Monnaies Romaines
Les images de la Liberté sur les monnaies romaines
Les images de la Liberté sont assez nombreuses sur les monnaies romaines. Ces représentations produites entre le II° siècle avant J.-C. et le IV° siècle de notre ère sont assez variées et elles méritent que l'on s'y attarde. Cependant, l'explication de cette iconographie monétaire n'est pas toujours simple, car l'idée de liberté recouvre de multiples sens culturels, sociaux, économiques ou politiques.
A Rome, « Libertas » est la personnification de l'idée de la liberté; il s'agit d'une abstraction pure, d'une allégorie. La Liberté n'est pas une déesse : elle n'entre pas dans la généalogie des dieux, elle n'a pas de mythes. Dans l'antiquité romaine, cette figure féminine de la Liberté n'incarne pas à elle seule toutes les facettes de l'idée de liberté. Celle-ci a un équivalent mâle : Liber ou Liber Pater, que l'on doit évoquer pour comprendre pleinement le sens de la Liberté. A l'origine, Liber fut peut-être une très ancienne divinité rustique latine. Cette figure a été assimilée très tôt, semble-t-il, au Dionysos grec (Bacchus à Rome). Liber signifie « libre » en latin, de même que Dionysos porte habituellement le surnom de Lyaeos, c'est-à-dire le libérateur ou « celui qui délie ». La place de Liber dans la généalogie mythologique n'est pas toujours très claire. Cicéron écrit à ce sujet dans son ouvrage sur la nature des dieux que « la vie en commun des hommes a fait naître une coutume générale, une foi populaire, qui est un témoignage de gratitude, qui porte au ciel les hommes qui se sont signalés par des bienfaits d'ordre supérieur. C'est ainsi que sont devenus des dieux Hercule, Castor et Pollux, Esculape et aussi Liber (je veux parler du Liber qui était le fils de Sémélé, non de celui à qui nos ancêtres ont rendu un culte de la plus haute solennité en même temps qu'à Cérès et à Libera, les mystères font comprendre pourquoi. Quant aux noms que portent ces divinités, comme elles sont issues de Cérès et que nous appelons nos enfants "liberi", elles sont devenues Liber et Libera; le souvenir de cette origine n'est pas perdu pour ce qui concerne Libera, on l'a oubliée pour Liber) [...]. Leurs âmes survivant à leurs corps et possédant la vie éternelle, c'est à juste titre qu'on a fait des dieux de ces hommes d'une haute et impérissable valeur. » (Cic., De Nat. Deor., II, 24). Ce passage, très dense, apporte autant d'explications claires que d'interrogations en ce qui concerne les origines de Liber. Ce genre d'incertitudes est probablement le propre de la mythologie. Il existe donc, selon Cicéron, deux Liber : le fils de Sémélé, et d'après une interprétation étymologique douteuse, Liber, fils de Cérès. On peut noter au passage que Liber a sa « parèdre » (c'est-à-dire une divinité associée mais d'un rang subalterne), que l'on nomme Libera. Disons immédiatement, et pour ne plus y revenir, que Libera et Libertas sont distinctes. |
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Dernière mise à jour : ( 04-07-2009 )
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Nobilitas désigne la Noblesse ou la haute naissance. C'est une des allégories qui ont été représentées sur les monnaies romaines. Nobilitas est représentée sous la forme d'une femme tenant une lance dans une main et le Palladium (statue de Pallas, ou Minerve à laquelle était attachée la destinée de Troie et de Rome) dans l'autre. Ce type de représentation sur les monnaies d'argent de Géta indique par les attributs de la lance et l'image de Minerve les deux signification (la valeur guerrière et la sagesse du conseil), par lesquelles la noblesse devrait s'acquérir. Quelques empereurs ont revendiqué leur Noblesse contre en dépit d'une ascendance et d'action qui étaient loin de l'être.
Commode clamait haut et fort sa Noblesse et sa haute hérédité, bien qu'il se soit lui-même illustré par les vices les plus fameux.
Il arrive parfois que la Noblesse soit représentée par une femme qui tient un globe et lance, plutôt que le Palladium.
La Nobilitas apparaît assez rarement sur les monnaies impériales romaines. On la voit notamment sur des monnaies de Commonde, Géta, Caracalla et Philippe I.
Exemples de monnaie romaine représentant la Nobilitas
Commode Auguste, 177-192 après JC. Aureus frappé vers 186-187après JC, AV 7.17 grammes, 22 mm. A/ M COMM ANT P – FEL AVG BRIT Buste lauré drapé et cuirassé tourné à droite. R/ NOBILIT AVG P M TR P XII IMP VIII COS V P P Nobilitas debout à droite, tenant un sceptre et une statuette de Pallas (Palladium). Référence : C 384 var. BMC 216. Calicò 2291. RIC 155a. (Photo Numismatica Ars Classica) |
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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
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Cet article présente quelques-uns des signes ou symboles que l'on peut voir sur les monnaies romaines. Certains de ces symboles, sous la République Romaine, sont des allusions aux noms des familles. Par exemple, "Flos", un fleur ronde ouverte, est le surmon d'Aquilius Florus. Les Muses, comme dans le cas de la famille Pomponia, sont en relation avec le surnom Musa.
D'autres symboles sont parfois énigmatiques ou fabuleux, comme Pégase, le griffon, les chimères, le centaure, le capricorne, etc. Les symboles sont attribués à des hommes mais aussi bien sûr à des dieux ou allégories. On peut dire que pratiquement tout a été symbolisé sur les monnaies romaines et que chaque symbole peut avoir plusieurs interprétations différentes, selon les objets ou les personnes avec lesquels il est en relation, mais aussi bien sûr selon les périodes.
Quelques exemples de symboles sur les monnaies romaines
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| Le lion, symbole de l'Afrique, représenté sur une monnaie romaine. Photo Numismatica Ars Classica |
Hercule représenté avec un de ses symboles, la massue sur un aureus romain. Photo Numismatica Ars Classica |
Apollon représenté avec son symbole, la lyre sur un aureus d'Auguste. Photo CNG |
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| Représentation de vase et d'un lituus, symboles religieux sur une monnaie romaine. Photo CNG |
Image d'Aplustre, symbole naval sur un aureus romain. Photo Numismatica Ars Classica |
Image de modius et d'épis de blé sur une monnaie romaine. Il s'agit de symboles de fertilité et d'abondance. Photo CNG
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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
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Un cippe (en latin « cippus » est une pierre dressée sur laquelle était placée une inscription destinée à préserver la mémoire d'un événement. Les cippes diffèrent des colonnes car ils sont plus petits et avaient généralement une forme carrée, alors que la colonne était ronde, large et plus élevée.
Les cippes ont été utilisés pour divers usages, à la fois religieux et séculiers. Il marquaient parfois l'emplacement d'une sépulture familiale; ils pouvaient aussi servir de bornes. La forme et les ornements des cippes, en particulier ceux qui ont été représentés sur les monnaies romaines, a fait qu'ils ont souvent été confondus avec des autels. On les voit quelquefois placés seuls sur le champ des monnaies et portant une inscription. Dans d'autres cas, il sont placés près d'une divinité, qui s'appuie souvent sur ce petit monument.

Lors du vote du Sénat de Rome qui décerna la couronne civique à Auguste, couronne destinée à être placée devant le portail du palais d'Auguste en commémoration des services rendus en tant que grand serviteur de l'Etat, l'un des triumvirs monétaires de l'Empereur, L. Mescinius Rufus, lui dédia une monnaie avec la mention SPQR inscrite sur un cippe. De la même manière, on peut sur une autre monnaie d'Auguste, sur un cippe, l'inscription « IMP CAES AVG COMM CONS », c'est-à-dire : « Imperatori Caesari Augusto Communi Consensu ».
Sur un autre cippe, sur lequel se tient le dieu Mars Casqué tenant une lance et le parazonium, se trouve l'inscription S.P.Q.R.V.P. RED : « Senatus Populusque Romanus Votum Pro Reditu Caesaris ». Sur une autre monnaie, on peut lire : « PRO SALute ET REDitu AVGusti. Sur une dernière pièce, on lit ceci : « IMP CAES AVG LVD SAEC », c'est-à-dire : « Imperator Caesar Augustus Ludos Saeculares.
La manière avec laquelle tous ces cippes furent érigés par Mescinius Rufus pour conserver la mémoire des évènements sous Auguste figure donc sur les monnaies de cet Empereur et sur celles de la famille Mescinia.
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Dernière mise à jour : ( 25-04-2009 )
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L'allégorie de l'Abondance (abundancia en latin) fait partie de ces nombreuses déités et personnifications qui ont été représentées sur les monnaies impériales romaines. Cette divinité allégorique n'a jamais eu de temples ni d'autels érigés en son honneur, ce qui n'empêche pas qu'elle est représentée sur de très nombreuses monnaies ou monuments romains. Sur ces représentations, l'Abondance représentée elle-même ou personnifiant la libéralité de l'Empereur ou d'une Impératice, elle a l'aspect d'une femme vêtue de la stola, tenant une corne d'abondance inclinée vers le sol et qui laisse tomber au sol son contenu en donnant l'impression d'une grande profusion. Parfois, ce sont des pièces de monnaie qui s'écoulent de la corne d'abondance, et ce revers a été utilisé par certains empereurs pour montrer leur générosité envers le peuple, notamment en raison des distributions alimentaires (ou même d'argent) qui avaient lieu à Rome.
Quelques représentations monétaires de l'Abondance sur les monnaies romaines

Sur cet as de l'Empereur Trajan (98-117 après JC, 11.74 grammes, frappé vers103-111 après JC – Photo CNG), l'Abondance est représentée debout tournée à gauche; elle tient dans une main un épis de blé au dessus d'un modius lui-même débordant de blé. Dans l'autre main, elle tient la Corne d'Abondance, attribut qui la caractérise le mieux. Cette corne d'abondance regorge de fruits divers. |
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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
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Il existe des séries de monnaies qui ont été volontairement frappées sur une seule face, le revers apparaissant en creux. Parmi ces monnaies, qui ne sont pas issues d'erreurs de frappes, on trouve notemment des pièces frappées en grand nombre dans les villes grecques d'Italie méridionale (notamment à Tarente, Métaponte, Siris, Pyxus, Sybaris, Pandosia, Crotone, Caulonia, Posidonia, Laus et Temesa).
Cependant, il existe une classe de monnaies accidentellement incuses, que l'on rencontre aussi bien dans les séries grecques que romaines, républicaines ou impériales. Ces monnaies sont des erreurs de frappe : le coin de la monnaie accidentellement incuse a été frappé alors qu'une autre pièce était encore sur le coin dormant. Seule une face de la monnaie a donc été imprimée, tandis que le revers apparaît en creux. Pour désigner ces erreurs de frappe, les anglo-saxons emploient le mot "brockage". Ce type d'erreur monétaire n'est pas rare dans le monnayage gréco-romain. Nous en donnons ci-dessous quelques exemples pris parmi les monnaies de la République et de l'Empire Romain.
Exemple de monnaie grecque accidentellement incuse
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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
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Dans l'Antiquité Gréco-Romaine, 12 dieux ont été considérés comme supérieurs aux autres divinités. Chacun de ces dieux a fini par représenter une force naturelle et une idée morale que les artistes ont représentée sur divers supports, dont les monnaies. Ces dieux se sont vu affubler d'attributs spécifiques (comme par exemple la foudre pour Jupiter).
Le tableau ci-dessous présente la liste des Douze dieux principaux de l'Olympe, leurs noms grecs et leur équivalent romain, mais aussi la force naturelle qui leur était attaché et l'idée morale qu'ils incarnaient. Chaque dieu est illustré par le revers d'une monnaie antique.
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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
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Cet article présente le système monétaire impérial Julio-Claudien entre 31 avant JC et 68 après JC.
Les principales dénominations des utilisées dans le monnayage officiel de ateliers impériaux et leurs relations sont résumées dans le tableau suivant :
Toutes ces monnaies n'ont pas été utilisées en permanence, mais les équivalences sont valables quand même. Dans les ateliers officiels d'Orient, des noms de monnaies grecques héritée des systèmes monétaires antérieurs existent, mais on peut leur attribuer des équivalences précises dans le système monétaire impérial. C'est le cas en particulier des cistophores émis dans certains ateliers d'Asie Mineure, et qui sont appelés ainsi car ils sont dérivés de séries monétaires émises sous la République avec le type de la ciste mystique; ces monnaies sont équivalentes à 3 deniers romains. En ce qui concerne les didrachmes d'argent, les drachmes et les hémidrachmes de Césarée en Cappadoce, elles sont équivalentes respectivement à 2 deniers, 1 denier et 1 quinaire d'argent. |
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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
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La Libéralité (« liberalitas » en latin) est une des principales vertus et en même temps une qualité qui figure souvent les monnaies impériales romaines, sous la forme de légendes et des types. Ces monnaies ont souvent été frappées pour attester de la générosité des empereurs envers le peuple, par le biais de distributions de toutes sortes en leur faveur, que ce soit en argent ou en provisions alimentaires. Au cours des périodes les plus anciennes de l'Empire, ces distributions sont appelées « Congiarium » ( = Congiaires, = Munus) car les distributions étaient dites « congios oléo pleno », ce qui signifie que l'on distribuait au peuple des récipients pleins d'huile. Pendant la période de la République, les Ediles se préoccupaient particulièrement de ces distributions qui pouvaient leur donner une grande popularité. Naturellement, les Empereurs ont continué ces pratiques et on trouve occasionnellement sur leurs monnaies le mot CONGIARIVM, mais le terme le plus commun est LIBERALITAS; à ce nom Liberalitas est souvent accolé un numéro qui correspond au nombre des Libéralités accordées par les Empereurs.
C'est à l'occasion de ces munificences impétiales qu'une certaine somme d'argent était donnée à chaque personne, et quand des grains étaient distribués, ou du pain, pour empêcher l'action des démons susceptible de provoquer disettes et les famines, on parlait d'Annona (Annone). Lorsque l'Empereur donnait à la paye ordinaire des soldats quelque chose en plus, on parlait de « Donativum », un terme, cependant, qui n'apparaît pas sur les monnaies, mais qui est compris sous celui de Liberalitas ou de Congiarium. Après le règne de Marc Aurèle, on ne rencontre plus la légende CONGIARIVM, et l'expression LIBERALITAS est la seule a être employée. |
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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
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