Accueil arrow Monnaies romaines arrow Les images de la Piété (Pietas) sur les monnaies romaines
21-09-2018
Abonnement par email

Entrez votre adresse email pour recevoir les derniers articles

Menu principal
Accueil
Monnaies françaises
Monnaies du monde
Pièces or
Pièces argent
Euro
Trésors
ARTICLES MONNAIES
Actualités numismatiques
Monnaies en vente
Collectionner les monnaies
Dictionnaire des monnaies
Monnaies grecques
Monnaies gauloises
Monnaies romaines
Monnaies du Moyen Age
Monnaie inflation crise
Liens articles monnaies
Monnaies grecques
Monnaies gauloises
Monnaies romaines
Monnaies médiévales
Monnaies françaises
Monnaies du monde
Trésors
Collectionner les monnaies
Dictionnaire numismatique
Catalogues de monnaies
Ouvrages historiques
Littérature latine
Mythologie
Plan du site
Sites Internet
Annuaire numismatique
Les images de la Piété (Pietas) sur les monnaies romaines

La personnification de la Piété (Pietas en latin) apparaît sur de très nombreuses monnaies des familles de l'époque républicaine, mais aussi sur les monnaies impériales. Les séries de représentations de la Piété se poursuivent de manière pratiquement ininterrompue jusqu'à Constantin Le Grand. Ces images sont si nombreuses que nous n'en présenterons ici qu'une petite partie.
La Piété est une vertu qui fut élevée par les romains au rang d'une divinité; elle avait un temple érigé en son honneur dans les 8ème et 9ème régions de Rome.

Les Romains n'exprimaient pas seulement par ce mot le culte et la révérence due à tous les dieux, mais aussi un sens plus étendu signifiant amour et charité envers les parents, les enfants les amis, les voisins, envers leur pays, le prince et les soldats.
La tête de la Piété était couverte d'un voile ou d'un filet; on la voit aussi représentée avec un diadème et avec le titre PIETAS, sur un denier de la famille Herennia, mais aussi sur certaines monnaies de l'Empereur Tibère. Certains considèrent ce portrait comme celui d'une femme de la dynastie impériale.

pietas sur une monnaie de la République romaine
M. Herennius. Denier, vers 108 ou 107 avant JC, AR 3.94 grammes, 19 mm. PIETAS Tête diadémée de la Piétas tournée à droite. R/ M·HERENNI Un des frères de Catane courant à droite avec son père sur les épaules. F. Cr. 308/1b. Syd. 567. B. Herennia 1. FFC 746. Photo Numismatica Ars Classica
Cependant à cette période la déification des femmes ainsi que le fait placer leur portrait sur les monnaies fait débat. On suppose habituellement que l'image représentée au revers est le portrait de Livia Drusilla, la mère de Tibère.

 

La Piété sur une monnaie de Tibère
Tibère, 14-37 après JC. Dupondius (14.06 grammes). Emission de Rome, frappé en 22-23 après JC. Références : RIC I 43 (Tiberius); BMCRE 98 (Tiberius); Cohen 1. Photo Numismatica Ars Classica

La plupart du temps, la Piété est représentée sous la forme d'une femme dévote, dont la tête est voilée et qui se trouve à côté d'un autel allumé, devant lequel, comme sur des monnaies d'Hadrien et d'Antonin, elle se tient parfois avec les deux mains levées, ce qui est l'attitude caractéristique de la prière (comme dans le cas de monnaies d'Antonin le Pieux et de Lucius Verus). Sur d'autres monnaies on peut la voir avec une patère dans la main droite et « l'acerra » ou encensoir dans la main gauche, ou encore avec la main droite étendue en train de jeter des grains d'encens dans le feu de l'autel, comme on peut le voir sur les monnaies d'argent de L. Aelius et de Faustine, qui présentent toutes la légende PIETAS; par cette représentation son clairement représentés les sentiments pieux et le culte religieux, qui figure en même temps sur la légende et sur le type.

La Piété sur une monnaie de Julia Maesa

Julia Maesa. Augusta, 218-224/5 après JC. Æ Sesterce (18.71 grammes). Emission de Rome sous Elagabale, 218-220 après JC. Buste drapé tourné à droite R/ Pietas debout à gauche, tenant une boite d'encens et sacrifiant sur un autel. Référence : RIC IV 414; Thirion 408; Banti 6. Photo CNG

A ces exemples on doit ajouter les nombreuses monnaies qui portent les inscriptions « PIETAS AVGVSTI » ou « AVGustorum » et qui, selon le même processus de révérence aux dieux, montrent sur leurs revers les façades de splendides temples, comme dans le cas de monnaies d'Antonin le Pieux et de Faustine Senior. D'autres pièces représentent les sacrifices et les instruments sacrificiels (le lituus, l'urceolus, l'aspergillum, le simpulum, et sur les monnaies les plus larges, le secespita (ou axe), comme sur les monnaies de Commode, Maximin César, Gordien le Pieux, etc.

La Piété sur une monnaie de Gordien III

Gordien III en tant que César, 238 après JC. Æ Sesterce (23.39 grammes). A/ M ANT GORDIANVS CAES, tête nue tournée à droite R/ PIETAS AVGG, S C en exergue, instruments sacrificiels. RIC IV 3; Banti 59; BMCRE 64 (Balbinus and Pupienus); Cohen 183. Photo CNG

Quand les Romains ont voulu représenter la Piété pour exprimer l'amour et l'affection des parents envers leurs enfants, ou des enfants envers leurs parents, et d'une manière comparable celle des Empereurs et Impératrices envers leurs sujets, Pietas est symbolisée sous la forme d'une cigogne. On en trouve un exemple sur un denier de Q. Metellus Pius.

Le même attribut d'amour filial est représenté sous la figure d'Enée, par l'acte de transporter dans ses cheveux son vieux père Anchise, après avoir et capturé et expulsé de la cité de Troie, ce que l'on peut voir pas seulement sur les deniers de la famille Herennia, mais aussi sur les monnaies de Pompée et celles des monnayeurs de Jules César.

L'histoire des frères pieux (« Pii Fratres ») de Catane, en Sicile, qui, pendant une éruption destructive de l'Etna, furent heureux de perdre tout ce qu'ils possédaient pour sauver leur père et leur mère, est aussi un des sujets représentés sur les monnaies de la famille Herennia, ainsi que sur un denier de Sextus Pompée.

Une autre monnaie de la famille Pompeia, qui porte la légende Pietas, montre une femme portant la stola, tenant une haste transversalement dans sa main gauche et une branche de laurier dans la main droite. Et comme la coutume d'inclure le mot « Pius » ( = Pieux) et « Pietas » était utilisé pour désigner l'affection filiale ou familiale la Piété est souvent représentée sous le symbole d'une mère tenant ses enfants dans ses bras, ou étendant ses mains vers eux, ou encore, sur une monnaie d'or d'Antonin le Pieux, par une femme debout avec trois enfants, un dans ses bras, les deux autres à ses côtés.
Il ne faut pas omettre de mentionner une monnaie de bronze frappée en l'honneur de Théodora, la seconde femme de Constance Chlore, qui représente une femme debout, avec un enfant (et dans des cas plus rares deux enfants) dans ses bras, avec l'inscription PIETAS ROMANA.

Sur les monnaies des séries impériales, on voit aussi la soumission et la vénération du Sénat envers le Prince, de même que s'il s'agissait d'un parent proche, ou comme une déité tutélaire. Ce fait est finement illustré sur une monnaie de Galba sur laquelle l'Empereur se tient debout dans une tenue militaire, couronné par un sénateur, accompagné par la légende significative : SENATVS PIETATI AVGVSTI.

Un genre d'honneur similaire fut par la suite exigé du corps sénatorial pendant le règne de terreur établi sous Commode qui, sur des monnaies d'or et des sesterces, les complimentait pour leur affection pour lui – PIETATI SENATVS, au moment même où il ordonnait des assassinats quotidiens de sénateurs.
La concorde existant entre les deux Augustes Balbin et Pupien est symbolisée par leur emblème favori constitué de deux mains jointes, et entouré de la légende PIETAS MVTVA AVGG.
Il existe quelques représentation très particulières de la Pietas, comme dans le cas de monnaies de Trajan Dèce sur lesquelles on voit Mercure qui tient son sac dans la main droite, et son caducée dans la main gauche, avec la même inscription que ci-dessus.
La même légende et le même type se retrouvent sur des monnaies d'Herennius et d'Hostilianus, fils et successeur de l'Empereur cité ci-dessus.

Il existe une monnaie comparable de Marc Aurèle sur laquelle Mercure apparaît tenant dans sa main droite un sac ou une patère, mais la légende sur ce type n'est pas Pietas, mais RELIGio AVGusti, ce qui signifie peut être que l'Empereur souhaitait dire au peuple Romain qu'en vénérant correctement les dieux, la paix et la prospérité seraient préservées.
Avec la référence à la PIETAS AVGVSTA ou piété impériale, on peut évoquer des monnaies de la famille Matidia sur lesquelles « la Piété Auguste » apparaît comme une femme debout entre deux enfants. De même que, sur une rare monnaie de Faustine, la femme d'Antonin le Pieux, sur le revers de laquelle on voit cette princesse assise sur un estrade et recevant de matrones romaines leurs filles dans le but qu'elles soient éduquées, ce qui est illustré par la légende PVELLAE FAVSTINIANAE.
Sur une monnaie appartenant à la famille Antonia, la Piété est représentée debout avec un autel allumé dans sa main droite, et avec une corne d'abondance dans sa main gauche. Sur une monnaie de Trajan, elle apparaît avec un caducée dans une main et une corne d'abondance dans l'autre; et sur des monnaies de Constantin le Grand, la Piété est représentée sous l'image d'un soldat, qui tient dans sa main droite un globe avec le monogramme habituel du Christ, et dans la main gauche une haste, avec la légende PIETAS AETERNA.

Enfin, mentionnons une monnaie de Caligula qui est très belle mais pas très rare et qui a d'un côté la Déesse de la Piété assise avec une patère dans la main droite; sur le revers de cette monnaie se trouvent trois figures en train de sacrifier un boeuf devant un temple à six colonnes richement orné; cette monnaie représente les honneurs divins rendus à Auguste et indiquent la pieuse affection professée par Caligula à la mémoire de son ancêtre déifié. En bas de l'avers se trouve la légende PIETAS, et autour de la figure centrale se trouve la légende suivante : C CAESAR DIVI AVGVSti PRONepo AVGVstus Pontifex Maximus, Tribunitia Potestate IIII. Pater Patriae. L'inscription du revers explique à qui le sacrifice était destiné, c'est à dire DIVO AVG SC, c'est à dire au divin Auguste, par un décret du Sénat.

La Piété sur une monnaie de Caligula

 

Caligula, 37-41 après JC, sesterce 39-40 après JC, æ 29.40 grammes, diamètre = 39 mm. C CAESAR DIVI AVG PRON AVG P M TR P III P P Pietas, voilée et drapée assise à gauche, tenant une patère et posant son bras gauche sur une statue de Spes. En exergue : PIETAS. R/ DIVO – AVG / S – C Gaius Caligula, voilé et en toge, présente une patère devant un autel situé devant le temple hexastyle du Divin César. Référence : RIC 44. BMC p. 156. Photo Numismatica Ars Classica
Dernière mise à jour : ( 18-08-2008 )
 
< Précédent   Suivant >
Contact : sacramon@yahoo.fr | Sacra-Moneta.com 2006-2017 monnnaies numismatique or et pieces de collection |