La crise systémique de la finance mondiale semble évitée
La crise systémique de la finance mondiale semble évitée. Rappelons d'abord que tous les intervenants du système financier mondial (Banques centrales, Banques privées, Bourses des valeurs, Intervenants privés et Etats) sont liés les uns aux autres et en ont conscience (en tout cas les Etats), ce qui n'était pas le cas en 1929. Les Etats ont retenu les leçons de 1929 et ont tout fait pour éviter un assèchement du crédit, qui aurait pu provoquer une réaction en chaîne fatale (faillites de banques, suivies de faillites d'entreprises non financières, les premières entraînant les autres, le tout se terminant par une forte déflation et une sévère crise économique, puis politique).
Les Etats ont repris le contrôle de la situation
Le gouvernement américain a pris la mesure du problème, mais a quand même laissé une grande banque faire faillite : il s'agit de la Banque Lehman Brothers qui a officiellement fait faillite le 15 septembre 2008. A partir de ce moment les marchés boursiers ont commencé à paniquer et il a fallu l'annonce du plan de sauvetage américain de 700 milliards pour éviter l'effondrement complet du système financier. Aujourd'hui la crise systémique semble s'éloigner car les Etats ont décidé de tout faire pour l'éviter. Cela veut dire que le politique reprend le contrôle d'une situation abandonnée à la "main invisible du marché" (le marché étant censé résoudre seul les problèmes dans le système capitaliste libéral).
Aucune Nation n'a intérêt à la faillite complète de l'Amérique
La nature profonde du problème, c'est la dette américaine et les déséquilibres économiques mondiaux générés par une dérégulation irréfléchie.
Les intérrelations entre les acteurs de l'économie mondiales sont telles qu'aujourd'hui aucun Etat n'a intérêt à voir un effondrement rapide du système financier tel qu'il existe actuellement : le prix d'un effondrement de l'Amérique serait extrêmement élevé pour le Japon, pour la Chine et pour l'Europe. On peut donc imaginer que les Nations vont concevoir des solutions à court terme pour éviter la faillite complète de l'Amérique, notamment en soutenant le cours du dollar et en achetant des obligations américaines (et donc en continuant à financer l'Amérique, au moins provisoirement).
Les politiques doivent garder le contrôle
Bien que les risques systémique semblent écartés, le président de la FED, a laissé entendre que des faillites de banques n'étaient pas exclues (ce qui sous-entend que l'Etat américain abandonnerait ces banques). Laisser des banques faire faillite, même si elles n'ont pas la taille de Lehman Brothers, c'est une option particulièrement risquée, et le président de la FED devrait y réfléchir à deux fois : de nouvelle faillites de Banques pourraient tout simplement relancer le risque systémique. Les politiques ont repris le contrôle et dans les circonstances actuelles, ils ne doivent pas laisser faire le marché.
Autres pages sur la crise financière
Nationaliser la dette ne supprime pas la dette (12-10-2008)
Crise financière : que ferait De Gaulle ? (11-10-2008)
|