Le Louis d'or est certainement la monnaie d'or française la plus connue avec le Napoléon; d'ailleurs les véritables Louis d'or sont souvent confondus avec les "Napoléons", qui sont les pièces d'or françaises de 20 francs émises tout au long du XIXème siècle, entre le règne de Napoléon Ier et le début de la première guerre mondiale.
Les vrais Louis d'or sont souvent confondus avec les pièces de 20 francs or
Il ne faut donc pas confondre les véritables Louis d'or et les Napoléons ou pièces de 20 francs or. Les Louis d'or ont été frappés par 4 rois de France, entre 1643 et 1789 : il existe des Louis d'or à l'effigie de Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI.
Exemple de Louis d'or : Louis d'or de Louis XIV à la mèche Longue
Taille réelle : 25 mm. Poids : 6,68 grammes.
Le Louis d'or a été créé à la fin du règne de Louis XIII pour remplacer l'écu d'or, qui était jusque là la monnaie d'or royale "habituelle". Le Louis d'or a été créé pour des raisons économiques et surtout pour des raisons de prestige : il s'agissait pour la France de rivaliser avec les voisins espagnols et anglais.
La fabrication des premiers Louis d'or a donc été confiée à un graveur d'un talent exceptionnel, Warin. Et surtout, ces premiers Louis d'or ont été fabriqués à l'aide de machines, alors que les monnaies d'or précédentes étaient fabriquées à la main. Ces nouvelles pièces d'or présentaient ainsi des qualités techniques et artistiques incomparables, ainsi qu'un poids et un aloi qui permit à la France d'être à la hauteur des nations voisines et même de les dépasser.
Il existe principalement trois types de Louis d'or : les demi Louis d'or, les Louis d'or et les double Louis d'or.
Les Louis d'or créés pour des raisons de prestige, figurent parmi les monnaies françaises les plus recherchées
Les Louis d'or, créés pour des raisons économiques mais aussi pour des raisons de prestige ont parfaitement rempli leur office jusqu'à la Révolution française. Ces monnaies ont d'ailleurs laissé une empreinte sémantique très profonde dans la langue française aujourd'hui encore : qui n'a jamais entendu parler des Louis d'or ?
Les Louis d'or comptent aujourd'hui parmi les pièces de monnaies les plus recherchées par les numismates français. Leur valeur numismatique dépasse très largement leur valeur en poids d'or. Le prestige des Louis d'or a traversé les siècles.
Il existe une remarquable galerie de portraits des rois de France sur Gallica : il s'agit, d'après les notices des photos, de médailles du graveur Dassier, mais cette identification est inexacte : cette série gravée avec des portraits de profil des souverains français fut commandée en 1712 par Nicolas de Launay, directeur de la Monnaie de Paris et de la Monnaie des médailles du Louvre.
Le médailleur responsable fut l’artiste français Thomas Bernard (1650-1713). Les deux derniers portraits de la série, ceux de Louis XV et Louis XVI, sont dûs à Gatteaux et Duvivier. On peut découvrir la totalité cette galerie de portraits des rois de France (67 photos des rois) dans le diaporama ci-dessous.
Portrait des Rois de France
Quelques portraits de rois fantaisistes
Au sujet des portraits, il faut d'ailleurs préciser qu'ils sont à peu près réalistes pour les XVIème et XVIIème siècles, mais qu'ils sont complètement fantaisistes dès que l'on atteint les hautes époques (en particulier la période mérovingienne). On notera que le graveur a varié à l'infini ses portraits non seulement en jouant sur la physionomie des rois mais aussi en modifiant à chaque fois les habits, les bustes et les couronnes. Certains de attributs sont franchement anachroniques, ce qui n'enlève rien à la qualité esthétique des gravures.
C'est sous le règne du roi de France Jean le Bon, qui a régné entre 1350 et 1364, que le Franc a été créé. Cette nouvelle monnaie, appelée à prendre une place exceptionnelle dans l'histoire de France, a vu le jour dans des circonstances particulièrement troublées dont voici le détail.
1. Avers d'un Franc d'Or de Jean le Bon. Cliché BNF.
Le Franc n'est pas né au cours d'une époque de richesse et de prospérité, mais pendant une des périodes les plus dramatiques de l'histoire de France, la Guerre de Cent Ans. A partir de 1328 les désastres politiques, militaires, économiques et sociaux accablent la France, plongeant le pays dans un profond désespoir.
La Guerre de Cent Ans débute par un problème dynastique. En 1328, Charles IV, qui est le dernier fils du roi Philippe le Bel (roi de 1284 à 1314) meurt sans laisser d'héritier. Cette date marque la fin de la descendance mâle directe de la dynastie des Capétiens qui régnait sur la France depuis plus de trois siècles. Cependant Isabelle, la fille de Philippe le Bel, a épousé le roi d'Angleterre à qui elle a donné un fil, Edouard III. Naturellement celui-ci considère qu'il est l'hériter légitime du trône de France. Mais c'est sans compter avec la Noblesse française qui refuse une telle éventualité. Les grands seigneurs de France réunis à Paris déclarent ceci : "Femme, ni par conséquent son fils, ne peut succéder au Royaume de France". Edouard III étant ainsi écarté du trône, les grands seigneurs féodaux résolvent la vacance du pouvoir en désignant l'un d'eux : Philippe de Valois. La légitimité de ce seigneur à l'esprit chevaleresque n'est pas plus forte que celle d'Edouard III. Les Flamands, par exemple, ne sont pas dupes et qualifient ainsi Philippe de Valois : "roy trouvé, c'est-à-dire roy de rencontre". Quoiqu'il en soit, Philippe de Valois est le premier de la nouvelle dynastie royale française, tandis que le roi d'Angleterre ne peut renoncer sans réagir au Royaume de France. Le contentieux est né, il est à l'origine d'une guerre qui ne s'achèvera qu'un siècle plus tard (1453) par la victoire définitive de la dynastie des Valois.
Les Valois sont aventureux, chevaleresques et sans programme politique
La dynastie des Valois a eu beaucoup de mal à s'imposer car ses représentants étaient de grands seigneurs féodaux habités d'un idéal chevaleresque aventureux qui contraste singulièrement avec le réalisme dont ont souvent fait preuve les Capétiens. Un seul exemple suffit pour comprendre la nature de l'idéologie qui anime les premiers Valois. En 1351 Jean Le Bon créée un nouvel ordre de Chevalerie baptisé "l'Ordre de l'Etoile". L'Ordre, installé à Saint-Ouen, rassemble les "500 plus suffisants chevaliers du Royaume"; tous les ans, ceux-ci se réunissent pour raconter leurs exploits, les plus honteux comme les plus honorables. Leur modèle, ce sont le Roi Arthur et les chevaliers de la Table Ronde. Le problème c'est que les membres de l'Ordre de l'Etoile prêtaient serment et qu'il s'engageaient en particulier à respecter une clause militaire absurde : "Et leur convenait jurer que jamais ils ne fuiraient en bataille plus haut que quatre arpents de leur advis, ainsi mourraient ou se rendraient pris". La chevalerie française a malheureusement mis en pratique cette disposition qui limitait singulièrement ses possibilités tactiques pendant les batailles.
En 1340 Edouard III anéantit la flotte française et prend un sérieux avantage statégique
La France connaît à partir de 1340 une série de désastres militaires ininterrompus. C'est la bataille navale dite "de l'Ecluse", le 24 juin 1340, qui ouvre cette série de sévères défaites. Ce jour là, devant l'estuaire du Zwin qui mène à Bruges, la flotte d'Edouard III anéantit la flotte française. Les chefs français commettent des erreurs tactiques et seuls trente navires sur 200 parviennent à échapper au désastre. Le Parlement Anglais, conscient de l'importance de cette victoire qui marque le début de la domination maritime anglaise, salue Edouard III du titre de "Roi de la Mer". C'est à l'occasion de cette bataille navale qu'Edouard III fait frapper une nouvelle monnaie, le "Noble" dont la symbolique est particulièrement explicite : le Roi est représenté l'épée en main debout sur un navire voguant pavillon déployé. La légende "Henri, par la Grâce de Dieu Roi de France et d'Angleterre, seigneur d'Irlande et d'Aquitaine" rappelle très clairement les prétentions dynastiques d'Edouard III.
Cette défaite marque le début d'un avantage stratégique majeur du Roi d'Angleterre : désormais il peut envahir le territoire français sans craindre un débarquement en Angleterre. C'est sur le sol français que la Guerre de Cent Ans va se dérouler.
5. Lors de la bataille de Crécy, en 1346, les chevaliers français, fougueux et chevaleresques, sont battus à plate couture par des Anglais peu glorieux mais réalistes.
Quelques années après, en 1346, la France subit l'écrasante défaite de Crécy : la chevalerie française, fougueuse et courageuse mais irréaliste et indisciplinée, se fait tailler en pièce par les archers anglais. En 1356, nouvelle bataille, nouveau désastre. Cette fois-ci c'est Jean Le Bon, fils de Philippe de Valois, qui est battu à Maupertuis, non loin de Poitiers. Ses compagnons appliquent les principes pour lesquels ils ont prêté serment dans le cadre de l'Ordre de l'étoile : ils ne reculent pas, et se font tuer sur place ou capturer. L'armée française est taillée en pièce et le Roi lui même est fait prisonnier et conduit à Londres. Sa captivité durera 4 ans. La France, qui n'a plus d'armée, est aux mains du Dauphin, le futur Charles V, qui n'est alors âgé que de 18 ans. Face à l'idéalisme chevaleresque français, les Anglais imposent un réalisme ravageur et prennent l'ascendant au début de la Guerre de Cent Ans.
3. Noble d'Or d'Edouard III (7.59 grammes), frappé à Londres vers 1354-1355. C'est après la bataille navale de l'Ecluse (1340) que l'Angleterre a pris l'ascendant sur les mers, ce qu'illustre cette monnaie.
La guerre permanente
Les Anglais utilisent aussi la méthode des grandes chevauchées à travers le territoire français, au cours desquelles ils pillent, ravagent, détruisent et affaiblissent durablement l'ennemi. Le cas le plus célèbre est probablement la grande chevauchée du Prince Noir, qui est le fils aîné du Roi d'Angleterre, dans le midi de la France en 1355. Cette grande chevauchée le conduit de la Guyenne à la Méditerranée et lui permet de ramener à Bordeaux un butin considérable. Lors de son retour dans cette ville, il lance la fabrication de Léopards d'Or et de Gros d'argent, qui, comme les Nobles d'Edouard III, sont des émissions économiques et politiques : le léopard était bien connu comme un symbole Anglais et le Prince Noir mettait ainsi la marque de son pays sur l'Aquitaine.
Résumé du contenu du livre "Le Franc VIII : les monnaies"
Pendant deux siècles, le Franc a été la monnaie de la France. Découvrez le Franc de Bonaparte à De Gaulle. Le catalogue le Franc VIII établit la liste détaillée de tous les francs frappés depuis la Révolution jusqu'à l'adoption de l'Euro. Chaque monnaie est soigneusement illustrée et décrite. Des cotations permettent d'avoir une idée de la valeur des monnaies. Le Franc VIII est avec le Gadoury une des deux références incontournables pour les collectionneurs de monnaies françaises et pour les collectionneurs de Francs en particulier !
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Détails sur le livre "Le Franc VIII : les monnaies"
* Broché: 528 pages
* Editeur : Editions Les Chevau-Légers (26 mars 2009)
* Collection : LE FRANC
* Langue : Français
* ISBN-10: 2916996125
* ISBN-13: 978-2916996127
Monneron. Exemple de monnaie de Confiance Monneron de 2 sols au type la liberté assise
Les Monnerons sont des monnaies de confiance qui ont été fabriquées entre 1791 et 1792.
Les frères Monneron ont joui à leur époque d'une grande notoriété.
Famille de négociants français qui obtint en 1791 le droit de frapper une monnaie de cuivre dont les pièces valaient 10 centimes et 25 centimes et qui portaient en exergue ces mots : "MONNERON Frères, Négociants à Paris" d'où leur nom de monnerons.
Les Monneron avaient établi des comptoirs dans les principales villes de France. Leur Banque principale était sur la place du Carrousel à Paris. (cf. Abbé Filhol, Histoire d'Annonay, t.III p.276).
Moyennant une commission, les Monneron échangèrent ces jetons contre des assignats de 30 livres et au delà. Mais leur trop grande confiance dans le papier révolutionnaire et sa rapide dépréciation les laissa avec un stock énorme d'assignats, alors que le public collectionna leurs médailles, dont ils avaient fait frapper pour plusieurs millions en Angleterre, et qu'ils avaient dû payer en monnaie trébuchante, d'où une perte considérable pour les frères Monneron. La ruine était au bout de l'aventure...
Les Frères Monneron firent fabriquer en Angleterre par Matthew Boulton, grâce à la machine à vapeur de Watt, des pièces de 2 et 5 sols en grande quantité dans l'atelier de Soho à Birmingham, à partir de la fin de l'année 1791.
Ces monnaies de nécessité auraient dû suppléer à la pénurie monétaire qui régnait en France et leur qualité technique et esthétique était bien supérieure aux médiocres productions officielles contemporaines en métaux vils.
En mars 1792, les Monnerons firent faillite et Pierre s'enfuit. Son frère Augustin reprit l'affaire, mais une loi du 3 mai 1792 interdit la fabrication des monnaies privées. En septembre, un décret interdit la commercialisation des pièces de confiance. Ces monnaies de nécessité circulèrent en fait jusqu'à la fin de 1793.
Grâce à Google Street view (traduction : "Google vue des rues"), on peut désormais se promener virutellement sur le Quai Conti (et dans de nombreux autres endroits bien sûr !). C'est sur le Quai Conti, précisément au numéro 11, que se trouve la Monnaie de Paris, dans un bâtiment que l'on peut difficilement manquer...
La Monnaie de Paris sur le Quai Conti : promenade virtuelle
Emission radio sur la Monnaie de Paris : . Histoire de la Monnaie de Paris. 8 milliards de pièces en euro, 600000 médailles et décorations, des monnaies françaises mais aussi étrangères, des objets de collection, des cadeaux d'entreprise... Depuis le milieu du XVIIIème siècle, l'Hôtel de la Monnaie de Paris est à la monnaie ce que la Banque de France est aux billets. Découvrez tous les détails sur la Monnaie de Paris dans cette l'émission de radio "Boulevard du Patrimoine".
Ecouter l'émission Boulevard du Patrimoine consacrée à la Monnaie de Paris
Serge Gainsbourg a brûlé un billet de 500 francs en direct pendant l'émission 7/7 le 11 mars 1984. En détruisant ce billet, Gainsbourg souhaitait manifester son mécontentement face aux impôts trop lourds à son goût. La destruction de ce billet a évidemment provoqué de nombreuses réactions, Gainsbourg ayant attaqué un objet tabou, l'argent (bien que sa cible initiale n'était pas l'argent mais plutôt les impôts...)
"C'est illégal ce que je vais faire, mais je vais le faire quand même..."