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11-12-2018
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La Sella Curulis : le siège des Empereurs et des magistrats romains
Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie romaineLa "Sella Curulis", c'est le siège des magistrats et des Empereurs romains. Le mot "Sella" est une contraction de "sedula", tirée de sedeo. Comme "sedile", "sella", désigne, en général, un siège. La sella, par opposition au trône, n'a pas de dossier ni de bras. C'était la forme de siège la plus commune, employée, dans toutes les classes, par hommes et femmes. Nue ou ornementée, mais jamais tapissée, on la couvrait d'un coussin (le "pulvinus") avant d'y prendre place. Le mot "sella" s'appliquait à des sièges utilisés dans toutes les classes de la société romaine. Il sera ici question des Sella Curulis, c'est-à-dire des sièges officiels utilisés par les magistrats romains et par les Empereurs. L'étymologie la plus vraisemblable du mot "Sella Curulis" est liée à la disposition des villes anciennes qui ne permettait pas à tous de circuler librement en voiture dans les rues; les magistrats en avaient le droit dans certaines cérémonies; à l'origine ils jouissaient probablement sans restriction de cette prérogative. Entre toutes les attributions du pouvoir, la plus essentielle était la fonction de justice. Or elle restait attachée à la personne, non à un lieu déterminé; d'autre part, le magistrat agissant comme juge se plaçait toujours dans un endroit élevé sur une estrade (suggestus, tribunal) et il officiait assis. Sur l'estrade on posait la sella; tribunal et sella, d'après les textes, paraissent aller nécessairement ensemble. Le magistrat a le droit de procéder assis à toutes les affaires qui le concernent, telles que l'administration de la justice, la levée des troupes, la prise des auspices; peut-être même était-ce une obligation, à peine de nullité. Le caractère symbolique de la sella du magistrat tient à celui de la position assise : on est en devoir de la quitter et de se lever en présence d'un homme plus âgé ou honoré. Le public agissait ainsi quand le magistrat faisait son entrée dans l'amphithéàtre, pendant les jeux.

A César dictateur fut conféré en 708 le droit de s'asseoir sur la sella curulis dans la curie, à côté des consuls; en 710 celui de s'en servir en tous lieux. On l'accusa d'ailleurs de prétendre au pouvoir royal, quand il refusa de selever devant le Sénat. Les empereurs témoignaient de leur autorité en s'asseyant entre les consuls. Ainsi le magistrat avait toute liberté pour le choix du lieu où il rendrait la justice, et son siège lui était nécessaire, d'où la forme de la sella, siège pliant, facile à emporter et pouvant suivre le dignitaire, comme la hache et les verges; et il n'est pas besoin de faire fond sur la tradition d'après laquelle ces "altae curules" auraient été introduites, pour la première fois, à Vétulonie par Tarquin l'Ancien, qui les emprunta aux Étrusques. Les rois ont dû se servir du Solium à dossier; on retira le trône et le char aux magistrats de la République, héritiers de leurs attributions; mais le nom de curulis resta au siège du magistrat le plus élevé, en tant que juge; puis, même après avoir perdu toute juridiction sur la capitale, les consuls gardèrent et le tribunal et la sella ; tous deux se rencontrent plus tard, à titre isolé de simple distinction, en dehors de toute idée de juridiction.

Exemple de siège curule (sella curulis) retrouvée à PompéiLa sella curulis était toujours carrée, probablement en ivoire et d'habitude soutenue par des pieds recourbés de hauteur sans doute variable. La forme en a pu être plus simple quand ce siège servait hors de Rome et dans les camps. Les monuments nous montrent, en effet, deux types : tantôt chaque paire de pieds est en deux branches incurvées enmme des tenailles, suivant le modèle gravé au revers de nombreuses monnaies, notamment d'une monnaie de Cyrène (Premier siècle av.-J.-C.), au nom de L. Lollius; on a retrouvé un spécimen de cette variété (gravure 1) dans les fouilles de Pompéi; tantôt le pliant est constitué de deux séries de bâtons parallèles et tout droits, reliées l'une à l'autre, de façon à basculer librement, au milieu de la longueur des bâtons, à la façon des ciseaux. Tel est le type d'une autre monnaie de la même province, un peu plus tardive d'après le style; il est exactementreproduit sur une pierre tombale du musée d'Avignon qui laisse voir le coussin supérieur maintenu par des courroies; le fond était d'ordinaire tressé, donc à jour. C'est à cette variété de sella curulis qu'il convient, selon toute vraisemblance, de rattacher la sella castrensis qui était placée pour le général en chef sur le tribunal, d'où il prononçait ordinairement toutes ses harangues. La possession de ce siège entraînait les qualificatifs de "magistrales curulis", "honor curulis"; elle allait de pair avec celle des faisceaux et se trouvait dévolue à tous ceux qu'accompagnaient des licteurs : le roi (indépendamment du solium), l'interroi, tous les magistrats pourvus de l'imperium consulaire ou prétorien, consuls, préteurs, décemvirs et tribuns de cette espèce, proconsuls, propréteurs, dictateur : l'elogium de M. Valerius mentionne qu'il eut dans le cirque une chaise curule d'honneur; de son vivant Jules César reçut une sella aurea et une couronne; elles sont gravées sur une monnaie à la légende : Caesar dic. per. Ajoutons encore le magister equitum, enfin les édiles curules. Pour le praefectus Urbi, qui n'est qu'un représentant, nous n'avons pas de renseignement positif : il semble pourtant qu'on puisse, dans l'affirmative, se prévaloir d'une monnaie. Dépourvu de licteurs et de pouvoirs judiciaires, le censeur avait toutefois, au moins à partir d'une certaine époque, le siège curule; mais il faut exclure de la série tons les magistrats inférieurs. On y ajoutera, en revanche, les magistrats municipaux, parce qu'ils ont les faisceaux : tel le quatuorvir d'Avignon et un duumvir jure dicundo de Nuceria. Parmi les prêtres, seul le flamen Dialis a la sella curulis, parce qu'il est investi de tous les honneurs de la plus haute magistrature. Les présidents de jeux, en principe, ne jouissaient pas de cette prérogative; c'est à un autre titre qu'on la conféra, pour les jeux de 714, au triumvir Antoine et à son collègue Octave. Il y a là peut-être un de ces exemples de faveurs exceptionnelles, qui font qu'on voit, en 378 apr. J.-C., Ptolémée, roi de Maurétanie, assis sur une sella curulis, comme la République en avait accordé une à Eumène de Pergame.

De par les nombreuses magistratures accumulées sur leur tête, les empereurs ont dû avoir de tout temps le droit de paraître en tous lieux assis sur un siège; mais bientôt ils n'usent plus de faisceaux et négligent de venir au Sénat. Ils prenaient place aussi, dans les solennités, sur le siège spécial appelé sella aurea, qui ne différait pas par sa construction de la sella curulis. A défaut de la curulis, d'autres magistrats avaient du moins une sella. Le questeur, en particulier, remplissait à l'aerarium des fonctions pour lesquelles il devait être assis; mais elles étaient attachées au temple de Saturne; il n'avait donc pas besoin de siège portatif; aussi sa sella, également sans dossier, reposait sur quatre pieds droits non échancrés et ne se repliant pas. Tous Ies questeurs, urbains et provinciaux, étaient à ce point de vue sur le mème rang, et aussi les proquesteurs; de même tous les présidents de tribunaux, civils et criminels, n'ayant pas droit à la curulis. Enfin les magistrats plébéiens ont le subsellium, siège plus bas, servant à plusieurs à la fois. L'ornementation des sellae est allée se développant, s'exagérant; on en a l'indication par les diptyques du Bas-Empire dont il a été donné ailleurs des exemples. Les griffes et têtes de lions ont été introduites dans ce mobilier sous l'influence d'idées chrétiennes.


Les représentations de Sella Curulis sur les monnaies romaines

Outre les exemples cités ci-dessus on peut voir des représentation de la sella curilis sur des monnaies des familles Cornelia, Norbana, Lollia, Furia, Livineia, etc.
En ce qui concerne la "sella aurea" des empereurs, elle apparaît très souvent sur les monnaies impériales. Il arrive parfois que l'on voit deux chaises curules sur le revers d'une monnaie; c'est le cas d'une monnaie qui évoque Titus et Vespasien après leur disparition; il s'agissait d'évoquer la mémoire des absents. D'ailleurs, cette coutume était aussi en usage pendant les funérailles, au cours desquelles on plaçait une effigie du prince sur une chaise curule. On plaçait aussi des sièges curules vides dans les théâtres, toujours pour évoquer certains personnages disparus (ce fut le cas pour Faustine, l'épouse d'Antonin le Pieux).
On voit sur une monnaie dédiée à Vespasien divinisé un foudre posé sur une chaise curule : là encore il s'agit d'une évocation de la mémoire de l'Empereur mort.
Il faudrait ajouter que le siège curule est souvent attribué sur les monnaies aux diverses divinités.
De façon générale, on peut dire les sièges curules sont représentés sur les monnaies romaines dans trois circonstances :
-l'évocation des personnes vivantes qui ont bénéficié de ce privilège
-l'évocation des dieux et allégories bénéficiant d'office dans l'iconographie d'un privilège très codifé pour les humains ordinaires
-l'évocation de personnages absents ou des empereurs morts.

 

Quelques exemples de sièges curules sur les monnaies de la République et de l'Empire Romain

 

Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie de la République Romaine

République Romaine. Q. Pompeius Rufus et Sulla Consuls. Denier frappé en 54 avant JC, AR 3.87 grammes. Diamètre : 20 mm. A/ Q·POMPEI·Q·F / RVRVS Siège curule (sella curulis); R/ SVLLA·COS Siège curule. Dessous : Q·POMPEI·RVF sur une tablette. Références : Sydenham 909a. Crawford 434/2. Photo Numismatica Ars Classica

Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie de la République Romaine
République Romaine. Q. Cassius Longinus. 55 BC. AR Denier (3.87 grammes). Emission de l'atelier de Rome. A/ Tête diadémée et voilée de Vesta tournée à droite R/ Temple circulaire de Vesta, surmonté par une figure tenant une patère et un sceptre. Une chaise curule à l'intérieur. Références : Crawford 428/1; Sydenham 917; Cassia 9. Photo CNG

Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie de la République Romaine
République Romaine. L. Cestius et C. Norbanus. Aureus frappé en 43 avant JC, AV 7.96 grammes Diamètre : 21 mm. A/ Buste de l'Afrique tourné à droite portant une dépouille d'éléphant. R/ L·CESTIVS / PR – EX·S·C Siège curule (sella curulis) avec des pieds décorés avec des aigles. Au sommet, deux serpents se faisant face. En exergue, C·NORBA. Références : Bahrfeldt 25. Babelon Cestia 2 and Norbana 4. Sydenham 1154. Sear Imperators 195a. Calicó 4. Crawford 491/1b. Photo Numismatica Ars Classica

Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie romaine d'Auguste
Divus Augustus. Mort en 14 après JC. Æ Dupondius (12.64 grammes). Emission de l'atelier de Rome. Frappé sous Gaius (Caligula), en 37-41 après JC. A/ Tête radiée tournée à gauche. R/ Auguste (?) assis à gauche sur une chaise curule, tenant une branche. Références : RIC I 56 (Gaius). Photo CNG

Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie romaine de Caligula
Gaius (Caligula). 37-41 après JC. Æ Sesterce (27.99 grammes). Emission de l'atelier de Rome. Frappé en 37-38 après JC. A/ C•CAESAR•AVG•GERMANICVS•PON•M•TR•POT, Tête laurée tournée à gauche R/ ADLOCVT au dessus, COH en exergue, Gaius, tête nue et en toge, debout sur un tribunal; derrière lui une sella castrensis; face à lui, cinq soldats. Références : RIC I 32; BMCRE 33-35; BN 45-46; Cohen 1. Photo CNG

Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie romaine de Claude
Claude. Aureus 41-42 après JC, AV 7.78 grammes. Diamètre : 20 mm. A/ TI CLAVD CAESAR AVG GERM P M TR P Tête laurée tournée à droite R/ CONSTANTIAE AVGVSTI Cérès assise à gauche sur une chaise curule. Références : RIC 13. BMC 11. C 5. CBN 28. Calicó 338 (cette monnaie). Photo Numismatica Ars Classica

Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie romaine de Titus
Titus auguste, 79-81 après JC. Denier 80, AR 3.37 grammes. Diamètre : 19 mm. A/ IMP TITVS CAES VESPASIAN AVG P M Tête laurée tournée à droite R/ TR P IX IMP XV COS VIII P P Couronne sur deux chaises curules. Références : RIC 25a. BMC 66. C 318. CBN 53. Photo Numismatica Ars Classica

Exemple de siège curule (sella curulis) sur une monnaie romaine d'Elagabal
Elagabale 218-222 après JC. Aureus frappé en 220 après JC, AV 6.32 grammes. Diamètre : 22 mm. A/ IMP ANTONINVS PIVS AVG Buste lauré drapé et cuirassé tourné à droite. R/ P M TR P III COS III P P L'Empereur, lauré, assis à gauche sur une chaise curule, tenant un globe et un sceptre. Références : RIC 33. BMC 181. C 166. Calicó 3007. Photo Numismatica Ars Classica

Dernière mise à jour : ( 18-08-2008 )
 
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