Accueil arrow Monnaies françaises arrow Histoire des institutions monétaires de la France
19-12-2018
Abonnement par email

Entrez votre adresse email pour recevoir les derniers articles

Menu principal
Accueil
Monnaies françaises
Monnaies du monde
Pièces or
Pièces argent
Euro
Trésors
ARTICLES MONNAIES
Actualités numismatiques
Monnaies en vente
Collectionner les monnaies
Dictionnaire des monnaies
Monnaies grecques
Monnaies gauloises
Monnaies romaines
Monnaies du Moyen Age
Monnaie inflation crise
Liens articles monnaies
Monnaies grecques
Monnaies gauloises
Monnaies romaines
Monnaies médiévales
Monnaies françaises
Monnaies du monde
Trésors
Collectionner les monnaies
Dictionnaire numismatique
Catalogues de monnaies
Ouvrages historiques
Littérature latine
Mythologie
Plan du site
Sites Internet
Annuaire numismatique
Histoire des institutions monétaires de la France

Cet article reprend le texte publié par l'historien des institutions française Chéruel, qui est paru en 1899 dans son "Dictionnaire des Institutions, moeurs et coutumes de la France". Cheruel aborde l'histoire institutionnelle de la monnaie en France à partir de la chute de l'empire romain. Il évoque assez sommairement les périodes mérovingiennes et carolingiennes, ainsi que la féodalité. On peut cependant avec ce texte rapide avoir une vue synthétique sur les grandes évolutions de la monnaie pendant ces périodes. Cheruel traite plus longuement et avec plus de détails des évolutions monétaires de la France aux XIVème et XVème siècle. Il explique les principales institutions (Hôtels des monnaies, personnels chargés de la fabrication des monnaies, lois contre les faux-monnayeurs). Son texte expose les grandes lignes de l'évolution des institutions monétaires jusqu'à la révolution et son époque.

Sommaire des points traités par Chéruel :

1. Monnaie (définition générale)

2. Administration des monnaies

3. Règlement relatifs aux monnaies depuis saint Louis ; les rois se réservent exclusivement le droit de battre monnaie

4. Fabrication et altération des monnaies

5. Désordres et misère résultant de la mauvaise administration des monnaies sous les règnes de Philippe de Valois et de Jean

6. Résistance aux variations des monnaies

7. Réforme de l'administration des monnaies par Charles V et Charles VII

8. Nouvelles variations des monnaies après la mort de Charles VII

9. Fabrication du monnaies; maîtres généraux des monnaies; cours des monnaies; hôtels des monnaies

10. Administration des monnaies depuis 1789

11. Faux monnayeurs

12. Des anciennes monnaies

MONNAIE

Espèce ou partie de quelque substance que ce soit, à laquelle l'autorité publique a donné un poids et une valeur déterminés pour servir de prix à toutes les choses mises dans le commerce. On fait venir le mot monnaie du latin monere (avertir), parce que la matière des espèces, leur poids, leurs empreintes et leur nom avertissent de leur valeur, et font connaître celui qui les a fait fabriquer. Il y a des monnaies réelles, qui ont cours dans le commerce et auxquelles les lois ont donné une valeur constante, comme les pièces d'or, d'argent, de cuivre.

Il y a aussi des monnaies imaginaires ou monnaies de compte, qui servent pour faciliter les comptes, telles que la livre tournois sous l'ancienne monarchie. A une époque où les variations des monnaies réelles étaient fréquentes, les monnaies imaginaires servaient principalement à faciliter les comptes parce qu'elles restaient immuables. Ainsi la livre numéraire a toujours valu vingt sous dans l'ancien système monétaire de la France, quoiqu'on ait employé pour la représenter des monnaies qui ont varié suivant les temps et les lieux. Nous n'avons pas ici à discuter les théories relatives aux monnaies, mais à exposer rapidement les actes administratifs qui les concernent, et en second lieu à indiquer quelques-unes des anciennes monnaies dont on a fait usage en France. Sommaire

Administration des monnaies

Tout système administratif en France commence avec l'empire romain ; il faut donc rappeler ici sommairement l'administration monétaire de cet empire. Le droit de battre monnaie appartenait exclusivement à l'empereur. Sous la direction du "comes sacrarum largitionum" ( sorte de ministre des finances ) étaient placés les procuratores monetarum, nommés aussi praepositi ou magistri (prévôts ou maîtres des monnaies) qui veillaient à la fabrication des monnaies. Il y avait dans les Gaules trois ateliers monétaires établis à Trêves, Lyon et Arles. La monnaie était fabriquée avec soin, et les faux monnayeurs condamnés à mort. Lorsque les barbares se furent emparés de la Gaule, on continua de se servir dans les établissements monétaires du type impérial. Procope prétend même qu'avant la cession de la Provence à Théodebert par l'empereur Justinien, en 539, les rois francs ne frappaient pas de monnaie d'or, parce qu'ils ne se considéraient pas comme souverains des Gaules ; mais cette assertion est erronée, puisque Le Blanc cite des monnaies d'or qui portent le nom de Clovis. Ce qui est certain, c'est que l'on a une monnaie d'or de Théodebert, où l'image de ce prince est gravée d'un côté avec le titre de dominus noster (notre seigneur) qui n'appartenait qu'aux empereurs, et de l'autre une Victoire avec les armes de l'empire. Sous les Mérovingiens, l'administration des monnaies, comme toutes les autres branches d'administration , perdit l'unité et la simplicité qui l'avaient caractérisée du temps des Romains. On trouve des monnaies frappées dans les couvents et probablement les leudes les plus puissants tentèrent d'usurper ce droit de souveraineté.

Ce qui est certain, c'est que Charlemagne voulant s'opposer à ces désordres et probablement aussi à l'altération des monnaies qui en était la conséquence ordonna qu'il n'y aurait plus qu'une seule monnaie dans tout l'empire, et que cette monnaie serait frappée dans son palais d'Aix-la-Chapelle. Mais celle tentative pour rétablir, en l'exagérant, l'unité de l'administration romaine, ne réussit pas. On voit par l'édit de Pistes ou Pîtres, rendu sous Charles le Chauve, en 864, que les monnaies étaient altérées. L'empereur prescrivit de choisir en tous lieux des personnes probes, pour veiller sur les monnaies, et pour empêcher qu'on ne refusât les bonnes espèces, et veiller à ce qu'on ne prît que celles qui seraient de poids et d'argent fin. Outre la monnaie palatine ou frappée dans le palais impérial, cet édit reconnaît les établissements monétaires de Paris, Rouen, Sens, Reims, Orléans, Narbonne, etc. Mais bientôt le système féodal prévalut et le droit de battre monnaie fut un de ceux que les seigneurs usurpèrent. Il y eut alors une grande diversité de monnaies ; on trouve des deniers angevins, parisis, mançois, tournois, poitevins, melgorois, roumois, toulousains, bordelais, etc. Il est inutile d'insister sur les inconvénients d un système qui favorisait les fraudes et entravait les relations commerciales. Sommaire

Règlement relatifs aux monnaies depuis saint Louis ; les rois se réservent exclusivement le droit de battre monnaie

Lorsque les rois capétiens eurent affermi leur autorité, ils attaquèrent ces abus et travaillèrent à s'emparer du droit exclusif de battre monnaie. Saint Louis fit le premier un règlement général sur les monnaies de France, en 1265. Ce prince était d'un caractère trop modéré pour réformer violemment l'abus et tenter d'enlever aux barons des prérogatives consacrées par le temps. Il se borna a proclamer le droit du roi de faire circuler sa monnaie dans tout le royaume, et en même temps il défendit aux seigneurs de frapper des espèces d'or. Comme la monnaie de Saint Louis était de bon aloi et qu'elle favorisait les relations commerciales, elle l'emporta bientôt sur les monnaies féodales. Les successeurs de Saint Louis allèrent plus loin : Philippe le Bel suspendit, en 1315, le droit des barons de battre monnaie, et l'enleva même à beaucoup d'entre eux. Les barons résistèrent, et sous Louis X, il y eut une sorte de transaction. Le roi par un règlement fait le 17 mai 1315, fixa l'aloi, le poids et la marque des monnaies des barons. Les rois ne s'arrêtèrent pas à ces premières conquêtes. Philippe le Long, d'après la chronique de Nangis à l'année 1321, avait voulu établir en France une seule monnaie aussi bien que l'unité de mesures (Incaepit rex ordnare ut in toto regno suo non essat nisi unica mensura vini et bladi et omnium vendibilium et emptibilium ; proposuit etiam idem rex ut in toto regno omne monetae ad unitam redigerentur). Philippe de Valois déclara dans une ordonnance du 16 janvier 1346 qu'au roi seul appartenait le droit de battre monnaie (Ordonnances des Rois de France, III, 555 : " A nous et à notre majesté royale appartient seulement pour le tout, en notre royaume, le métier, le fait, la provision, et toute l'ordonnance de monnaie, et de faire monnoyer telles monnaie, et donner tel cours, pour tel prix, comme il nous plaît et comme bon nous semble"). Le roi Jean , dans une ordonnance du 20 mars 1381 ( Ordonn. des rois de Fr., III, 555 ), s'exprime d'une manière encore plus explicite : " A nous seul, et pour le tout, de notre droit royal, par tout notre royaume, appartient de faire telles monnaies, comme il nous plaît, et de leur donner prix". Charles V défendit, en 1374 , au duc de Bretagne, de placer son nom sur l'exergue de ses monnaies. Cependant le principe de la centralisation monétaire ne triompha complètement qu'après la réunion de la Bretagne au domaine de la couronne par Charles VIII. Les pays d'états, comme la Bourgogne, la Provence et la Bretagne, furent soumis pour le régime monétaire aux lois qui gouvernaient le reste de la France. Sommaire

Fabrication et altération des monnaies

La fabrication des monnaies fut dès lors considérée comme un des droits de la couronne, et en même temps comme un des principaux revenus du domaine royal. Les rois firent trop souvent de l'altération des monnaies une ressource financière. Philippe le Bel surtout mérita d'être flétri du nom de faux monnayeur; il fit refondre, en les altérant, les anciennes monnaies d'or et d'argent; il confisqua aussi, sous prétexte d'appliquer les lois somptuaires la vaisselle d'or et d'argent de ceux qui n'avaient pas une fortune considérable; il la faisait fondre pour en fabriquer une monnaie dont le titre était altéré. Les successeurs de Philippe le Bel ne restèrent que trop fidèles à ce détestable système. Ils payaient leurs créanciers en monnaie faible, ou monnaie altérée, et exigeaient qu'on les payât en monnait forte. Outre cet avantage, les rois prélevaient sur la nouvelle monnaie un impôt appelé droit de seigneuriage, et avaient intérêt, par conséquent, à en renouveler fréquemment la fabrication. Sous le roi Jean, les variations de la monnaie furent perpétuelles : "A son avènement, dit M. Michelet (Hist. de France, III, 361), le marc d'argent valait cinq livres cinq sous, et à la fin de l'année onze livres. En février 1352, il était tombé à quatre livres cinq sous; un an après il était reporté à douze livres. En 1354, il fut fixé à quatre livres quatre sous; il valait dix-huit livres en 1335. On le remit à cinq livres cinq sous ; mais on affaiblit tellement la monnaie qu'il monta, en 1359, au taux de cent deux livres".

Les rois, qui usèrent si souvent de la ressource funeste de l'altération des espèces d'or et d'argent, avaient recours à deux moyens principaux pour bénéficier sur les monnaies : 1° en augmentant les monnaies qui avaient cours; c'était le moyen qu'ils employaient le moins souvent ; 2° en ordonnant la fabrication de nouvelles monnaies, et en ôtant du commerce celles qui avaient cours auparavant. Dans les mandements donnés à cet effet, on avait le prix du marc mis en oeuvre en nouvelles espèces et le prix que l'on devait donner, aux hôtels des monnaies, du marc en espèces décriées ; l'excédant de ce premier prix sur le second appartenait au roi. Ainsi un mandement du 30 août 1380 (Ordonn. des rois de Fr., III, 424 et 428) fixa le marc en nouvelles espèces à huit livres cinq sous, et le marc des espèces décriées à sept livres ; par suite de celte opération, le roi avait un bénéfice de vingt sous. En effet, on avait pour le prix du marc des nouvelles espèces deux livres quinze sous, et une livre quinze sous pour le prix des espèces décriées. (Voy. Secousse, préface du t. III des Ordonn. des rois de Fr., p. CIII et CIV). Il y avait des coupeurs de monnaie chargés d'empêcher que les espèces décriées ne fussent mises dans le commerce ; ils étaient chargés de les percer ou de les couper afin qu'on ne put s'en servir. En cet état, on les portait aux hôtels des monnaies, ou on les revendait aux changeurs qui en achetaient moyennant une certaine remise et les portaient aux hôtels des monnaies. Sommaire

Désordres et misère résultant de la mauvaise administration des monnaies sous les règnes de Philippe de Valois et de Jean

Outre la fréquente mutation des espèces il y avait encore à cette époque beaucoup de désordres dans les monnaies. On en fabriquait de différents titres dans les différentes provinces du royaume, et les différentes espèces de monnaies que l'on frappait dans la même monnaie n'étaient point l'équivalent l'une de l'autre, du sorte qu'il y avait profit à donner en payement les unes plutôt que les autres. Du désordre des finances naissaient des inconvénients de toute nature, et, entre autres, la difficulté des payements, la perturbation des relations commerciales et la cherté des denrées et des marchandises. Les historiens contemporains en fournissent des preuves nombreuses :
« Le roi Philippe (de Valois), disent les grandes chroniques de Saint Denis a l'année 1344, fit sa monnaie toujours empirer et aussi de jour en jour amoindrir, tellement que devant la fête de la Nativité Notre-Dame en l'an ensuivant, un denier valait quarante-cinq sous parisis, et pour telle cause une grande cherté de blé et de toutes choses par tout le royaume de France, et valait le setier de blé soixante seize sous parisis et d'avoine cinquante sous parisis. » Et plus loin : "En ce même an (1344), le roi de France fit choir sa monnaie par telle condition que ce qui valait douze deniers de la monnaie courante, c'est à savoir l'écu qui valait soixante sous parisis, ne valait que trente-six sous parisis et le gros tournois ne valait que trois sous parisis. Le quatorzième jour de septembre, en la Pâque prochaine, l'écu ne valut que trente-quatre sous parisis, la maille blanche six deniers parisis, l'an de grâce 1344 jusques en mi-septembre, et plus ne dura, dont il advint que blés, vins et autres vivres vinrent à grand défaut et a grande cherté ; pour laquelle chose le peuple commença à murmurer, à crier, et disait que cette cherté était pour la cause que chacun attendait à vendre ses denrées jusques à temps que la bonne monnaie courût, et fut la clameur du peuple si grande que le roi en ce même an, c'est à savoir l'an 1344 le 28° jour d'octobre, fit choir les monnaies devant dites par telle manières que le gros vaudrait douze deniers parisis et la maille blanche trois tournois; le florin à l'écu de Florence neuf sous six deniers. Nonobstant la clameur du peuple devant dit, les blés et les vins et autres vivres furent plus chèrement vendus que par avant. Ces passades des grandes chroniques sont confirmes par les Ordonnances des rois de France, (voy. t. Il, p 181).

Le règne de Jean fut encore plus déplorable que celui de Philippe de Valois par les variations perpétuelles des monnaies. Il en résulta une cherté si effroyable que Froissart dit, à l'année 1368, qu'on vendait un tonnelet de harengs trente écus dor et toutes choses à l'avenant. L'année suivante, on publia à Paris une ordonnance des monnoies relatée par les Grandes chroniques de Saint-Denis : le denier blanc qui auparavant valait deux sous parisis tomba à deux deniers et le royal qu'on estimait antérieurement quatorze livres ne valut plus que trente-deux sous parisis. A cette époque, le setier de bon froment valait dix-huit livres parisis ou environ de cette monnaie altérée.

Il faut encore signaler au nombre des inconvénients qui résultaient de l'altération des monnaies, leur transport hors de France. On exportait une partie des monnaies décriées, et on les y convertissait en monnaie que l'on rapportait en France, et qui y avaient cours. Quelquefois même on altérait le titre de ces monnaies qui était déjà très-bas, en sorte que le royaume était rempli de monnaies contrefaites ou fausses. On voit même le Dauphin, dans un besoin pressant d'argent, défendre (Ordonn. des rois de Fr., III, 94) aux généraux-maîtres des monnaies d'empêcher qu'on ne répandit dans le public des espèces fabriquées dans la monnaie de Paris, qui, par la fraude des gardes et maîtres de cette monnaie, étaient plus faibles et moins pesantes qu'elles ne devaient être. Il se contenta d'ordonner que ces officiers lui restitueraient le foiblage, c'est-à-dire ce qui manquait de matière sur chaque espèce. Sommaire

Résistance aux variations des monnaies

Quelquefois les nouvelles monnaies n'étaient pas reçues sans difficulté. Les Parisiens, excités par le prévôt des marchands, Etienne Marcel, résistèrent énergiquemenl à un mandement du Dauphin Charles, en date du 23 novembre 1356 pour l'établissement d'une nouvelle monnaie (Ord. des rois de Fr., III, 87). Le prévôt, accompagné d'un grand nombre de Parisiens, alla trouver le duc d'Anjou, second fils du roi, que le Dauphin, en se rendant à Metz, avait laissé pour son lieutenant à Paris, et il lui déclara que le peuple ne souffrirait pas que cette monnaie eût cours. La duc d'Anjou promit d'en faire cesser la fabrication jusqu'à ce qu'il eût reçu les ordres de sou frère, régent du royaume. Cette monnaie fut abandonnée, et le Dauphin, étant lui-même revenu peu de temps après à Paris, renonça à faire exécuter son mandement. En général, une des causes des troubles de 1357 et 1358 fut la variation perpétuelle des monnaies. Quelquefois le peuple continuait, malgré les ordonnances, à se servir des monnaies décriées, et il les conservait dans le commerce pour un prix plus élevé que celui qu'on leur avait assigné. Dans certaines circonstances, il faisait monter la valeur des monnaies qui avaient cours au delà du prix fixé par les ordonnances. Les receveurs royaux admettaient quelquefois (preuve du désordre qui régnait dans cette partie de l'administration) les espèces pour une valeur supérieure à celle qu'elles avaient communément dans le commerce. On en trouve la preuve dans une ordonnance de la chambre des comptes, imprimée dans le tome IIl (p. 195) des Ordonnances des rois de France. Sommaire

Réforme de l'administration des monnaies par Charles V et Charles VII

Les rois administrateurs, comme Charles V et Charles VII, cherchèrent à mettre un terme aux abus qui résultaient des variations perpétuelles des monnaies. Nicolas Oresme, précepteur de Charles V, publia un traité spécial (imprimé dans la Bibliothèque des Pères, édit. de lyon, t. XXVI, p. 226 ) et destiné à combattre l'abus qu'on avait fait des variations des monnaies sous les règnes précédents. "Le prince, y disait-il, n'est ni maître ni propriétaire des monnaies ; il ne doit pas les changer à moins de nécessité ou d'utilité évidente pour l'intérêt général." Il flétrit le gain que certains princes ont retiré de l'altération des monnaies. - Je ne sait, dit-il, si je dois l'appeler un brigandage criminel ou une exaction frauduleuse. Charles V se montra fidèle aux principes posés par Nicolas Oresme, et, sous ce règne, les monnaies ne furent pas altérées.

Malheureusement, après la mort de Charles V, la valeur de la monnaie subit encore de nombreuses variations. Le moine de Saint-Denis, un des historiens de Charles VI, parle de ces abus. « Je commencerai cette année, dit-il à l'année 1385, en parlant d'une nouvelle monnaie d'or et d'argent, que le roi fit frapper à son nom et à son coin pour porter son image et sa réputation par tout le monde, aussi loin que les rois ses prédécesseurs ; mais, pour lui donner plus de cours, on décria toutes les vieilles espèces. Je ne prétends pas nier que le roi n'en eût le pouvoir, et je blâme encore moins cette noble envie de signaler sa mémoire; mais qu'on ne se servit que de cette monnaie dans le royaume, et qu'on abolit celle des rois anciens, et particulièrement celle des écus d'or qui étaient en réputation parmi les étrangers, il y avait de l'injustice, et il m'est impossible de ne pas dire que ce fut un très-mauvais conseil des gens de la monnaie. Ils en promettaient un grand profit ; mais quel profit que celui qu'on tirait d'un édit fait au grand dommage des peuples et qui tourna presque tout entier à l'avantage de ceux qui prévirent cette ordonnance et qui se hâtèrent de payer toutes leurs dettes en vieilles pièces, auprès desquelles les pauvres laboureurs et les artisans fussent morts de faim, si l'on n'eut accordé pour un temps le cours de la monnaie du feu roi ? » Juvénal des Ursins signale aussi ce changement de monnaie qui se fit, dit-il, "au grand dommage du peuple et de la chose publique". Les factions, qui désolèrent la France pendant la seconde moitié du règne de Charles VI, ne se firent pas faute non plus de changer la valeur des monnaies. Le duc de Bourgogne, Jean sant Peur, en fut formellement accusé dans un mandement royal publié au nom de Charles VI, en 1413, et conservé par la chronique de Monstrelet. Il y est question de grandes débilitations et vilipensions de valeur faites dans les monnaies du royaume.

Alain Chartier, historien de Charles VII, signale encore, à l'année 1435, les variations des monnaies. "Les blancs du roi, dit-il, furent mis à six deniers, lesquels étaient à huit." Ces changements, selon Monstrelet, excitèrent de vifs mécontentements. "En ce temps, dit-il à l'année 1437, plusieurs étaient émus pour la perte de la monnaie nouvelle de l'an 1435, et rabaissement des vieilles monnaies." Ce fut, selon l'opinion commune, sout Charles VII que cessa l'abus des variations perpétuelles des monnaies. Le Blanc le dit formellement dans son Traité historique des monnaies de France (p. 73 et 167) : "J'ai trouvé dans un ancien manuscrit qui est environ de ce temps-là (de Charles VII), que le peuple, se ressouvenant de l'incommodité et des dommages infinis qu'il avait reçus de l'affaiblissement des monnaies et du fréquent changement du prix du marc d'or d'argent, pria le roi de quitter ce droit, consentant qu'il imposât les tailles et les aides ; ce qui leur fut accordé. Le roi se réserva seulement un droit de seigneuriage fort petit qui fut destiné au payement des officiers de la monnaie, et aux frais de la fabrication. Un ancien registre des monnaies, qui parait avoir été fait sous le règne de Charles VII, dit que, " oncques puis que (Jamais depuis que) le roi mit les utiles des possessions (sur les biens immeubles), des monnaies ne lui chalut plut (il ne se soucia plus des monnaies et n'en tira plus de profit). " Sommaire

Nouvelles variations des monnaies après la mort de Charles VII

Cependant on trouve la preuve qu'il y eut encore dans la suite des variations assez fréquentes des monnaies. Sous Louis XI, le chroniqueur, Jean de Troyes, signale des variations de monnaies. Il dit, à l'année 1473, que le "roi fit ordonnance sur le fait de ses monnaies, et ordonna ses grands blancs courir pour onze deniers tournois qui auparavant valaient dix. " Les états généraux de 1484 se plaignirent de ces variations du numéraire, mais sans plus de succès que ceux de 1356 et de 1413. Louis XII, cependant, s'efforça de remédier à cet abus, comme à beaucoup d'autres.

Une pièce publiée par Godefroy, dans son recueil de l'histoire de ce prince, s'exprime ainsi : « Il pourvut à un autre abus des plus préjudiciables au royaume. Car toutes monnaiess d'or et d'argent y avaient cours, bonnes ou mauvaises, qu'elles fussent même à plus haut prix qu'elles n'avaient aux lieux où on les avait forgées. Et qui plus était, toutes pièces d'or se prenaient sans peser, tellement que en tous payement qui se faisaient, il y avait tare (déchet) de la vraie valeur de plus du huitième, outre que plusieurs pièces se trouvaient fausses ou moindres d'aloi. Sur quoi le roi Louis donna si bon ordre qu'à présent ont cessé tous ces abus. » Cependant on eut encore souvent recours aux variations des monnaies. Elles sont attestées, sous Henri III, par l'ambassadeur vénitien Jérôme Lippoinano, qui résida en France de 1577 à 1579. Il s'exprime ainsi (Relations des ambassadeurs vénitiens, II, 345 : "On s'occupa à Paris de régler les monnaies. L'écu, qui était monté à cinq francs, au grand dommage du commerce, fut réduit à trois." De Thou (liv. LXIV. chap. IV) confirme l'assertion de Lippomano. "Tandis que la cour était à Poitiers, dit cet historien (année 1577), le roi fit un édit mémorable au sujet des monnaies, dans lesquelles il s'était introduit depuis trois ans de grands désordres. L'ancien usage du royaume était que, dans les contrats, les prix fussent estimés en livres de France.

Mais, comme ces livres n'étaient qu'une monnaie de compte, sans prix fixe et arrêté, il arrivait qu'en augmentant la valeur des espèces d'or et d'argent, on anéantissait en quelque sorte la fortune des particuliers. Le peuple surtout souffrait infiniment de ces déordres, parce que, dans le payement des impôts, on ne recevait les monnaies que pour un prix fort inférieur à celui pour lequel on était obligé de les prendre dans le commerce. En effet, l'écu de trois livres était déjà à cinq livres et même à six dans certains endroits. Pour remédier à ce désordre, on tint à Paris une assemblée de gens habiles où fut réglé que, dans la suite, il y aurait une juste proportion entre les espèces d'or et d'argent; que l'usage reçu jusqu'alors de compter par livres serait aboli, et que, dans les ventes et contrats, les évaluations auraient lieu en écus d'or. L'edit en fut dressé au moins, et, après bien des contestations, il fut enfin publicé et enregistré au parlement le 13 novembre 1577. Il y eut aussi des altérations des monnaies sous Henri IV. Sully dit, dans ses Mémoires, à l'année 1601, que l'on haussa les espèces d'or et d'argent qui avaient cours en France pour en empêcher l'exportation. On pourrait citer même sous Louis XIV, de nombreux exemples de l'altération des monnaies ; le contrôleur général, Desmarcis, y eut encore recours en 1709.

Ce qu'il faut constater en signalant ces abus, c'est que du moins le droit de battre monnaie fut si bien reconnu comme appartenant exclusivement à l'autorité souveraine, que les princes qui plus tard firent frapper des monnaies à leur effigie étaient en pleine révolte contre la puissance royale; témoin le prince de Condé, premier du nom, qui, sous Charles IX, fit frapper une monnaie où il prenait le titre de roi de France. C'est du moins ce que raconte Brantôme. "Il devint une telle gloire, dit Brantôme en parlant de ce prince dans son Capitaines français, qu'il fit battre monnaie d'argent avec cette inscription à l'entour : toute treizieme, roi de France, laquelle monnaie M. le connétable, tout en colère, représenta à une assemblée générale qui fut faite au conseil du roi, l'an 1587, le septième jour d'octobre, après midi, au Louvre." Les princes qui se révoltèrent contre Louis XIII, ou plutôt contre Richelieu, en 1641, reprochèrent au ministre dans leur manifeste d'avoir fait battre monnaie à son effigie, "il s'est vu, disaient-ils, des pièces d'or à sa marque où son effigie était empreinte." ( Mémoires de Montrésor, tome 1, p. 335). Sommaire

Fabrication du monnaies; maîtres généraux des monnaies; cours des monnaies; hôtels des monnaies


Lorsque les rois eurent enlevé à tous leurs vassaux le droit de battre monnaie, la fabrication des monnaies devint l'objet d'un grand nombre d'ordonnances et de mesures législatives. Un certain nombre de maîtres généraux des monnaies furent chargés de visiter les hôtels des monnaies dans les provinces et d'en diriger la fabrication. Ils formèrent dès le temps de Charles VI une cour distincte, appelée cour des monnaies, qui devint plus nombreuse sous Charles VII et sous François Premier (1454 et 1533). Elle était chargée de juger tous les procès relatifs aux monnaies . On lui contesta longtemps les droits de cour souveraine. Enfin, il fut décidé, en 1552, qu'elle jugerait en dernier ressort. La juridiction de la cour des monnaies s'étendit à la plus grande partie de la France, excepté pendaant une période assez courte où il exista la cour des monnaies de Lyon (1704-1771). Les parlements de Pau et de Metz exorçaient dans leurs ressorts les attributions de cour des monnaies. Il en était de même de la chambre du comptes de Dôle pour la Franche-Comté.

Les hôtels des monnaies avaient été établis dans un grand nombre de villes; il y en avait trente au XVIIIème siècle, et chaque hôtel des monnaies avait un signe disfinctif, comme on le voit dans le tableau suivant suivant :

Aix CIC
Amiens X
Angers F
Bayonne L
Besançon CC
Bordeaux K
Bourges Y
Caen C
Dijon P
Grenoble Z
La Rochelle H
Lille W
Limoges Y
Lyon D
Metz AA
Montpellier N
Nantes T
Orléans II
Paris A
Pau une vache
Perpignan Q
Poitiers G
Reims S
Rennes 9
Riom 0
Rouen B
Strasbourg BB
Toulouse M
Tours E
Troyes V

Pendant longtemps la juridiction et l'administration des monnaies furent confondues. Enfin, en 1696, on sépara l'administration des monnaies de la juridiction ; la première fut confiée à un contrôleur et à un directeur général (1696) ; on leur adjoignit un essayeur général, un graveur général des monnaies et deux commissaires du roi, inspecteurs des monnaies, dont l'un eut l'inspection générale des monnaies de France et l'antre l'inspection des essais. Pendant longtemps la fabrication des monnaies fut affermée; mais elle fut aussi quelquefois donnée en régie. Colbert rendit le système de régie général, et depuis cette époque les directeurs des hôtels de monnaie achetèrent, fabriquèrent et vendirent avec les fonds et pour le compte du roi, moyennant l'allocation d'un prix fixé par marc. Ainsi, dit Forbonnais, chaque directeur d'un hôtel des monnaies, se trouvait à la fois régisseur pour le roi, et entrepreneur des frais de fabrication. Les ouvriers monnayeurs jouissaient de plusieurs privilèges, et entre autres de n'être justiciables que de la cour des monnaies. Il fallut souvent restreindre les droits qui leur avaient été accordés, et les rois établirent, dans la plupart des villes, des monnayeurs qui étaient les chefs de ces corporations. Sommaire


Administration des monnaies depuis 1789

L'Assemblée constituante supprima les corporations de monnayeurs et la cour des monnaies. La juridiction en cette matière fut renvoyée aux tribunaux ordinaires. La fabrication des monnaies suspendue en 1794 par l'émission du papier-monnaie ou assignats fut reprise des l'année suivante. On appliqua le système décimal aux monnaies par un décret du 15 août 1795. L'unité monétaire reçut le nom de franc d'argent; la dixième partie s'appela décime, et la centième partie centime. Les ateliers monétaires ont été réduits à sept par ordonnance du 16 novembre 1837 ; ils ont été établis à Paris (qui a pour marque A) à Bordeaux ( K ), à Lille (W), à Lyon (D), à Marseille (M), à Rouen (R), enfin à Strasbourg (BB). Au début du XXème siècle l'administration des monnaies dépendait du ministère des finances et était confiée à une commission composée d'un président et de deux commissaires généraux, à un bureau formé d'inspecteurs vérificateurs des essais, d'essayeurs et d'aides essayeurs, à un conservateur du musée monétaire et à un graveur des médailles. Les ateliers monétaires, réduits à deux (Paris et Bordeaux), ont un directeur de fabrication, un commissaire du gouvernement et des contrôleurs. La commission des monnaies surveille l'exécution des lois relatives aux monnaies et s'occupe de tout ce qui concerne cette partie de l'administration, titre et poids des espèces fabriquées, marque des lingots et ouvrages d'or et d'argent, fabrication des monnaies et médailles, etc. Le musée monétaire établi à la monnaie de Paris présente une collection de tous les coins, poinçons de médailles, etc., depuis Charles Vlll jusqu'à nos jours. Sommaire

Faux monnayeurs

Le crime de fausse monnaie a toujours été puni avec une grande sévérité. Un édit de Childéric III (744) ordonna que le faux monnayeur eût le poing coupé : ses complices étaient punis d'une amende de soixante sous, s'ils étaient libres, et recevaient soixante coups de bâton, s'ils étalent esclaves. Des capitulaires de Louis le Débonnaire, en 819, de Charles le Chauve, en 864, prononcèrent les mêmes peines contre les faux monnayeurs. Les Etablissements de saint Louis les condamnaient à avoir les yeux crevés. La plupart des coutumes provinciales portaient la peine de mort contre les faux monnayeurs ; ils étaient quelquefois brûlés vifs ou condamnés à périr dans l'eau bouillante. L'Eglise joignit ses anathèmes aux supplices cruels ordonnés par les lois civiles ; Clément V excommunia, en 1309, les faux monnayeurs, et cet anathème fut plusieurs fois renouvelé. Un édit de Henri II (3 février 1549) chargea les grands prévôts de connaître du crime de fausse monnaie , conjointement avec les baillis, sénéchaux et juges présidiaux. Malgré la rigueur des lois, les faux monnayeurs se multiplièrent; Richelieu établit pour les réprimer une chambre de jutice qui siégeait à l'Arsenal (1631); on prétend que de 1610 a 1633 on punit de mort plus de cinq cents faux monnayeurs, et, suivant un écrivain contemporain, ce n'était pas le quart de ceux qui s'étaient rendus coupables du crime de fausse monnaie. L'Assemblée constituante abolit la peine de mort en cette matière et y substitua quinze années de travaux forcés (Loi du as septembre 1791). Le Code pénal de 1810 ( art. 132 ) rétablit la peine de mort contre ceux qui auraient altéré les monnaies d'or ou d'argent ; la peine des travaux forcés à perpétuité était prononcée contre ceux qui auraient contrefait les monnaies de cuivre ou de billon. La peine de mort contre les faux monnayeurt a été abolie en 1832, lors de la révision du Code pénal. Sommaire

Des anciennes monnaies

Les Gaulois avaient des monnaies comme le prouvent des pièces trouvées dans leurs tombeaux. On y reconnaît une imitation des monnaies grecques introduites par Marseille, et plus tard des monnaies romaines. La domination romaine fit disparaître les monnaies gauloises, et imposa l'unité monétaire à la province des Gaules. Les invasions des barbares amenèrent de nouveaux changements. Cependant le type monétaire sous les deux premières races, fut, d'après l'opinion des juges compétents, une imitation des monnaies romaines ; mais cette imitation grossière, comme celle des institutions romaines par les Germains, atteste que la barbarie succédait à la civilisation. Les monnaies de cette époque portent, d'un coté, la tête ou le buste du roi, avec son nom et celui du duc ou du comte ou seulement celui du monétaire; au revers , une croix, et autour le nom de la ville ou de la métairie royale (villa), dans laquelle la monnaie avait été frappée. Il y avait aussi un atelier monétaire dans le palais impérial, et la monnaie qu'on y frappait s'appelait monet palatina (monnaie du palais). Déjà, sous le règne de Dagobert, on trouve des pièces qui ont pour légende moneta palatina ; le nom du monétaire est Eligius; sur d'autres, on lit le nom parisina civitate et le même mot Eligius. Cet atelier monétaire suivait les rois francs dans leurs voyages. C'est dans une pièce d'or de Childebert Ier qu'on trouve le premier monogramme de Christus. Le Blanc cita six pièces d'or antérieures et dont quelques-unes portent le nom de Clovis. La tête est couronnée du diadème perlé simple; c'était encore une imitation des monnaies romaines.

Sous la seconde race, le monétaire ne mit plus son nom sur les espèces, et au lieu de la tête du prince on plaça presque toujours son monogramme. On se servit en Gaule pendant les deux premières races de la livre d'or, du sou d'or (solidus aureus), ou simplement solidus ou aureus; du tiers de sou d'or, triens, tremissis; de la livre d'argent; du sou d'argent, solidus ; du tiers de sou d'argent, tremissis ; et du denier, denarius, et quelquefois argenteus. La livre d'or, la livre d'argent et le sou d'argent étaient des monnaits dt compta ; le sou d'or, le tiera de sou d'or et le denier étaient des monnaies réelles. Le sou d'or valait quarante deniers ; le tiers de sou d'or en valait treize et un tiers, et le sou d'argent douze. ( On trouvera des détails très étendus sur ces diverses monnaies dans les Prolégomènes du polyptyque d'Irminon, par M. Guérard, p. 114 et suivantes). Le denier d'argent était l'unité monétaire des Francs, et formait une division du sou d'or ou du sou d'argent. Le denier valait deux francs vingt-trois centimes, sous la première race, d'après M Guérard (loc. cit), sous Pépin, deux francs cinquante-deux centimes, et sous Charlemagno trois francs quarante neuf centimes. l.a valeur relative du sou d'or était de quatre-vingt-dix francs. Pépin abolit l'usage des monnaies d'or au commencement de la seconde race, et dès lors les sous d'or de quarante deniers cessèrent d'avoir cours. Il en fut de même sous Charlemagne. Ce dernier établit une livre nouvelle de la valeur de vingt sous d'urgent ou deux cent quarante deniers.

Après la dissolution de l'empire carolingien, et pendant la période féodale, il y eut une multitude de monnaies diverses du nom , de poids, de valeur. Il est souvent question à cette époque de sous ou deniers parisis, tournois, mançois, andevins, poitevins, chartrains, bordelais, rouennais ou roumois, toulousains, etc. On cite, entre autres monnaies, les marabotins dont l'origine et la valeur ont été une cause de discussion entre les savants. Il est probable que cette monnaie était d'origine arabe; ce qui est certain, c'est quelle eut cours en France vers l'époque des croisades, principalement dans les provinces voisines des Pyrénées. Sous saint Louis, la royauté commença à mettre un peu d'ordre dans ce chaos et intervint par des règlements généraux pour fixer le cours des monnaies, sans supprimer cependant les monnaies seigneuriales dont quelques-unes ont duré jusqu'au XVIIIème siècle. Les princes d'Henrichemonl et de Bois-belle, descendants de Sully, jouirent du droit de battre monnaie jusqu'en 1756, époque ou leur seigneurie fut réunie aux domaines de la couronne.

Les premières monnaies qui parurent en France avec le millésime furent frappées sous Louis XII, en 1498, par ordre d'Anne de Bretagne sa femme. Mais ce ne fut qu'a partir du règne de Henri II que le millésime fut placé d'une manière uniforme sur les monnaies. Avec Henri IV commence la légende : Roi de France et de Navarre. Louis XIII fit frapper les premiers Louis d'or et reçut à cette occasion le nom de restaurateur de la monnaie que lui donne la légende de plusieurs pièces de monnaie (restitutori monetae). Ne pouvant insister sur toutes les monnaies qui ont eu cours en France, je me bornerai à indiquer lea principales, par ordre alphabétique.  Sommaire

NOTA BENE : reportez-vous à la section dictionnaire de Sacra-moneta pour lire des définitions des différentes monnaies.
 


A propos d'une Institution française, le Franc


Naissance du Franc (5 décembre 1360)
Dernière mise à jour : ( 19-05-2009 )
 
< Précédent
Contact : sacramon@yahoo.fr | Sacra-Moneta.com 2006-2017 monnnaies numismatique or et pieces de collection |