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Les monnaies seigneuriales françaises : résumé historique
06-02-2008
Carte des monnaies seigneuriales de FranceLes monnaies seigneuriales ou baronniales ont existé en France après la dissolution de l'Empire Carolingien, à partir du IXème siècle après JC. Les monnaies seigneuriales ont perduré en France jusqu'au XVIIème siècle. L'âge d'or des monnaies seigneuriales correspond à la période de la féodalité (XIème-XIIème siècle), époque au cours de laquelle les seigneurs étaient autonomes de fait par rapport au pouvoir de leur suzerain, le roi.

Expansion des monnaies seigneuriales vers l'an 1000

Aux alentours de l'an 1000, le nombre ainsi que l'activité des ateliers monétaires, s'accroît considérablement. Cette activité est due bien plus aux grands vassaux qu'à la couronne; c'est alors, en effet que commence le véritable règne de la monnaie seigneuriale. La difficulté des communications d'un pays à l'autre rend les monnaies locales presque indispensables. Aussi, de toutes parts, prélats et barons se mettent à frapper monnaie, les uns en vertu de leurs privilèges, les autres par suite d'usurpations; souvent ils s'associent pour exercer à frais et à profits communs leurs droits monétaires, de même qu'ils faisaient des partages pour l'administration de la justice.

Les seigneurs inscrivent leur propre nom sur les monnaies

En général, les seigneurs laïques, comme les ducs de Normandie et de Guyenne, les comtes de Toulouse, d'Anjou, etc., marquaient leurs pièces de leurs noms. Cet exemple fut suivi par plusieurs prélats dès le XIème siècle. Quelques monnaies portent à la fois le nom du roi et celui de l'évêque, avec des attributs locaux; telles sont celles de Beauvais et de Laon. A Mâcon et à Châlons on voit les noms des rois régnants : Lothaire, Robert, Henri, Philippe. Plus tard, le nom du comte remplaça à Châlons le nom du roi ; mais le B, ancien type local et lettre initiale de « Benedictio », ou plutôt de « Burgundia », persista pendant quelque temps. Certains seigneurs, parmi lesquels nous citerons le sire de Bourbon, l'évêque de Langres et le comte de Nevers, ne mettaient sur leurs pièces que le nom d'un prince carolingien, appelé Louis; d'autres allaient jusqu'à contrefaire, ou au moins à imiter la monnaie du roi et celle des principaux barons.

Les types de monnaies seigneuriales

Le type de la monnaie seigneuriale abonde en détails curieux; il est surtout extrêmement varié dans le nord de la France, où l'on remarque, outre la croix, des effigies, des monogrammes, des temples, des portails et d'autres objets surannés, qui sont devenus bizarres et méconnaissables par suite des transformations successives que l'ignorance des monnayeurs leur a fait subir. Le temple de la monnaie de Rouen, en se défigurant de plus en plus, se réduit en un simple triangle. Le monogramme est très commun sur les monnaies baronales : tantôt c'est celui d'un ancien souverain, tantôt celui d'un seigneur. C'était une marque monétaire convenue qui ne changeait pas, quels que fussent les noms des différents barons qui se succédaient, mais qui, bientôt incomprise, dégénérait d'une étrange façon sous le burin inhabile des graveurs. Le monogramme de Foulques Nerra, par exemple, Fulco, qui était le signe de la monnaie angevine, se convertit en une sorte de clef; celui du roi Eudes devint local dans plusieurs pays et persista sous les règnes suivants. On le retrouve singulièrement défiguré à Nantes, à Angoulême, à Saintes, à Etampes, à Château-Landon et même à Provins.

Exemples de monnaies seigneuriales

Jusqu'ici l'empreinte des deniers provinois était restée inexpliquée : les uns y voyaient un peigne, par allusion au mot « Champeigne »; d'autres, avec Lelewel, croyaient y reconnaître les débris d'une tête cassée. M. Duchalais, dans un exoellent travail sur la monnaie de Provins, a démontré que cette image était tout simplement le monogramme dénaturé du roi Eudes. II a prouvé, en outre, que les deniers qui ont pour légendes + SEEI:OEI.IISCITI; R/ + RIL.DVI.IISCATO, étaient le résultat d'une alliance monétaire entre Sens et Provins, et qu'on devait lire, sous ces caractères altérés : SenoNIS civi , PRUVINIS Castro. Le type provinois était fort répandu : on en retrouve des variétés à Rethel, à Sens, et même jusqu'à Rome, où les drapiers champenois l'avaient importé. La monnaie de Déols présente une étoile; celle de Montreuil, un vaisseau ; celle de Laon, d'un côté une tête royale, et, de l'autre, une tête épiscopale ; celle de Sancerre, une figure entourée de ces mots : Caput Julus César. Cette effigie fut copiée à Guingamp, de même que le monogramme de Foulques fut reproduit à Gien et à Montluçon. La monnaie de Chartres offre la tête diadémée de la Vierge, qui apparaît plus ou moins altérée sur les pièces de plusieurs villes du pays chartrain. Nous remarquerons, à ce propos, que la métropole imposait ordinairement son coin aux villes de son diocèse. Sens, Auxerre et Paris en sont d'autres exemples.

Monnaies seigneuriales sans le sud de la France

Dans la France méridionale, les monétaires semblent pauvres en inventions. L'influence des grands fiefs et les habitudes ecclésiastiques, qui dominent presque partout, suffisent pour maintenir une certaine uniformité de type. Le coin épiscopal n'admet guère que des têtes de saints, la dextre, la crosse ou la mitre. D'ordinaire les prélats signalent les ateliers de monnayage par les noms des saints patrons de leurs églises. La crosse figure sur les espèces de l'archevêgue d'Arles, de l'évêque de Viviers, etc. L'usage de mettre sur les monnaies l'image ou le nom d'un saint était, avons-nous dit, venu d'Italie : voilà pourquoi il est très fréquent dans cette partie de l'ancien royaume d'Arles qui s'étend entre le Rhône et les Alpes, et qu'on peut regarder comme la terre classique de la monnaie ecclésiastique. A Vienne c'est saint Maurice, à Grenoble saint Vincent, à Valence saint Apollinaire, à Arles saint Trophime, et à Die la sainte Vierge, qui décorent l'empreinte prélatale. Dans le reste de la France, les pièces frappées en l'honneur d'un saint sont moins communes. Les monnaies épiscopales étaient d'abord toutes anonymes. Hervée, qui occupait le siège de Beauvais vers la fin du Xème siècle, est le premier qui ait inscrit son nom : il fut imité par d'autres prélats du nord de la France. Au midi, les pièces tardèrent plus encore à devenir nominales : ainsi le privilège monétaire des archevêques d'Arles est de la fin du IXème siècle, et leurs noms ne commencent à se montrer que vers 1317.

Exemple de monnaie seigneuriale : monnaie seigneuriale des comtes de Toulouse

Exemple de monnaie seigneuriale : monnaie seigneuriale des comtes de Toulouse


Suivant D. Vaissète et Duby, l'évêque d'Agde, celui de Melgueil et le comte de Toulouse Alphonse, frère de saint Louis, laissaient mettre sur leurs pièces le nom de Mahomet, dans le but évident de faciliter le commerce avec les infidèles, mais au grand scandale de la chrétienté. Cette singulière monnaie n'est pas parvenue jusqu'à nous. Lelewel attribuait à Melgueil certains deniers fort communs sur lesquels il crovait voir Malgona. II est certain qu'il lisait mal la légende, qui est composée sans contredit des mots Narbona-Raimund; mais peut-être ne se trompait-il pas en donnant ces pièces à Melgueil. En effet, la plupart des actes relatifs à l'histoire de Languedoc et de Provence mentionnent la monnaie melgorienne ; et il serait dès lors bien extraordinaire qu'une monnaie qui circulait au loin et en abondance se fût entièrement perdue, tandis que les deniers dont il s'agit ici se retrouvent en grand nombre dans tous les pays où la monnaie melgorienne avait cours. Pour expliquer la légende Narbona-Raimund, on peut conjecturer que Melgueil, étant dans la province ecclésiastique de Narbonne, a copié le type de la métropole, en l'altérant toutefois et sans le comprendre ; car les lettres sont tellement dégradées, qu'on les avait prises d'abord peur des caractères arabes. Il est donc permis de penser, nonobstant la légende, que les deniers dont nous parlons appartiennent à Melgueil. Un fait que nous a signalé M. Duchalais vient encore confirmer cette opinion : l'espèce de croix qui orne le champ de nos pièces se montre pareillement sur un sceau de Jean II de Montlaur, évêque de Melgueil vers la fin du XIIème siècle.

Les espèces d'Albi, comme celles de Melgueil, fournissent un exemple remarquable de l'ignorance des graveurs du moyen âge : la légende est défigurée de telle sorte qu'elle est restée longtemps inintelligible. On y a découvert à grand'peine les mots Raimund Albieci, et dans le champ Vico, pour vice-comes. Ce n'est qu'en établissant une série complète et graduée de dégénérescences que l'on peut arriver à l'explication des types corrompus. Certaines lettres isolées dans le champ ont rapport aux noms des premiers seigneurs qui ont frappé monnaie dans la localité et imposé leur empreinte à leurs successeurs ; mais les numismates en sont parfois réduits aux conjectures pour expliquer ces lettres. C'est ainsi que sur la monnaie de Morlas, frappée par les comtes de Béarn, Lelewel trouve Morlacis Palatium, là où M. Duchalais lit simplement le mot Pax, avec plus de raison, ce nous semble. Sur la monnaie de Toulouse, le premier de ces numismates voit une croisette, un alpha et une crosse, tandis que le second déchiffre le mot VGO, qui est le nom d'un ancien prélat. Le champ de la monnaie, dans le midi, est souvent orné d'une figure cruciforme, composée au moyen de l'arrangement symétrique de croisettes, de lunules ou de lettres, parmi lesquelles on trouve l'alpha et l'oméga.

Une multitude de monnaies féodales au XIIème siècle

Les monnaies de seigneurs, tant ecclésiastiques que laïques, qui jouissaient du droit monétaire, et les villes où ils exerçaient leur droit, sont très nombreuses. Dans le cours du XIIème siècle, le système féodal, poussé jusqu'à ses dernières conséquences, avait divisé et subdivisé le territoire de la France en une multitude de fiefs et d'arrière-fiefs, dont la plupart des tenanciers avaient le privilège du monnayage. La Normandie est la seule province qui soit, à cette époque, dépourvue de monuments monétaires ; partout ailleurs le nombre des espèces locales est considérable. Malgré ce morcellement et ce chaos, on peut reconnaître dans la France, sous le rapport du style monétaire, quatre grandes divisions, qui répondent aux quatre associations de monnayeurs connues sous les noms de serment de France, serment de l'Empire, serment de Brabant et serment de Toulouse. L'Aquitaine se rapprocha de bonne heure de la France royale : mais les monnayeurs du serment de l'Empire ne se réunirent à ceux du serment de France que sous le règne de François Ier. Nous ne parlerons plus désormais des espèces locales qu'incidemment, et nous suivrons les progrès de la monnaie royale, qui commence à devenir monnaie de l'Etat à partir du règne de Philippe-Auguste ; mais avant il convient de dire un mot des espèces municipales. L'affranchissement des communes, opéré principalement dans le xii° et le XIII° siècle, donna aux villes une existence et des intérêts distincts de ceux de leurs seigneurs ; plusieurs d'entre elles voulurent dès lors avoir une monnaie. De ce nombre sont Amiens, Saint-Omer, Marseille, Montpellier et Cahors.

Monnaies des communes

Il est souvent difficile de distinguer les pièces des communes de celles de leurs seigneurs, parce qu'en général les villes n'avaient pas de coin particulier, et se contentaient d'adopter celui de leurs seigneurs; ceux-ci leur en faisaient même un devoir, lorsqu'ils leur cédaient le droit de battre monnaie. Ainsi le comte de Provence imposa cette condition à la ville de Marseille, à l'évêque de Maguelone aux consuls de Montpellier, et celui de Cahors à la commune de cette ville. Du reste, le monnayage municipal eut une courte existence; l'isolement et la jalousie des communes de ce temps-là, les unes à l'égard des autres, ne lui permirent pas de se développer et de prospérer; il était né d'ailleurs trop tard, à une époque où les espèces locales étaient déjà en pleine décadence. Néanmoins le monnayage de quelques villes libres d'Alsace et de Lorraine jeta un certain éclat du XIVème au XVIIème siècle.

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Dernière mise à jour : ( 18-04-2012 )
 
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