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Géographie de la guerre des Gaules
15-04-2009
Géographie de la guerre des Gaules

Pendant la guerre des Gaules, qui se déroule de 58 à 51 av JC, César parcourt la Gaule Ultérieure, la Narbonnaise et la Belgique en tous sens. Il s'offre même le luxe de franchir le Rhin en direction de la Germanie et la Manche en direction de la Bretagne (Grande-Bretagne actuelle). Des cartes générales, qui illustrent les différentes campagnes de César, ainsi qu'un résumé des principaux évènements de la guerre permettent de localiser les grands traits de la géographie de la guerre des Gaules.
 

Sommaire de l'article


La Gaule avant la conquête

La conquête de la Gaule (58-55 avant JC)

La Guerre des Gaules (54-51 avant JC)

Bibliographie sur la Guerre des Gaules

Autres pages sur la Guerre des Gaules, les Gaulois et Jules César


La Gaule avant la conquête (cf. carte n°1), « est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue se nomment Celtes, et dans la nôtre Gaulois » (César, Guerre des Gaules, I, 1 -cf. bibliographie). César, dans la célébrissime ouverture de ses « Commentaires », précise que les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, les Belges par la Marne et la Seine. Au delà du Rhin prennent place les Germains. Les frontières gauloises sont donc loin de coïncider avec les frontières nationales actuelles de la France : Paris se trouve alors sur la frontière belge ! Au sud, sur la côte méditerranéenne, la Provincia Narbonensis, la Gaule Narbonnaise, porte le nom de sa capitale romaine, Narbonne (Narbo Martius). A l'est de la « Province » prend place Marseille qui, localement, constitue un très ancien et très puissant centre de civilisation grecque. L'influence de Marseille est bien antérieure à celle de Rome; elle s'étend très au nord, en remontant le Rhône. César rapporte par exemple que les listes nominatives des soldats et des émigrants Helvètes (Suisse actuelle) sont écrites en caractères grecs (BG, I, 29). Mais en 58 av. JC, la Narbonnaise est déjà romaine (ou sous protectorat romain dans le cas de Marseille) depuis plus d'un demi siècle : après la guerre des Gaules, Rome prend l'ascendant culturel pour de longs siècles.
 
Carte : la Guerre des Gaules
 
 
En terme de civilisation, il existe une gradation nord-sud. La Province a des moeurs et une civilisation raffinées. Les Gaulois d'outre Rhône, quoique barbares selon le point de vue romain, ne sont pas des inconnus. Rome entretient des contacts et une influence politique sur le Arvernes, qu'elle a déjà vaincus militairement sans les asservir, mais aussi, notamment, avec les Eduens, qui sont un peuple allié. Selon l'expression employée par César, le Sénat et le Peuple romain accordent leur amitié à certains peuples, royaumes ou potentats gaulois. Cette « amitié », impériale, oblige celui à qui on la confère : le Germain Arioviste, qui se croyait souverain, l'apprend à ses dépends; les Gaulois, de même, s'en apercevront à leur tour. L'influence est politique, diplomatique, mais aussi commerciale. Les Belges passent pour être plus barbares que les Gaulois de la Gaule Ultérieure : les marchands vont très rarement chez eux et n'y importent pas ce qui est propre à amollir les coeurs (BG, I, 1). Et surtout, les Belges (de même que les Helvètes) sont en permanence aux prises avec les Germains qui, aux yeux de César, représentent le summum de la barbarie, car ils ne semblent vivre que pour se livrer à des guerres intestines. Il est vrai que les deux grandes routes du commerce nord-sud laissent alors la Germanie à l'écart. L'une de ces routes longe le Rhône, oblique au nord-ouest, et remonte la Seine. L'autre passe par Narbonne, Toulouse, longe la Garonne. De là des bateaux naviguaient jusqu'à la Bretagne (Grande-Bretagne), riche en étain. Parmi les objets du commerce, on trouve des métaux, mais aussi et surtout le vin, particulièrement apprécié par les gaulois, et les esclaves, importants du point de vue romain. Ces « marchandises », vin et esclaves, constituaient l'essentiel du fret à l'aller ou au retour. La raison commerciale est probablement une des causes de fond qui conduit à la guerre des Gaules. Mais elle n'est pas la seule : l'ambition personnelle de César et l'impérialisme romain jouent le rôle principal. L'existence d'une communauté de civilisation celtique, selon César, ne fait aucun doute (cf. BG, VI, 11 et suiv.). Par contre, il n'existe pas vraiment d'unité politique gauloise : la Gaule est atomisée en une multitude de peuples assis parfois sur des bases micro-régionales. Ces peuples sont bien souvent désunis et en guerre les uns contre les autres. C'est une aubaine pour César qui, malgré le sursaut de 52 av. JC., a exploité à fond les divisions gauloises.
 
La Guerre des Gaules commence en 58 av. JC (cf. carte n°2). Le peuple Helvète, installé en Suisse actuelle, quitte sa terre d'origine avec armes et bagages et décide de s'établir en Gaule, au pays des Santon (Saintonge). 368000 hommes, femmes et enfants, dont 92000 combattants se rassemblent sur les bords du lac Léman, après avoir incendié leurs villes. Ils souhaitent traverser la Province pour rejoindre leur but. César leur interdit de franchir le Rhin et les bloque une première fois manu militari. Les Helvètes partent alors vers le nord, ils traversent le territoire des Séquanes, puis franchissent la Saône. A la demande des chefs Eduens, César les poursuit et les harcèle. Il finit par leur infliger une cuisante défaite non loin de Bibracte. César fit dénombrer les Helvètes survivants : seuls 100000 individus avaient survécu à cette aventure (BG, I, 29). César lance alors ses légions contre le Germain Arioviste qui était entré en Gaule à la demande des peuples gaulois eux-mêmes. César se dirige à grandes journées de marche à Besançon pour devancer Arioviste. Une bataille se déroule dans la plaine d'Alsace. Arioviste est vaincu. César prend ses quartiers d'hiver dans la Gaule Citérieure (Italie du Nord).

Carte : La Guerre des Gaules, campagnes de 55-58 av. JC
 
 
En 57 av. JC, César se tourne contre les Belges « qui se liguaient contre le peuple romain » (BG, II, 1). L'armée Belge en effet, s'est rassemblée et marche contre César. Celui-ci dirige rapidement ses légions dans leur direction et leur fait franchir l'Aisne. Là, les Belges, battus et mis en déroute, se replient en désordre et se font massacrer. César exploite son avantage, attaque les Suessions qui capitulent à Noviodunum. La marche des légions se poursuit contre les Nerviens et l'oppidum des Atuatuques. Ces deux peuples sont vaincus tour à tour. Pendant ce temps, Publius Crassus, le légat de César, reçoit sans combattre la soumission de divers peuples installés sur les côtes de l'Océan. A cet instant, César a le sentiment que « toute la Gaule se trouva pacifiée par ces campagnes » (BG, II, 35). Les acquis de ces campagnes étaient pourtant assez fragiles.
 
Pendant l'hiver 57-56 av. JC, le peuple des Vénètes (Morbihan), qui venait pourtant de se soumettre à P. Crassus, se révolte, et rassemble une coalition de peuples de l'Océan. Grâce à l'aide des Pictons et des Santons, César fait construire une flotte dans l'estuaire de la Loire et parvient à anéantir la flotte Vénète, et l'antique puissance maritime de ce peuple marin. Pendant cette même année 56 av. JC, le légat P. Crassus est envoyé en Aquitaine, qu'il soumet après de rudes combats. César, reçoit quant à lui la soumission des peuples d'Armorique de Normandie. Il envisage alors d'attaquer les Morins et les Ménapes, installés en Belgique, sur la façade maritime. César renonce provisoirement à cause du mauvais temps et place ses troupes dans leurs quartiers d'hiver.
 
Au cours de l'hiver 56-55 av. JC, « les Usipètes et les Tenctères, peuples de Germanie, passèrent le Rhin en masse, non loin de son embouchure » (BG, IV, 1). Ils s'installent sur le territoire des Ménapes. César est en Italie quand il apprend cette invasion. Il donne l'ordre à ses légions qui hivernaient en Normandie de se concentrer. Il les rejoint dès la fin de l'hiver. César ordonne aux barbares de repasser le Rhin. Après de brèves négociations, une trêve fragile est rompue, la bataille s'engage. Les Germains sont mis en déroute par l'armée romaine et refluent au-delà du Rhin. « Pour de nombreuses raisons, César, se détermina à passer le Rhin. La meilleure, était que, voyant la facilité avec laquelle les Germains se décidaient à passer en Gaule, il voulait leur inspirer les mêmes craintes pour leurs biens, en leur montrant qu'une armée du peuple romain pouvait et osait franchir le Rhin » (BG, IV, 16). César s'exécute, il fait construire un pont très rapidement, fait une incursion destructrice sur l'autre rive du Rhin et repasse en Gaule. Quoique l'été fut déjà fort avancé, César s'engage alors dans une expédition en Bretagne (Grande-Bretagne). Il traverse la Manche « car dans presque toutes les guerres contre les Gaulois, nos ennemis en avaient reçu des secours » (BG, IV, 20). Cette incursion est principalement une reconnaissance rapide de lieux mal connus. En 54 av. JC, après avoir hiverné en Italie, César franchit de nouveau la Manche. Il traverse la Tamise, combat divers peuples Bretons, et il finit par obtenir la soumission de Cassivelaunos leur chef. De retour sur le continent, César organise l'hivernage de ses troupes en les dispersant chez de nombreux peuples gaulois. La légion des légats Q. Titurius Sabinus et L. Aurunculeius Cotta, cantonnée à Atuatuca est massacrée par une coalition des peuples Eburons et des Nerviens d'Ambiorix. Ceux-ci assiègent alors le camp isolé de Q. Cicéron; il échouent grâce à l'arrivée de César. A ce moment, les espoirs que César avait nourri d'une victoire et d'une pacification rapide de toute la Gaule ont disparu.
 
En 53 av. JC, les Sénons et les Carnutes montrent des signes d'insoumission, mais l'arrivée de César fait échouer leur révolte (cf. carte n°3). La guerre se concentre alors sur les Trévires, qui tentent d'attaquer le camp du légat Labiénus, mais échouent et subissent une défaite. César, parvenu chez les Trévires, décide de franchir une seconde fois le Rhin pour punir les Germains qui ont prêté main forte aux Trévires. Revenu en Gaule, César poursuit la traque d'Ambiorix, le chef Nervien rebelle. Il s'en prend alors aux Eburons dont il souhaite l'extermination (BG, V, 34), mais les espoirs de butin provoquent l'arrivée d'une armée de Germains Sicambres, qui franchissent le Rhin. Ils tentent de prendre la place forte d'Atuatuca où, malgré le souvenir de la défaite du légat Q. Titurius, César avait réinstallé une garnison romaine. Les Germains échouent et repassent le Rhin. César place alors ses armées dans leurs quartiers d'hiver, au nord de la Loire, principalement à Agedincum (Sens), et part pour l'Italie.
Carte : La Guerre des Gaules (54 à 51 avant JC)
 
 
C'est en 52 av. JC que César est informé d'un soulèvement général de la Gaule. Les Carnutes ont massacré tous les commerçants romains de Genabum (Orléans). Au sud, l'Arverne Vercingétorix s'est fait proclamer roi. Il coalise de nombreux peuples et prend la tête du « conseil de guerre » gaulois. Il tente d'employer la même stratégie que César, en portant la guerre sur le sol ennemi : la Gaule narbonnaise est attaquée. César se rend de toute urgence dans la Province, dont il organise la défense; mais il se trouve dans une position délicate : il est séparé de ses légions qui hivernent au nord de la Loire. Avec les troupes qu'il a réussi à recruter localement, César franchit alors, contre toute attente, les Cévennes enneigées et se retrouve ainsi en territoire arverne. Vercingétorix, était alors au nord, chez les Bituriges qu'il avait réussi à gagner à sa cause. Il s'apprêtait à faire de même avec les Eduens, alliés traditionnels de Rome, mais la présence romaine en pays arverne le contraint à retourner vers le sud. César laisse alors ses troupes sur place, et se dirige avec une simple escorte vers Sens, où il a fait concentrer ses troupes. Il se rend à Génabum (Orléans), qui avait sonné le début de la révolte générale. Les légions pillent et brûlent la ville. César prend alors la direction du pays des Bituriges. Vercingétorix qui a réussi à faire admettre une stratégie de terre brûlée pour épuiser l'armée romaine, n'a pas réussi à convaincre ses alliés de brûler leur capitale Avaricum (Bourges), « qui était la ville la plus grande et la plus forte du pays des Bituriges » (BG, VII, 13, 3). César, malgré de très importantes difficultés, s'empare de la place. Vercingétorix, connaissant la supériorité tactique de la légion romaine, refuse le combat en rase campagne. César décide alors d'aller assiéger Gergovie, en pays Arverne. Il échoue et se voit contraint de retourner à Sens, où il rejoint son légat Labiénus qui avait reçu la mission de pacifier les peuples du bassin de la Seine. Après une action victorieuse non loin de Lutèce, sa mission est remplie. Le légat retourne à Sens.
 
Les Eduens, après l'échec de César à Gergovie, ont fait défection. César se résout désormais à abandonner la Gaule en révolte. Il entame une retraite vers la Province menacée. Vercingétorix convoque à Bibracte l'assemblée générale des chefs Gaulois, qui le confirment dans ses fonctions. Alors que l'armée gauloise poursuit les légions de César, non loin de Dijon, Vercingétorix change brutalement de tactique, et décide d'envoyer ses cavaliers au combat. Avant l'attaque, les cavaliers prêtent serment : « pas d'asile sous un toit, pas d'accès auprès de ses enfants, de ses parents, de sa femme, pour celui qui n'aura pas deux fois traversé à cheval les rangs ennemis » (BG, VII, 66). La suite est connue : la fougue gauloise échoue face à la froide et implacable tactique césarienne. César est aidé il est vrai par des auxiliaires de cavalerie germains qu'il a fait venir pour compenser la défection des Eduens. La cavalerie gauloise est mise en déroute. Vercingétorix conduit ses troupes en toute hâte à Alésia. César le talonne, le rejoint presque aussitôt. Il assiège Alésia. Pour se faire, il emploie les grand moyens : les légionnaires construisent une double enceinte intérieure, contre les assiégés, et extérieure, contre une éventuelle force de secours. Une armée de secours arrive effectivement mais ne peut rien. Les sorties des Gaulois assiégés ne parviennent pas plus à briser l'encerclement. L'heure de la reddition arrive. Vercingétorix et les peuples gaulois ont perdu la guerre.
 
Les évènements de 51 av. JC, ne sont plus que la réduction des derniers foyers de résistance. César, fait campagne contre les Carnutes, les Bellovaques et les Trévires. C'est à Uxellodunum (Lot), cependant, qu'a lieu l'un des ultimes actes emblématiques de la guerre des Gaules. Après un siège difficile mais victorieux, « César, qui savait sa bonté connue de tous et qui n'avait pas à craindre qu'un acte de rigueur fût imputé à la cruauté de son caractère, mais qui ne voyait pas la fin de ses desseins, si des révoltes de cette sorte éclataient en divers lieux, résolut de faire un exemple qui intimidât les autres états. En conséquence, il fit couper les mains à tous ceux qui avaient porté les armes; il leur laissa la vie, pour mieux attester le châtiment reservé aux alliés déloyaux. » (BG, VIII, 44). C'est ainsi, impitoyablement, que s'achève la guerre des Gaules.
 
Sur le plan territorial, le gain est immense. La Gaule devient une pièce maîtresse de l'Empire Romain. La géopolitique du monde antique se trouve durablement bouleversée. 
 
 
Bibliographie sur la Guerre des Gaules
 
  • Jules César, La Guerre des Gaules, traduction M. Rat, éd. GF, 1964 [abrégé « BG » le texte]
  • L.-A. Constans, Guide illustré des campagnes de César en Gaule, coll. « Les Belles Lettres », Paris, 1929
  • Christian Goudineau, Regards sur la Gaule, éd. Errance, 1998 (voir le Chapitre II, La conquête romaine)


Autres pages sur la Guerre des Gaules, les Gaulois et Jules César


Le célèbre statère en or de Vercingétorix
Les images de Gaulois sur les monnaies romaines
Jules César, l'homme qui voulut être un Dieu ?
Vie de Jules César, par Suétone
La Guerre des Gaules, de Jules César (traduction française)
Jules César (courte biographie et chronologie de Jules César)
Dernière mise à jour : ( 20-03-2012 )
 
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