquesteur, dans toute l'étendue des provinces soumises à son autorité. Pendant la guerre civile de César contre Pompée, les magistrats urbains, comme le questeur urbain et les triumvirs monétaires remplacèrent exceptionnellement les questeurs militaires, quelquefois même des commandants de simples corps d'armée (legati pro consule ou pro praetore), revêtus extraordinairement des pouvoirs consulaires ou prétoriens, furent momentanément chargés de battre monnaie. Le plus souvent l'autorisation du sénat n'est pas mentionnée sur les pièces militaires, évidemment parce que le général en chef, agissant dans les limites des fonctions de sa charge, n'en avait pas besoin, et que ce monnayage était parfaitement légal et régulier. Nous ne connaissons que trois monnaies militaires antérieures à César sur lesquelles l'autorisation du sénat soit indiquée, et ces trois exceptions servent à confirmer la règle générale. Les deux premières pièces appartiennent à deux lieutenants de Sylla, L. Annius qu'il envoya en Espagne combattre les partisans de Sertorius, aussitôt après sa rentrée au pouvoir, et L. Valerius Flaccus, qui gouverna la province de Gaule à la même époque. II est tout naturel que Sylla, qui était parvenu à mettre le gouvernement entre les mains du sénat, voulût faire également remonter jusqu'à ce corps les droits monétaires du général d'armée. Quant à la troisième exception, qui est du temps de la guerre des Césariens et des Pompéiens, elle peut aussi s'expliquer; en effet, C. Coponius, dont le nom est inscrit sur cette pièce, n'avait pas légalement le droit de battre monnaie, puisqu'il commandait les troupes comme préteur, et non comme propréteur; il lui fallait donc, d'après la constitution alors en vigueur, une autorisation spéciale du sénat pour exercer les droits monétaires qui appartenaient au général en chef. La position indépendante des généraux donnait, pour ainsi dire, à leurs droits monétaires, sinon plus d'extension, du moins une sorte d'élasticité qui leur permettait de s'affranchir de quelques-unes des entraves et des restrictions imposées au monnayage de Rome même ; ils usèrent en particulier de leur omnipotence pour la fabrication des espèces d'or, et nous croyons que M. Mommsen a eu raison de considérer toutes les pièces d'or romaines antérieures à César comme des monnaies militaires. Les pièces de 20, 40 et 60 sesterces, frappées suivant toute apparence par les généraux qui combattaient Annibal dans le midi de l'Italie, sont les plus anciennes, vient ensuite le statère macédonien de T. Quinctius Flamininus puis les pièces d'or de Sylla, dont la fabrication commença en Orient et se continua à Rome, mais toujours en vertu de l'autorité d'imperator celle de l'imperator des Italiens révoltés dans la Guerre Sociale, car ceux-ci suivaient toutes les régles de droit politique de Rome. La liste doit se terminer par les aurei de Pompée et une partie de ceux de César même, mais ce fut César qui fit le premier de la monnaie d'or une monnaie définitivement urbaine, en confiant le soin de la faire frapper au préfet de Rome, L. Plancus. Au reste, pendant, toute la durée de la période républicaine, les généraux se conformaient, pour les points essentiels, aux règlements monétaires en vigueur à Rome, et leurs deniers sont taillés sur le pied des deniers frappés dans la capitale. Au temps des guerres civiles qui vont depuis la mort de César jusqu'au triomphe définitif d'Auguste sur Antoine, les monnaies militaires sont encore extrêmement multipliées. ll faut ranger dans cette catégorie toutes les pièces de Brutus et de Cassius et celles de Sextus Pompée. Les fameux deniers légionnaires de Marc Antoine rentrent aussi dans les nunmi castrenses et peuvent en être cités comme types, ainsi que les pièce de cuivre que firent fabriquer en province pour des besoins locaux, tandis qu'on n'en émettait pas à Rome, le même Antoine et les commandants de sa flotte. Sous l'empire les généraux continuèrent à avoirpour les besoins de leur armée en campagne, les pouvoirs de magistrats monétaires, et beaucoup des monnaies impériales d'or, et surtout d'argent, ont été frappées dans les camps. Mais à cette époque les généraux n'avaient plus le droit monétaire que comme délégués de l'empereur : monnaie qu'ils faisaient fabriquer était une monnaie impériale, pareille à celle qui sortait des ateliers permanents et réguliers. Ils n'étaient plus admis, connue sous la république, à y mettre leur nom et leur effigie, car ce droit était devenu l'un des attributs essentiels de la souveraineté impériale. Les monnaies militaires du temps de l'empire ne se distinguent donc plus de la série des espèces habituelles et normales, comme celles du temps de la république, à moins que, certains types tout à fait significatifs ne leur donnent ce caractère. Tels semblent être ceux de FIDES MILITVM, FIDES EXERCITVS, FIDES LEGIONVM, CONCORDIA MILITVM, ou autres du même genre, qu'on rencontre àtoutes les époques. Mais les pièces de Gallien et de Victorin portant des noms de légions sont à ranger avec plus de certitude encore dans la classe des monnaies militaires ou nummi castrenses. Si les généraux n'avaient plus, sous l'empire, droit de mettre leurs noms sur les monnaies qu'ils faisaient fabriquer dans les camps pour le service de leur armée, ils émettaient dans ce cas de la monnaie impériale quand une circonstance de nécessité les conduisait à frapper d'une contre-marque des pièces déjà en circulation pour leur donner une valeur exceptionnelle et supérieure au cours normal de circulation, quelques-uns d'entre eux ont inscrit leur nom dans contre-marque, de même que dans d'autres cas des légions y ont mis leur numéro. Ceci n'était pas une usurpation sur les droits de l'empereur, mais le gouvernement central parait avoir vu d'un mauvais oeil le trop grand usage de cette faculté par certains généraux. J'ai parlé des monnaies militaires romaines, parce que ce sont celles qui peuvent être le mieux reconnues, sur lesquelles on sait le plus, dont la nature et l'organisation prêtent le moins au doute ; mais il est bien évident qu'il y a eu, et fréquemment, des nummi castrenses du même genre dans le monde oriental et hellénique avant la conquête romaine. La difficulté est de les discerner et d'en constater bien sûrement l'origine. C'est dans l'empire des rois Achéménides de la Perse que les émissions de monnaies, avec une destination spécialement militaire, paraissent avoir été le plus multipliées. La plupart des pièces d'argent frappées sous l'autorité de ces princes dans l'atelier de Tarse, avec ou sans noms de satrapes, portent en lettres araméennes le mot perse « mizdya », « ce qui sert à la solde ». D'après cette légende significative elles étaient donc frappées spécialement pour la solde des troupes auxiliaires et de la flotte du Grand Roi, dont la station principale et l'arsenal étaient à Tarse. Le même mot perse mizdya est inscrit, avec un type d'écriture sémitique un peu différent, sur quelques-unes des grosses pièces royales d'argent qui ont d'un côté la représentation du monarque persan monté sur son char, et de l'autre une galère ce dernier type semblait tout à fait significatif pour faire penser à des espèces émises en vue au service de la flotte, lequel était une des grandes préoccupations et une des principales dépenses des Achéménides. Dans tout ce qui précède il n'a été question que des monnaies militaires qui se présentent dans les conditions d'une monnaie normale par leur poids et par leur métal. Mais il peut y avoir des nummi castrenses d'une autre nature. De tout temps, dans l'antiquité comme dans les siècles modernes, s'est présenté le cas où un chef d'armée, un gouverneur de place assiégée ou bloquée, se trouvait dans une pénurie d'argent telle, qu'il était obligé de recourir à l'emploi de monnaies purement conventionnelles. Comme de juste, il est de l'essence de celles-ci que leur cours ne doit et ne peut avoir lieu, au taux fixé, que pendant la période de nécessité qui l'a fait naître, et qu'elles doivent être intégralement retirées de la circulation et remboursées aussitôt que les circonstances le permettent. C'est là ce qu'on appelle « monnaies obsidionales » ou de nécessité. La série de ces pièces dans la numismatique moderne est fort riche. Les anciens les ont aussi connues. Polyen raconte que Perdiccas II, roi de Macédoine, dut un moment, dans sa guerre contre les Chalcidiens, faire frapper pour la solde de son armée une monnaie de cuivre à laquelle il donnait la valeur de l'argent. Aristote parle d'une monnaie de fer émise par les habitants de Clazomène dans une circonstance analogue. Il est probable que lorsque les anciens ont donné une valeur monétaire à des pièces d'autres matières que les trois métaux constituant la monnaie normale, or, argent et cuivre, ces sortes d'assignats ont été aussi souvent des espèces obsidionales ou de nécessité que des monnaies fiduciaires. Il est cependant à remarquer qu'en pareil cas le moyen le plus fréquemment employé dans l'antiquité a consisté à donner une valeur nouvelle et de circonstance, au moyen d'une contre-marque, à une monnaie qui existait déjà dans la circulation.
Dernière mise à jour : ( 02-09-2008 )
 
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