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Les monnaies mérovingiennes
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L'article ci-dessous est tiré du Manuel de Numismatique d'A Blanchet (Paris, 1890). Certains de ses aspects on vieilli (notamment la notion de "races" pour désigner les différents rois de France. Cependant bien des aspects de ce texte sur les monnaies mérovingiennes restent d'actualité; les reflexions sur la localisation des lieux d'émissions des monnaies demeurent toujours très intéressantes.

Les monnaies mérovingiennes étaient le sou d'or (solidus) pesant 85 grains et valant 40 deniers d'argent, le demi-sou (semis) ; le tiers de sou (triens) et le denier d'argent ou saiga pesant 21 grains. Voici les propositions tirées par Benjamin Guérard dans ses Prolégomènes du Polyptique d'Irminon (in-4°, 1844, p. 109-158) :
Les deniers mérovingiens, soit qu'ils fussent de 40 au sou d'or ou de 12 au sou d'argent étaient de même espèce et de même valeur; — Le poids moyen du triens fut de 23 grains 1/2 et celui du sou d'or de 70 grains 1/2; —Le denier moyen de la première race pèse de fait 21 grains 1/2 ; Le denier moyen et légal descendit jusqu'à 20 grains 1/2; — Les sous en usage dans la loi des Ripuaires étaient des sous d'or; — l'or valait douze fois plus que l'argent chez les Francs; la valeur intrinsèque du denier légal est de 23 centimes 19/100 sous la première race (cf. R. N., 1837, 406).

Longpérier donne comme poids du sou d'or 3 gr. 93 et pour le triens, 1 gr. 244 (Notice coll. Rousseau, Introd., p. xiv-xv).
La numismatique mérovingienne est surtout représentée par les triens ou tiers de sou d'or. A la fin de l'époque mérovingienne, l'or s'altère, est fortement allié et devient d'une couleur très pâle. C'est ce qui explique la transition du monnayage de l'or à celui d'argent.

Se basant sur des raisons matérielles empruntées à l'économie politique, C. Robert a expliqué d'une façon satisfaisante pourquoi la première race a presque exclusivement frappé des monnaies d'or.

A l'origine des sociétés, les transactions se font surtout par échange d'objets en nature ; c'est seulement lorsque la civilisation et le commerce sont arrivés à un certain degré que le besoin de la monnaie, signe d'échange perfectionné se fait sentir. La civilisation de la Gaule s'était amoindrie pendant les invasions et toutes les richesses étaient rassemblées dans les mains des hommes de la conquête. Ceux-ci eurent besoin pour leurs transactions d'un moyen d'échange et la monnaie d'or fut faite à l'usage des hautes classes de la société, tandis que le peuple des campagnes échangeait ses récoltes et que l'ouvrier des villes recevait son paiement en nature, usage qui se conserva longtemps.

Il faut noter de plus que l'or s'obtient en général par de simples lavages tandis que l'argent nécessite l'intervention de procédés chimiques (C. Robert, Considérations sur la Monnaie à l'époque romane, 1851, p. 20).
Le savant numismatiste a peut-être été trop exclusif en refusant d'admettre que les deniers et les bronzes romains aient pu suffire aux besoins des Francs, parce que le frai leur avait enlevé une grande partie de leur valeur.
Notre époque nous fournit en effet des exemples qui montrent que la monnaie est plus souvent prise pour la valeur qu'elle représente que pour sa valeur réelle. Ainsi, aujourd'hui le numéraire d'argent n'est qu'une monnaie fiduciaire, car les matières d'argent sont bien au-dessous du taux qui a servi de base à la valeur des monnaies de ce métal. Du reste, on sait qu'avant la refonte des monnaies de cuivre, opérée de 1853 à 1857, on trouvait dans le commerce un grand nombre de bronzes romains que l'usure n'empêchait pas d'avoir cours pour la valeur qu'on leur attribuait. Nous sommes par suite assez disposé à admettre que les monnaies romaines ont continué à servir, au moins dans un certain nombre de transactions.

C'est encore par le frai des triens que C. Robert tente d'expliquer la démonétisation de l'or. Mais il ajoute des raisons plus convaincantes. Le titre de l'or avait été abaissé et le concile de Reims, en 813, se plaint que le sou d'or avait donné lieu à bien des fraudes. De plus, l'industrie croissait, les mines d'argent commençaient à être exploitées en Bohême, dans le Harz, à Melle; enfin le commerce avait besoin d'une monnaie de moindre valeur (Robert, l. c, 25). Toutes ces raisons contribuèrent à l'apparition du numéraire d'argent. Mais nous trouvons qu'elles n'expliquent pas suffisamment la disparition complète du monnayage de l'or. Pour mieux comprendre cette cessation, en somme assez brusque, il faudrait connaître les réformes introduites dans l'organisation monétaire, et on découvrirait peut-être que la fabrication des monnaies d'argent était plus facile à surveiller et que les fraudes, laissant moins de bénéfices, étaient moins à redouter (V. le chapitre des Monnaies carolingiennes.)

Le monnayage des triens fut d'abord entièrement soumis à l'influence romaine. C'est à cette époque que se rattachent les pièces portant une victoire dont la dégénérescence est devenue plus tard une figure barbare que l'on a appelée Ange orant. Ensuite, on voit paraître des animaux, des oiseaux, des croix de formes très diverses ancrées, pattées, potencées, haussées, cantonnées de l'alpha et de l'omega, des calices, etc. Les inscriptions des pièces d'or présentent quelquefois des noms de rois, mais plus souvent un nom géographique décliné au nominatif, à l'accusatif, à l'ablatif et souvent accompagné d'une épithète, castellum, castrum, civitas, curtis, domis, ecclesia, mallum, monasterium, pagus, sylva, vicus, villa. Dans les provinces qui dépendaient du domaine royal, on inscrivait Racio Domini ou Racio fîsci (Racio signifie très souvent territoire ou domaine; v. Ducange). M. M. Prou pense que les formules ratio fisci et ratio domini désignent l'administration du domaine royal ; ratio ecclesiae indique l'administration d'un domaine ecclésiastique (R. N., 1889, p. 59).

Le nom de la localité est généralement suivi du verbe fitur, fitu, fit, fi, f, indiquant que la monnaie a été faite dans l'endroit dont le nom est inscrit sur la pièce. Le monétaire signe de son nom, au nominatif ou à l'ablatif, généralement suivi de son titre, plus ou moins abrégé (Mon., Monit., etc.). Les saigas, valant un quarantième de sou, présentent, avec l'aspect des triens, des types très variés, têtes, croix, entrelacs, monogrammes, chrismes, et certains signes que l'on n'a pas toujours réussi à interpréter. On trouve des saigas avec noms de rois et de monétaires ; on a voulu voir dans un certain nombre de noms sans qualificatif des noms de leudes qui s'étaient emparé du droit de monnayage. Il est probable qu'il faut chercher aussi sur ces deniers le nom de quelques puissants maires du palais : on y trouve par exemple celui d'Ebroïn (Longpérier, Coll. Rousseau, 1847, p. 59). Il faut dire cependant que cette attribution a été contestée.

Il nous semble qu'il faut s'attacher à préciser la valeur du mot monetarius, qui peut servir à désigner le fermier de la monnaie et l'ouvrier monétaire. Il faut, à notre avis, prendre le terme dans le premier sens. Car à cette époque où les communications étaient difficiles, il est aisé de comprendre une organisation où les grands propriétaires fonciers prenaient à ferme la monnaie de leur région. Mais si le souverain leur donnait le pouvoir de battre monnaie, il fallait évidemment que ces fermiers ou maîtres de monnaie fussent responsables de la bonté des espèces fabriquées sous leur administration. C'est pourquoi le nom du maître se substitua à celui du roi sur la monnaie. Il est donc probable que les noms de particuliers sont inscrits sur les monnaies mérovingiennes comme l'étaient ceux des triumviri monetales sur les monnaies de la république romaine : pour donner une garantie.

Au contraire, si l'on suppose que monetarius signifie ouvrier monétaire, on ne comprend plus aussi bien la raison pour laquelle la signature d'un particulier s'est substituée à celle du roi. Un artisan, même en le supposant un orfèvre renommé, pouvait-il offrir une garantie aussi sérieuse que le seigneur, riche propriétaire foncier ?

Les orfèvres, par la nature de leur état étaient naturellement désignés pour remplir les fonctions d'ouvriers monétaires. Ainsi, à la fin du VIème siècle, l'habile orfèvre Abbon dirigeait à Limoges l'officine publique de la monnaie fiscale. Tout orfèvre ou monnayeur pouvait changer le métal qu'on lui apportait en espèces « au poids légal et en bon or ».
Abbon était à la tête d'une officine royale où le fisc faisait frapper ses monnaies. Cependant, si Abbon a signé des monnaies, rien n'indique qu'il ne l'a pas fait comme maître de monnaie plutôt que comme artisan.
M. de Barthélémy a pensé que, au moins à l'origine, la fabrication des monnaies mérovingiennes se faisait de la manière suivante :
« Lorsqu'il y avait un impôt à lever, le domestique du palais, accompagné d'un monnayer, parcourait les pays auxquels le tribut était imposé : ils percevaient en métal la valeur demandée, puis s'arrêtant lorsque leur collecte était assez considérable, le monnayer frappait des tiers de sou dans la localité où il se trouvait, gravant sur le coin son nom et celui de la ville, ou du village, lieu de sa résidence momentanée. » (note : Manuel de Numismatique moderne, 1851, p. 2. Cette théorie est fondée sur le texte suivant : "Erat enim tempus qno census publicus ex eodem pago regis thesauro exigebatur inferendus ; sed quum omnis census in unum collectus regi pararetur ferendus, ac vellet domesticus simul et monetarius adhuc aurum ipsum fornacis coctione purgare, ut, juxta ritum, purissimum ac rutilum aulœ régis praesentaretur metallum." — Ex vita sancti Eligii a B. Audoeno, cap. xv, apud Spicileg. d'Achery).

La rentrée du revenu d'un domaine pouvait mécaniquement se contrôler par la présence du nom de lieu sur la monnaie : le receveur présentait autant de triens que tel vicus, tel castrum en devait au propriétaire, avec le nom du vicus ou du castrum et celui du monnayer comme garantie du poids et de la valeur du numéraire représentant la recette. » (Rev. archéologique, 1865, t. Ier, p. 11.)

Fillon a proposé un système qu'il faut exposer brièvement :
Les Francs trouvèrent le sol partagé en quatre espèces de propriétés : 1° le domaine impérial composé de près du tiers des terres en rapport, cultivé par les colons de l'empereur, où l'on prenait les employés du fisc chargés de la perception des fermages et des impôts; 2° les bénéfices militaires, disséminés en une multitude de cantons épars ; 3° les territoires des cités, subdivisés en propriétés particulières et en propriétés communales; 4° les terres de l'Église, qui possédait à titre de particulier.
Il en résulte, suivant l'auteur, que :
1° Les monnaies portant un nom de lieu et celui d'un monétaire étaient presque toujours municipales.
2° Les monnaies dites royales étaient frappées dans les domaines privés du roi.
3° Les évêques et les monastères avaient des ateliers particuliers.
4° Par assimilation, les chefs militaires usaient des mêmes droits que les rois, les cités, les évêques et les abbayes. (Considérations sur les monnaies de France, p. 6 et 9.)
Tous les numismatistes admettent que l'on a frappé monnaie dans les grands contres commerciaux et les chefs-lieux. Mais cela ne suffit pas pour expliquer la multiplicité des noms de lieux inscrits sur les monnaies mérovingiennes, tandis que, sous la domination romaine, on ne connaît pour les Gaules que les ateliers d'Arles, de Lyon et de Trêves (Notice de l'Empire, 5, 42 ; en 398).

C. Robert a dit que l'on frappait monnaie dans tous les vici, castra, villae ou domus dont on déchiffre aujourd'hui les noms sur les tiers de sou (Considérations sur la monnaie à l'époque romane, 27, 35). M. A. de Barthélémy a pensé que cette règle n'était peut-être pas sans exceptions (R. archéol., 1855).
M. M. Prou, dans un récent article, se refuse à admettre que les intendants d'une villa ou les habitants d'un vicus eussent l'habitude de porter le métal à la ville pour le faire monnayer, et il revient à l'opinion de Le Blanc qui considère les noms de lieux gravés sur les monnaies comme ceux des ateliers (R. N., 1888, p. 543).

Cette opinion est logique car le mot fit, fiet ou fitur dont le nom de lieu est souvent suivi, indique que la monnaie a été faite dans ce lieu.
M. Prou fait remarquer que pour certaines localités, villa ou vici, comme Albennum, Ambacia, Apraricia, Tidiriciacum, dont on possède des séries, on reconnaît dans le monnayage différentes étapes marquées par des dégénérescences et des immobilisations qui dénotent une tradition d'atelier.
MM. Robert et de Barthélémy ont démontré que les monnaies n'étaient plus à l'époque mérovingienne que des instruments d'échange. Par conséquent, si le roi continuait d'émettre des monnaies, les particuliers pouvaient également monnayer où il leur était le plus commode.

Sous Charlemagne, il y avait des orfèvres et des argentiers dans les domaines du souverain (Capitulaire de Villis). Il est probable que cette organisation datait de l'époque mérovingienne. Dès lors, rien n'empêche de croire que les orfèvres répandus dans les domaines des rois et des particuliers ont fabriqué les monnaies dans les localités où ils se trouvaient.
Si l'on rencontre des triens avec le même nom de monnayeur et des noms de lieux différents, il ne faut pas en conclure nécessairement qu'ils ont été frappés par un même individu. Il y a certainement eu des monnayeurs homonymes. Cependant des triens analogues par le style portent le même nom de monnayeur (p. ex. : Chadulfus à Briosso, Theodeberciaco, et Teudericiaco). On a dit qu'il s'agissait de localités appartenant à un même propriétaire, et que le même monnayeur s'y transportait facilement, vu le peu d'ustensiles qui lui étaient nécessaires. Le même déplacement n'était pas plus difficile pour le monnayeur d'une villa appelé dans une villa voisine.

L'explication de ce fait sera tout aussi logique si l'on admet avec nous que le nom inscrit sur la monnaie est celui du maître de monnaie ou propriétaire lui-même et non celui de l'ouvrier monétaire.
En somme, dans l'état actuel de la science, on peut admettre :
1° Que les monnaies mérovingiennes ont été frappées dans les lieux dont elles portent le nom ; 2° qu'il y avait des ateliers libres établis dans les villae, vici, castra;
3° qu'il y avait d'autres ateliers, officinae publicae, avec le monopole de l'émission des monnaies fiscales (M. Prou, l. c.,550).

ROIS DES FRANCS


L'absence complète de textes mentionnant des règlements faits sur les monnaies, par les rois francs, donne à supposer qu'ils suivirent à la lettre, dans cette partie de leur administration, les anciennes lois impériales. Il est même probable que le premier monnayage des rois des Francs fut composé de numéraire servilement copié sur celui des empereurs. Ch. Lenormant a cru retrouver sur des quinaires d'or d'Anastase, au type de la Victoire passante, des lettres indiquant le nom de Clovis Ier et l'atelier d'Orléans (R.N., 1848, 181-212, etc.). Sans admettre cette théorie, on peut déjà indiquer une série de monnaies, sous et tiers de sou d'or, depuis Childebert Ier. Les principaux ateliers qui ont émis ces monnaies sont Paris (pour Clovis II) et Marseille (pour Dagobert Ier et Childéric II).

Childebert Ier paraît avoir d'abord frappé des petits bronzes à son monogramme. Puis suivant l'exemple de son frère naturel Théodebert, roi d'Austrasie, il aurait mis son nom sur sa monnaie. Il serait à désirer qu'un travail d'ensemble parût sur la numismatique de cette période si intéressante de notre histoire nationale (cf. Keary, Coinages of Western Europe, Num. chronicle, 1878, 216).

ROIS DES FRANCS
448. Mérovée.
458. Childéric I.
481. Clovis I.
511. Childebert I, Childibert.
511. Clodomir, roi d'Orléans.
558. Clotaire I, roi de Soissons, en 511 ; d'Orléans, en 526; d'Austrasie , en 557 ; de Paris et de toute la monarchie, en 558. Il était frère du précédent.
561. Caribert.
561. Gontrand, roi d'Orléans et de Bourgogne.
570. Chilpéric I, fils de Clotaire I, roi de Soissons en 561.
584. Clotaire II.
628. Dagobert I, roi d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne. Dagobertvs.
638. Clovis II. Chlodovivs.
656. Clotaire III, roi de Neustrie et de Bourgogne.
671. Childéric II, roi de Neustrie et d'Aus-trasie ; Childericus.
674. Thierry I.
681. Ebroin, maire du palais.
693. Clovis III
694. Childebert II
711. Dagobert II. D
716. Chilpéric II, fils de Childéric II.
717. Clotaire IV, fils de Thierry I.
718. Thierry II, fils de Dagobert II.
737. Childéric III, fils de Chilpéric II, dernier de la race.
 

ROIS D'AQUITAINE


L'Aquitaine, qui comprenait tout le pays situé entre l'Océan, la Loire et les Pyrénées, avait été enlevée, en 507, aux Goths par le roi Clovis, à l'exception de la Septimanie qui conserva longtemps le nom de Gothie. Cette partie de la France fut divisée entre les fils de Clovis ; ainsi la Novempopulanie tomba dans la part du roi d'Orléans ; le Poitou, la Saintonge et l'Angoumois dans celle du roi de Paris ; le Berry et le Limousin dans celle du roi de Soissons ; l'Auvergne et le Languedoc dans celle du roi de Metz. Quatre-vingts ans après, toute l'Aquitaine appartenait au royaume d'Austrasie, sauf la Saintonge et l'Angoumois, unis au royaume de Bourgogne.
Dagobert, en 628, était unique possesseur de tous les pays qui avaient appartenu à la famille des Mérovingiens. Deux ans après son avènement, il consentit à en détacher une partie en faveur de son frère consanguin Caribert, fils de Clotaire II et d'une autre reine que la mère de Dagobert ; par un traité conclu en 630, ce dernier lui donna le Toulousain, le Quercy, l'Agénois, la Saintonge, le Périgord et la Gascogne. Telle fut l'origine des rois mérovingiens d'Aquitaine, qui furent la tige des ducs do Gascogne et d'Aquitaine, des comtes de Fésenzac et d'Armagnac et des anciens rois de Navarre. On connaît un tiers de sou frappé à Bannassac, en Gévaudan, par Charibert. Voici la description de cette pièce : charibertvs-rex. Tête diadémée dans un cercle. R/ banniaciaco. fiit. Calice à deux anses surmonté d'une croix.
Childebert II, roi d'Austrasie (575) frappa également des monnaies dans le Gévaudan avec les légendes hildeberti et gabalorvm. Dagobert Ier et Sigebert III ont frappé aussi des pièces portant le calice à deux anses, signe distinctif des monnaies du Gévaudan (cf. Vicomte de Ponton d'Amécourt et Moré de Prévalia, Monnaies mérovingiennes du Gévaudan, 1883).

Liste des Rois d'Aquitaine



630. Caribert, roi d'Aquitaine, fils de Clotaire II. CHARIBERTVS
631. Udéric ou Chilpéric, roi de Toulouse, mort en 632.
636. Boggis et Bertrand, frères du précédent, reconnus ducs d'Aquitaine, de Toulouse et de Gascogne par Dagobert.
688. Eudes, duc de Toulouse et de Gascogne, fils de Boggis.

Voy. la suite des ducs d'Aquitaine et de Gascogne.

ROIS DES BOURGUIGNONS


De même que les Ostrogoths en Italie et les Wisigoths en Espagne, les rois bourguignons frappaient aussi monnaie en copiant autant qu'ils le pouvaient les types impériaux. Pendant longtemps ces monuments, si intéressants pour notre histoire monétaire nationale, étaient restés ignorés, lorsque Ch. Lenormant a essayé avec un certain succès de les découvrir et de les expliquer (R.N., 1848, p. 106, 181).
Les pièces sont surtout des sous et des tiers de sou d'or, au type ordinaire de la Victoire, posée de profil, tenant une palme et une couronne ; les rois barbares se contentaient de faire graver leurs noms ainsi que celui de l'atelier monétaire sous forme de monogrammes, et à la fin de légendes impériales, de manière qu'un œil peu exercé ne pouvait guère discerner la différence.
Le système de Lenormant n'est pas en désaccord avec les textes.
D'un côté, Procope (Bello goth., III, xxxiii), nous apprend positivement que dans la première moitié du VIème siècle, aucune monnaie ne fut frappée par les rois barbares avant 544; d'autre part, dans le code des Bourguignons, dite loi Gombette, un passage prouve évidemment que de 491 à 523, les rois bourguignons firent des ordonnances sur le numéraire circulant dans leurs Etats.
Il est possible que la loi eût rapport aux monnaies frappées par les rois burgondes à l'effigie des empereurs, mais avec leur monogramme. Voici le texte de la loi :
Demonitas solidorum (volumus) custodire, ut omne aurum quodcumque pensaverit, accipiatur, praeter quattuor tantum monitas, hoc est Valentiani, Genavensis prioris et Gotici qui a tempore Alarici régis adaerati sunt, et Aduricanos. Quodsi quicumque praeter istas quatuor monetas aurum pensantem non acceperit, id quod vindere volebat non accepto precio perdat (Pertz, Leges, III, p. 576, 6).
Plusieurs pièces données aux rois burgondes portent, avec le monogramme, la marque de l'atelier de Lyon (L. D.), et des petites pièces d'argent portent le prétendu monogramme de Gondebaud (cf. Ponton d'Amécourt, Annuaire Soc. Num., t. Ier 1866, p. 113).
Beaucoup de numismatistes considèrent que ces attributions de monnaies aux rois burgondes ne sont pas suffisamment établies.


SUITE DES ROIS BOURGUIGNONS



407. Gondicaire.
436. Gondioc ou Gondéric.
466. Chilpéric.
491. Gondebaud, frère du précédent.
516. Sigismond. S. G. et monogramme
527. Gondomar, frère du précédent. g.
561. Gontran, fils de Clotaire 1er, roi des Francs.
593. Chidebert, fils de Sigebert, roi d'Austrasie.
596. Théodoric. 613. Clotaire II, roi des Francs.

ROIS D'AUSTRASIE


L'Austrasie comprenait les provinces transrhénanes, les cités gauloises situées entre le Rhin et la Meuse, et celles de Reims, Châlons, Troyes et Avranches. Les cités de Clermont, Rodez, Cahors, Albi, Uzès; la Thuringe et la Bavière firent aussi partie de l'Austrasie.Vers l'an 540, Théodebert, petit-fils de Clovis, roi des Francs, régnait en Austrasie depuis près de douze ans quand il abandonna le système généralement adopté d'imitation des types impériaux pour placer sa propre effigie sur le numéraire. Les monogrammes gravés sur ces monnaies paraissent indiquer les noms en abrégé des diverses cités du royaume austrasien : Cologne (col. v.), Trêves (tr), Rheinmagen (RIO), Metz (m), Toul (t), Lyon (lv), Bonn sur le Rhin (BO), Reims (re), Châlons-sur-Marne (CA), Laon (lav-clav), Clermont-Ferrand (ar), Verdun ? Mayence ? Ces pièces sont des copies des sous d'or de Justin Ier et de Justinien, avec le buste portant la lance, et la légende d. n. theodebertvs victor. Au R/ victoria-avggg, Victoire ailée de face ; à l'exergue : conob. Une variété porte au R/ un personnage de profil tenant une Victoire et foulant aux pieds un ennemi. Les tiers de sous présentent le buste de profil et au R/ une Victoire ailée. C'est évidemment au monnayage de Théodebert que fait allusion Procope parlant des rois Barbares : « Et maintenant, ils président aux jeux du cirque à Arles, et frappent avec l'or des Gaules des monnaies sur lesquelles on grave non l'effigie de l'empereur, comme cela se fait toujours, mais leur propre image » (Hist. Goth., III, XXXIII).

Dans un récent travail, M. Deloche a essayé de prouver que les monnaies de Théodoric étaient sorties d'un seul atelier, celui de Metz. Les marques géographiques ne désigneraient pas les lieux de fabrication des monnaies, mais les lieux de provenance du métal envoyé par des leudes ou des particuliers pour être converti en monnaies. Le numéraire devait ensuite être réparti proportionnellement. Les pièces dépourvues de ces monogrammes étaient frappées avec l'or du trésor royal. Enfin le style italien des monnaies de Théodebert s'explique facilement car il avait du ramener des artistes en revenant de sa brillante expédition dans la péninsule en 539. P. Charles Robert admettait au contraire la diffusion du monnayage dans les localités dont les monogrammes indiqueraient le nom. A son avis, les monnaies royales d'Austrasie devaient être regardées comme des produits de l'atelier de Clermont-Ferrand lorsqu'elles portaient la marque A R (Arvernum). Il a produit un certain nombre d'objections contre la théorie de M. Deloche. Une des plus importantes est tirée des difficultés que font surgir le transport du métal à Metz et le retour en espèces monnayées dans les différentes villes du royaume austrasien (V. sur cette intéressante question : R.N., 1886, p. 372 ; 1889, p. 62 ; Comptes rendus des S. de l'Acad. des lnscr. et B. Lettres, 1887, p. 471). En somme, la question n'est pas résolue dans toutes ses parties. A signaler aussi une monnaie de cuivre avec Theodeberti rex, Croix; R/ monogramme composé des lettres d. n. tvdbtvs. On a un triens de Sigebert Ier et le monnayage continue sous Childebert II (575) et Théodebert II (Robert, Eludes Num. du Nord-Est, p. 97). Sigebert III frappe des triens à Bannassac et à Marseille.
Nous donnons ci-dessous la liste des rois d'Austrasie : parmi eux on remarque plusieurs rois voisins qui, à différentes reprises, unirent les pays de la France orientale à ceux qu'ils avaient déjà.

511. Théodoric, fils de Clovis, premier roi d'Austrasie.
534. Théodebert Ier. Il posséda la Provence et Gênes.
548. Théoduald.
555. Clotaire Ier, roi de Neustrie.
561. Sigebert Ier, cinquième fils du précédent,roi d'Austrasie.
570. Childebert, roi d'Austrasie et de Bourgogne.
595. Théodebert II, roi d'Austrasie.
611. Théodoric II, roi d'Austrasie et de Bourgogne, frère du précédent. Tevderic .
612. Sigebert II.
613. Clotaire II, roi de Neustrie, d'Austra­sie et de Bourgogne.
623. Dagobert Ier, roi d'Austrasie.
633. Sigebert III. — SigiBERTVS.
655. Dagobert II.
660. Childéric II, roi de Neustrie.
674. Dagobert II, rappelé.
678. Martin et Pépin d'Herstal, ducs d'Austrasie.
714. Charles Martel, maire du palais d'Austrasie.
741. Pépin, depuis roi de France.

ARMORIQUE OU BRETAGNE



Au IVème et au VIème siècle, la partie des Gaules, connue sous le nom de Bretagne aujourd'hui, reçut, à différentes fois, des migrations venues de la Bretagne insulaire, qui chassèrent les garnisons romaines, apportèrent la foi chrétienne, et, en faisant participer la mère patrie à la civilisation qui régnait depuis longtemps de l'autre côté do la Manche, produisirent, vers 514, un rétablissement, au moins partiel, d'une autorité indépendante et nationale. La Bretagne fut véritablement un Etat indépendant et resta ainsi jusqu'à une époque assez rapprochée de nous, bien que les rois des Francs, les empereurs carolingiens et les Capétiens aient à plusieurs reprises essayé de la réduire aux mêmes conditions que les autres provinces. Ch. Lenormant a tenté autrefois de donner à la Bretagne des tiers de sou de Justin et de Justinien, sur lesquels il lisait Arm; puis d'autres pièces où il découvrait les noms de Childebert, de Chramne et de Chonobre, comte des Bretons. Ces attributions ne sont plus acceptées aujourd'hui, et la numismatique de l'Armorique ne comprend que les triens portant des noms de localités de la région. Il faut dire cependant qu'on a attribué au roi Judicaël, contemporain de Dagobert Ier, un triens avec ivtic... ino..iciNa. R. (Judicael in officina Redonun) (P. d'Amécourt, Numism. Méroving. comp. à la géographie de Grégoire de Tours, 1864, 146).
Depuis longtemps on a compris l'utilité de la numismatique mérovingienne. Nous jugeons utile de répéter ce qu'écrivait Fillon, en 1850 :

« Considérées au point de vue de la géographie et de la linguistique, les monnaies qu'a produites le monnayage mérovingien sont dignes du plus haut intérêt. Elles servent à donner les noms primitifs des localités, à tracer les limites des diverses subdivisions politiques peu connues. Il est donc nécessaire de les décrire avec la plus scrupuleuse exactitude, de rectifier les lectures défectueuses et les fausses attributions, de les grouper en raison du style et des types. L'histoire y gagnera de véritables conquêtes. Les monnaies mérovingiennes qui sont toutes des pièces locales doivent être classées par province et ateliers monétaires, en prenant pour bases les circonscriptions ecclésiastiques qui furent calquées sur les anciennes divisions établies par les Romains, divisions conservées en grande partie dans les deux premières races, et qui fournirent les éléments de celles qu'adopta la féodalité. Le classement par ordre alphabétique a l'inconvénient de nuire aux découvertes que le rapprochement des types peut faire surgir, et de disséminer les produits des ateliers d'une même contrée, point essentiel, sur lequel il est indispensable d'insister, afin de ne pas disloquer les séries locales qui fournissent le moyen le plus efficace d'établir l'ordre chronologique dans ces monuments » (Considérations, p. 42).

On sait l'excellent parti que M. Augustin Longnon a su tirer des monnaies mérovingiennes dans son savant travail sur la Géographie de la Gaule au VIème siècle. Nous conseillons à nos lecteurs de consulter cet ouvrage, ainsi que le magnifique Atlas historique du même auteur, où sont donnés un grand nombre de noms de lieux dont l'étude permettra de tenter le classement géographique des monnaies. Pour un manuel, le classement par ordre alphabétique des légendes s'imposait forcément. Nous ne pouvions par suite que fournir des matériaux à ceux qui voudront établir un ordre plus rationnel.
La liste de légendes, donnée ci-dessous, est la plus complète publiée jusqu'à ce jour. Nous avons pu la dresser, grâce à l'obligeance de M. A. de Barthélémy, qui a bien voulu nous communiquer les résultats de quarante années de recherches.
Une liste alphabétique des noms de monnayers eût été utile, mais nous ne pouvions allonger notre travail. La liste que nous donnons les renferme; il ne s'agit donc que de les y chercher. Chaque numismatiste pourra dresser lui-même cette liste de monnayers : ce sera une occasion d'étudier cette curieuse numismatique, (cf. A de Barthélémy, Bibl. Ecole des Chartes. 1881, 383-305).

Nous avons conservé aux noms les formes qu'ils offrent sur les monnaies. Quelques lectures sont encore incertaines, mais le plus grand nombre des légendes sont aujourd'hui définitivement acquises.
On en trouvera quelques-unes que nous avons notées, malgré leur état
incomplet, dans l'espoir que nos lecteurs pourraient donner une lecture entière d'après d'autres exemplaires.
Nous n'avons pas conservé certains noms qui figurent dans l'ancienne liste parce qu'ils provenaient de lectures qui ont été rectifiées depuis.

Enfin, si nous n'avons donné qu'un petit nombre d'identifications de noms de lieu, c'est parce que beaucoup de rapprochements de ce genre ne nous ont pas paru suffisamment établis.
 

Liste des lieux où des monnaies méovingiennes ont été frappées :


Avallon
Avignon
Avranches
Agaune
Hannapes ?
Agen
Alonne
Albi
Langeais
Amboise
Ambazac
Amiens
Angers
Le Puy
Arcis ?
Arlenc
Clermont-Ferrand
Strasbourg
Arras
Aire
Avenches
Autun
Orléans
Auch
Aoste
Auxerre
Bayeux
Banassac
Baracé
Bâle
Beaune
Bourges
Brizay ?
Brienne
Brives
Brioude
Bourbonne
Bordeaux
Chalon-sur-Saône
Cahors
Chinon
Cambrai
Chambon
Kierzy ?
Chartres
Arpajon ?
Le Mans
Aire
Saint-Bertrand-de-Comminges
Cormes
Curçay
Cursac
Moutiers en Tarentaise
Dijon
Doerstedt
Draveil ?
Chateaudun
Angoulême
Gévaudan
Jumièges
Genève
Grenoble
Izeures ?
Juliac
Laon
Lausanne
Limoges
Laon
Langres
Lyon
Champion
Marcillé ou Marcilly
Marsal
Marseille
Mâcon
Mauriac
Saint-Jean-de-Maurienne
Melun ?
Moyenoie
Meaux
Melle
Metz
Mayence
Laon
Mouzon
Namur
Nantes
Naix
Nevers
Noirlieu
Noyon
Neuvy
Le Palais
Paris
Poitiers
Perthes
Périgueux
Rezé
Rennes
Reims
Riom
Rouen
Rodez
Segrais
Saintes
Sarrebourg
Charpogne
Saint-Denis
Saint-Flour
Sens
Sion Senlis
Souvigny
Strasbourg
Soissons
Thiverzay
Tonnerre
Toulouse
Trizay-sur-le-Lay
Thouars ?
Tournai
Troyes
Trèves
Maestricht
Zulpich
Toul
Tournai
Tours
Uzès
Uzerche
Valence
Gap
Bazas
Vannes
Besançon
Vienne
Vendel
Vendôme
Verdun
Verly ?
Viviers
Vouroux



Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
 
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