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Les monnaies de l'époque carolingienne
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Dans son Manuel de Numismatique paru en 1890, A. Blanchet expose rapidement la place des monnaies carolingiennes dans l'histoire numismatique. Cet article a vieilli sur certains aspects (à l'époque il est encore question de "race" pour désigner les Mérovingiens ou les Carolingiens). Les informations numismatiques sur les monnaies carolingiennes étant plutôt rares sur Internet, nous n'avons pas jugé inutile de publier ici ce résumé assez dense qui donne une vue d'ensemble assez bonne sur ce que fut le monnayage carolingien. Il faut évidemment compléter cette approche des monnaies carolingienne avec des publications actualisées.


Les monnaies de l'époque Carolingienne, d'après A. Blanchet


Sous la première race ( = sous les Mérovingiens), on avait frappé surtout des monnaies d'or, mais il serait inexact de croire que le fondateur de la deuxième race ( = les Carolingiens) a volontairement remplacé l'or par l'argent (Guérard, R.N., 1837, p. 424). Le changement s'est opéré peu à peu ; les saigas parurent et, se transformant progressivement, devinrent les deniers que la race carolingienne a frappés en si grand nombre. Certaines pièces semblent appartenir à cette période de transition.
La rareté des espèces d'or sous la dynastie carolingienne, d'origine germanique, est un fait curieux à signaler, surtout si l'on rappelle que les anciens Germains préféraient les monnaies d'argent à celles d'or (Tacite, De Mor. Germ., c. v.).
La valeur du denier a été variable. Guérard dit qu'il y eut des deniers de 21 grains 2/3 et d'autres de 24 grains sous Pépin et que, sous Charlemagne, une espèce pesait 24 et une autre 32 grains.

Sous les rois de la première race, la taille était de 25 sols dans la livre d'argent, du poids de 6,144 grains.
Cette taille fut réduite par Pépin à 22 sols. Charlemagne, qui porta la livre à 7,680 grains, fixa la taille à 20 sols (240 deniers).
La valeur intrinsèque des deniers est de 0 fr. 26 36/100 sous Pépin et de 0 fr. 36 24/100 sous Charlemagne et la valeur relative est respectivement de 2 fr. 83 et de 3 fr. 89. A la fin du VIIIe siècle, le pouvoir de l'argent ayant diminué, la valeur relative du denier ne fut plus que de 2 fr. 66 (R.N.., 1837, p. 413).

 

M. de Barthélémy a pensé avec raison que le denier succéda à la saiga mérovingienne et en prit le poids qui était de 20 grains 12/25 (l gr. 86). Mais à la fin du règne de Charlemagne, le poids fut de 32 grains (1gr.707).

Le monnayage de l'or ne comprend que des pièces du poids d'un tiers de sol romain, frappées en Italie, avec carleman.rx et carle.rx ou carl.fr.x occupant le champ. Une autre avec +d.n.avstvlfri et le monogramme crx, semble attester la reconnaissance par Astaulfe de la suzeraineté du roi des Francs sur le royaume Longobard.

Les tiers de sol, avec d.n.carvlvs.rex, frappés à Luc-ques.
Les sols et les tiers de sol frappés par Grimvald III, prince de Bénévent, avec le nom de Charlemagne (doms. car.rx), en vertu d'un traité où se trouvait la clause suivante : ...Nummosque sui nominis characteribus superscribi semper juberis.
Les sous d'or de Louis le Débonnaire portant un buste lauré avec le paludamentum, et au revers mvnvs.divinvm autour d'une couronne, de même que les sous frappés à Uzès, ont probablement servi à des cérémonies religieuses ou comme pièces de plaisir (Fillon, Considérations, p. 116 ; Cartier, IVe lettre, p. 251 ; Chalon, Rev. belge, 1850, p. 377). On frappa même des pièces d'or avec les coins des monnaies ordinaires, par exemple, le denier d'or de Melle (Fillon, Lettres à Dugast, p. 141).
Les nouveaux souverains, plus solidement assis sur leur trône, apportèrent de grands changements dans l'organisation monétaire.

Plus de monnayers ; les monnaies portent seulement le nom du souverain et celui de la localité où elles ont été frappées.
Nous trouvons cependant quelques noms de particuliers inscrits sur les monnaies :
Sur celles de Pépin, gaddo, milo et labi (à Reims); sur une pièce de Carloman, levtbra; sur des deniers de Charlemagne, gervasi, odal (ricus), rodlan, walacario.

Parmi eux sont probablement Milon, le puissant comte de Narbonne, et le fameux Roland.
Certains auteurs ont pensé que ces noms indiquaient des monnayeurs analogues à ceux de l'époque mérovingienne. D'autres ont cru y trouver une marque d'indépendance de certains comtes ou ducs inamovibles. Gariel (2° P., p. 54) est disposé à y voir le signe d'une concession faite par le souverain à des comtes ou marquis (C'est l'opinion de M. de Barthélémy dans Charlemagne par Alphonse Vetault, 1877). La question, comme tant d'autres dans la numismatique carolingienne, ne paraît pas avoir encore reçu de solution certaine.

Depuis l'avènement de Pépin (752), jusqu'à l'avènement de Louis le Débonnaire (814), la monnaie de l'empire d'Occident peut être considérée comme ayant appartenu véritablement aux souverains : mais, à dater de cette dernière époque, le nombre des ateliers royaux diminue.

Les évêques et les monastères se faisaient concéder les ateliers établis dans leurs villes. Voulant à la fois jouir des prérogatives que la munificence royale leur accordait, et se servir d'un type religieux, ils adoptèrent celui de xpistiana. religio, que Louis le Débonnaire tenait de son père, et qu'il avait commencé à naturaliser en Gaule. Le type adopté, il arriva deux choses : 1° les évêques, plus à portée de se soustraire au contrôle des missi dominici et des comtes, et qui avaient obtenu la plénitude des bénéfices du droit de monnayage, continuèrent à se servir du nom de Louis le Débonnaire, même après sa mort, soit par reconnaissance, soit par un autre motif; 2° ceux qui étaient dans le cercle d'action du monarque, ou qui étaient moins favorisés, eurent soin de changer le nom à chaque mutation de règne. (Fillon, Consid., p. 78).

Les seigneurs laïques, par concession plus ou moins régulière, exerçaient aussi le droit de monnayage et copiaient principalement les monnaies portant les monogrammes des rois Charles le Chauve et Eudes.

A l'origine des concessions, les seigneurs, prélats et monastères, chargés de la fabrication de la monnaie royale, étaient autorisés à prélever un bénéfice de 1 sou sur 22 et plus tard de 1 sou sur 20. Le bénéfice augmenta jusqu'au moment où la monnaie royale devint seigneuriale. Sous le règne d'Eudes, paraît la première espèce purement baronale : c'est le denier de Corbie, où le nom du roi, d'abord accompagné du monogramme de l'abbé, finit par disparaître complètement.

A l'origine du monnayage carolingien, le nom du souverain était généralement écrit en deux lignes. Quoique Longpérier ait contesté l'attribution à Charlemagne de pièces avec monogramme au centre (cat. Rousseau), Charlemagne en a probablement été l'inventeur, mais il s'en servit peu dans les ateliers d'Aquitaine où monnayait en son propre nom son fils Louis. Charles le Chauve employa ce type dans les seuls ateliers d'Aquitaine.

D'après l'édit de Pîtres, rendu en 864, les monnaies devaient porter le monogramme cruciforme entouré du nom du souverain. Mais peu d'ateliers frappèrent à ce type et Charles le Chauve fit passer de la diplomatique sur les monnaies la formule dei.gratia.rex qui prit la place du nom royal dont le monogramme fut conservé; au revers, on inscrivit le nom de l'atelier autour d'une croix. Cette dernière modification, conservée par les successeurs de Charles le Chauve, devint le prototype presque général des monnaies féodales.

La série carolingienne n'est pas riche par ses types. Cependant, outre la croix, le monogramme et le temple, on trouve une porte de ville, un navire (Quentovic, Dorestadt), des instruments de monnayage (Melle), un saint debout (St Chéron, à Chartres), etc. Un certain nombre de rares deniers d'Arles, de Lyon, de Pavie, etc, portent la tête du souverain, fort peu ressemblante, du reste.

Parmi les pièces les plus curieuses de la série carolingienne, citons :
Le denier de Pépin avec dom.pipi et eli.mosi na qui a peut-être été frappé par les fils de Pépin (Gariel, p. 49),
Les deniers de Charlemagne avec + d.n.karlvs imp. avg.rex.f.et.l. (rex Francorum et Longobardorum); celui avec + carlvs.rex.fr. et au revers + et.lang.ac.pat rom, (ac patricius Romanorum) portant au centre un monogramme où sont peut-être les initiales du pape Hadrien.

Le plomb avec : d.n.kar. p.f.pp.avg, buste casqué et cuirassé avec lance et bouclier; revers RENOVAT (io) ro (mani) imp (erii), Porte de ville; dessous, roma (R. N., 1840, p. 120).

Le denier de Louis IV (?) avec capvt.rEgis et une tête diadémée, attribué à Tournus (Robert, R. N., 1860, p. 469), etc.
Des pièces portent mEtal.german qui a été interprété par impôt, tribut de Germanie. D'anciens ouvrages allemands prouvent que les mines d'argent de la Bohême et celles du Ram-Melsberg dans le Hartz, commencèrent à être exploitées à l'époque de Charlemagne (C. Robert, Consid. sur la M. à l'époque romane, p. 25). Il pourrait se faire, à notre avis, que la légende précitée indiquât que les pièces étaient fabriquées avec le métal de ces régions.

L'édit de Pîtres ne mentionnait que les ateliers suivants : Le Palais, Quentovic, Rouen, Reims, Sens, Paris, Orléans, Chalon-sur-Saône, Melle et Narbonne. On s'étonnera donc de trouver un nombre bien plus considérable d'officines, sous Charles le Chauve. Mais d'abord il faut retrancher toutes les monnaies frappées avant 864, et ensuite il faut avoir égard aux concessions royales et aux usurpations.

Il faut, en outre, considérer que les mots, in palatio de l'édit, doivent être entendus dans un sens très large ; c'est-à-dire que l'on ne doit pas y voir un seul palais, mais toutes les résidences royales pendant le séjour du roi; ainsi nous connaissons des deniers qui portent en toutes lettres : atiniaco.pa, conpendio.palacio ; il y a évidemment beaucoup d'autres palais, qui ne sont pas positivement spécifiés sur les monnaies. Enfin nous devons nous rappeler que les monnayers suivaient les rois de la seconde race lorsqu'ils allaient à la tête de leurs armées, et qu'ils frappaient quelquefois des monnaies dans les villes où ils s'arrêtaient, au quartier général, comme nous pourrions dire aujourd'hui (R.N., 1851, p. 27).

Le classement des monnaies carolingiennes est loin d'être achevé. L'ordre géographique est encore celui qui donnera le plus de résultats en permettant de reconnaître la filiation des types et l'âge des monnaies. C'est en déterminant, par ville et par région, une chronologie dans chaque série monétaire qu'on pourra peut-être parvenir à classer avec quelque certitude les monnaies au nom de Charles et au nom de Louis. Comme le disait M. de Barthélémy, dans son Manuel de Numismatique, publié en 1851, il faut éviter d'appliquer une classification centralisatrice à des monuments appartenant à une époque où tout tendait, au contraire, à se décentraliser.

Les différences entre les principales régions de l'empire sont considérables. Dans la Neustrie, le monnayage est régulier, avec un style propre à chaque époque. Le type y est le même pour tous les ateliers, et il n'y a pas d'immobilisation locale; à partir de Charles le Chauve, le monarque est le Rex Francorum ; on n'y connaît plus le titre d'empereur.

L'Aquitaine, la Provence, la partie méridionale de la Bourgogne, prodiguent le titre impérial; on y trouve des immobilisations locales, des monnayages municipaux; les types sont mélangés.

Il en est de même ponr la Germanie et la Lotharingie (Gariel, Introduction).
C'est pour faciliter la classification basée sur ces remarques que nous avons indiqué la division géographique à la suite des noms de villes, pour le règne de Charles le Chauve.

Pour un ouvrage élémentaire surtout, il fallait adopter une classification admise par tous les numismatistes.
C'est pourquoi nous avons adopté l'ordre chronologique suivi par Gariel, tout en rejetant les attributions qui nous ont paru erronées ou hasardées.

Suivant une habitude généralement admise, nous avons noté à la suite des monnaies carolingiennes celles des princes contemporains. Ce classement, s'il n'est pas rationnel au point de vue géographique, l'est beaucoup sous le rapport de l'origine commune des monnayages français, allemand et italien.

Quant aux documents relatifs aux monnaies carolingiennes, nous avons donné le texte de l'édit de Pitres et le titre des autres que M. A. de Barthélémy a soigneusement rassemblés en tête de l'ouvrage de Gariel (p. 27-50).



Dernière mise à jour : ( 28-07-2009 )
 
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