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Le plus grand trésor de tous les temps
30-01-2017

L'article ci-dessous a été publié en 2014 dans le magazine Monnaies et Détections sous le titre "13500 pièces d’or et d’argent remontées de l’épave du SS Central America". Nous reproduisons ci-dessous cet article dans son intégralité. On peut préciser que depuis sa parution, Thomas Thompson a été retouvé, interpellé et présenté à la justtice.

Photo du trésor du SS Central America

Présentation spectaculaire d’une partie du trésor du SS Central América, qui fut qualifié par Life Magazine comme “Le plus grand trésor de tous les temps”

Présentation spectaculaire d’une partie du trésor du SS Central América, qui fut qualifié par Life Magazine comme “Le plus grand trésor de tous les temps”

Récit d'une découverte exceptionnelle

Le 18 juillet 2014, la société Odyssey, spécialisée dans la recherche d’épaves dans les grands fonds marins a annoncé le succès de sa dernière opération : pas moins de 13500 pièces d’or et d’argent, mais aussi des lingots d’or, des débris d’or, des pépites et des bijoux ont été remontés de l’épave du bateau SS Central America qui fit naufrage au large des côtes américaines en 1857 (cf. Monnaies et Détections n°76, p. 26-27). Nous présenterons dans cet article les détails sur les trésors remontés du fonds de l’Océan, mais aussi sur les circonstances du naufrage.

La société américaine Odyssey Marine, fondée en 1994, est bien connue pour plusieurs coups d’éclat dans la recherche d’épaves chargées de trésors. Parmi son tableau de chasse se trouvent notamment les épaves du SS Republic (51000 pièces et 14000 objets remontés du fond de l’Océan en 2003), le “Black Swan” qui n’était autre que la “Nuestra Señora de las Mercedes”, d’où ont été remontées pas moins de 500000 pièces d’argent en 2007. Cependant, dans ce dernier cas, en mai 2012, suite à une longue procédure judiciaire, la Cour suprême des Etats-Unis a condamné la société Odyssey à restituer le trésor au propriétaire de l’épave, c’est-à-dire à l’Etat espagnol. En 2008, Odyssey découvre l’épave du HMS Victory et en 2011, ce sont les restes du SS Gairsoppa, qui sont identifiés. Deux ans après la localisation de l’épave, 61 tonnes de lingots d’argent ont été remontées de ce navire coulé en 1941.

Encore un succès pour la société Odyssey

La dernière trouvaille de la société Odyssey date des mois d’avril à juin 2014, et concerne l’épave du SS Central America. Même si les quantités de métaux précieux sont nettement moins importantes que dans le cas du SS Gairsoppa, les vestiges remontés sont tout à fait extraordinaires, comme nous le verrons ci-dessous. Et on se doute que cette fois-ci toutes les précautions juridiques ont été prises à propos de la possession des trésors retrouvés, d’autant que de grandes quantités d’or avaient déjà été remontées de l’épave entre 1987 et 1991, ce qui occasionna des batailles juridiques dont les américains abusent dès lors qu’il est question d’argent. Mais avant d’évoquer les premières découvertes de 1987-1991 et les déboires de leur auteur, Thomas Thompson, il faut évoquer le navire SS Central America et les circonstances historiques du naufrage.

“à ce beau navire il semblait que l’on pût sans crainte remettre son sort…”

Le SS Central America était un bateau à vapeur (comme l’indiquent les lettres SS qui signifient “Steamship”), doté de roues à aube en métal qui mesurait 85 mètres de long et qui naviguait entre l’Amérique Centrale et la côte Est des Etats-Unis. Le navire baptisé initialement SS George Law avait pris la mer pour la première fois en 1853. Outre son moteur à vapeur, le bateau de 2141 tonnes était doté de 3 mâts, et, comme le dit bien Ernest Faye dans son “Histoire des naufrages”, “à ce beau navire il semblait que l’on pût sans crainte remettre son sort; sa vue inspirait confiance; sa masse énorme défiait le courroux des vagues; nul ne filait sur les eaux avec plus de rapidité”. Mais les qualités certaines du SS Central America, ainsi qu’un équipage expérimenté et valeureux ne l’on pas empêché de sombrer le 12 septembre 1857 au large des côtes de Caroline du Nord par 2300 mètres de fond lors d’un ouragan dont on sait qu’ils sont courants dans ces parages. Après trois journées de tentatives désespérées pour échapper aux éléments, le SS Central America coula, emportant dans la mort 425 personnes sur les 578 passagers. De plus il y avait à bord du navire 13 à 15 tonnes d’or prospectées lors de la ruée vers l’or en Californie. C’est cette énorme cargaison de métal précieux qui a valu au Central America son surnom de “Ship of Gold”, c’est-à-dire le “bateau de l’or”.

Peinture reconstituant le SS Central America au coeur de la tempête

Peinture reconstituant le SS Central America au coeur de la tempête

Le voyage avait pourtant commencé par temps calme...

Pourtant, le voyage de la ville de Colón (anciennement baptisée “Aspinwall”), au Panama, en direction de New York avait bien commencé ce 3 septembre 1857 : le ciel était pur et la mer était calme. Le beau temps accompagna le SS Central America jusqu’au port de La Havane où il fit une halte avant de repartir le 8 septembre au matin, toujours par temps calme. C’est dans la journée du 9 septembre que le bateau se trouva pris dans un ouragan alors qu’il se trouvait au large des côtes des Carolines. Pendant toute la journée du 10 septembre, on força les machines pour lutter contre les éléments déchaînés, en vain : le navire faisait pratiquement du sur place. Le 11 septembre, une voie d’eau se déclara à 1 mètre au-dessous de la ligne de flottaison. L’eau commença à envahir la chambre des machines. Le capitaine et son second décidèrent d’avertir les passagers du danger imminent. Tout le monde, équipage et passagers compris, se mit à l’oeuvre pour écoper l’eau qui avait déjà éteint les machines. Malgré l’ardeur de leurs efforts, les machines, après avoir redémarré pour un temps, calèrent de nouveau définitivement alors que le vent et les vagues avaient endommagé les voiles. Le drapeau du Central America fut hissé à l’envers en signe de détresse.

Le 12 septembre 1857 : une journée noire dans l’histoire de la marine américaine

Les passagers continuèrent à écoper pendant toute la nuit pour maintenir à flot le navire qui était alors à la merci de la tempête. Le 12 septembre, on vit apparaître le brick la “Marine”, de Boston, qui, trop petit, ne parvint à embarquer à son bord qu’une centaine de passagers du Central America. La tombée du jour et la pénombre mirent fin à ces opérations de secours. Peu de temps avant 8 heures du soir le Capitaine Herndon grimpa sur un des porte-roue à aube du Central America et tira sa dernière fusée de détresse. Quelques instants plus tard, le navire fut englouti par les flots.

Carte : le naufrage du SS Central America

Carte : le naufrage du SS Central America

Un navire norvégien baptisé “L’Ellen” parvint à secourir une cinquantaine de naufragés dans les heures qui suivirent. Trois derniers survivants véritablement miraculés furent retrouvés une semaine après le naufrage dérivant dans un canot de sauvetage à 400 miles au nord du lieu de la catastrophe. Comme nous l’avons dit ci-dessus, 425 personnes, dont le capitaine du navire, ont trouvé la mort au cours de cette catastrophe. Le 12 septembre 1857 fut une journée noire dans l’histoire de la marine américaine.

L’or de la Californie

Le SS Central America transportait entre 13 et 15 tonnes d’or provenant de Californie, où la ruée vers l’or avait débuté quelques années plus tôt, en 1848. Le voyage de l’Est des Etats-Unis vers l’Ouest était alors compliqué. La voie terrestre dans des chariots tirés par des boeufs prenait environ 5 mois et était dangereuse en raison de la présence de tribus Indiennes parfois hostiles. La première liaison transcontinentale par voie ferrée ne verra le jour qu’en 1869.

Pièces d’or éparpillées sur le fond marin

Pièces d’or éparpillées sur le fond marin

Par ailleurs, il existait deux voies maritimes : la route du Cap Horn consistait à contourner entièrement l’Amérique du Sud, puis à remonter l’Océan Pacifique vers le nord jusqu’à San Francisco. Ce périple d’environ 24000 kilomètres prenait alors pas moins de 5 mois si les conditions maritimes le permettaient.

La seconde route maritime consistait à éviter le contournement de l’Amérique du Sud en se rendant de San Francisco au port de Panama par mer, puis en passant l’isthme de Panama par terre avant de reprendre un navire allant de Colón à New York via La Havane. Une voie ferrée fut construite entre 1850 et 1855 pour faire face à l’augmentation du trafic de voyageurs depuis la ruée vers l’or de 1848. C’est au cours de cette deuxième partie du voyage qu’a sombré le SS Central America. Notons que le canal de Panama, qui permit de supprimer le transbordement sur les rails n’a été mis en service qu’en 1914. On se doute que la plupart des passagers du Central America ne revenaient pas de Californie les mains vides…

Des passagers chargés d’or

Une fois leur fortune faite en Californie, de nombreux chercheurs d'or décidèrent de rentrer chez eux sur la côte Est des Etats-Unis. Le 20 août 1857, plusieurs centaines de passagers embarquèrent à San Francisco sur le SS Sorora en direction de Panama. Ils emportaient avec eux 1,6 millions de dollars or, dont de très nombreuses pièces de 20 dollars or (les "double Aigles") portant la lettre S, marque de l'atelier monétaire nouvellement créé à San Francisco. Ils transportaient aussi des lingots et de l'or sous d'autres formes, notamment des pépites spectaculaires. Pendant le transport les pièces étaient soit transportées rangées dans des caisses en bois, soit portées directement par les passagers eux-mêmes dans des bourses de cuir ou de petits coffres de bois : on se doute qu’il ne devaient pas se séparer facilement du fruit de leurs aventures souvent pénibles dans le nouvel El Dorado qu’était devenue la Californie.

Pièce d’or de 20 dollars US dite “double Aigle” portant la marque S de l’atelier monétaire de San Francisco

Pièce d’or de 20 dollars US dite “double Aigle” portant la marque S de l’atelier monétaire de San Francisco

Les quantités d’or transportées à bord du SS Central America étaient considérables et la perte de ce trésor contribua à accroître la panique financière alors en cours. Ce naufrage très médiatisé à l’époque et d’une gravité jamais vue jusqu’alors a fait dire à certains observateurs que le SS Central America était un peu le Titanic du XIXème siècle. Cependant Les Etats-Unis, plongés dans la guerre de Sécession à partir de 1861 eurent tôt fait d’oublier ce désastre maritime.

Dans les années 1980 Thomas Thompson se lance à la recherche du SS Central America

Pendant plus d'un siècle le SS Central America a reposé par 2300 mètres au fond de l'Océan, jusqu'à ce que le chasseur de trésors Thomas Thompson ne se lance à la recherche de l'épave. Mais pour atteindre son but, il fallut à Thompson, un ingénieur originaire de Defiance, dans l'Ohio, des années de recherches patientes et d'énormes investissements pour la mise au point du matériel nécessaire à la remontée du trésor. Ces efforts couronnés de succès eurent des conséquences fâcheuses pour le chasseur de trésors qui est aujourd'hui recherché par la justice américaine.

Thomas Thompson à la barre lors des recherches de 1987

Thomas Thompson à la barre lors des recherches de 1987

C'est au début des années 1980 que Thomas Thompson, qui travaillait en tant qu'ingénieur dans le “Batelle Memorial Institute”, une société de recherche et de développement, a décidé de se lancer dans la recherche de l'épave du SS Central America. Divers éléments l'avaient poussé au choix de cette épave : le naufrage était très bien documenté grâce aux témoignages des survivants qui donnaient des indications précieuses sur le lieu où le bateau avait sombré. De plus, le navire avait coulé assez loin des côtes, dans des eaux profondes, ce qui signifiait que la technologie pouvait jouer un rôle plus important que la chance pour trouver l'épave. L'éloignement des côtes et la profondeur garantissaient en outre que le site avait été protégé des tempêtes, des ouragans ou d'autres phénomènes naturels susceptibles de disperser les restes d'un navire naufragé.

Grâce à une enquête minutieuse dans les archives de l'époque, Thompson parvint à reconstituer en détail les derniers instants du SS Central America. Avec l'aide d'un de ses associés, Bob Evans, et d'un spécialiste des probabilités et des analyses statistiques, le docteur Lawrence D. Stone, une "matrice de corrélation des données" fut mise en place qui reprenait toutes les hypothèses sur le lieu exact du naufrage. Des centaines de scénarios possibles pour le naufrage furent créés par ordinateur et finalement, une zone de recherches de 1400 miles carrés fut retenue.

Pendant plusieurs années Thompson mit au point avec ses associés tout le matériel indispensable pour localiser et pour récupérer l'épave. L'ingénieur créa notamment un sous-marin télécommandé baptisé "Nemo" qui disposait de toutes les technologies nécessaires pour remonter le trésor du SS Central America. C'est également pendant cette période qu'il commença à rassembler des financements auprès de riches investisseurs de l'Ohio pour lancer l'expédition. Il parvint à collecter pas moins de 10 millions de dollars.

Il gagne son pari et découvre l'épave du SS Central America !

A l'automne 1986, Thompson et ses associés se lancèrent en mer à la recherche du SS Central America pendant quarante jours à bord d'un vieux navire équipé d'un sonar. Mais ce n'est qu'au cours de la saison suivante, le 11 septembre 1987, que la caméra embarquée à bord du "Nemo" révéla des vestiges d'une épave du XIXème siècle... Thompson avait réussi son pari, il avait découvert l'épave du SS Central America !

Photo prise en 1989 d’une partie des lingots reposant au fond de l’Océan

Photo prise en 1989 d’une partie des lingots reposant au fond de l’Océan

Plus de 7000 pièces d'or provenant de l’atelier monétaire de San Francisco, ainsi que des pièces fabriquées par des monnayeurs privés furent découvertes à bord de l'épave. De nombreux lingots portant la marque des essayeurs californiens de l'époque furent remontés du fond de l'Océan. Parmi ces lingots se trouvait une énorme barre d'or de près de 80 livres. Cet objet exceptionnel, surnommé la barre d'or "Eureka" a été qualifié comme "le plus gros objet numismatique qui existe" par la Société "Monaco Rare Coins", qui a vendu ledit objet pour 8 millions de dollars en 2001 à un collectionneur privé. Cette brique en or porte la marque des essayeurs fondeurs Kellogg et Humbert ainsi que la valeur monétaire de l'époque, c'est-à-dire 17433,57 dollars.

Photo de la barre d’or “Eureka”, vendue pour 8 millions de dollars en 2001

Photo de la barre d’or “Eureka”, vendue pour 8 millions de dollars en 2001

L’euphorie de la découverte a été de courte durée...

Après un tel exploit, Thomas Thompson devint célèbre. Sa découverte fit l’objet de quelques articles dithyrambiques dans les médias américains. Le magazine “Life” qualifia ainsi le trésor du SS Central America comme “le plus grand trésor jamais découvert” (Life Magazine, Mars 1992). Mais pour Thomas Thompson l’euphorie de la découverte n'a pas duré longtemps.

Le premier chargement d'or avait à peine été remonté qu'un groupe de sociétés américaines et anglaises qui avaient assuré le SS Central America 135 ans plus tôt réclamèrent des droits sur le trésor et lancèrent un procès. En 1990, le District Fédéral de Norfolk, Va., déclara que les découvreurs du trésor, Thompson et sa société, la Colombus-America Discovery Group, étaient les propriétaires du trésor, d'après la règle "découvreur gardeur".

Les compagnies d'assurance firent appel de cette décision de justice. En 1992, un appel à la cour fédérale renversa la première décision de la cour, déclarant que la Colombus-America n'avait pas prouvé que les assureurs avaient abandonné le trésor. Un second procès se tint en 1993, au cours duquel la cour déclara que la Colombus-America possédait 100 % de l'or qui n'était pas assuré et 90 % de l'or assuré. Colombus-America et les assureurs acceptèrent de partager le trésor, l'inventeur conservant environ 92,5 % du trésor récupéré.

La vente de l’or sert à financer d’interminables procès

Pendant ce temps, Thompson avait accumulé des dettes pour continuer à financer son projet d'exploration. Quand il vendit l'or qu'il avait récupéré à bord du SS Central America en l'an 2000 à la société Caifornia Marketing Group, aucun profit ne revint aux investisseurs. "100 pour 100 de chaque centime qu'il gagna fut consacré au financement des procès", a déclaré Gilman Kirk, un investisseurs et ami proche de Thompson.

Les investisseurs intentèrent alors un procès à Thompson en 2005, et l’affaire est toujours en cours à l'heure actuelle. En 2013, après qu'une audience de Thompson n'ait pu avoir lieu, un juge fédéral déclara un mandat d'arrêt contre le chasseur de trésors. L'avocat Avonte Campinha-Bacote, qui représentait Thompson, déclara qu'il se retirait du procès en novembre 2013 car il n'avait plus de nouvelles de son client et qu'il ignorait si un autre avocat le représentait.

D'après le journal "Le Colombus Dispatch", Thompson vivait dans une location à Vero Beach, en Floride, avant de s'enfuir. L’homme est actuellement en cavale. Voilà où en est aujourd’hui le rêve américain de Thomas Thompson : fracassé par l’appât du gain et le juridisme intéressé de sociétés vautour.

Cependant, Thompson conserve pour lui un groupe de défenseurs fidèles. "Ce qu'ils lui ont fait est criminel. Ils l'ont jeté en dehors de la légalité. Ils l'ont traité comme un escroc. Mais ce n'est pas un escroc, c'est un scientifique", a déclaré Donal Garlikov, un investisseur qui est resté loyal envers Thompson en dépit du fait qu'il n'a jamais reçu le moindre pourcentage du profit du trésor.

Printemps 2014 : nouvelles découvertes à bord du SS Central America

Au début du mois de mars 2014, la société Odyssey Marine Exploration, qui a été présentée ci-dessus, a annoncé qu'elle avait obtenu un contrat exclusif pour récupérer ce qui restait de l'or du SS Central America. La société Odyssey a été choisie par un avocat représentant les sociétés créées à l’époque par Thompson pour financer le projet d'exploration du SS Central America. Le contrat prévoit qu’Odyssey recevra 80 % de l'or récupéré jusqu'à une certaine somme établie à l’avance, puis 45 % pour les trouvailles suivantes.

Vue de la mise à l’eau du robot sous-marin le Zeus depuis le pont du navire Odyssey Explorer

Vue de la mise à l’eau du robot sous-marin le Zeus depuis le pont du navire Odyssey Explorer

Le sous-marin Zeus récupère des pièces d’or dans l’épave

Le sous-marin Zeus récupère des pièces d’or dans l’épave

Forte de cette autorisation d’exploitation en bonne et due forme, la société Odyssey n’a pas tardé à lancer des recherches qui ont commencé dès le mois d’avril 2014 tandis que l’annonce de nouvelles découvertes remarquables a eu lieu dès le 18 juillet 2014. Odyssey affirme dans son communiqué de presse être animée par les meilleures intentions : consciente de la dimension historique de l’épave du SS Central America, elle déclare s’être donnée le devoir de récupérer les objets dans les meilleures conditions archéologiques possibles. Il est aussi question de partager très largement le fruit de ces découvertes avec le public. De fait, les rapports volumineux publiés sur internet à propos de cette dernière campagne de fouilles permettent au public de tout savoir dans les moindres détails.

Des technologies dernier cri pour une campagne de fouilles exemplaire

Cartographie 3D de l’épave du SS Central America

Cartographie 3D de l’épave du SS Central America

Odyssey a mobilisé les dernières technologies disponibles pour cette nouvelle campagne de recherches sur l'épave du SS Central America. Comme à l'époque des recherches de Thompson c'est un sous-marin télécommandé baptisé Zeus qui sert d'outil principal aux archéologues présents à bord du navire "Odyssey Explorer" : le sous-marin est comme les yeux et les mains des scientifiques au fond de l'Océan. Le navire Odyssey Explorer est en outre équipé de sonars de dernière génération et de toutes une série de technologies dernier cri pour filmer, photographier, enregistrer et répertorier le moindre élément découvert. L'équipage et les techniciens de l'Odyssey Explorer ont acquis une expérience certaine dans la récupération d'objets dans les grands fonds marins : ils savent travailler avec méthode, selon des protocoles éprouvés.

Photo d’une roue à aube métallique du SS Central America

Photo d’une roue à aube métallique du SS Central America

A l'aide de ces technologies, les techniciens de l'Odyssey Explorer ont retrouvé sans peine l'épave du SS Central America et ils ont pu constater que le site était resté intact depuis les dernières fouilles de Thompson en 1991. Une spectaculaire cartographie 3D du site a également été dressée et de nombreuses photos en haute définition ont été prises avant que la récupération des vestiges restants puisse commencer.

Parmi les objets remontés se trouvent des lingots d'or, des pépites d'or, une grande variété de pièces d'or de 20 dollars "double Eagle" mais aussi bien sûr des pièces d'or de 10 dollars, 5 dollars, 2,5 dollars et 1 dollar, ainsi que de nombreuses pièces étrangères qui représentent comme une photographie de la circulation monétaire de l'époque.

En plus de ces pièces de monnaie l’expédition a également remonté quelques objets plus personnels comme des lunettes, des bijoux ou des bourses de cuir. Mais les objets les plus émouvants photographiés par l’Odyssey Explorer sont sans doute ces photos daguerréotypes sur lesquelles apparaissent les portraits de quelques-uns des passagers qui on vécu le drame du naufrage de 1857. Les méthodes de conservation de ces photos très fragiles sont en cours d’étude et pour l’instant ces objets rares et exceptionnels restent au fond de l’Océan.

Daguerréotypes incroyablement bien conservés

Daguerréotypes incroyablement bien conservés

Le 15 juillet dernier les recherches ont été interrompues après une campagne de fouilles couronnée de succès. Ces nouvelles découvertes ravivent la mémoire d’une des plus grandes catastrophes maritimes de tous les temps, le naufrage du SS Central America en 1857.

Sources

  • Brève “The Ship of gold”, dans Monnaies et détections n°76, pages 76-77
  • “Naufrage du Central America - 12 septembre 1857” in Jean Baptiste Benoît Eyriès et Ernest Faye, “Histoire des naufrages : délaissements de matelots, hivernages, incendies de navires et autres désastres de mer”, Paris : Morizot, 1859. Internet : http://goo.gl/0PKM4h
  • “The Mechanical Engineer and the Sunken Treasure” dans Michagan Tech, 29 mars 2013. Internet : http://goo.gl/QFmZQa
  • “Sunken Ship Laden With Gold Lures Treasure Hunters – Again”, par Karla Zabludovsky dans Newsweek, 19 mars 2014. Internet : http://goo.gl/dTPHBz
  • “Gold Rush brick sells for $8 million / 80-pound ingot bought”, dans “SFGate”, 9 novembre 2001. Internet : http://goo.gl/e1MSCu
  • “Ship of gold. Journey throught history”. Internet : http://goo.gl/yjWYat
  • www.shipwreck.net : site officiel de la société Odyssey (communiqués de presse et rapports détaillés des fouilles)

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