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21-06-2018
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Préface des Monnaies féodales de France - F. Poey d'Avant
Fautin Poey d'Avant fut un des plus grands numismates spécialisé dans la numismatique féodale française. On lui doit l'immortel "Monnaies féodales de France", paru en 1858 et qui vient récemment d'être publié gratuitement en ligne par Google (format PDF). Il est possible de télécharger gratuitement ces trois volumes en cliquant sur les liens ci-dessous (merci de patienter quelques instants pendant le téléchargement qui peut prendre quelques minutes) : 

Télécharger gratuitement les "Monnaies féodales de France" de F. Poey d'Avant

Les trois volumes sont également disponibles dans une bonne réédition publiée par la société Les Chevau Légers. Il est possible de les acheter sur Amazon :

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Nous donnons ici la préface de cet ouvrage; F. Poey d'Avant y explique la nature de son entreprise, ses choix, ses deceptions. Il écrit notamment la phrase suivante, qui résume en quoi les monnaies féodales peuvent être passionnantes : "En jetant les yeux sur un médaillier uniquement garni de pièces de cette période, on croit voir défiler devant soi l'altière cohorte de ces hauts et puissants barons, qui ont rempli la chrétienté, les uns du bruit de leurs hauts faits et de leur gloire, les autres de celui de leurs crimes et de leurs rapines. Combien de poétiques et de terribles légendes ces frêles morceaux de métal rappellent à l'esprit ! "

Voici la préface complète des "Monnaies féodales de France", de F. Poey d'Avant :

Préface des "Monnaies féodales de France" de Poey d'Avant


On est si peu habitué, de nos jours, à voir aborder des ouvrages de longue haleine, que l'on a été étonné de m'en voir entamer un qui nécessite tant de recherches pénibles et de patients travaux. L'explication de ma téméraire entreprise est facile à donner. Depuis vingt-cinq ans, j'ai dirigé presque toutes mes études sur le même sujet; de sorte que ce qui eût été pour d'autres une fatigue n'a été qu'un délassement pour moi, et a fini par devenir un vrai plaisir et la passion dominante de ma vie. Libre désormais de toute entrave, je puis me livrer sans contrainte à mes goûts favoris. Le premier usage que je fais de ma liberté est d'offrir aux numismatistes le fruit de ces persévérantes recherches. Ce sera l'emploi de mes dernières années.

Parmi les diverses branches de la numismatique du moyen-âge, la série féodale française est sans contredit l'une de celles dont l'étude est la plus instructive et la plus attrayante. Si l'on y est peu favorisé du côté de l'art, si la fabrique de ces monnaies offense souvent le goût, si l'on y trouve beaucoup plus rarement qu'ailleurs de ces bijoux dont le style plaît autant à l'artiste qu'à l'antiquaire, combien n'en est-on pas dédommagé par les souvenirs qu'elles rappellent! En jetant les yeux sur un médaillier uniquement garni de pièces de cette période, on croit voir défiler devant soi l'altière cohorte de ces hauts et puissants barons, qui ont rempli la chrétienté, les uns du bruit de leurs hauts faits et de leur gloire, les autres de celui de leurs crimes et de leurs rapines. Combien de poétiques et de terribles légendes ces frêles morceaux de métal rappellent à l'esprit! En voyant sur un denier le donjon de Coucy, à l'entrée gardée par un lion, peut-on s'empêcher de songer à la dame de Fayel ? Peut-on oublier le terrible déprédateur Thomas de Marie, féroce autant que brave ; cet Enguerrand, si intimement lié au souvenir de la bataille de Bouvines? Nous autres Aquitains, pouvons-nous perdre la glorieuse mémoire du fils d'Edouard III, de ce chevaleresque Prince-Noir, dont les exploits et les aventures ont fait le charme de nos aïeux et vivront si longtemps encore dans le souvenir du peuple ?

Ce serait faire un cours d'histoire que de dire tout ce que renferme un pareil sujet. L'examen attentif des monuments monétaires féodaux donne la clef des vraies annales du moyen-âge, tout aussi bien et souvent mieux que la plupart des chroniques, entachées qu'elles sont d'ignorance barbare ou de partialité. Il ne s'agit que de savoir lire dans ce livre, dont la terre nous rend à tout moment de nouvelles pages enfouies depuis des siècles. Mais ce n'est qu'au prix de longues recherches préparatoires qu'on peut arriver à cette lecture.

L'étude de nos monnaies nationales, autrefois si négligée, a fait, il est vrai, de grands progrès depuis vingt-cinq ans. L'illustre Lelewel est le premier qui en ait posé les véritables bases ; le premier aussi, il s'est occupé de l'origine et de la filiation des types. Malheureusement, à l'époque où écrivait le docte Polonais, les collections publiques et particulières, qui se sont tant enrichies depuis, étaient à peine naissantes. D'un autre côté, les circonstances déplorables, au milieu desquelles son ouvrage fut publié, ont beaucoup nui à sa bonne confection. Aussi les difficultés que l'auteur a eues à surmonter ne font-elles que rendre sa gloire plus entière.

Dans la même année où Lelewel faisait paraître sa Numismatique du moyen-âge, un recueil spécial était fondé en France, et la Revue numismatique imprimait un élan qui, loin de se ralentir, a été en s'accélérant de plus en plus.
Peu d'années après la création de la Revue, M. Lecointre-Dupont publiait son Essai sur les monnaies du Poitou, livre capital qui allait faire faire un pas décisif à la numismatique française. En effet, sous ce titre modeste, notre compatriote, reprenant en sous-œuvre, mais avec un remarquable talent de déduction, les doctrines de Lelewel, faisait pénétrer la lumière dans cette question, alors si neuve, de la dégénérescence et l'immobilisation des empreintes carolingiennes.

Depuis cette époque, plusieurs autres travailleurs sont venus apporter leur pierre à l'édifice. Ainsi qu'il arrive toujours pour les sciences nouvelles, bien des tâtonnements eurent lieu avant d'entrer dans la véritable voie ; mais on n'en doit pas moins de reconnaissance aux écrivains qui, dans la mesure de leurs forces, ont contribué à l'indiquer à leurs successeurs.

Ne m'occupant que de la numismatique féodale, je me contenterai de mentionner ici, parmi tant de travaux, les savants mémoires et les ouvrages de MM. Cartier, Duchalais, de Longpérier, Anatole Barthélémy et Benjamin Fillon, qui sont parvenus à écarter presque tous les voiles sous lesquels se cachait la vérité, et qui ont enfin mis au grand jour une foule de points de doctrine qu'enveloppait la plus profonde obscurité. Les trois derniers, et particulièrement M. B. Fillon, mon compatriote et mon ami, à qui je suis heureux de rendre cet hommage, ont fini par établir des principes tellement constants, que, si l'on veut s'en écarter, on retombe dans les ténèbres et l'on s'y égare.

Lorsque je publiai, il y a cinq ans, la description de ma très nombreuse collection de monnaies seigneuriales, je fus également assez heureux pour rendre quelques services à la science, en coordonnant une partie des travaux de mes devanciers, en éclairant quelques points obscurs, en me mettant enfin à la hauteur de la critique moderne, et en faisant l'application des principes récemment posés.

Ce que j'ai fait pour ma collection en particulier, j'ose le tenter pour toutes les monnaies qui nous sont connues. Ce travail, depuis si longtemps désiré, va avoir son commencement d'exécution, et, malgré la grandeur de l'entreprise, j'espère bien ne pas faillir à la tâche.

Quand on parle de monnaies féodales, il faut toujours revenir à l'ouvrage de Tobiesen Duby. C'est, en effet, le seul qui contienne un commencement d'ensemble des monnaies frappées en dehors de l'autorité royale.

Cet ouvrage a été fort diversement apprécié. On en a dit, selon moi, beaucoup trop de bien ou beaucoup trop de mal. Pour le juger convenablement, il faut se placer à l'époque où l'auteur l'a écrit. Alors, la critique historique n'existait pas; la question artistique était tout à fait négligée; on ne se préoccupait, en un mot, ni du type ni du style des monnaies. Aussi Duby s'est-il presque toujours abstenu d'en parler, et, chaque fois qu'il l'a fait, s'est-il constamment fourvoyé.

On a trop reproché à Duby l'inexactitude de ses dessins. C'est souvent à tort. Lorsque la pièce qu'il reproduit s'est trouvée bien conservée et qu'il a pu la voir en nature, on doit avoir toute confiance dans l'empreinte qu'il nous en donne, et, si le style n'est pas indiqué aussi nettement que les progrès de la gravure permettent de le faire de nos jours, il n'en est pas moins vrai que ses reproductions de monnaies sont assez satisfaisantes. On peut juger particulièrement de l'exactitude de ses dessins par les empreintes des pièces faisant partie du cabinet de M. de Boulongne, qu'il avait formé lui-même. Cette belle collection fut acquise tout entière, à la mort de M. de Boulongne, par M. Haumont, qui la légua au Cabinet de France.

Voilà le bon côté des planches de Duby. Quand, au contraire, les monnaies qu'il a eues sous les yeux offraient, par leur défaut de conservation ou leur mauvaise fabrique, des difficultés sérieuses pour la lecture, notre auteur s'est souvent trompé; mais qui oserait le lui reprocher? Qui pourrait exiger d'un auteur écrivant, il y a près d'un siècle, la même critique que des numismatistes d'aujourd'hui; surtout si l'on considère qu'il y a moins de trente ans, nos connaissances en ce genre se bornaient encore à ce que nous trouvions dans les ouvrages de Leblanc et de ce même Duby ?

Ceci bien considéré, et faisant la part des défauts inséparables d'un ouvrage composé à cette époque, je crois que l'on doit beaucoup de reconnaissance à Duby de nous avoir donné son Traité des monnaies des barons. Ce Traité, quoi qu'on en dise, est rempli de recherches curieuses et fort étendues. Il nous fait connaître près d'une centaine de monnaies , dont l'authenticité pas plus que l'existence ne semblent contestables, et qui, depuis lui, n'ont pas été retrouvées.

Un seul reproche, mais il est grave, peut être fait à mon devancier. Il a eu trop de confiance dans les auteurs qui l'ont précédé. Il erre presque toujours quand il copie les dessins de Ducange, du manuscrit de Saint-Victor, et, plus encore, quand il tire ses empreintes du recueil de M. de Boze. Ce point est tellement reconnu, que l'on ne peut plus s'y tromper et qu'il est facile à un numismatiste un peu exercé de séparer chez lui le mauvais grain d'avec le bon.

Il résulte de tout ce que je viens de dire que ce livre n'est plus à la hauteur de la science. Il est surtout très incomplet, et ce n'est pas sans étonnement que l'on voit l'éditeur dire dans son avertissement que « Duby n'a rien omis de ce qui dépendait de lui pour former un recueil complet, et pour épargner à ceux qui viendraient après lui la peine de renouveler ses recherches et celle de ne rien produire de nouveau. »

En présence des nombreuses découvertes qui ont été faites et qui se font chaque jour, une pareille assertion est de nature à faire sourire. On va en juger par les chiffres suivants.
En ne tenant compte que de la période que j'embrasse dans mon ouvrage, en élaguant les monnaies royales et étrangères que Duby a comprises dans le sien, son Traité ne renferme que onze cent trente monnaies; tandis que j'espère en publier six fois autant. Les ateliers dont il a connu les produits sont au nombre de quatre-vingt-dix-sept ; je le fais monter à plus du double. D'une autre part, la liste des amateurs qui s'occupent de numismatique française s'est- accrue dans une proportion encore plus grande. Duby n'a cité que trente-sept cabinets, et j'ai puisé les éléments de mon travail dans plus de trois cents collections.

Ainsi que je le disais tout à l'heure, depuis que l'attention s'est portée vers l'étude de nos monnaies nationales, de nombreux travaux ont été entrepris ; les Revues ont surtout fait connaître une foule de monuments de premier ordre. 11 s'agissait de réunir dans un seul ouvrage ce qui se trouve disséminé dans tant de recueils divers. Tel est le but que je me suis proposé. Ce travail d'ensemble m'a semblé d'autant plus nécessaire, que, malgré les recherches de nos collègues, bien des monnaies enfouies dans les cartons des amateurs restaient à l'état d'inédites.

Pour arrivera ce résultat, je me suis puissamment aidé des monographies publiées depuis quelques années ; mais à toutes, même aux plus récentes, j'ai fait d'importantes additions, grâce à la manière dont je m'y suis pris pour rassembler les éléments nécessaires à la confection de mon œuvre. Les communications, que j'avais demandées par l'entremise des deux Revues numismatiques française et belge, ayant été presque sans résultat, je me suis mis en quête et suis allé moi-même à leur recherche. J'ai fouillé la presque totalité des collections de France et même de l'étranger, où j'avais l'espoir de rencontrer des pièces nouvelles. S'il ne m'est pas permis d'affirmer que je n'ai rien laissé de côté, j'ai du moins la conscience d'avoir fait tout ce qui était humainement possible.

Des découvertes nouvelles viendront bien certainement combler quelques-unes des lacunes qui restent encore. C'est le sort de toutes les publications de cette nature de devenir à leur tour incomplètes. Un autre travailleur fera quelque jour pour mon livre ce que j'ai fait pour celui de Duby.

Quelques amateurs m'ont conseillé de ne pas suivre mes anciens errements et de m'abstenir de faire connaître toutes tes variétés de chaque monnaie. Voici les raisons qui m'ont empêché de me rendre à leur avis. D'abord j'ai voulu dresser un inventaire aussi complet que possible des monnaies féodales aujourd'hui connues ; ensuite il n'est pas sans intérêt , pour suivre la filiation des types, de comparer les diverses émissions de chaque atelier ; je n'ai pas cru enfin devoir dédaigner de laisser aux collectionneurs la satisfaction de vérifier s'ils ne possèdent pas quelques variétés échappées à mes recherches.

Cette façon de procéder est d'autant plus rationnelle de ma part, que je n'ai pas la prétention d'offrir aux numisma-tistes un livre de doctrine. Il est plusieurs points que j'ai été forcé de ne pas aborder. Ecrivant loin des grands centres scientifiques, j'ai dû me borner au rôle de simple catalo-gueur. Il est d'ailleurs des sujets que les érudits ne parviendront peut-être jamais à élucider.
J'ai pris de même pour règle d'être fort sobre de discussions. J'eusse autrement grossi mon ouvrage au-delà de toute mesure et excédé les forces d'un homme rendu déjà à un âge avancé, que les exigences d'une position administrative ont tenu longtemps éloigné de ses véritables tendances. Je me suis donc contenté de discuter les attributions nouvelles que je proposais. Quant à celles qui sont établies désormais sur des bases incontestables, je n'ai pas cru devoir rentrer de nouveau dans la lice pour les appuyer. Je les ai produites hardiment et comme faisant partie du patrimoine avoué de la numismatique.

Par la même raison d'économie de temps et de place, j'ai cité très peu de documents monétaires. Je ne l'ai fait que chaque fois que ces documents étaient nouveaux et que leur connaissance était indispensable pour appuyer des attributions qui, sans cela, eussent été discutables.

Ces explications une fois données, qu'il me soit permis maintenant de consigner ici une observation qui me paraît essentielle. Dans le rapport très flatteur qui a été fait de mon premier ouvrage à l'Académie française, aux suffrages de laquelle je l'avais présenté (V. la Revue numismatique française de 1853, pag. 444), on m'a reproché quelques erreurs de chronologie et d'histoire, bien que plusieurs d'entr'elles fussent évidemment du fait de l'imprimeur- J'ai tenu compte de cet avertissement, et les fautes qu'on me reprochait avec raison ont, cette fois, disparu en grande partie. Il ne faut cependant pas oublier qu'écrivant surtout au point de vue monétaire, les dates, données dans mes divers livres, sont bien moins destinées à marquer les limites du règne de tel ou tel prince que celles de son monnayage.

Quant au plan que j'ai choisi, il a besoin aussi lui de quelques explications. Je sais parfaitement que c'est là le côté vulnérable et que je dois m'attendre à être vivement critiqué- Je répondrai d'avance que, quelque parti que j'eusse pris, le résultat eût été le même. Chacun a son système et cherche à le faire prévaloir. Quand j'ai publié ma Description, les comptes-rendus, qui en ont été faits dans divers recueils, ont montré combien peu on était d'accord sur cette grave question du plan. Les uns proposaient l'ordre alphabétique, qui est certainement le plus simple, mais qui n'est guère scientifique; sans compter qu'il a le grave inconvénient d'éloigner les unes des autres les monnaies au même type, tandis qu'il y a toujours intérêt à les rapprocher. D'autres auraient voulu que, prenant la féodalité à son début, je l'eusse suivie pas à pas dans chaque province. Une objection puissante peut être faite à cette combinaison, c'est que l'ordre féodal n'a pas eu partout la même marche; il y a eu souvent une distance d'un grand nombre d'années entre son établissement dans les diverses provinces de l'ancienne France. D'autres enfin, plus exigeants, auraient désiré que je calquasse mon ouvrage sur le plan de celui d'Eckel et que je fisse une véritable Doctrina nummorum mediœ œtatis. Je reconnais que ce plan est le plus rationnel de tous, mais il est tellement grandiose que je le tiens pour être au-dessus de mes forces.

En dernière analyse, je me suis décidé à adopter la marche que j'avais déjà suivie dans mon premier ouvrage, tout en la modifiant de manière à la rendre plus acceptable. Partir d'un point central, le lieu de la naissance de la féodalité, puis suivre autant que possible les types à la trace, les grouper, les expliquer les uns par les autres, voilà ce que j'ai trouvé de plus sûr. Les recherches, par ce moyen, deviennent moins pénibles, facilitées qu'elles sont par des tables alphabétiques.

Si je n'ai pas osé entreprendre un livre de doctrine, je ne m'en suis pas tenu néanmoins à une sèche nomenclature. J'ai fait en sorte de préparer la route à ceux qui voudront s'élever à ces hauteurs. De mes in-quarto ils sauront tirer un de ces petits volumes substantiels qui résument les connaissances acquises dans chaque partie. Le mérite le plus réel de mon œuvre sera d'avoir rendu praticable cette entreprise, impossible, j'ose le dire, avant elle.

Il y aurait ingratitude de ma part à ne pas mentionner les services qui m'ont été rendus en cette circonstance. Les encouragements les plus honorables me sont venus de toutes parts; les collections m'ont été ouvertes avec empressement; des documents précieux m'ont été généreusement communiqués ; quelques amateurs ont même poussé le désintéressement plus loin, ils ont abandonné en ma faveur des projets de publications qu'ils avaient formés.

Pourquoi faut-il qu'à côté de ces nobles procédés, j'aie à signaler quelques résistances inexplicables et heureusement très peu nombreuses. Sous des prétextes tous plus futiles les uns que les autres, j'ai éprouvé deux ou trois refus qui m'ont été fort sensibles. En vain ai-je fait valoir l'importance du but que je me proposais, l'intérêt tout national qui s'attachait à mon entreprise, rien n'a pu vaincre ces résistances obstinées. Je m'étais d'abord promis de signaler aux numis-matistes ces amateurs récalcitrants et coupables du crime de lèse-science. Je préfère aujourd'hui m'en abstenir et abandonner ces déplorables collectionneurs aux remords de leur mauvaise action.

Parmi les collections qui ont été gracieusement mises à ma disposition, je dois particulièrement signaler celle de M. le docteur Voillemier, de Senlis, dont les suites en tout genre sont si riches et formées avec une intelligence si remarquable, et celle que M. J. Rousseau réunit à Paris, en dehors de son commerce, pour sa satisfaction personnelle.

J'ai été secondé dans mon travail, avec tout le dévouement possible, par mon ami M. Fortuné Parenteau, dont l'habile plume a été constamment mise à ma disposition pour les dessins que j'avais à faire exécuter. De son côté, M. Benjamin Fillon m'a été grandement utile, en m'aidant de ses conseils et de ses notes, et en veillant assidûment à la conduite de l'impression.
Je dois rendre pareillement hommage à M. Camille Rollin. Si l'ouvrage que je présente aux suffrages des numismatistes leur offre quelqu'intérêt, ils le doivent à sa généreuse initiative. Sans son intervention, je n'eusse jamais songé à entreprendre un labeur aussi long et aussi pénible.

Le burin exercé de M. Dardel contribuera bien certainement beaucoup aussi à donner quelque lustre à ma publication.
Que tous ceux qui m'ont prêté leur concours reçoivent l'expression de ma vive gratitude ! Si je ne consigne pas ici leurs noms, c'est qu'il me faudrait mentionner à peu près tous les numismatistes de France et de l'étranger. On trouvera ces noms sur la liste des cabinets que j'ai cités. Cette liste sera placée à la fin du troisième volume.

Je répéterai en terminant ce que j'ai dit dans l'avant-propos de ma Description. Je sais combien les suppléments rendent un ouvrage confus et les recherches difficiles. C'est un écueil que je n'ai pas pu éviter. Depuis le commencement de l'impression il m'est venu plusieurs pièces intéressantes, et, avant que mon travail ne soit terminé, je dois m'attendre à ce que le nombre en soit beaucoup augmenté. Il y aura donc nécessité de donner un supplément; sinon on se trouverait privé de la connaissance d'une certaine quantité de monnaies importantes et dont la science peut avoir beaucoup à profiter.

Je prie même instamment les amateurs, à mesure qu'ils prendront connaissance de ma publication, de me signaler toutes les monnaies ou les simples variétés qui ne s'y trouveront pas décrites.

A l'abbaye de Maillezais (Vendée), le 15 décembre 1858.
F. POEY D'AVANT.

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Collectionner les monnaies féodales (article qui évoque la place importante, aujourd'hui encore, du livre de Poey d'Avant, pour les collectionneurs de monnaies féodales).
Carte des monnaies féodales (d'après l'index des "Monnaies féodales" de Poey d'Avant)

Dernière mise à jour : ( 24-03-2011 )
 
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