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Histoire des monnaies royales de France depuis Philippe Auguste
06-02-2008

Sommaire de l'article

  1. Monnaies royales sous les premiers rois capétiens
  2. Les monnaies sous le règne de Saint Louis et ses successeurs
  3. La monnaie royale du XIIIème au XIVème siècle
  4. La monnaie Royale au XVIème siècle
  5. Autres pages sur l'histoire des monnaies françaises

Monnaies royales sous les premiers rois capétiens


Les premiers rois capétiens ont fait forger des espèces tout à fait disparates dans les différentes villes de leur domaine. Philippe-Auguste essaya de centraliser la monnaie, en la ramenant à un type uniforme. Il fit frapper des deniers parisis, non pas seulement à Paris, mais dans un grand nombre de villes qui étaient sous son autorité ; toutefois, afin de ne pas établir trop brusquement sa réforme, il usa d'un moyen terme, et respecta les noms locaux sur les parisis qui sortaient des ateliers de Montreuil, d'Arras, de Saint-Omer et de Péronne.

De plus, quoiqu'il eût acquis le monnayage de Saint-Martin de Tours, il n'osa pas y importer le parisis, et se contenta peut-être de décréter que le denier tournois serait reçu dans les provinces situées au delà de la Loire. Ainsi la monnaie royale se trouva soumise à un double système ; et cette diversité était d'autant plus fâcheuse, que les deux sortes de monnaies n'avaient pas la même valeur : il fallait 25 deniers tournois pour faire une livre parisis, tandis qu'il suffisait de 20 deniers parisis. La sage réforme commencée par Philippe-Auguste fut continuée par ses successeurs.

Les monnaies sous le règne de Saint Louis et ses successeurs


Saint Louis contribua plus que tout autre à établir la suprématie de la monnaie royale ; il en commanda l'usage exclusif aux barons qui ne jouissaient pas du privilège monétaire , et interdit expressément aux autres l'imitation de son type. Par une ordonnance de l'an 1262, il établit que la monnaie des seigneurs n'aurait pas cours hors de leurs terres, au lieu que celle de la couronne serait reçue par tout le royaume. Enfin, il fit disparaître de ses pièces les noms locaux, à l'exception de Paris et Tours, et conserva aux deniers parisis l'empreinte qu'ils avaient dès la fin du règne de Louis VI, et aux deniers tournois celle que leur avait donnée Philippe-Auguste, laquelle subsista jusqu'au règne de Charles VI.
Deniers parisis : au droit FRANCO, en légende bilinéaire, entourée du nom du roi. R/ PARISlUS CIVIS, pour « civitas », autour d'une croix. Denier tournois : le nom royal autour d'une croix à branches égales, R/ Un temple altéré, qui prit le nom de châtel, avec la légende TURONUS CIVIS. Le châtel du denier tournois fut vulgairement appelé pile. Nous avons, d'autre part, signalé l'apparition de la croix à branches égales sur les monnaies carolingiennes : cette manifestation pieuse fut depuis adoptée, non seulement par les rois, mais encore par les barons du royaume ; elle devint un signe indispensable de la monnaie, à un tel point que l'on dit encore croix et pile pour distinguer les côtés d'une pièce.

Sous le règne de saint Louis parurent deux espèces nouvelles, l'agnel et le gros tournois, que l'on frappa dans tous les ateliers royaux. L'agnel, appelé depuis mouton d'or, valait 10 sous parisis ; il tirait son nom de l'agneau qui était gravé sur l'un des côtés, avec la légende AGNUS DEI QUI TOLLIS, etc. Cette monnaie, qui était de très-bon aloi, eut cours par toute l'Europe, et dura jusqu'au règne de Charles VII inclusivement. La monnaie d'or était tombée en désuétude depuis l'époque mérovingienne ; saint Louis est le premier roi Capétien qui l'ait fait revivre, et c'est par erreur que Le Blanc et Lelewel ont attribué des pièces d'or à quelques-uns de ses prédécesseurs. Quant au gros tournois, « grossus denarius » ou « grossis turonensis », qui était la plus forte monnaie d'argent, il valait 12 deniers tournois : le sou cessa ainsi d'être une monnaie nominale. II y avait encore, en fait de menues monnaies, le demi-denier, autrement dit obole ou maille, et le quart de denier, qui portait les noms de pile, poitevine ou pougeoise, parce qu'on la forgeait originairement à Melle en Poitou.

Philippe III renouvela et suivit tous les règlements que son père avait faits sur la monnaie. La livre devint, sous Philippe le Bel, une monnaie réelle; elle fut représentée par le «gros royal», pièce d'or qui valait 20 sous parisis. Au commencement de son règne, Philippe le Bel ne s'écarta pas du système de saint Louis ; mais bientôt, pour remédier à l'épuisement de ses finances, il affaiblit les monnaies. Cet affaiblissement commença en 1295 ; il fut porté si loin qu'un denier ancien en valait trois nouveaux. La monnaie forte, remise en vigueur en 1306, fut de nouveau affaiblie en 1310.

Des changements aussi funestes amenèrent la ruine du commerce et de nombreuses séditions dans le royaume. Louis X, voulant mettre fin à ce désordre, fit revivre les règlements monétaires de saint Louis; de plus, comme l'altération des monnaies avait fait surgir de faux monnayeurs de toutes parts, il publia, en 1315, une ordonnance qui prescrivait aux prélats et aux barons le titre, le poids et la marque de leurs monnaies. Cette ordonnance eut pour effet, comme l'a très bien remarqué M. Duchalais, de paralyser en beaucoup d'endroits la fabrication des espèces seigneuriales. La politique constante de nos rois, depuis saint Louis, était de maintenir autant que possible une séparation complète entre leur empreinte et les empreintes locales. Il est vrai que le plus souvent leurs prescriptions à cet égard étaient vaines. Les plus puissants seigneurs du royaume ne faisaient pas difficulté d'imiter les pièces d'or et d'argent frappées par le roi, et notamment la monnaie blanche connue sous le nom de gros.

La monnaie royale du XIIIème au XIVème siècle


Du milieu du XIIIème siècle au milieu du XIVème siècle le type local disparut presque entièrement, chassé qu'il fut soit par l'imitation des espèces royales, soit par les conquêtes, les confiscations, les héritages et les acquisitions de tout genre que faisait la couronne, soit enfin par l'influence étrangère des nations voisines. A cette époque, le type des pièces provençales se trouve soumis à une triple tendance perturbatrice, de la part de l'Aragon, de l'Italie et de la France. Dans plusieurs provinces de l'ouest on rencontre l'empreinte anglaise. Depuis la réunion des vastes Etats du comte de Toulouse à la France, la monnaie de la couronne fait de grands progrès dans le midi. La Lorraine et l'Alsace restent allemandes; mais les caractères particuliers de la monnaie de ces pays s'effacent peu à peu. Nous avons oublié de mentionner une autre cause qui contribua à dénaturer le type local, nous voulons parler de l'introduction des armes sur l'empreinte : cet usage commença vers le milieu du XIIIème siècle, et devint dans la suite fort à la mode.

En résumé, depuis saint Louis la plupart des espèces seigneuriales ont disparu, et celles qui restent ne vivent généralement que d'emprunt; la monnaie de l'Etat, au contraire, a gagné du terrain de tous côtés, et par suite le style monétaire est devenu plus uniforme. Mais hâtons-nous de revenir à la monnaie royale. Philippe le Long acquit plusieurs monnaies importantes : il avait résolu d'établir l'unité de monnaie, de poids et de mesure, afin que, disait-il, « sous une monnoyé, un poids et une mesure convenable li peuple marchandast plus heurement. » Ce prince, prévenu par la mort, ne put mettre son beau projet à exécution. Charles le Bel décria toutes les monnaies d'or, à l'exception de l'agnel qu'il faisait frapper pour 20 sous tournois. Vers 1322, il affaiblit la monnaie, qui ne fut remise sur l'ancien pied que huit ans plus tard, par Philippe de Valois. Ce dernier prince fit paraître plusieurs nouvelles espèces d'or et d'argent, parmi lesquelles nous citerons le denier d'or à l'écu, le parisis d'or, valant 20 sous parisis, et le parisis d'argent, qui représentait un sou ou douze deniers.

La monnaie fut affaiblie à deux reprises, par Philippe de Valois; et lorsqu'en 1350 on revint pour une seconde fois à la monnaie forte, le sou de saint Louis fut diminué d'un quart. Pendant le règne désastreux da roi Jean, le cours des monnaies fut livré à des fluctuations continuelles. En 1360, ce prince, de retour d'Angleterre, s'appliqua à régler le système financier, et créa une espèce qui mérite d'être signalée, parce que son nom s'est conservé jusqu'à présent; c'est le franc d'or ou franc à cheval, qui valait une livre ou 20 sous tournois, et par conséquent 16 sous parisis. Avant de monter sur le trône, Charles V frappa, dans le Dauphiné, des pièces d'or et d'argent, en qualité de dauphin ; ce que ses successeurs firent aussi. Devenu roi, il maintint la monnaie forte, et veilla avec beaucoup de soin à la police du monnayage. Il fit forger le florin d'or aux fleurs de lis, autrement dit franc à pied qui était de la même valeur que le franc à cheval. Charles VI inventa l'écu à la couronne, qui a été en usage jusqu'à Louis XIII. Depuis l'apparition de cette pièce on ne grava plus que trois fleurs de lis sur l'écu de France. Les guerres que Charles VI et Charles VII eurent à soutenir contre les Anglais les forcèrent à altérer la monnaie, Pendant ce temps-là, les rois d'Angleterre, maîtres d'une grande partie de la France, y frappaient monnaie à leur coin. Après l'expulsion des Anglais, qui eut lieu en 1454 on put enfin remédier au désordre du système monétaire.

Louis XI remplaça l'écu d'or à la couronne par l'écu au soleil ou écu-sol, qui tirait son non du soleil gravé au-dessus de la couronne ; il émit aussi des blancs et des demi-blancs au soleil. Il fixa le cours des monnaies étrangères en France et chercha à restreindre les privilèges monétaires des grands vassaux. Cependant il permit la fabrication des monnaies d'or et d'argent au duc de Guyenne, son frère, au duc de Bretagne et au prince d'Orange, dont la principauté relevait alors du Dauphiné. Sous son règne, la France étendit ses limites, le nombre des monnaies seigneuriales fut beaucoup réduit, et l'on vit notamment cesser le monnayage de Provence et de Bourgogne. Après la conquête du royaume de Naples par les Français, on frappa monnaie en Italie au nom de Charles VIII, qui prit le titre de roi de Sicile et de Jérusalem.

Les testons, ainsi nommés à cause de l'effigie royale qui s'y trouvait, passèrent de l'Italie en France sous Louis XII : c'était de grosses espèces d'argent, qui valaient 10 sous tournois; elles furent en vogue jusqu'à Henri III, qui leur substitua les pièces de 20 sous. Louis XII imposa son coin à Milan, à Gênes, à Naples ; il rendit définitivement royaux les ateliers monétaires de la Bretagne. Sous François 1er on commença à graver la tête du roi sur quelques-uns de ses écus, à marquer les espèces d'une lettre différente suivant les ateliers monétaires d'où elles sortaient, enfin à mettre le millésime. Cette dernière innovation, la plus importante de toutes, fut sanctionnée par une ordonnance de Henri II, laquelle prescrivait, en outre, d'indiquer par des chiffres le rang que le roi occupait parmi ceux du même nom que lui. On sent combien la numismatique française eût été simplifiée, si l'usage d'insérer la date sur les monnaies avait été adopté dès les premiers temps de la monarchie.

La monnaie Royale au XVIème siècle


Au XVIème siècle, les graveurs étudièrent et allèrent même jusqu'à imiter les beaux types de la monnaie romaine; et l'art monétaire, qui était en progrès principalement depuis saint Louis, ne tarda pas à se perfectionner. Vers la même époque, les prélats et barons, fort peu nombreux, qui jouissaient encore du droit de monnayage, copiaient de plus en plus les espèces royales. Les monnaies de quelques villes d'Alsace et de Lorraine conservaient toutefois une empreinte originale, et il faut en dire autant de la plupart des pièces que le pape frappait dans le comtat Venaissin. Henri II émit une nouvelle espèce d'or, qu'on nomma henri; il se servit le premier du balancier pour, frapper les monnaies. Il n'est pas inutile de remarquer que ses coins continuèrent à être employés sous François II et même au commencement du règne de Charles IX, de telle sorte qu'on n'a d'autres monnaies du roi François que celles qui ont été frappées en Ecosse.

En 1575, Henri III ordonna la fabrication des francs d'argent, qui valaient 20 sous ; par là la livre d'argent cessa d'être une monnaie nominale. Sous ce règne les deniers et les doubles deniers commencèrent à être de cuivre pur, au lieu de billon ; et l'on vit ainsi reparaître la monnaie de cuivre, qui était inusitée depuis l'époque romaine. Pendant les troubles qui suivirent la mort de Henri III, il y eut en France trois sortes de monnaies de l'Etat : celle de Henri IV, celle du cardinal de Bourbon, dit Charles X, laquelle persista jusqu'en 1597, bien que ce roi des Ligueurs fût mort dès l'année 1593, et enfin celle des politiques, qui ne reconnaissaient aucun roi. Henri IV mit fin à ce schisme monétaire. Louis XIII fit fabriquer des louis d'or de 10 livres et des louis d'argent ou écus blancs de 60 sous; on ne connaissait auparavant que les écus d'or.

La fabrication au marteau fut interdite en 1645 ; et c'est alors que le monnayage atteignit son plus haut degré de perfection, grâce à l'habileté du graveur Warin et aux machines de Briot. A l'exemple de son père, Louis XIV frappa monnaie dans la Catalogne ; il fit aussi des espèces particulières pour le Canada et les Pays-Bas. Depuis plus d'un siècle le surhaussement du prix des monnaies allait toujours en augmentant; pour obvier à cet abus, le roi décria toutes les monnaies étrangères, à l'exception des pistoles d'Espagne. La livre parisis ne fut abolie que sous Louis XIV : ce prince voulut qu'on ne comptât plus désormais que par livres tournois ; et il acheva ainsi de constituer l'unité monétaire, but vers lequel tendaient tous les efforts de nos rois depuis Philippe-Auguste et saint Louis. Le sou de cuivre rouge parut en 1719. L'émission désastreuse du papier monnaie signala le règne de Louis XV et la fin de celui de Louis XVI.
La révolution française éteignit les derniers privilèges monétaires que Louis XIV et Louis XV n'avaient pu acquérir. Au système duodécimal, établi par Charlemagne, on substitua, en 1794, le système décimal, qui avait l'avantage d'être en harmonie avec la numération, ainsi qu'avec les nouveaux poids et mesures.

Autres pages sur l'histoire des monnaies françaises


Naissance du Franc (5 décembre 1360)
Les monnaies royales françaises (résumé d'un livre catalogue sur les monnaies royales françaises; lien pour l'acheter)
Dernière mise à jour : ( 18-04-2012 )
 
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