Louis XIII a régné du 16 mai 1610 au 14 mai 1643. Son règne fut marqué par sa collaboration avec Richelieu qui conduisit une lutte acharnée contre les protestants. Sous le règne de Louis XIII l'unification du Royaume fut renforcée et les bases de la Monarchie Absolue ont été mises en place.

Louis XIII par Rubens - Louis d'or


Louis XIII par Rubens - Louis d'or

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Monnaies royales

Louis XVI a régné du 10 mai 1774 au 21 janvier 1793. Louis XVI n'a pas eu la force de caractère qui lui aurait peut-être permis d'échapper à la fureur révolutionnaire. Faible, indécis, mal conseillé, il commit des erreurs politiques grossières qui lui furent fatales. Sa bonhommie, son profil si caractéristiques que l'on peut voir sur les monnaies, ainsi que son statut de victime de la Révolution en font un roi assez recherché par les collectionneurs. C'est sous le règne de Louis XVI que les derniers authentiques Louis d'or furent frappés, avant d'être remplacés par les pièces de 20 francs or (les Napoléons).

Double Louis d'or de Louis XVI et portrait de Louis XVI Antoine-François Callet (1741–1823)


Louis XV par Louis-Michel van Loo - Double Louis d'or

Les listes ci-dessous présentent des monnaies de bronze, d'argent et d'or de Louis XVI immédiatement disponibles à la vente. La seconde liste présente les prix de vente des monnaies de Louis XVI réalisés sur eBay.

Liste de pièces de monnaie de Louis XVI actuellement en vente


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Monnaies royales

Louis XV a régné du 1er septembre 1715 au 10 mai 1774. Inauguré par une Régence libératrice (qui vit également la mise en place du système de Law entre 1716 et 1722) son règne ne fut pas aussi glorieux que celui de son illustre prédécesseur et Louis XV est sûrement moins connu que Louis XVI décapité par la Révolution française.

Louis XV par Louis-Michel van Loo - Double Louis d'or de 1746

Louis XV par Louis-Michel van Loo - Double Louis d'or

Pourtant les monnaies de Louis XV, généralement plus abordables que celles de Louis XIV, sont souvent très recherchées : il n'est pas rare qu'elles soient même plus recherchées.

Les pièces d'or, d'argent et de bronze du XVIIIème siècle, le "Siècle des Lumières", sont très recherchées par les collectionneurs. C'est le cas en particulier des Louis d'or de Louis XV. Les collectionneurs pourront se faire une idée des prix en observant les listes ci-dessous (monnaies en vente et prix réalisés sur eBay). Naturellement, eBay ne représente pas la totalité du marché numismatique, loin s'en faut, et il est donc utile de chercher d'autres sources d'informations sur les prix des monnaies.

Liste de pièces de monnaie de Louis XV actuellement en vente



 

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Monnaies royales

La plus grosse pièce d'or française, ce n'est pas la nouvelle pièce de 1000 euro or de la Monnaie de Paris, ce ne sont pas non plus les grosses pièces d'or de 100 franc frappées sous Napoléon et III et sous la IIIème République : la plus grosse pièce d'or française est en fait une monnaie royale à l'effigie de Louis XIII, la pièce de 10 Louis d'or frappée en 1640. Cette pièce dont on peut voir une photo ci-dessous pèse pas moins de 66,87 grammes. Son diamètre est de 4,4 centimètres.

Photo de la plus grosse pièce d'or française : la pièce de 10 Louis d'or

La plus grosse pièce d'or française : la pièce de 10 Louis d'or

Cette monnaie dont la gravure est dûe au célèbre maître graveur Jean Varin a été voulue par Richelieu pour rivaliser avec l'Espagne, en produisant des pièces quatre fois plus lourdes que les "pièces d'or de huit" espagnoles. La pièce a été fabriquée avec les techniques les plus modernes de l'époque, c'est à dire au balancier, alors que les monnaies étaient fabriquées jusque là au marteau. Ces pièces sont dites "de plaisir" car elle n'ont été frappées qu'en toute petite quantités et n'étaient pas destinées à la circulation courante.

Record de la pièce française la plus chère


En novembre 2014 une pièce de 10 Louis d'or de Louis XIII de 1640 au buste drapé a été vendue à l'Hôtel Drouot pour 298750 euro. Ce prix en fait la pièce française la plus chère de tous les temps.

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Récemment, Google a mis en ligne un système de visite virtuelles de quelques-uns des plus grands musées d'Europe et des Etats-Unis (le "googleartproject") . Ce système est une extension de Google Street View à l'intérieur des bâtiments, doublée d'une présentation en très haute définition de quelques oeuvres majeures de chaque musée.

Les visiteurs virtuels ont ainsi pu découvrir au détour d'une salle du Château de Versailles l'incroyable portrait de Louis XIV qui figure ci-dessous. Ce portrait réalisé par Antoine Benoist offre une qualité quasiment photographique.

Un extraordinaire portrait de Louis XIV

 

Un extraordinaire portrait de Louis XIV

Les monnaies de Louis XIV

Louis XIV est sans conteste un des plus grands rois de France; il a mis au pas la Noblesse frondeuse et "les féodalités" pour longtemps; il a repoussé les frontières du Royaume et les a dotées d'un puissant réseau de fortifications pour que ces conquêtes soient durables.

Dans le domaine des arts, de l'architecture, de la philosophie, des sciences, de la littérature, de la peinture (le tableau ci-dessus en témoigne) le Siècle de Louis XIV fût un âge d'excellence. En ce qui concerne les monnaies, elles se trouvent placées dans la continuité de réformes amorcées sous le règne de Louis XIII. Compte-tenu de la grandeur du règne de Louis XIV, ses monnaies figurent parmi les plus recherchées par les collectionneurs français. Les monnaies de Louis XIV comptent aussi parmi les plus chères et ne sont donc pas aussi populaires que les pièces de Louis XVI par exemple.

Sélection de monnaies de Louis XIV actuellement en vente sur eBay


Le tableau ci-dessous présente une sélection de monnaies de Louis XIV actuellement en vente. Il s'agit de pièces qui sont soit en ventes aux enchères, soit en ventes à prix fixes. Cette liste est actualisée en temps réel.

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Monnaies royales

La "masse d'or" de Philippe IV Le Bel est une des plus belles et des plus célèbres monnaies d'or française du Moyen Age. La première émission de cette monnaie a commencé le 10 janvier 1296.

Photo de la Masse d'Or de Philippe Le Bel

Monnaie du jour : Masse d'or de Philippe Le Bel

Description détaillé de la pièce

FRANCE. Philippe IV le Bel. 1285-1314. Masse d’or. 1ère émission, à partir du 10 janvier 1296. Av. +PHILIPPVS:DEI:GRA:FRANCHORVM:REX. Le roi couronné, vêtu d’un manteau, attaché sur l’épaule droite par un fermail, assis sur un trône orné d’avant-corps de dragons aux longs cous. Le roi tient dans la main gauche une fleur de lis et dans la main droite un sceptre terminé par une fleur de lis florencée. Dans le champ un polylobe, bordé intérieurement de festons fleurdelisés.

Rev. +XP’C:VINCIT:XP’C:REGNAT:XP’C:IMPERAT. Croix feuillue et fleurdelisée avec quadrilobe en coeur, cantonnée de quatre lis, dans un quadrilobe aux quatre angles extérieurs tréflés. 6,99g.
Ciani 196. Lafaurie 212. Duplessy 208. Friedberg 254.
Très rare. Très belle pièce dans un état de conservation superbe

Provenance et prix :
Hess-Divo AG . Vente aux enchères 295. Date de la vente 7 mai 2003. Lot n°46.
Prix de départ : 12500 francs suisses. Prix réalisé : 13,500 francs suisses (environ 10,176 dollars US) . Frais de vente non inclus.


Plus d'infos sur cette monnaie de Philippe Le Bel


Dans les textes de l’époque, la masse d’or est décrite comme "florin, grand florin ou gros royal" rappelant que cette pièce valait deux petits florins et que c’était la plus grande pièce d’or qui eût été frappée. Ailleurs, on disait "denier à la masse" synonyme de sceptre, et ce n’est que plus tard que le nom de "masse" a pris dans le langage courant un sens restreint. La masse restera longtemps en circulation.

Nous avons tenté d’établir un lien entre certaines monnaies d’or et les sceaux royaux, donc entre la numismatique et la sigillographie. La figure du roi assis rappelle les sceaux "de majesté" de la même époque. La représentation sur les monnaies et celle sur les sceaux est du même style, il paraît logique que les mêmes artistes aient travaillé pour les ateliers monétaires et pour les chancelleries. Nous illustrons ici le "sceau de majesté" du roi Philippe IV le Bel, en usage à partir de novembre 1285 jusqu’à 1314. Etant donné la grandeur du sceau (90 mm de diamètre, trois fois plus grand que la monnaie), l’artiste avait naturellement plus de liberté d’exercer son talent, faisant apparaître de nombreux détails, par exemple la physiognomie royale, les plis du manteau et une légende circulaire d’un style de lettre d’une grande fraîcheur.

Si on compare ce travail avec celui du graveur des coins monétaires, il est évident que ce dernier était bien plus délicat et minutieux. Aucune autre époque du Moyen-Age ne nous a laissé des monnaies d’or d’un style aussi remarquable! (Pour de plus amples détails, consulter le "Corpus des Sceaux Français du Moyen-Age, tome II", par Martine Dalas, publié par les Archives Nationales en 1991).

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De façon générale, on ne peut pas dire que les monnaies royales françaises soient faciles à déchiffrer et à comprendre. Après plusieurs siècles d'existence, elles sont assez souvent dans des états de conservation qui rendent leur lecture difficile, mais surtout elles sont un reflet de l'évolution de l'état historique, économique, culturel et technique du pays au fil du temps; elles portent donc des légendes le plus souvent écrites en latin avec des formes d'écriture aujourd'hui disparues, de nombreuses marques, des signes, des "différents", des symboles variés et de multiples particularités qui en font de véritables objets codés. Et c'est justement un des plaisirs du numismate que de décrypter les monnaies. Nous donnons ci-dessous quelques éléments qui permettent de décoder les monnaies royales.

Vidéo : Comment lire et comprendre une monnaie royale française

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Aspect général des monnaies

Entre l'accession au trône du premier roi de France, Hugues Capet, en 987 après JC et la mort de Louis XVI, le 21 janvier 1793, huit siècles d'histoire monétaire se sont écoulés et de très nombreuses évolutions ont eu lieu. Les plus anciennes monnaies étaient frappées à la main, au marteau, sur de fines lamelles de métal dont l'épaisseur était toujours inférieure au millimètre.

Jusqu'au XVIIème siècle les monnaies étaient frappées à la main, au marteau
Jusqu'au XVIIème siècle les monnaies étaient frappées à la main, au marteau


Ces monnaies légères, les deniers et les oboles, se pliaient facilement et étaient constituées d'un mélange d'argent en faible proportion et de cuivre. Avec l'écoulement du temps, l'oxydation du cuivre a souvent transformé les monnaies qui étaient initialement blanches en monnaies noires.

Quelques monnaies royales du XIVème siècle. Les pièces noircissaient plus ou moins au fil du temps en fonction de leur teneur en cuivre
Quelques monnaies royales du XIVème siècle. Les pièces noircissaient plus ou moins au fil du temps en fonction de leur teneur en cuivre

Du fait de leur mode de fabrication artisanal, les pièces ont souvent une forme irrégulière et l'écrasement du métal lors de la frappe a pu provoquer des fissures sur les bords des monnaies. De plus, le double coup de marteau nécessaire à la fabrication des pièces les plus grosses provoquait parfois un "tréflage", c'est-à-dire un double marquage légèrement décalé de l'empreinte de la monnaie.

Monnaie tréflée d'Henri III (1574-1589)
Monnaie tréflée d'Henri III (1574-1589)

A partir du XIIIème siècle, des monnaies constituées d'argent et d'or font leur apparition parmi les monnaies royales françaises. Ces pièces d'une valeur élevée ont souvent été fabriquées avec beaucoup plus de soin que les petites monnaies noires destinées à l'usage quotidien du peuple. Ces monnaies devaient sortir des ateliers avec un poids bien calibré. Si le poids de la pièce était supérieur à la tolérance, les monnayeurs étaient autorisés à les limer pour ajuster leur poids. Aussi voit-on sur certaines monnaies des stries d'ajustage.

L'avers de ce Louis d'or de Louis XV présente des stries d'ajustage
L'avers de ce Louis d'or de Louis XV présente des stries d'ajustage

Sous le règne de Louis XIV, pour éviter les frais de fabrication de flans neufs, il est arrivé que de nouvelles monnaies soient frappées sur d'anciennes pièces : il s'agit de monnaies dites réformées. Mais la nouvelle frappe n'effaçait pas complètement l'ancienne empreinte et l'on voit ainsi des pièces qui sont comme un palimpseste : on devine l'ancienne monnaie sous la nouvelle.

Ce demi écu aux palmes de Louis XIV a été fabriqué en 1694 à partir d'un demi écu aux huit L dont on voit encore la trace.
Ce demi écu aux palmes de Louis XIV a été fabriqué en 1694 à partir d'un demi écu aux huit L dont on voit encore la trace.

Des monnaies malmenées par les rogneurs

Il faut rajouter qu'en plus de ces particularités de fabrication, les monnaies connaissaient souvent une utilisation très longue, ce qui entraînait une usure (le "frai") très importante. De plus de nombreuses monnaies ont été malmenées à l'époque par les changeurs, les billonneurs et autres rogneurs qui ont souvent gratté le flan des pièces pour en récupérer un peu de métal précieux. Si on rajoute à cela, pour certaines monnaies, un séjour de plusieurs siècles sous terre on comprend que de nombreuses pièces nous sont parvenues dans des états de conservation médiocres.

Liard au dauphin de Louis XI frappé en 1467. La pièce a été rognée, cisaillée et porte des marques d'usure très avancées
Liard au dauphin de Louis XI frappé en 1467. La pièce a été rognée, cisaillée et porte des marques d'usure très avancées

Sur un plan technique, l'évolution majeure dans la fabrication des monnaies est l'utilisation de la force mécanique qui a remplacé graduellement l'utilisation du marteau pour frapper les pièces. Les premiers essais d'utilisation de presses à balancier ont eu lieu sous le règne d'Henri II (1547-1559), mais c'est avec la fabrication des double-tournois de cuivre, à la fin du XVIème siècle, que commence véritablement la fabrication mécanisée des monnaies (voir Monnaies et Détections n°64, juin-juillet 2012, article "La monnaie royale française la plus commune : le double tournois").

Sous le règne de Louis XIV, 1643 à 1715, la frappe au balancier est généralisée à toutes les monnaies, qu'il s'agisse des Louis d'or ou des Ecus d'argent. Le résultat, c'est un immense progrès de la qualité des monnaies fabriquées : désormais, les pièces sont bien rondes et la force de la machine permet de fabriquer de grosses monnaies avec des légendes et des effigies parfaitement imprimées sur le métal.

Lecture des monnaies

Les monnaies sont frappées des deux côtés et portent toutes des légendes circulaires et des images dans le champ. La légende était généralement inscrite entre deux grènetis ou cercles linéraires. L'usage du grènetis ou du cercle linéraire intérieur a été abondonné à partir du XVIème siècle.

Teston d'Henri III (1574-1589). Le graveur commençait pas dessiner le grènetis extérieur, puis le grènetis intérieur avant de graver les lettres puis l'effigie du roi
Teston d'Henri III (1574-1589). Le graveur commençait pas dessiner le grènetis extérieur, puis le grènetis intérieur avant de graver les lettres puis l'effigie du roi

Ces cercles ont un rapport direct avec la fabrication des monnaies. Le graveur commençait en effet par tracer au compas le cercle extérieur, puis le cercle intérieur qui lui donnait les limites pour graver la légende avec des lettres de bonne hauteur et la figure centrale de la pièce dans le champ.

Comme on peut le voir sur la monnaie ci-dessous, au Moyen Age et jusqu'au règne de Louis XIII l'usage voulait que la légende commence en haut, après une petite croix ("croisette") ou un autre symbole.

Illustration : la croisette sur une monnaie royale

Sur certaines monnaies la légende commence en bas à gauche à partir du règne d'Henri II (1547-1559), l'axe étant occupé par la lettre de l'atelier. Sous Louis XIII, les légendes commencent au niveau de l'épaule du roi à l'avers et en haut sur le revers (voir par exemple le Louis d'or de Louis XV ci-dessus).

Ces légendes sont écrites en latin à l'exception des doubles tournois, monnaies produites en très grandes quantités et qui avaient pour but de populariser le portrait et le nom du roi. On voit aussi des légendes en français sur les monnaies constitutionnelles de Louis XVI.

On peut lire sur les légendes des monnaies le nom du roi suivi de son titre, par exemple sur la monnaie illustrée ci-dessus "LVDOVICVS REX", c'est-à-dire "Louis Roi". On peut remarquer qu'il n'y a pas de numéro d'ordre après le nom du roi ni de date, ce qui a longtemps compliqué l'identification de monnaies du Moyen Age : il existe plusieurs rois capétiens qui portent le nom de Louis ou de Philippe. Dans le cas des rois portant le nom Philippe, les pièces ont été différenciées par le dédoublement du L ou du P. Mais il faut reconnaître que l'apparition des numéros d'ordre des monarques à partir du règne de Louis XII, puis de François Ier, facilite grandement l'identification des monnaies.

Au XVIème siècle, il arrive que le numéro d'ordre des rois soit inscrit en chiffres arabes plutôt qu'en chiffres romains. Par la suite, les chiffres romains sont toujours utilisés. D'ailleurs, dans le cas des monnaies de Louis XIV, les monnaies portent "XIIII" plutôt que "XIV" (voir la monnaie de Louis XV ci-dessus).

Le titre du roi, "DEI GRACIA FRANCORVM REX", qui signifie "Roi des Francs par la Grâce de Dieu" est souvent abrégé : "D. G. FR. REX" sur les monnaies. A partir d'Henri IV, les rois de France sont aussi rois de Navarre, et leur titulature devient donc "D. G. FRANC(orum ou iae) ET NAVARRAE" : "Roi de France et de Navarre", ce nom étant généralement abrégé par l'expression "NAV". Après 1791, Louis XVI apparaît sur les monnaies avec le titre "Roi des François".

Le revers de cet écu d'or de François Ier porte la légende chrétienne XPS VINCIT, XPS REGNAT, XPS IMPERAT, qui signifie Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande
Le revers de cet écu d'or de François Ier porte la légende chrétienne "XPS VINCIT, XPS REGNAT, XPS IMPERAT, qui signifie "Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande

A l'exception des monnaies des XIIème et XIIIème siècles, les monnaies royales françaises portent au revers des légendes religieuses plus ou moins abrégées et rédigées en latin : "XPC ou XPS VINCIT, XPS REGNAT, XPS IMPERAT", ce qui signifit "Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande", formule que l'on voit inscrite ainsi sur les Louis d'or (à partir de Louis XIII) : "CHRS REGN VINC IMP".

On lit également au revers de la plupart des monnaies royales la formule suivante : "BENEDICTVM SIT NOMEN DOMINI NOSTRI DEI IHV XHI", ce qui signifie : "Béni soit le nom de notre seigneur Jésus Christ". La formule, là encore, est abrégée selon les règles de la paléographie médiévale, par exemple avec la contraction des mots (NRI pour NOSTRI). Outre la légende mentionnée ci-dessous, les revers des monnaies portent également les phrases "SIT NOMEN DNI BENEDICTV" ("Béni soit le nom du Seigneur") ou encore, mais plus rarement sur des monnaies de Louis XIV notamment, "DOMINE SALVVM FAC REGEM" (Que Dieu protège le Roi).

Déchiffrer les écritures anciennes

Au cours de 8 siècles d'histoire, les monnaies royales ont enregistré l'évolution de l'usage de l'écriture, passant d'écritures romanes sous les premiers Capétiens aux écritures gothiques onciales (XIIIème-XIVème siècle), puis au gothique orné (XIVème siècle) et enfin au gothique décadent (XVème siècle), avant de se rapprocher à partir de la Renaissance et jusqu'au XVIIème siècle des formes d'écritures modernes.

Dans le tableau ci-dessous sont reproduites les lettres de l'alphabet et leurs évolutions en huit époques différentes telles qu'on peut les voir sur les monnaies (source : cf. bibliographie A. Dieudonné, page 52). Ce tableau constitue une aide précieuse pour déchiffrer les légendes des monnaies.

Tableau des lettres utilisées sur les monnaies. 1. Premiers Capétiens. 2. Epoque de l'écriture triangulaire. 3. Gothique oncial des XIIIème et XIVème siècles. 4. Gothique orné (XIVème siècle). 5. Gothique décadent (XVème siècle). 6. Louis XII. 7. Louis XIV. 8. Du XVIème au XVIIIème siècle.
Tableau des lettres utilisées sur les monnaies. 1. Premiers Capétiens. 2. Epoque de l'écriture triangulaire. 3. Gothique oncial des XIIIème et XIVème siècles. 4. Gothique orné (XIVème siècle). 5. Gothique décadent (XVème siècle). 6. Louis XII. 7. Louis XIV. 8. Du XVIème au XVIIIème siècle.

Apparition des dates sur les monnaies en 1549

Il n'y pas de dates sur les monnaies jusqu'au règne d'Henri II. C'est ce roi qui rendit obligatoire l'inscription du millésime sur les pièces par une ordonnance de 1549. De même que pour les numéros d'ordre des rois, on voit parfois les dates inscrites en chiffres romains mais généralement elles sont mentionnées en chiffres arabes. Il va sans dire que ces dates sont celles de l'ère chrétienne, sauf pour les années 1791 à 1793, qui sont datées de l'ère de la Liberté (an 3, an 4, an 5) voulue par la Révolution.

Différents, marques d'ateliers et autres points secrets...

Les quelques particularités des monnaies royales évoquées jusqu'ici doivent être complétées avec de multiples marques, symboles et points secrets que l'on peut lire sur de nombreuses pièces et qui, au premier abord, leur donnent un aspect un peu ésotérique...

Au Moyen Age, en particulier aux XIVème et XVème siècles, les rois de France ont souvent changé les types de monnaies. Il l'ont généralement fait pour renforcer les monnaies. Mais lorsqu'il était question de dévaluer les pièces, par exemple en abaissant la quantité de métal précieux qu'elles contenaient, ils se sont souvent contentés d'appliquer à la monnaie dévaluée une marque spéciale, que l'on nomme "le différent".

Le différent, comme son nom l'indique, servait à identifier deux émissions différentes d'un même type de monnaie. Les différents prennent diverses formes : il peut s'agir d'un croissant sous la croisette initiale de la légende, d'une étoile, d'un point marqué dans les O de la légende, d'un lis initial remplaçant la croisette, d'une changement de position des couronnelles dans le champ, des signes de ponctuation spéciaux intercalés dans les lettres de la légende... Bref, les graveurs et maîtres d'atelier ont ainsi inventé mille subtilés pour marquer les différentes émissions monétaires.

A partir du règne de Charles VI (1380-1422), les différences, au lieu de marquer les changements d'émisssions, commencent à devenir la marque particulière des ateliers de fabrication. C'est l'introduction de la date dans la légende sous Henri II en 1549 qui provoque la disparition des différents d'émission.

Les différents des Maîtres de la Monnaie apparaissent sous Louis XI et deviennent constants sous François Ier. Au XVIIème siècle les différents de graveurs se généralisent. On peut lire sous l'effigie du roi, au XVIIIème siècle, le différent du Maître de la Monnaie, tandis que le différent du graveur de la pièce se trouve contre la date.

Déchiffrer un double Louis d'or de Louis XVI

Il n'est évidemment pas possible d'expliquer ici en détail tous les différents qui ont été représentés sur les monnaies royales françaises depuis les origines... Aussi terminerons-nous cet article par le décryptage d'une monnaie de Louis XVI, un double Louis d'or frappé en 1786 dans l'atelier de Rouen.

Marques et différents sur un double Louis d'or de Louis XVI
Marques et différents sur un double Louis d'or de Louis XVI

Le millésime figure en chiffres arabes au revers, sur lequel on découvre également la lettre de l'atelier où a été fabriquée la pièce. Cette lettre, le B, correspond à l'atelier de Rouen. Le symbole du Maître graveur de Rouen qui était alors en fonction, Nicolas Antoine Belin, est un mouton qui se trouve avant le millésime. La légende de la pièce est celle que l'on peut voir sur les Louis d'or. Il s'agit de la formule "Le Christ règne, le Christ vainc, le Christ commande", écrite en abréviation.

A l'avers se trouve l'effigie du roi, entourée par la légende, qui contient son nom, son numéro d'ordre parmi les monarques de même nom, ainsi que sa titulature abrégée.

A la base du buste du roi on peut lire le nom abrégé du graveur général "DUVIV", Benjamin Duvivier. Sous le buste se trouve le différent du Maître de l'atelier de Rouen, l'agneau pascal, qui était alors la marque de Joseph Lambert. Enfin un point secret situé sous la troisième lettre de la légende indique que la pièce a été fabriquée au cours du second semestre de l'année 1786.

Satisfaction du déchiffrement

Dans l'ensemble, les monnaies royales françaises sont assez difficiles à lire et à déchiffrer. Leur aspect est souvent fruste en raison de particularités de fabrication et quand elles sont parfaitement lisibles, les monnaies sont pleines de signes secrets, de symboles, de noms, de différents. Déchiffrer ces signes permet de mieux comprendre les monn ies et leur place dans l'histoire. Ce déchiffrement apporte de grandes satisfactions et c'est sans doute ce qui rend les monnaies royales françaises si intéressantes à collectionner.

Sources et bibliographie

L'ouvrage d'A. Blanchet et A. Dieudonné, "Monnaies royales françaises depuis Hugues Capet jusqu'à la Révolution", par A. Dieudonné, Paris, Picard, 1919, est un ouvrage remarquable qui permet d'approfondir tous les points abordés dans cet article.

On consultera également avec profit les répertoires et catalogues de monnaies royales suivants, très utiles pour identifier les monnaies :

  1. Jean Duplessy "Les Monnaies Royales françaises de Hugues Capet à Louis XVI (987-1793)", 2 volumes, éditions Platt
  2. Stéphan Sombart, "Franciae IV. Catalogue des monnaies royales françaises de François Ier à Henri IV", édition les Chevau-légers, 1997
  3. Frédéric Droulers, "Répertoire général des monnaies de Louis XIII à Louis XIV (1610-1792)", éditions Nomis-Arts, France (5ème édition 2012)
  4. Victor Gadoury, "Les monnaies royales françaises, 1610-1792", éditions Victor Gadoury, 2012

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