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La Liberte sur les monnaies romaines
(25 votes)
15-04-2009

Les images de la Liberté sur les monnaies romaines

Exemple de monnaie romaine représentant la Liberté
Exemple de monnaie romaine représentant le portrait de la Liberté.
Cliquez ici pour découvrir toutes les photos de monnaies figurant la Liberté

Les images de la Liberté sont assez nombreuses sur les monnaies romaines. Ces représentations produites entre le II° siècle avant J.-C. et le IV° siècle de notre ère sont assez variées et elles méritent que l'on s'y attarde. Cependant, l'explication de cette iconographie monétaire n'est pas toujours simple, car l'idée de liberté recouvre de multiples sens culturels, sociaux, économiques ou politiques.

A Rome, « Libertas » est la personnification de l'idée de la liberté; il s'agit d'une abstraction pure, d'une allégorie. La Liberté n'est pas une déesse : elle n'entre pas dans la généalogie des dieux, elle n'a pas de mythes. Dans l'antiquité romaine, cette figure féminine de la Liberté n'incarne pas à elle seule toutes les facettes de l'idée de liberté. Celle-ci a un équivalent mâle : Liber ou Liber Pater, que l'on doit évoquer pour comprendre pleinement le sens de la Liberté. A l'origine, Liber fut peut-être une très ancienne divinité rustique latine. Cette figure a été assimilée très tôt, semble-t-il, au Dionysos grec (Bacchus à Rome). Liber signifie « libre » en latin, de même que Dionysos porte habituellement le surnom de Lyaeos, c'est-à-dire le libérateur ou « celui qui délie ». La place de Liber dans la généalogie mythologique n'est pas toujours très claire. Cicéron écrit à ce sujet dans son ouvrage sur la nature des dieux que « la vie en commun des hommes a fait naître une coutume générale, une foi populaire, qui est un témoignage de gratitude, qui porte au ciel les hommes qui se sont signalés par des bienfaits d'ordre supérieur. C'est ainsi que sont devenus des dieux Hercule, Castor et Pollux, Esculape et aussi Liber (je veux parler du Liber qui était le fils de Sémélé, non de celui à qui nos ancêtres ont rendu un culte de la plus haute solennité en même temps qu'à Cérès et à Libera, les mystères font comprendre pourquoi. Quant aux noms que portent ces divinités, comme elles sont issues de Cérès et que nous appelons nos enfants "liberi", elles sont devenues Liber et Libera; le souvenir de cette origine n'est pas perdu pour ce qui concerne Libera, on l'a oubliée pour Liber) [...]. Leurs âmes survivant à leurs corps et possédant la vie éternelle, c'est à juste titre qu'on a fait des dieux de ces hommes d'une haute et impérissable valeur. » (Cic., De Nat. Deor., II, 24). Ce passage, très dense, apporte autant d'explications claires que d'interrogations en ce qui concerne les origines de Liber. Ce genre d'incertitudes est probablement le propre de la mythologie. Il existe donc, selon Cicéron, deux Liber : le fils de Sémélé, et d'après une interprétation étymologique douteuse, Liber, fils de Cérès. On peut noter au passage que Liber a sa « parèdre » (c'est-à-dire une divinité associée mais d'un rang subalterne), que l'on nomme Libera. Disons immédiatement, et pour ne plus y revenir, que Libera et Libertas sont distinctes.


Liber, fils de Sémélé fut donc un homme transformé en dieu après sa mort par des croyances populaires. Dans le même temps, le second Liber dont il est question est le fils de Cérès, la Déméter grecque. Celle-ci, déesse maternelle de la Terre, appartient à la seconde génération divine, celle des Olympiens : elle est donc au sens plein du terme dans la généalogie divine. En vertu de cette filiation, la divinité de Liber ne ferait aucun doute. A ce sujet, Cicéron écrit : « Tu soutiendras donc qu’Apollon, Vulcain, Mercure et les autres sont des dieux, mais tu émettras un doute sur la divinité d’Hercule, d’Esculape, de Liber, de Castor, de Pollux ? Mais ceux-ci sont objet de vénération autant que ceux-là et, auprès de certains peuples, de même beaucoup plus. Alors il faut estimer que ces êtres, fils de mères mortelles, sont des dieux. Que dire alors d’Aristée, fils d’Apollon, qui a découvert l’olivier, de Thésée, fils de Neptune, et de tous les autres dont les pères furent des dieux : ne doivent-ils pas être rangés au nombre des dieux ? Et les fils des déesses ? À plus forte raison il me semble : car, selon le droit civil, un fils né de mère libre est libre ; pareillement, selon le droit naturel, le fils d’une déesse est par nécessité une divinité. » (Cic., op. cit., III, 18, 45). Cicéron s'interroge sur l'authenticité de la divinité de Liber : a cette question, il répond positivement, en vertu d'une filiation divine qu'il présente comme sûre. Mais dès l'antiquité les mythographes rapportent diverses traditions discordantes, qui créent d'inévitables contradictions; Cicéron lui-même s'en fait l'écho : « Donc, Balbus, il est nécessaire de réfuter aussi ceux qui affirment que les dieux, qui furent des hommes transportés au ciel, et que nous vénérons avec solennité et dévotion, n’existent pas dans la réalité mais dans l’imagination. En premier lieu, les prétendus mythographes dénombrent trois Jupiter ; de ceux-ci, les deux premiers naquirent en Arcadie ; l’un eut comme père Éther, père également, dit-on, de Proserpine et de Liber ; l’autre eut comme père le Ciel, et on dit qu’il a engendré Minerve qui, suivant la tradition, est l’initiatrice et l’inventrice de la guerre »(Cic., op. cit., III, 21, 53). On finirait presque par en perdre son latin...

Quoi qu'il en soit de la généalogie de Liber, on peut dire qu'il est communément associé à Cérès, qui symbolise elle-même le blé ou les moissons. Pour sa part, Liber est synonyme de vin. « Nous disons Cérès pour le blé, Liber pour le vin : que Cérès et Liber viennent à manquer, Vénus est saisie d'un froid mortel, peut-on lire dans Térence. » (Cic., op. cit., II, 23). Plus loin il écrit de même que «Quand nous disons que les moissons sont Cérès, le vin Liber, nous utilisons un langage de tous les jours » (Cic., op. cit., III, 16, 41). Précisément, c'est ce genre d'assimilation qui conduit Cicéron à s'interroger sur la véritable divinité de Liber : « penses-tu qu’il existe quelqu’un d’assez fou au point de croire que l’aliment dont il se nourrit est un dieu ? », écrit-il plus loin (Cic., op. cit., III, 16, 41). Sénèque, ne s'interroge pas sur la nature divine de Liber mais apporte une indication complémentaire (et discordante) : « On a donné le nom de Liber à l'inventeur du vin, dit-il, non parce qu'il provoque la licence des paroles, mais parce qu'il délivre l'âme du joug des chagrins, qu'il lui donne de l'assurance, une vie nouvelle, et l'enhardit à toutes sortes d'entreprises » (Sénèque, De la tranquilité de l'âme, 17, 8). Liber aurait donc inventé le vin et cette invention expliquerait son nom : le vin rend libre donc l'inventeur du vin se nomme Liber. Liber ne serait donc pas dérivé du mot enfant (Liberi) comme le dit Cicéron, mais de la « liberté de l'âme » procurée par l'ivresse de la consommation du vin...

Le Liber dont il est ici question est l'équivalent de Dionysos-Bacchus; cette entité avait à Rome sa fête particulière, les Liberalia, célébrées chaque année le 16 mars (Ovide, Fastes, III, 713). C'est ce jour là que les jeunes romains âgés de 16 ans recevaient la toge virile (Cic., ad Att., VI, 1). Diverses autres cérémonies religieuses et festives avaient lieu pendant ce festival Dionysiaque, que l'on appelait parfois Ludi Liberales (jeux libéraux); le dieu du vin était fêté par des processions tumultueuses, au cours desquelles les beuveries massives devaient favoriser l'expression populaire d'une sorte d'inversion carnavalesque de l'ordre social. A l'époque de Cicéron et sous l'Empire, les Liberalia avaient encore une réputation sulfureuse. En 186 av. JC, en effet, le Sénat romain avait dû interdire les Bacchanales célébrées par des sectes mystiques : ces associations pratiquaient paraît-il des orgies plus que licencieuses (cf. Tite Live, XXXIX, 8, 13, 14, 18). Saint Augustin évoque et désapprouve fermement la très haute subversivité qui se donnait libre cours pendant ces festivités bacchiques (Aug., De Civ. Dei, VII, 21). Compte-tenu du caractère licencieux et socialement subversif de Liber, on se doute qu'il n'a donné lieu qu'à un petit nombre de représentations monétaires. On peut citer malgré tout deux monnaies émises respectivement en 78 av. J.-C. et en 48 av. JC (cf. monnaies A et B – Cr. n°386/1 et n°449/2). L'avers de la monnaie émise en 78 av. J.-C. représente la tête de Liber, le revers la tête de Libera. Davantage que les orgies bacchiques, cette monnaie évoquerait, selon M. Crawford, l'intention du monnayeur de rappeler la fondation du temple de Cérès, Liber et Libera par le Consul Sp. Cassius (cf. Crawford, p. 403). Au sujet de la monnaie émise au nom du monétaire C. Vibius Pansa en 48 av. J.-C., la tête de Liber représentée à l'avers de la monnaie est en rapport avec l'image de Cérès au revers : il s'agit d'une image du pain (Cérès) et du vin (Liber).

Il faut enfin évoquer le rapport entre Liber ou Liber Pater comme entité divine et l'enfance (en latin liberi). Cicéron, comme nous l'avons vu, fait un rapprochement entre Liber et liberi (cf. supra). La morphologie de ces deux mots étant effectivement très proche, il en déduit que Liber est l'enfant de Cérès. Cette conclusion est un peu rapide, mais le rapprochement de ces deux mots, Liber-liberi, est loin d'être absurde. Th. Mommsen explique en effet que, malgré des discussions sur l'étymologie de « liberi », ce mot désignait primitivement les personnes liées à la puissance paternelle. En droit privé, en effet, l'enfance était considérée à Rome comme une servitude relative. Les lois des Douze Tables expriment l'extinction de la puissance paternelle par les mots « Filius a patre liber esto »; c'est donc que le fils de famille est « a patre servus »(esclave de son père). Th. Mommsen conclue ce point en affirmant : « C'est une des gaités de la formation du langage que libertas ait, à l'origine, beaucoup plus désigné la servitude que la liberté » (cf. Th. Mommsen, Droit public, t. VI/1, p.68). Quelques siècles avant que Théodore Mommsen ne se livre à ces intéressantes observations, Ovide, dans « Les Fastes » a pensé la même chose, sans pour autant l'affirmer catégoriquement : « Il me reste à trouver pourquoi on remet la toge virile / aux enfants, le jour de ta fête, radieux Bacchus, s'interroge-t-il. Est-ce parce que tu sembles toujours un enfant et un adolescent, et que ton âge est intermédiaire entre les deux ? Ou bien, puisque tu es un père toi-même, les pères confient-ils à tes soins et à ta puissance les trésors que sont leurs enfants ? Ou, parce que tu es Liber, prend-on aussi en ton nom la toge de l'homme libre et la voie vers une vie plus libre ? » (Ovide, Fastes, III, 371-378). Tout ceci est très intéressant, mais ne s'éloigne-t-on pas de la définition de ce qu'est la Liberté ? Précisément, non. Le Liber du vin, assimilé à Dionysos-Bacchus, est une figure masculine et socialement subversive, comme on a pu le voir. En conséquence, ses représentations monétaires sont assez peu nombreuses. Par ailleurs, on a pu observer que la liberté avait une très forte dimension sociale. Aux origines, la liberté n'a pas été sans rapport avec la « libération » de l'enfance et le passage à l'âge adulte. L'invention de la figure féminine de la Liberté, qui est une allégorie positive, ou si l'on peut s'exprimer ainsi, politiquement correcte, a peut-être eu lieu en réaction contre la figure trop subversive de Liber. En tout cas, elle exprime d'autres idées.

La Liberté apparaît d'abord sur les monnaies de la République comme une femme tenant une baguette, la « vindicte » et un bonnet, « le pileus »; nous reviendrons plus loin sur l'explication de ces attributs caractéristiques. L'allégorie de la Liberté, drapée, conduit un quadrige de chevaux (cf. monnaie n°1, 2, 3). Bien que Libertas n'ait pas de filiation divine ni de mythologique, elle apparaît dans ce cas comme Jupiter, souvent représenté lui-même conduisant un quadrige triomphal sur les monnaies de République. Une autre allégorie, la Victoire, figure elle aussi dans cette posture, debout dans un quadrige. On peut d'ailleurs remarquer que sur une monnaie émise par C. Egnatius en 75 av. J.-C. (monnaie n°3), la Liberté est couronnée par une Victoire ailée. L'invention du type de la Liberté dans un quadrige est probablement dérivé de la représentation, plus ancienne, de la Victoire conduisant un quadrige; il est également possible que Vénus ou même Cérès aient servi de source d'inspiration aux graveurs, qui auraient ainsi pratiqué une sorte de syncrétisme iconographique.

Les monétaires de la République romaine ne s'en tiennent pas à cette image. Ils font aussi représenter la Liberté sous forme de portrait de profil. Elle porte parfois un diadème (p. ex. monnaies n°5-6); il arrive que ce diadème soit absent (cf. monnaie n°8), peut-être parce qu'il évoque le pouvoir royal, excessivement mal vu des romains les plus attachés à la République. On peut noter que la Liberté n'est jamais représentée avec une couronne radiée, qui est plutôt un symbole solaire. La statue de la Liberté de Bartholdi et Eiffel, offerte par la France à l'Amérique en 1886 pour le centenaire de son indépendance, n'en est pas moins du plus bel effet. L'usage d'un portrait de femme pour représenter l'allégorie de la Liberté n'est pas une nouveauté du monnayage romain. Rome elle-même, par exemple, est représentée sur les plus anciens deniers de la République sous l'aspect d'un buste de femme casquée. Les graveurs des monnaies de la République, enfin, ont imaginé de figurer la Liberté debout dans un temple, donnant la main à Jupiter (cf. monnaie n°4); cette image montre que bien que la Liberté ne soit pas une véritable déesse, elle était tout de même considérée comme assez proche des dieux.

Sous l'Empire, la Liberté n'est plus représentée conduisant un quadrige triomphal; cette posture est alors davantage utilisée pour symboliser le triomphe des empereurs eux-mêmes. Le portrait de la Liberté est utilisé pour la dernière fois par Brutus et Cassius, les assassins de César, qui sont aussi les défenseurs résolus de la République (cf. monnaie n°14 – portrait de Brutus). Du coup, après avoir pris le pouvoir, Auguste et ses successeurs abandonnent le portrait de Libertas, qui incarne assez mal le nouveau régime. Le portait numismatique ne meurt pas en même temps que la disparition du portrait de la Liberté, bien au contraire. Les nouveaux maîtres de l'Empire perpétuent la tradition, mais ils préfèrent se faire représenter eux mêmes; à la rigueur, ils tolèrent que l'on représente sur les monnaies les membres de leur dynastie. Exit donc, quadriges et portraits de Libertas. Mais comme souvent, une exception confirme la règle. Après la mort de Néron (68 ap. J.-C.), considéré comme le pire des tyrans par l'aristocratie romaine, le Sénat fait frapper des monnaies dites autonomes sur lesquelles figure le portrait de Libertas et dont la légende exalte « Libertas restituta », c'est-à-dire la restauration de la liberté, ou la « Libertas populi romani restitua », la restauration de la liberté du peuple romain (cf. Cohen, Galba, Suppl. n°358, 376, 389, 394, 395).

Le type de représentation de la Liberté qui s'impose sous l'Empire, cependant, c'est celui d'une femme debout, drapée, tenant un bonnet (le pileus) et une baguette (la vindicta). Avant d'expliquer la signification de ces objets, on peut essayer d'expliquer pourquoi Rome a souvent utilisé des allégories, des abstractions, pour représenter des idées. Ces abstractions participent à une religiosité spécifique des romains, qui voient des manifestations divines, des numina, partout. Ainsi, Pétrone, dans son roman le Satiricon prête ces mots à une femme de Campanie : « Notre pays est si peuplé de divinités qu'il est beaucoup plus facile d'y rencontrer un dieu qu'un homme » (Pétrone, Sat., 17). Les hommes instruits et sceptiques tels que Cicéron, qui s'interrogent sur l'authenticité de la divinité des allégories, ne sont alors qu'une infime minorité. Les abstractions sont utilisées depuis fort longtemps à Rome. Selon la tradition, Tullus Hostilius aurait fait bâtir un temple à la Peur et à la Pâleur; le Salut ou la Prospérité du peuple romain (Salus populi romani) auraient également été fêtés depuis fort longtemps. On peut rajouter à cela que la religion traditionnelle de Rome n'a fait une large place aux cultes de divinités anthropomorphiques que très tardivement. Varron affirme que « les anciens Romains, pendant plus de cent soixante dix ans, ont adoré les dieux sans en faire aucune image » (Aug., De Civ. Dei, IV, 31). Plutarque, écrit quant à lui que « Numa (roi légendaire de Rome) défendit de même aux Romains d’attribuer à Dieu aucune forme d’homme ni de bête; et il n’y avait parmi eux, ni statue, ni image de la divinité » (Plut., Vie de Numa, 8). Bref, les romains, craignant de regarder leurs dieux face à face, auraient préféré prier des abstractions, jusqu'à ce que la religion anthropomorphique importée de Grèce ne s'impose à Rome, sans toutefois détruite totalement cet antique goût pour les allégories. L'image de la Liberté serait donc née du mélange de cet antique goût romain pour l'abstraction, et des formes concrètes, éventuellement empruntées à des dieux et divinités préexistantes.

Comme nous l'avons observé plus haut Libertas n'est peut être pas sans rapport avec la « libération » de l'enfant, et le passage à l'âge adulte. Ce n'est pourtant pas cet aspect familial des relations sociales qui apparaît sur les monnaies. Le fait que la Liberté tienne en main le « pileus » et la « vindicta » rappelle que la société romaine est une société d'ordres et une société inégalitaire. Le « pileus », c'est en effet le bonnet de laine dont on coiffait les esclaves affranchis. C'était un symbole particulièrement fort. Brutus le fait représenter sur une monnaie célèbre, entouré de deux poignards pour signifier que l'assassinat de César est une libération (cf. monnaie n°14). Le pileus est aussi gravé sur une monnaie de Caligula (cf. monnaie n°15), sur laquelle l'inscription R C C, qui signifie remissa ducentesima,évoque une réduction d'impôt, et donc, d'une certaine manière, un affranchissement. Habituellement, l'expression « appeler les esclaves à coiffer le pileus » (Tite Live, XXIV, 32) signifie « appeler les esclaves à la révolte ». Le bonnet des affranchis, enfin, peut servir à exprimer un sentiment populaire de liberté. Ainsi, selon Suétone, immédiatement après la mort de Néron, « l'allégresse publique fut si grande que le peuple coiffé de bonnets d'affranchis courut à travers toute la ville » (Suét., Néron, 57). En ce qui concerne la vindicte, il s'agit d'une baguette qui était utilisée lors de la cérémonie d'affranchissement des esclaves. A son sujet Tite Live écrit que le nom « vindicte » dériverait de celui de Vindicius, qui, selon la tradition, aurait été le premier esclave a avoir été mis en liberté à Rome (T. Live, II, 5). Il est difficile de se prononcer sur cette étymologie qui semble fantaisiste. Quoi qu'il en soit, le droit romain appelait « Vindicta » l'une trois possibilités existentes dont disposait un maître pour libérer un esclave (cf. Ulpien, Frag., I). La cérémonie de la libération (manumissio) par la vindicte se déroulait ainsi : le maître conduisait son esclave devant le magistrat qui s'informait sur les causes de l'affranchissement. Le licteur du magistrat tenait ensuite une baguette sur la tête de l'esclave, qui prononçait quelque formule précise demandant la liberté (« vindicavit libertatem »). Pendant ce temps le maître tenait l'esclave; puis, après avoir prononcé les mots « hunc hominem liberum volo », il lui tournait autour (Perse, Sat., V, 78), puis, enfin, le laissait partir (« emisit e manu », ou « misit manu », cf. Plaut., Capt., II, 3, 48), après que le magistrat l'ait déclaré libre. La baguette utilisée est appelée la « vindicte », dans un vers d'Horace : « Toi, mon maître! Soumis de tant de façons à l'empire si puissant des hommes et des choses ! Toi que la vindicte toucherait trois et quatre fois sans jamais t'affranchir de la peur qui te rend malheureux ! » (Horace, Sat., II, 7, 75). C'est donc cette cérémonie, ce rite de passage de l'état d'esclave à celui d'affranchi que représente l'allégorie de la Liberté telle qu'elle apparaît le plus souvent sur les monnaies. Cependant, la liberté selon Rome est tout à fait différente de la notion contemporaine de liberté individuelle. « L'esclave libéré doit être tenu en dépendance comme un fils et non pas comme un esclave; et son ancien maître doit lui servir de père. C'est pourquoi il est appelé patronus », écrit à ce sujet Th. Mommsen. « Le patronus est l'individu qui est susceptible d'être comme un père, à côté et au dessus de ses protégés », précise-t-il plus loin (cf. Mommsen, Droit public, t. VI/1, p. 12-13). La loi romaine protège et oblige les citoyens.

 La société romaine est une société d'ordres composée d'une aristocratie de patriciens (sénateurs et chevaliers), et du peuple (citoyens libres, esclaves et affranchis). Il s'agit d'une société inégalitaire en droit et en fait. Les citoyens peuvent être libres selon la loi; à ce sujet, Cicéron n'écrit-il pas que « selon le droit civil, un fils né de mère libre est libre ? » (Cic., De Natura Deorum, III, 18, 45). Mais cette liberté juridique est bornée par des considérations matérielles et sociales. Les hommes libres sont en concurrence avec les esclaves, qui constituent une main d’œuvre peu chère. Du coup la Liberté juridique de l'homme libre est précaire : il s'endette et finit par devenir l'esclave de ses débiteurs... Les troubles sociaux sont récurrents dans l'histoire de la République romaine. Comme le rapporte Suétone, César, le « dictateur démocrate » prend quelques mesures pour favoriser les hommes libres de la plèbe : « il exigea que les éleveurs de bestiaux eussent parmi leurs bergers au moins un tiers d'hommes libres en âge de puberté [...] A l'égard des dettes, dissipant ces espérances d'abolition que l'on réveillait souvent, il décida, pour en finir, que les débiteurs s'acquitteraient envers leurs créanciers en estimant leurs propriétés au prix que chacune d'elle leur avait coûté avant la guerre civile et en déduisant du chiffre de leurs ce qu'ils auraient payé à titre d'intérêt, soit en argent, soit en valeurs; ces dispositions réduisaient les créances d'environ un quart » (Suét., César, XLII). Les citoyens romains étaient donc limités par un ordre économique et social plutôt que véritablement libres.

Les patriciens eux aussi, et les empereurs ne font pas exception à la règle, sont insérés dans cette société qui fixe les limites de leur liberté, leurs droits et leurs obligations. L'Empereur Claude (41 à 54 ap. J.-C.), comme des habitants d'Ostie lui adressaient à son tribunal un requête au nom de leur cité, se serait enflammé de colère et aurait hurlé « qu'il n'avait aucune raison de les obliger, et que s'il existait un homme libre, c'était lui » (Suét., Claude, XL). Malgré cette touchante protestation de liberté, il faut bien reconnaître que l'exercice du gouvernement impliquait bel et bien un certain nombre d'obligations sociales. Auguste, fondateur de l'Empire, avait d'ailleurs une idée très précise de ce que devait être cet ordre social : « Non content d'avoir, à force d'obstacles, détourné les esclaves de l'affranchissement, et, par des difficultés plus grandes encore, de l'entière liberté, il détermina soigneusement le nombre, les conditions et les différences de leur affranchissement; il stipula encore qu'aucun genre de liberté ne pourrait conférer le droit de citoyen à celui qui aurait été enchaîné ou soumis à la torture » (Suét, Aug., XL). L'idéal social d'Auguste, semble-t-il, c'est une société fixe, une société de castes, conservatrice, dans laquelle les obligations des différents groupes sont figées pour toujours. En ce qui concerne son propre rôle, Auguste se voit comme le Père de la Patrie, le « Pater Patriae », titre qui apparaît fréquemment sur le monnaies ou sur les inscriptions lapidaires. Le maître de l'empire est un patron à l'échelle de l'empire, ce qui suppose qu'il agit avec le peuple romain comme un patron traditionnel agirait avec sa clientèle : en échange de son soutien politique, il fait preuve de sa libéralité : « Il montra lors de diverses occasions sa libéralité en faveur des différents ordres » (Suét., Aug., XLI). Concrètement, cette « libéralité » se traduit par des distributions pécuniaires ou frumentaires au peuple de Rome : « Il fit souvent des largesses au peuple, rapporte Suétone, mais la somme variait presque chaque fois : tantôt c'étaient quatre cents sesterces par tête, tantôt de trois cents, quelquefois de deux cents, ou seulement de cinquante. Il n'en exclut pas même les plus jeunes enfants [...]. Souvent aussi, lorsque le blé était cher, il en fit mesurer une certaine quantité à chaque citoyen pour un prix tout à fait modique, quelquefois gratuitement [...] » (Suétone, Aug., LXI). Après Auguste, ce système devient une véritable institution dont tous les empereurs doivent faire preuve sous peine de provoquer des troubles populaires. L'allégorie de la « Liberalitas », crée pour illustrer cette générosité impériale, est très voisine l'image de la Liberté; elle est très souvent représentée sur les monnaies impériales. Il s'agit d'une femme qui tient l'abaque (c'est-à-dire la table de calcul qui permettait de compter les deniers dont chacun avait droit) et une corne d'abondance (cf. monnaie C). L'allégorie de la Libéralité est aussi présentée en train de vider une corne d'abondance (cf. monnaie D). La Liberté et la Libéralité sont deux allégories très proches sur le plan formel. Il arrive d'ailleurs qu'elles finissent par se confondre. Ainsi sur une monnaie émise en 222 ap. J.-C. au nom de Sévère Alexandre, la Liberté tient d'une main le pileus tradionnel, et de l'autre main une corne d'abondance empruntée à Liberalitas (cf. monnaie n°26 - voir également la monnaie n°21, qui exprime aussi la proximité entre la Liberté et la Libéralité de l'Empereur). Cette proximité et parfois cette confusion ne sont pas dues au hasard. Les deux allégories, en effet, sont très proches également au niveau des idées qu'elles expriment : le peuple ne doit-il pas la Liberté à la Libéralité de l'Empereur ?

Il reste à considérer le rapport entre la Liberté et le régime politique romain. On a pu observer que la Liberté a été représentée sur les monnaies par Brutus et Cassius immédiatement après l'épisode dramatique de l'assassinat de César (44 av. J.-C. - cf. monnaies n°9-13). Au premier siècle de l'Empire, elle réapparaît à chaque fois qu'un dirigeant jugé tyrannique disparaît. Ainsi, lors de l'assassinat de Caligula, « les conjurés, paraît-il, ne destinèrent l'Empire à personne; de plus, les sénateurs s'accordèrent si bien à vouloir rétablir la liberté que pour leur première séance, les consuls les convoquèrent non pas dans la curie, parce qu'elle portait le nom de Jules (César), mais au Capitole, et que certains d'entre eux, à leur tour de parole, proposèrent de faire disparaître le souvenir des Césars et de détruire leurs temples » (Suét., Caligula, LX). Contrairement aux souhaits d'une partie des sénateurs, qui voulaient « rétablir la liberté commune » (Suét., Claude, X), le règne des Césars ne s'est pas arrêté là. Claude, le nouvel Empereur, n'en a pas moins fait frapper un type de monnaie dont le revers représente la « LIBERTAS AVGVSTA » (cf. monnaie n°16). Les monnaies exaltant la Liberté sont également très nombreuses après la mort de Néron : la Liberté apparaît alors sur les monnaies autonomes du sénat qui célèbrent la LIBERTAS RESTITVTA et la LIBERTAS POPULI ROMANI (cf. supra); la Liberté figure aussi sur des monnaies de Galba ou Vitellius (monnaies n°17, 18). Galba multiplie les formules : LIBERTAS AVGVSTA, LIBERTAS POPULI ROMANI, LIBERTAS RESTIVTA. Vespasien lui aussi fait émettre des monnaies au type de la liberté : LIBERTAS AVGVSTI, LIBERTAS PVBLICA, LIBERTAS RESTITVTA. Une fois l'autorité du premier des Flaviens sûrement installée, la Liberté disparaît et ne reparaît pas sous ses fils Titus et Domitien. C'est après l'assassinat de Domitien, qui passe pour avoir renoué avec la tyrannie, que la Liberté reparaît, sous le règne de Nerva (cf. monnaie n°19). A chaque fois, le même type monétaire est réutilisé. On doit à Tacite cette phrase célèbre à propos de Nerva. Ce dernier aurait été le premier des Césars « qui ait uni deux choses autrefois incompatibles, le Principat et la Liberté » (Tacite, Agricole, III, 1).

 On trouve assez souvent chez les historiens romains, Suétone, Tacite mais aussi Tite Live, une conception assez précise de la place de la Liberté dans l'histoire romaine. Tacite écrit par exemple que « Rome fut d'abord soumise à des rois. L. Brutus fonda la liberté et le consulat. » (Tac., Ann., I, 1). Il ne faut pas confondre le Lucius Junius Brutus dont il est ici question et Marcus Junius Brutus, l'un des assassins de son bienfaiteur Jules César dont il a déjà été question ci-dessus. Lucius Junius Brutus est le héros semi légendaire que les romains considéraient comme le fondateur de la République, en 509 av. J.-C. : en effet, Brutus passait pour avoir chassé le dernier roi légendaire de Rome, Tarquin le Superbe. Après cet épisode révolutionnaire, « le peuple romain est en liberté, non plus sous la royauté; Rome est fermement résolue à ouvrir ses portes plutôt à ses ennemis qu'à ses rois; telle est la volonté de tous : le dernier jour de la liberté sera celui de Rome. » (T. Live, II, 2 15). Ledit peuple Romain prononce même un serment par lequel il s'engage à « ne jamais souffrir dans Rome ni roi, ni quiconque pourrait mettre la liberté en danger » (T. Live, II, 1, 2). Rome déteste les rois, qui incarnent l'idée de pouvoir personnel, de tyrannie et d'esclavage. La Liberté est donc assimilée au nouveau régime qui succède à la Royauté, c'est-à-dire à la République, sensée défendre avec efficacité le peuple romain contre le pouvoir tyrannique. Mais, au cœur du régime républicain, il existe quelques contradictions. Tite Live rapporte notamment cet épisode : « la cité est en proie en proie à la discorde, fruit des haines intestines qui s'étaient allumées entre les patriciens et le peuple, surtout à l'occasion des détenus pour dettes. Eh quoi ! disaient-ils dans leur indignation, nous qui combattons au-dehors pour la liberté et pour l'empire, nous ne trouvons au-dedans que captivité et oppression; la liberté du peuple romain est moins en danger durant la guerre que durant la paix, au milieu des ennemis que parmi des concitoyens » (T. Live, II, 2, 23). L'idée de la Liberté se heurte à la réalité sociale. Suétone, de même, note le mécontentent du peuple peu de temps avant l'assassinat de César : «... le peuple lui-même n'était plus alors favorable au régime actuel, mais soit en secret, soit ouvertement, il dénigrait la tyrannie et réclamait des libérateurs » (Suét., César, LXXX). Brutus et ses complices assassinent César en 44 av. J.-C., pour lutter contre le pouvoir personnel de César, et pour rétablir la liberté. Or Suétone rapporte que « la plèbe, aussitôt après les funérailles [de Jules César] se porta, munie de torches, vers les maisons de Brutus et de Cassius » (Suét., César, LXXXV). La foule s'en prend donc aux maisons des ces hommes qui se définissaient eux-mêmes comme des libérateurs. Il semble que les assassins de César étaient davantage les défenseurs de leur ordre que les défenseurs de la liberté publique en général ou de la liberté du peuple romain. Quoi qu'il en soit, au deuxième siècle de notre ère, Tacite semble avoir le sentiment que sous l'Empire, la liberté n'est plus ce qu'elle était, et il écrit : « Nos aïeux ont vécu le comble de la liberté, nous celui de l'asservissement ! » (Tac., Agr., II, 2).

Compte-tenu de la très puissante tradition anti-royale qui prévalait à Rome, Octave-Auguste, le fondateur de l'Empire, s'est bien gardé de prendre le titre de roi. Il a conservé toutes les apparences du régime républicain, tout en assumant la réalité d'un pouvoir absolu. Sous l'empire, l'idée de la liberté peuple romain, qui est plutôt un idéal qu'une réalité historique, reste vivace. Elle resurgit régulièrement, et c'est ce que signifie l'expression Libertas Restituta que l'on peut lire sur certaines monnaies. Il y a également une dimension sociale dans ces retours à la liberté : c'est le cas notamment des monnaies qui évoquent la Liberté du Peuple Romain. Jusqu'à ce que Nerva arrive au pouvoir, les images de la Liberté sur les monnaies ont une signification politique ponctuelle : elles sont liées à la chute d'un tyran ou d'un empereur perçu comme tel. A partir du II° siècle, la Liberté devient une représentation régulière et conventionnelle. Elle n'est plus qu'une allégorie parmi d'autres, chargée d'exprimer les qualités du régime impérial. Elle figure sur des monnaies de Trajan, Hadrien, Antonin le Pieux, Commode, mais encore, au troisième siècle, sur des pièces émises au nom de Caracalla, Sévère Alexandre, mais aussi Valérien, Gallien, Claude II, Aurélien ou Quintille... (cf. p. ex. les monnaies n°22, 23, 24, etc.). C'est, semble-t-il, l'avènement de Dioclétien qui marque la fin de la représentation traditionnelle de la Liberté sur les monnaies. A partir de cette période, il semble que le pouvoir impérial ne cherche plus à conserver les apparences du régime républicain mis en place par Auguste. On trouve encore cependant au début du IV° siècle une monnaie frappée à Constantinople (cf. RIC, VII, n°18, 25), et dont le revers représente une victoire debout à gauche sur une galère, tenant une couronne dans chaque main; la légende indique « LIBERTAS PVBLICA », mais s'agit-il encore de la mythique liberté républicaine ? On peut penser que la Liberté dont il est ici question c'est la liberté du culte religieux, instaurée par Constantin en 313 ap. J.-C., plutôt que la liberté de tel ou tel groupe social par rapport au pouvoir. Avec la création de Constantinople et l'adoption d'une nouvelle religion officielle, le christianisme, la Liberté n'avait plus tout à fait le même sens qu'à l'époque de Cicéron. En 350, certaines monnaies de l'Empereur Magnence (cf. RIC, VIII, p. ex. n°164, 167-168 etc) mentionnent encore l'antique formule de la Liberté des Romains et de la restauration de la Liberté. Il s'agit des ultimes évocations de la Liberté sur des monnaies avant la disparition de l'Empire en Occident.

Les images de la Liberté sur les monnaies romaines : BIBLIOGRAPHIE

On peut consulter les divers auteurs antiques cités dans le texte dans les diverses éditions de la Collection des Universités de France (CUF), qui comportent toutes les références scientifiques et apparats critiques souhaitables. Le catalogue des publications disponibles figure sur le site www.lesbelleslettres.com

Etudes :

Théodore Mommsen, Le droit public romain, traduction de F. Girard, Paris, 1889 (abrégé « Droit public » dans le texte)

Pierre Grimal, Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine, Paris, PUF, 2002 (15° éd.)

 

Numismatique, Catalogues de monnaies :

Crawford M.H., Roman Republican Coinage. I. Introduction and Catalogue; II. Studies, Plates and Indexes, 2 vol., Cambridge, 1974, 919 p., 62 tables, 70 pl. (cité par « Cr. » dans le texte).

 

Cohen H., Description historique des monnaies frappées sous l'Empire romain, communément appelées Médailles impériales, 2e éd., 8 vol. + supplément, Paris, 1880-1892 (« Cohen » dans le texte).

Mattingly H., Sydenham E.A., Sutherland C.H.V. [e.a.], The Roman Imperial Coinage, Londres, 10 t., 1923-1994. (abrégé « RIC »)

Les images de la Liberté sur les monnaies romaines : CATALOGUE DES MONNAIES

 

1. C. CASSI. Denier frappé à Rome, 126 av. J.-C. A/ Tête casquée de Rome tournée à droite; derrière sa tête, une urne. R/ La Liberté dans un quadrige allant à droite; elle tient les reines et une baguette (la vindicte) dans la main gauche et le pileus dans la main droite; C. CASSI et ROMA en exergue (Cr. 266/1 – Photo CNG).

2. M. PORC LAECA. Denier frappé à Rome, 125 av. J.-C. A/ Tête casquée de Rome tournée à droite. Derrière, LAECA. R/ La Liberté couronné par une Victoire volante, dans un quadrige allant à droite, tenant les reines et une baguette (la vindicte) dans la main gauche et le pileus dans la main droite. Dessous, M. PORC; en exergue, ROMA. (Cr. 270/1 -Photo CNG)

3. C. EGNATIVS CN.F, CN.N MAXSVMVS. Denier serratus frappé à Rome, 75 av. J.-C. A/ Buste de Vénus drapé et diadémé tourné à droite; Cupidon est perché dans ses cheveux. Derrière : MAXSVMVS. R/ Libertas dans un bige allant à gauche, couronnée par une victoire volante. Derrière, un pileus. En exergue, C. EGNATIVS CN F (Cr. 391/1 – Photo CNG)

4. C. EGNATIVS CN.F, CN.N MAXSVMVS. Denier frappé à Rome, 75 av. J.-C. A/ Buste de Cupidon tourné à droite. Derrière, MAXSVMVS. R/ Temple distyle avec deux figures à l'intérieur; au-dessus de la figure de gauche, un foudre; au-dessus de la figure de droite : un pileus. Dessous : C.EGNATIUS CN F. A droite : CN.N (Cr. 391/2 – Photo CNG)

5. C. EGNATIVS CN.F, CN.N MAXSVMVS. Denier frappé à Rome, 75 av. J.-C. A/ Buste de la Liberté drapée, portant un diadème et tournée à droite. Derrière, un pileus et MAXSVMVS R/ Rome et Venus debout de face; de part et d'autre, gouvernail debout sur une proue. Dessous, C.EGNATIUS CN F; à droite, CN.N (Cr. 391/3 – Photo CNG)

6. L. FARSVLEI MENSOR. Denier frappé à Rome, 75 av. J.-C. A/ Buste de la Liberté drapée portant un diadème et tournée à droite. Derrière, SC et un pileus. Devant : MENSOR. R/ Guerrier tenant une lance et conduisant un bige à droite avec la main gauche. Avec sa main droite, il aide une figure en toge à monter dans le bige. En exergue L. FARSVLEI. LXII sous les pattes des chevaux (Cr. 392/1b – Photo CNG)

7. Q. CASSIVS. Denier frappé à Rome en 55 av. J.-C. A/ Tête de la Liberté tournée à droite; à gauche LIBERT; à droite : Q. CASSIVS. R/ Chaise curule à l'intérieur du temple de Vesta. Une urne figure à gauche du temple; à droite, une tablette de vote porte l'inscription AC. (Cr. 428/2 - Photo CNG)

Tête de la Liberté sur une monnaie romaine de Brutus

n°8. BRVTVS. Denier frappé à Rome, 54 av. J.-C. A/ Tête de la Liberté tournée à droite. Derrière, LIBERTAS R/ L Iunius Brutus, consul en 509, marchant gauche entre deux licteurs et précédé par un accensus. En exergue, BRVTVS. (Cr. 433/1 – Photo CNG).

n°9. C. Cassius Longinus and Lentulus Spinther. Denier, 42 av. J.-C. Emission de campagne. A/ Tête de la Liberté portant un didadème tournée à droite. Devant : LEIBERTAS. Derrière, C. CASSI IMP R/ Vase sacrificiel et lituus. Dessous, LENTVLVS SPINT. (Cr. n°500/3. – Photo CNG). Voir également Cr. n°500/2 (aureus), 4 (aureus, variante), 5 (denier, variante avec buste voilé et diadémé), 6 (aureus, variante cf. n°5).

n°10. CAEPIO BRVTVS PROCOS. Emission de campagne de Brutus. Denier, 43-42 av. J.-C. A/ Tête de la Liberté tournée à droite; devant : LEIBERTAS. R/ Plectrum, lire et branche de laurier attachée avec un ruban. Autour, CAEPIO BRVTVS PRO COS (Cr. n°501/1 - Photo CNG).

n°11. Q. CAEPIO BRVTVS PROCOS, avec L. SESTI PROQ. Emission de campagne de Brutus. Denier frappé en 43-42 av. J.-C. A/ Tête de la Liberté drapée et portant un voile, tournée à droite. Devant : L.SESTI. Derrière PRO Q. R/ Trépied. A gauche, axe, à droite, simpulum. Autour : Q CAEPIO BRVTVS PRO COS. (Crawford n°502/2 - Photo CNG). Voir également : Cr. 502/1 (aureus) et 502/3 (quinaire, A/ identique R/ Victoire volant à droite et légende : Q CAEPIO BRVTVS PRO COS).

n°12. C CASSI IMP et Q CAEPIO BRUTUS IMP avec M SERVILIUS LEG. Emission de campagne de Brutus et Cassius. Aureus, 43-42 av. J.-C. A/ Tête laurée de la Liberté à droite. Derrière : C CASSI IMP R/ Aplustre, avec des branches se terminant en fleurs. M. SERVILIVS, LEG. (Cr. n°505/1 - Photo CNG). Voir également : Cr. 505/2 (denier), 505/3, 505/4 , 505/5

n°13. M. BRVTVS IMP en partie avec COSTA LEG. Emission de campagne de Brutus. Quinaire, frappé en 43-42 av. J.-C. A/ Tête de la Liberté diadémée tournée à droite. Devant : LEIBERTAS R/ Proue et ancre entremêlées (Cr. n°506/3 - Photo CNG).

n°14. BRVT. IMP avec L. PLAET. CEST. Emission de campagne de Brutus. Denier frappé en 43-42 av. J.-C. A/ Tête de Brutus barbu tournée à droite; autour : BRVT IMP; L. PLAET CEST R/ Pileus entre deux poignards. EID MAR. (Cr. n°508/3 - Photo A.Pangerl).

n°15 Caligula (37-41 ap. J.-C.) Quadrans frappé en 40-41 ap. J.-C. A/ C CAESAR DIVI AVG PRON AVG, S-C, pileus R/ PON M TR P IIII PP COS TERT, autour de RCC (RIC I 52; Cohen 7 – Photo CNG).

n°16. Claude (41-54 ap. J.-C.). As frappé en 41-42 ap. J.-C. A/ TI. CLAVDIVS CAESAR AVG P M TR P IMP P P. Sa tête nue à gauche. R/ LIBERTAS AVGVSTA S C. La Liberté debout à droite, tenant un pileus et tendant la main gauche (RIC I 97; Cohen n°47 – Photo CNG)

n°17. Galba (68-69 ap. J.-C.). Sesterce frappé en 68 ap. J.-C. A/ IMP SER SVLP GALBA CAES AVG TR P. Son buste lauré et drapé à droite. R/ LIBERTAS PVBLICA S.C. La Liberté debout, à gauche, tenant un bonnet (pileus) et un sceptre. (Cohen 130 -Photo CNG)

n°18. Vitellius (69 ap. J.-C.). Denier. A/ VITELLIUS GERM IMP AVG TR P, tête laurée tournée à droite. R/ LIBERTAS RESTITVTA, La Liberté debout à droite, tenant un pileus et un sceptre. (RIC I 105 -Photo CNG).

n°19. Nerva (96-98 ap. J.-C). As frappé en 97 ap. J.-C. A/ IMP NERVA CAES. AVG. TR. P. COS III P P. Sa tête laurée tournée à droite. R/ LIBERTAS PVBLICA. La Liberté debout à gauche, tenant un pileus et un sceptre. (Cohen n°115, RIC II 86 – Photo CNG).

n°20. TRAJAN (98-117 ap. J.-C.) Aureus frappé en 107 ap. J.-C. A/ IMP TRAIANO AVG GER DAC P M TR P, buste lauré, drapé et cuirassé, tournée à droite. st right, seen from behind R/ COS. V. P. P. S. P.Q. R. OPTIMO PRINC, La Liberté debout tournée à gauche, tenant un pileus dans la main droite et un sceptre (RIC II 123 – Photo CNG).

n°21. HADRIEN (117-138 ap. J.-C.) Sesterce frappé en 119 ap. J.-C. A/ IMP CAES TRAIANVS HADRIANVS AVG. Buste lauré et drapé à tourné à droite. R/ LIBERTAS RESTITVTA (à l'exergue). PONT MAX POT COS III (à l'entour). S.C Adrien assis à gauche sur une estrade, tendant la main à une femme debout, au bas de l'escalier, qui a le pied gauche posé sur une base, et qui lui présente un enfant qu'elle tient dans ses bras et un autre qui est debout derrière elle. (Cohen 949, RIC II 568 - Photo CNG)

22. ANTONIN LE PIEUX (138-161 ap. J.-C.). Sesterce frappé en 154-155 ap. J.-C. A/ ANTONINVS AVG PIVS P P TR P XVIII. Sa tête ou son buste lauré à droite (908; de J.-C., 155). R/ LIBERTAS COS IIII SC. La Liberté debout à gauche, tenant un pileus et un sceptre. (Cohen 543 – RIC III 929 – Photo CNG).

n°23. COMMODE (177-192 ap. J.-C.) Sesterce frappé en 178 ap. J.-C. A/ L AVREL COMM-ODVS AVG TR P III, buste lauré tourné à droite. R/ LIBERTAS AVG IMP II COS P P, S C. La Liberté debout à gauche, tenant un pileus et un sceptre. (RIC III 1589 – Photo CNG)

n°24. CARACALLA (198-217 ap. J.-C.) Sesterce, frappé en 213 ap. J.-C. A/ M AVR ANTONINVS PIVS AVG BRIT, buste lauré drapé et cuirassé tourné à droite R/ P M TR P XVI COS IIII P P, S-C dans les champs. R/ P M TR P XVI COS IIII P P. La Liberté debout à gauche, tenant un bonnet et un sceptre. (Cohen 229; RIC IV 498a – Photo CNG)

n°25. ELAGABAL (219-222 ap. J.-C.) Denier frappé en 220-222 ap. J.-C. A/ IMP ANTONINVS PIVS AVG, Buste lauré drapé et cuirassé tourné à droite. R/ LIBER-TAS AVG, La Liberté debout à gauche, tenant un pileus et une corne d'abondance; étoile dans le champ. (RIC III 112 – Photo CNG).

n°26. SEVERE ALEXANDRE (222-238 ap. J.-C.) Denier frappé en 222 ap. J.-C. A/ IMP C M AVR SEV ALEXAND AVG, buste lauré drapé et cuirassé tourné à droite R/ P M TR P COS P P, La Liberté debout à gauche, tenant un pileus et une corne d'abondance (RIC IV 11; Cohen n°215-216 – Photo CNG)

 
*

A/ L. CASSI QF. Denier frappé à Rome en 78 av. J.-C. A Tête de Liber tournée à droite. R/ Tête de Libera tournée à gauche. Derrière, L.CASSI.Q.F. (Cr.386/1 – Photo CNG).

B/ C. VIBIVS C.F C.N PANSA. Denier frappé à Rome en 48 av. J.-C. A/ Tête de Liber tournée à droite. Derrière, PANSA. R/ Cérès dans un bige de serpents allant à droite. A droite : C. VIBIUS C F C N (Cr. 449/3 – Photo CNG). [voir également Cr. n°449/2 R/ Cérès marchant à droite avec deux torches).

C/ Sesterce de Trébonien Galle. A/ Buste lauré et drapé tourné à droite R/ LIBERALITAS AVGG SC. La Libéralité debout à gauche, tenant l'abaque et une corne d'abondance (RIC 113, Cohen 57 – Photo CNG)

D/ Denier d'Antonin le Pieux (138-161 ap. J.-C.), frappé en 154. A/ ANTONINVS AVG PIVS P P TR P XVII. Tête laurée tournée à droite. R/ LIBERALITAS VII COS IIII, Liberalitas debout à gauche, vidant une corne d'abondance (RIC, III, 234 – Photo CNG).


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La France offre la statue de la Liberté à l'Amérique (4 juillet 1884 - pièce commémorative de 100 francs argent)
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Commentaires
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ROBERT Maurice - recherche   2008-04-20 09:05:32
Bonjour,
je fais actuellement une recherche sur l'iconographie républicaine en France. Comme vous le savez elle est puissamment inspirée du modèle greco-romain. N'étant pas latiniste je me suis un peu appuyé sur cet article, que je trouve particulièrement clair et très bien documenté. Félicitations à son auteur et comme j'ai l'intention de le citer, j'aimerais avoir son autorisation et un nom, afin de "rendre à César ce qui est à César"!
Je connais peu la numismatique, mais je trouve vos articles remarquables. Bravo!
Cordialement vôtre. m-c robert
Sacramon - Merci pour les compliments   2008-04-20 20:15:11
Merci pour les compliments, ça fait toujours plaisir...
L'iconographie, le symbolisme et l'usage qu'en en ont fait les différents pouvoirs à travers les âges sont des sujets passionnants, l'iconographie républicaine de la France est particulièrement intéressante, mais je n'ai pas eu l'occasion de l'aborder sur ce site. Si mon article peut vous être utile, tant mieux ! Je m'appelle Frederic Da Silva, je collabore occasionnellement à des journaux numismatiques et l'article sur les images de la Liberté a été publié dans le Magazine "Numismatique et Change".
Cordiales salutations
F. Da Silva
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Dernière mise à jour : ( 04-07-2009 )
 
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