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Histoire des monnaies de la République romaine

Les monnaies sont apparues tardivement dans l'histoire de la République Romaine en comparaison avec le reste de la Méditerranée, en particulier en comparaison avec la Grèce et l'Asie Mineure où les monnaies ont été inventées au 7ème siècle avant JC. La monnaie de l'Italie centrale a été influencée par ses ressources naturelles, avec un bronze abondant (les Etrusques étaient célèbres pour leurs productions de bronze et de fer) et de l'argent rare. Le monnayage de la République Romaine a commencé avec quelques monnaies d'argent apparemment créées pour faire du commerce avec les colonies grecques de l'Italie du sud, et de grosses monnaies de bronze coulées destinées à une utilisation dans l'Italie centrale.

Au cours de la seconde guerre Punique, un système flexible de monnaies de bronze, d'argent et occasionnellement d'or fut créé. Ce système était dominé par le denier d'argent, une dénomination qui est restée en circulation pendant 450 ans. Les monnaies de la république (en particulier les deniers) ont un intérêt particulier car elles étaient fabriquées par des « magistrats monétaires », qui étaient de jeunes officiers qui choisissaient les types et les légendes des monnaies. La conséquence, c'est que la production de monnaies de la République Romaine ont été utilisées par les familles patriciennes de Rome pour envoyer des messages politiques en se servant des monnaies comme support; une grande partie de ces messages peuvent être compris aujourd'hui encore, et c'est un des intrérêts les plus évidents des monnaies romaines de la République.

Avant les monnaies

Avant l'introduction du monnayage en Italie, les deux importantes formes de valeur dans l'économie étaient le bétail (« pecus »), d'où les latins ont dérivé le mot monnaie (« pecunia »), et de grosses pièces de bronze coulées connues sous le nom « d'aes rude », qui devaient être pesées pour chaque transaction. On ignore quand exactement la monnaie est devenue d'un usage courant, mais la tradition romaines rapporte que l'armée fut payée lors du siège de Veii en 406 avant JC et il semble que l'Aes rude était la monnaie d'usage bien avant cette date. Vers la fin du Ivème siècle avant JC, le bronze commence à être coulé dans des barres qui sont connues aujourd'hui, sans qu'aucun témoigagne historique formel n'atteste ce nom, comme des « aes signatum » (bronzes signés). Ces barres de métal sont de fabrication très variable, de poids différent, mais correspondent environ à 5 livres romaines et possédaient généralement une représentation sur l'une et plus tard sur les deux faces. La fonction de l'aes signatum a donné lieu à de nombreuses interprétations; bien qu'il s'agisse d'une forme de monnaie, on ne peut pas dire qu'ils s'agisse de véritables monnaies car ces lingots ne correspondent à aucun standard de poids. Rome a produit ses propres aes signatum vers 300 avant JC. Ces lingots sont distingués par l'inscription « ROMANOM » ( = « des Romains ») et la production a continué jusqu'à la fin de la première guerre punique, en 240 avant JC.

Les monnaies romaines de bronze coulées

Exemple de monnaie de bronze coulée de la République romaine

Exemple de monnaie de bronze coulé de la République Romaine : Aes Grave (bronze, (259.53 g). Emission anonyme. Vers 240-225 av. JC. Crawford 35/1 A/ Tête barbue de Janus R: Proue d'une galère à droite.

Selon Pomponius, un législateur qui vécut pendant le IIème siècle avant JC, la fonction des « tresviri monetalis » fut mise en plae en 289 avant JC. Ceux-ci signaient les monnaies avec les lettres « III. VIR. AAAFF », ce qui signifie « triumviri aere argento auro flando feriundo », dont voici la traduction : « les trois responsables des émissions de bronze, d'argent et d'or ». Selon Suidas, la frappe était localisée dans le temple de Junon Moneta, sur la colline du Capitole. A cette époque, la monnaie était d'usage courant à Rome : elle avait été introduite en Italie dans les colonies grecques de Métaponte, Crotone et Sybaris avant 500 avant JC et à Néapolis vers 450 avant JC. Rome avait conquis de larges territoires de l'Italie centrale, ce qui mettait à sa disposition de grandes quantités de bronze mais peu d'argent.

Un système de monnaie de bronze coulées fut mis en place. Ces émissions sont connues sous le nom « d'aes grave » par les numismates. Stylistiquement les monnaies étaint nettement romaines, et, en raison à la fois de leur taille et du fait qu'elles étaient coulées plutôt que frappées, ces pièces ne soutiennent pas la comparaison avec les monnaies grecques contemporaines, qui étaient arrivées à un très haut niveau de qualité technique et esthétique. La monnaie de base était l'as. Le mot « as » se référait à une monnaie mais aussi à une unité de poids – en fait, « as » pourrait tout aussi bien désigner une unité de distance, une aire, et parfois seulement le nombre 1.

Le monnayage de bronze fut aux origines une monnaie fiduciaire plus qu'une monnaie basée sur sa valeur intrinsèque en métal. Il était basé sur la livre : l'as pesait une livre Romaine, et avait des fractions en onces (« unciae »), une libre comprenant 12 onces. L'once fut aussi en même temps un poids et une monnaie. Ceci changea quand le poids de l'aes grave fut réduit à environ 10 onces vers 270 après JC. Il s'agit du « standard de la livre allégé », qui est resté ainsi jusqu'à 225 avant JC, quand, soudainement il fut réduit à 5 onces, devenant le « standard de la demi-livre ». A partir de 218 avant JC, c'est-à-dire le début de la deuxième guerre Punique, il finit par être réduit à 1,5 et 1 once (vers 211 avant JC).

En plus de l'as et de ses fractions, des multiples de l'as furent aussi produits. Les fraction de l'as étaient beaucoup plus communes que les as eux-mêmes. A l'époque du standard de la demi-livre, les plus petites dénominations, telles que l'once (uncia) et la semuncia furent davantage frappées que coulées. Une variété de monnaies moins communes furent aussi émises à cette époque. Ces monnaies, identifiées par Crawford (1974) sont listées ci-dessous :

Le nom des monnaies de Bronze d'après Crawford (1974)

Monnaie

Photo de la monnaie

Marque

Exemple le plus précoce

Date

Valeur (en Asses)

Valeur (en Unciae)

Decussis

X

Cr41/1

215-212 avant JC

10

120

Quincussis

V

Cr41/2

215-212 avant JC

5

60

Tressis

III

Cr41/3

215-212 avant JC

3

36

Dupondius

II

Cr41/4

215-212 avant JC

2

24

As

I

C14/1

280-276 avant JC

1

12

Dextans

S****

Cr97/23

211-208 avant JC

5/6

10

Dodrans

S***

Cr266/2

126 avant JC

3/4

9

Bes

S**

Cr266/3

126 avant JC

2/3

8

Semis

S

Cr14/2

280-276 avant JC

1/2

6

Quincunx

*****

Cr97/11

211-208 avant JC

5/12

5

Triens

****

Cr14/3

280-276 avant JC

1/3

4

Quadrans

***

Cr14/4

280-276 avant JC

1/4

3

Sextans

**

Cr14/5

280-276 avant JC

1/6

2

Uncia

*

Cr14/6

280-276 avant JC

1/12

1

Semuncia

?

Cr14/7

280-276 avant JC

1/24

1/2

Quartuncia

Cr38/8

217-215 avant JC

1/48

1/4

L'introduction des monnaies d'argent de style Grec

Des monnaies de bronze de style Grec ont été produites en petites quantités avec l'inscription ΡΩΜΑΙΩΝ vers 300 avant JC, mais seuls de très rares exemplaires de ces monnaies existent aujourd'hui. On pense qu'elles ont été produites sous la domination de Rome par Néapolis, et qu'elles étaient basées sur le même style et sur le même poids que les monnaies propres de la cité de Néapolis; ces monnaies ont peut-être été utilisées pour faciliter les construction de la voie appienne.

La première monnaie romaine en argent

La première monnaie romaine en argent, 281 avant JC. Crawford 13/1. A/ Tête barbue de Mars avec un casque Corinthien. R/ Tête de cheval tournée à droite, un épis de blé derrière.

Rome est entrée en guerre contre Tarente en 281 avant JC. Les Tarentins appelèrent à l'aide Pyrrhus d'Epire. C'est dans ce contexte que Rome a produit ses premiers didrachmes de style Grec (Crawford, 13/1), avec la tête de Mars portant un casque Corinthien d'un côté et la tête d'un cheval avec l'inscription ROMANO sur le revers, avec un épis de blé derrière la tête du cheval. Ce monnayage pourrait avoir précéde les as grave cités plus haut, mais fut frappé et largement utilisé dans la Grande Grèce et en Campanie. Il s'agissait clairement d'une monnaie qui faisait partie d'un important courant d'échanges. Le paiement des Romains et de leurs troupes alliées combattant dans la guerre contre Pyrrhus semble avoir été une des causes principales de l'utilisation de monnaies de styles Grec dans les zones du sud des Appenins. On pense aujourd'hui que cette monnaie a été frappée à Neapolis car elle a été émise selon le standard de poids de cette cité (7,3 grammes) , et non pas selon celui de la cité de Métaponte, de Tarente, ou d'une autre ville du sud de l'Italie (ce standard était de 7,9 grammes au début de la guerre et tomba à 6,6 grammes pendant qu'elle se déroulait). Cependant, on a pensé dans le passé que cette monnaie avait été frappé à Metaponte en raison de l'épi de blé qui est précisément le type le plus common des monnaies de Métaponte, mais aussi au fait que la tête de Mars est très proche de la tête de Leucippe, un héro local (le roi Messenien qui refonda Métaponte, et non pas le philosophe) figurant sur les monnaies produites ici.

La première monnaie d'argent frappée à Rome en 269 avant JC (Crawford 20/1) A/ Buste diadémé d'Hercule à droite R. Louve allaitant Romulus et Rémus. ROMANO en exergue.

Le nombre de nouvelles monnaies qui furent frappées au cours des deux années suivant augmenta de façon importante, mais la première monnaie d'argent qui ait été frappée à Rome elle-même est une pièce qui présente Hercule à l'avers et la Louve de Romulus et Rémus sur un didrachme (Crawford, 20/1). La date de cette monnaie est 269 avant JC, ce que l'on sait grâce à la présence d'une légende qui donne le nom des consuls de l'année : Q Ogulnius L.f.A.n. Gallus et C. Fabius C.f M.n Pictor. Hercule, représenté au revers avec la peau de lion entourée autour du cou et sa massue (représentée sous-dimentionnée sous ses cheveux), était le patron divin des Fabii. Quintus et son frère Cnaeus Ogulnius avaient, en tant qu'édiles curules, poursuivi en justice des usuriers; une partie des sommes récupérées fut utilisée pour dresser près du Ficus Ruminalis une statue de Romulus et Rémus sous la louve; c'est cette image qui est représentée au revers de la pièces.

Certains historiens pensent que ces monnaies valient 10 asses, et en faisaient donc des deniers. Cette assertion est basée sur les écrits de Pline au premier siècle après JC; Pline rapporte que le denier fut introduit en 269 avant JC. La plupart des historiens ne considèrent cependant pas cette pièce comme un denier mais comme une didrachme. Cette pièce et d'autres monnaies ne furent produites qu'en petit nombre jusqu'à l'introduction du quadrigatus. Le quadrigatus fut produit pendant environ deux decennies, devenant de plus en plus déprécié (avec un titre de 30% d'argent seulement) pendant la seconde guerre Punique.

Le système du denier

Sesterce anonyme frappé à Rome

sesterce anonyme frappé à Rome en 211 avant JC. A/ Tête de Rome tournée à droite. IIS R/ Les Dioscures chevauchant vers la droite. Crawford 44/7

Le denier, qui est devenu la principale monnaie d'argent de Rome pour plus de 4 siècles, a été introduit en 211 avant JC et produit dans d'énormes quantités, notamment grâce à l'argent pris lors du sac de Syracuse l'année précédente. Le denier (Crawford 44/5) valait 10 asses, comme c'est indiqué par la marque X et le poids d'environ 4,5 grammes (le denier était taillé à 72 par livre romaine). Il fut introduit au sein d'un monnayage multi-métallique complexe. En plus du denier, d'autres monnaies d'argent existent, telles que le demi denier, que l'on nomme quinaire (Crawford, 44/6, monnaie marquée V), et le quart de denier, le sesterce (Crawford, 44/7, marqué IIS, inscription qui apparaît sur le côté gauche de l'avers des monnaies). Toutes ces monnaies portent à l'avers la tête de Rome et au revers les Dioscures chevauchant avec leurs capes volant au vent (il s'agit d'une référence à leur soutien supposé à Rome lors de la bataille du Lac Regillus).

Les asses de bronze et leurs fractions sont désormais plutôt frappés que coulés, et continuent à être produits selon un standard de poids d'environ 55 grammes. Ces monnaies furent rapidement réduites à un standard sextantal et finallement à un standard onciel de 32 grammes. A cette époques, les asses virent leurs fractions se multiplier, peut-être à cause de la paye des légionnaires qui avait considérablement augmenté, au point que l'as était peut-être la principale composante de ces salaires.

En ce qui concerne les monnaies d'or, il existait trois pièces de 60 asses (Crawford 44/2, monnaies marquées ↓X ), 40 asses (Crawfor 44/3, monnaies marquées XXXX) et 20 asses (Crawfor 44/4, mminnaies marquées XX). Toutes ces monnaies représentent la tête de Mars à l'avers et un aigle tenant un foudre au revers. L'aigle est une rémisniscence de l'aigle qui était le symbole des monnaies Ptolemaïques depuis le tout début du siècle, et certains historiens ont émis l'hypothèse selon laquelle Ptolemée IV Philopator aurait pu fournir l'or pour cette émission monétaire, pour contrebalancer l'essor de Philippe V de Macédoine à Carthage.

Le Victoriatus (francisé en « victoriat ») est une autre monnaie d'argent (Crawford 44/1), qui fut également introduite en grande quantité à la même époque. Il semble avec été séparé du système du denier et produit selon des standards complètement différents. Une analyse de 52 deniers, quinaires et sesterces a montré une concentration de 96,2 %, avec une variation de + ou 6 1,09%. En ce qui concerne les victoriats, l'analyse de 19 d'entre eux émis au cours de la même période a montré un niveau de fin variant de 72 à 93 %. Les trouvailles de Victoriati les plus anciens sont localisées dans le sud de l'Italie et en Sicile et on pense que le Victoriat, qui a un poids de ¾ de deniers a été utilisé pour payer des utilisateurs habitués aux monnaies grecques au standard de la drachme. Le didrachme au quadrigatus, qui a été retariffé à 15 asses ( = 1,5 deniers), fut supprimé de la circulation presque immédiatement.

Evolution du poids et de l'aloi

Denier de Marc Antoine

Denier légionnaire de Marc Antoine frappé en 32 avant JC. A/ ANT AVG III VIR R P C, galère tournée à droite. R/ LEG III, aigle légionnaire entre deux étendards. Crawford 544/15

Pendant les 40 années qui ont suivi, le denier a lentement perdu du poids. La raison de cette évolution n'est pas bien connue, mais il se pourrait que la pression liée à la seconde guerre Punique en soit à l'origine. L'Etat romain avait en effet une dette équivalente à 25 années de perception d'impôts sur les citoyens Romains (environ 1 million de deniers); ces dettes ne furent pas remboursées avant que Cn Manlius Vulso revienne à Rome avec les dépouilles de l'Asie après le Traité d'Apamée (188 avant JC). Le poids fut officiellement changé à cette époque de 72 deniers à la livre (6 scrupules) à 84 deniers à la livre. Il resta relativement stable à partir de cette époque.

Tableau de l'évolution du poids des deniers de la République Romaine entre 211 avant JC et 170-179 avant JC.

Date

Poids

211

4.5 g

206

4.2 g

190-199

3.9 g

170-179

3.7 g

 

En ce qui concerne l'aloi des monnaies, il est resté aux alentours de 90 % pendant toute la période républicaine, à l'exception des monnaies tardives de Marc Antoine, en particulier les émissions massives de monnaies légionnaire émises en 32-31 avant JC juste avant la bataille d'Actium, dont on dit qu'il s'agirait d'argent provenant d'Egypte et fourni par Cléopâtre.

Evolution : l'argent contre le bronze

Ces deux avers de deniers de la République romaine montrent des indications différents (XVI et X barré) et représentent pourtout chacun 16 asses. A gauche : Crawford 224/1, 141 av. JC. A droite : Crawford 243/1, 134 av. JC

Vers environ 140 avant JC (la date exacte n'est pas précisée), le denier fut retariffé à 16 asses, changement indiqué par la marque XVI sur l'avers des deniers. Ce changement apparaît pour la première fois sur les monnaies marquées L.IVLI (Crawford 224/1), datées habituellement de 141 avant JC. La marque XVI fut remplacée rapidement par un X, mais souvent barré en son centre (Crawford 243/1); ce signe est souvent lu comme le monogramme de XVI qui serait composé des trois lettres superposées. La retarification est considérée comme une reconnaissance de la relation qui s'était développée après la diminution du poids des monnaies, liée à la fois aux vieux asses et à la diminution du poids des nouveaux asses. Cela signifiait que le quinaire valait huit asses et le sesterce quatre asses. Le nouveau denier dura 400 ans. A la même époque, l'unité de compte changea des asses aux sesterces (HS). Il s'agit d'un bon indicateur de l'inflation.

Le Victoriat continua à circuler au cours du IIème siècle avant JC. Les Victoriats furent populaires plus tard dans la Gaule Cisalpine où ils circulèrent parallèlement avec la drachme de Marseille.

Evolution des monnaies d'or de la République romaine

Les monnaies d'or de 60, 40 et 20 asses furent uniquement émises pendant quelques années; l'or semble n'avoir été frappée que comme un monnayage d'urgence. Les monnaies d'or réapparaissent en 82 avant JC quand Sulla rassemblait des fonds pour la guerre contre Mithridate VI du Pont, immédiatement après les difficultés financières de la Guerre Sociale. Ces monnaies sont habituellement considérées comme des aurei. Les aurei furent émis en grande quantité par Jules César, probablement pour préparer une guerre contre les Parthes, et l'usage de l'aureus prit de plus en plus d'importance après la fin de la République.

Les messages politiques sur les monnaies de la République romaine

De nouveaux revers ont commencé à apparaître, d'abord la Lune conduisant un bige ( = un chariot de deux chevaux) en 194-190 avant JC, puis la Victoire conduisant un bige en 157 avant JC; cette monnaie faisait référence à la défaite finale de Persée de Macédoine lors de la bataille de Pydna, vaincu par Lucius Aemilius Paulus en 168 avant JC. Ces Victoires au bige devinrent les types les plus communs de deniers. Les deniers furent marqués avec des symboles spéciaux (comme une étoile ou une ancre) très peu de temps après leur introduction, puis dees monogrammes indiquant les tresviri monatales apparurent. Les tresviri monetales, souvent appelés monnayeurs, étaient les responsables des émissions monétaires. Dans quelques cas les symboles sont des sortes de jeux de mots. Par exemple, dans le cas du denier présentant la lune conduisant un bige (Crawford 187/1) les lettres PVR figurent sous les chevaux. Il s'agit d'une référence à la pourpre tyrienne, qui s'écrit en latin « purpureo » et qui se réfèrent dans le cas présent au nom du monnayeur Furius Purpureo. Ce type de référence aux monnayeurs devint de plus en plus fréquent et explicite et se transforma peu à peu en messages politiques personnels.

Les familles qui avaient déjà des membres dans le Sénat avaient tendance à monopoliser les postes de Sénateur. Peu de « novi homines » ( des hommes nouveaux) sont connus. Les messages politiques présents sur les monnaies sont souvent ceux des membres des familles sénatoriales.

Avec le temps les faits politiques précis devinrent de plus en plus présents sur les monnaies. En 54 avant JC, le premier triumvirat contrôlait Rome, et Pompée en était un de ses membres prééminent. Des rumeurs existait sur l'ambition de Pompée d'accéder à la dictarue. Dans ce contexte une monnaie (Crawford 433/2) joua le rôle d'un puissant message poltique. Le monnayeur, Marcus Junius Brutus, plaça sur la monnaie les deux personnages de l'histoire romaine qu'il revendiquait comme ses ancêtres : Lucius Junius Brutus, de la Gens Junius, qui avait été fait consul de la République en 509 avant JC, après qu'il eut expulsé Lucius Tarquinius Superbus, le dernier des rois de Rome, et Gaius Servilius Ahala, qui avait assassiné Spurius Maelius, un chevalier qui avait placé la plèbe dans son camp en donnant du blé pendant une période de famine et que l'on soupçonnait de vouloir accéder à la royauté en 439 avant JC.

En 44 avant JC, Jules César préparait la guerre contre les Parthes pour venger la défaite de Crassus qui avait été écrasé lors de la bataille de Carrhae. A cette fin, une énorme quantité de deniers et d'aurei furent frappés. Parmi ces monnaies, il en existe une datée de janvier février 44 avant JC qui montre Venus tenant une Victoire et un sceptre. Il s'agissait d'une référence aux origines Enéennes de la Gens Julius. Ce message n'avait rien d'extravagant aux yeux des Romains; par contre, le revers montre César en personne portant la couronne de laurier que le Sénat lui avait décerné et cette nouveauté monétaire constituait une évolution considérable dans la tradition monétaire romaine, puisque c'était la première fois qu'un homme vivant était représenté sur une monnaie. Ce fait fut très mal perçu par nombre de romains attachés à la République qui y vinrent l'intention de César de devenir roi. César fut finalement assassiné en mars 44 avant JC. Mais la République ne survit pas à la guerre civile. Auguste inventa l'Empire. L'habitude avait été prise d'utiliser les monnaies comme vecteur des messages politiques et de propagande politique. Cette habitude ne disparut pas sous l'Empire.

Remarques générales à propos des monnaies de la République Romaine

Les dates des monnaies mentionnées ci-dessus ne peuvent pas être connues avec une absolue certitude. Parfois des monnaies particulières sont liées à un événement historique bien connu et bien défini, par exemple les deniers de César qui portent la légende « dict perper ». On peut alors les dater avec une grande précision; ce cas est cependant assez rare. La plupart des datations des monnaies sont basées sur l'analyse des trésors monétaires. Les monnaies des trésors, particulièrement celles qui ont été enterrées, sont riches d'informations et ne sont pas rares en particulier pendant les périodes de crises. La thésaurisation fut même tellement importante pendant la guerre civile entre César et Pompée qu'il en résultat une crise des liquidités monétaires. Les trésors peuvent présenter des informations de diverses manières :

  • La localisation du trésor peut donner des indications sur le lieu de circulation des monnaies

  • Le contexte archéologique d'un trésor de monnaies peut donner une datation approximative des la production des monnaies. Par exemple, les fouilles dans le Temple d'Artémis à Ephèse ont livré des monnaies enfouies sous le temple; la date de construction du temple est connue et donc, par déduction, on a un terminus ante quem pour la période au cours de laquelle les monnaies ont été frappées.

  • Le différent degré d'ancienneté des monnaies contenues dans un trésor peut aider à établir une chronologie relative. Les monnaies qui ont longuement circulé avant d'être enfouies présentent des traces d'usure beaucoup plus accentuées.

  • Les composition des trésors en terme de types de monnaies peut donner des indication sur les monnaies qui ont circulé à la même époque et à un même endroit et nous donner quelques indication sur l'abondance relative de ces monnaies. A partir de ces éléments, on peut parfois extraire des chronologies relatives.

  • La comparaison de plusieurs trésors de monnaies peut aider à établir des chronologies relatives. Si une série de monnaies est bien représentée dans un trésor monétaire et que d'autres manquent dans un second trésor important, cela signifie que ces monnaies ont été émises postérieurement.

Malgré tout, les incertitudes restent nombreuses. Dans ce cas, les numismates essaient d'établir une chronologie relative et aboslue à l'aide des éléments dont ils disposent. Le travail le plus réputé à cet égard est celui de Crawford paru en 1974 (en langue anglaise), qui a travaillé en s'appuyant sur les nombreux travaux de ses prédécesseurs (Sydenham en 1952, Gureber en 1910, Babelon en 1886 et Mommsen en 1850. La chronologie utilisée par cet article est l'identification Crawford. Cependant, des chronologies alternatives ont été proposées récemment par Hersh et Walker (1984) et Harlan (1995) suite à la découverte du trésor de Mesagne.

Bibliographie sur les monnaies de la République Romaine

References : livres qui traitent de la question des monnaies de la République Romaine

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  • Sydenham, Edward A. (1952). The Coinage of the Roman Republic, Spink & Son Ltd.

  • Thomsen, Rudi (1974). Early Roman Coinage, a Study of the Chronology, 3 Volumes, 1961, 1961, 1974, Nationalmuseet, Stockholm. ISBN 87-480-0038-8

  • Thurlow-Vecchi (1979). Italian Cast Coinage, Italian Aes Grave by Bradbury K. Thurlow and Italaian Aes Rude, Signatum and the Aes Grave of Sicily by Italo G. Vecchi, printed together by V.C. Vecchi & sons ISBN 0-9506836-0-4

  • Walker, D.R. (1980). The silver contents of Roman Republican coinage, in Metcalf 1980:55-72

  • Willis, James A. (1972). The multiples of the as. Harvard Studies in Classical Philology 76: 233-244

Livres de cotation des monnaies de la République destinés aux collectionneurs :

  • Fernández Molina, José & Fernández Carrera, Manuel & Calico Estivill, Xavier (2002). A Guide to the Denarii of the Roman Republic to Augustus, ISBN 84-607-5776-5
  • Sear, David R. (2000). Roman Coins and their Values; The Millennium edition. Volume I, The Republic and the Twelve Caesars. Spink ISBN 1-902040-35-X

Eléments concernant la politique, l'économie et le monnayage de la République romaine :

  • Politics, economics, and coinage:

  • Crawford, Michael H. (1985). Coinage and Money under the Roman Republic, Methuen & Co. ISBN 0-416-12300-7

  • Harlan, Michael (1996). Roman Republican Moneyers and their Coins 63 BC-49 BC, Seaby. ISBN 0713476729

  • Sear, David R. (1998). The History and Coinage of the Roman Imperators 49-27 B.C., Spink & Son. ISBN 0-907605-98-2

Dernière mise à jour : ( 09-09-2008 )
 
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