Sous la République, les couronnes furent de toutes les récompenses, les plus usuelles mais aussi les plus prestigieuses. Elles étaient accordées pour des actions qui demandaient du courage et de la vaillance et qui présentaient aussi une haute valeur morale, soit par leurs exemples, soit par leurs conséquences. De plus, celui qui était gratifié d'une couronne recevait le droit de la porter perpétuellement en public. On comptait plusieurs sortes de couronnes, dont beaucoup se retrouvaient sur les monnaies : La couronne Murale, la couronne Vallaire, la couronne Navale (ou Rostrale), la couronne civique, la couronne obsidionale, la couronne Triomphale et la couronne radiée.
La couronne murale récompensait celui qui franchissait le premier les murailles d'une ville ennemie. Comparable mais d'une valeur moindre, la couronne vallaire était donnée à celui qui escaladait en tête la palissade (vallum) d'un camp retranché adverse.
La tribune aux harangues sur le forum de Rome était entourée de colonnes ornées des éperons pris sur les navires des Volques à la bataille d'Antium en 338 avant notre ère. Auguste décerna à son fidèle lieutenant Agrippa cette récompense pour avoir vaincu la flotte de Marc Antoine et de Cléopatre à Actium en 31 avant notre ère. Ces trois couronnes étaient d'or.
La couronne civique était décernée à celui qui sauvait la vie d'un citoyen romain et tuait son agresseur. Mais comme on ne pouvait accorder de prix à la vie d'un Romain, cette couronne n'était composée que de deux simples rameaux de chêne. Toutefois, celui qui la portait bénéficiait de l'estime et du respect général de ses concitoyens ainsi que d'une exemption perpétuelle de toutes les charges publiques.
La couronne Obsidionale ou Graminale, qui distinguait celui qui avait sauvé une armée romaine placée dans une position désespérée, soit assiégée soit encerclée, revêtait un caractère encore plus prestigieux que les précédentes. Elle était composée de simples tiges d'herbe, ramassées sur les lieux même de la bataille.
Le Sénat voyant en Auguste "le sauveur perpétuel de l'Empire", lui décerna cette couronne en 30 avant JC.
Denier d'Hadrien. L'empereur arbore la couronne de lauriers du triomphateur
La couronne triomphale, faite de deux rameaux de lauriers, était le symbole de la victoire. Sous la République, elle était la récompense accordée publiquement aux généraux vainqueurs. Elle était portée pendant le triomphe, au cours duquel un nombreux cortège composé de chars, de prisionniers réduits en esclavage, de butin et de trophées de guerre, montait par la Voie Sacrée jusqu'au temple de Jupiter sur le Capitole, où la couronne était consacrée à ce dieu. Symbole indissociable du titre d'Imperator, la couronne de laurier devint sous l'Empire un attribut du prince, marquant son pouvoir suprême sur les armées.
Antoninien de Caracalla sur lequel l'empereur porte une couronne radiée
La couronne radiée, qui symbolise les rayons du soleil, n'avait été décernée par le Sénat à Auguste qu'après sa mort, en signe d'apothéose. Néron fut le premier qui la porta de son vivant. Elle servit un temps à différencier le dupondius de l'as et du sesterce, dans le monnayage de bronze. A partir de Caracalla, elle devint la caractéristique principale de la nouvelle pièce créee par cet empereur : l'Antoninien. Sur ce type de monnaie, l'effigie des impératrices repose sur un croissant lunaire. Le couple impérial est ainsi assimilé au Soleil et à la Lune. On pense que ces deux attributs étaient la marque d'un doublement de la valeur comme tendraient à la prouver la couronne radiée portée par Trajan Dèce et le croissant lunaire sous le buste de son épouse Estrucille, que l'on retrouve sur les double sesterces frappés par cet empereur à partir de 250 après JC.