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21-01-2017
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La politique monétaire trouble de Philippe le Bel
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Le règne de Philippe le Bel, roi de France de 1285 à 1314, a été particulièrement agité sur le plan monétaire. Le roi et ses conseillers ont multiplié les émissions de nouvelles monnaies. Aux dévaluations ont succédé les réévaluations, qui donnent un sentiment d'incohérence de la politique royale. Ces mutations monétaires ont finalement abouti à un mécontentement général du Royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fait face à des émeutes populaires mais aussi à des ligues nobiliaires qui exigent, entre autre, le retour à la bonne monnaie. Sans chercher à répondre à toutes les questions complexes soulevées par ce dossier controversé, on peut s'interroger : en quoi le monnayage de Philippe le Bel est-il différent de celui de ses prédécesseurs ? A quelles manipulations monétaires s'est-on livré, dans quel but, et avec quels résultats ?
 
Le dossier monétaire de Philippe le Bel est particulièrement chargé. Dès 1301, Bernard Saisset, l'évêque de Pamiers, l'accuse de faire fabriquer de la fausse monnaie[1]. Les chroniqueurs, français ou étrangers, ne sont pas en reste. L'Italien Jean Villani, par exemple, après avoir raconté la déroute de l'armée française à Courtrai face aux Flamands (1302), affirme ceci : "Le roi de France, passée la douleur [de la défaite], fit lever l'host dans tout son royaume, et pour financer sa guerre, il fit falsifier ses monnaies"[2].Guillaume de Nangis, pour sa part, raconte l'émeute qui a secoué Paris en 1306, après une mutation monétaire dont les conséquences sociales avaient été visiblement mal évaluées... Le roi et ses barons, pendant un moment, se trouvent coincés dans le manoir des Templiers par la foule en colère. La situation est débloquée par les belles paroles de Firmin Coquerel, le prévôt de Paris. Les jours suivants, le roi ne manque pas de se venger : 28 émeutiers sont pendus aux quatre entrées de la ville, et leurs cadavres sont exposés sur des gibets pour l'exemple. Un autre chroniqueur, Geoffroi de Paris, se fait l'écho de l'impression que produisirent les mutations monétaires entreprises par le roi en 1311 et 1313. L'argent de bon aloi, dit-il en substance, a disparu du commerce; on ne trouve plus que des monnaies noires (c'est-à-dire des monnaies de billon). En outre, ces monnaies n'existent qu'en quantité insuffisante : on ne sait plus comment payer les achats courants. Le roi est un manipulateur : il prétend d'abord que 20 égalent 60, puis 90 ne valent plus que 30... Le chroniqueur rajoute enfin, non sans malice : "cette année, le roi a fait encore mieux : il souffle sur la boite, et il n'y plus rien dedans..."[3]. Cette critique ouverte de la politique monétaire du roi fait penser à Montesquieu, qui dans les Lettres persanes, fait dire à son personnage que le roi de France (Louis XV) est un grand magicien : s'il n'a qu'un million d'écus dans son trésor, et qu'il en ait besoin de deux, il n'a qu'a les persuader [ses sujets] qu'un écu en vaut deux, et ils le croient[4]. Les exemples d'avis divers et variés qui témoignent des troubles monétaires de cette période sont nombreux. Concluons ce "dossier à charge" par un dernier exemple : Dante lui-même, avec son style si personnel, dit dans sa Divine comédie que Philippe le Bel a falsifié sa monnaie[5].
 
 
On peut dire immédiatement que Philippe le Bel n'a pas été un roi faux monnayeur, puisqu'il disposait incontestablement du droit de battre monnaie. Ses mutations monétaires ont été exécutées ouvertement et publiquement : les nombreuses ordonnances royales qui accompagnent les émissions en témoignent. Dans ces conditions, pourquoi Bernard Saisset accuse-t-il le roi, en 1301, d'être un faux-monnayeur ? Cela tient semble-t-il à l'idée que l'on se faisait à Rome du droit de muer les monnaies. Dans l'entourage du Pape, personne ne conteste que la monnaie appartient au Prince. C'est ainsi qu'est interprétée la fameuse réplique de Jésus dans la Bible à propos de la monnaie : "rendez à César ce qui est à César"[6]. Mais les idées exprimées par Aristote dans l'Ethique et la Politiqueont pénétré les esprits au XIII° siècle. Conformément à ce que dit l'antique philosophe grec, on pense que le roi ne peut muer sa monnaie qu'en cas de nécessité, en veillant à maintenir intact l'intérêt de la communauté. Ces idées aristotéliciennes existent aussi dans l'entourage de Philippe le Bel. Voici en substance ce que déclare l'un de ses conseillers en 1309 : Abaisser et amenuiser la monnaie est un privilège exclusivement royal... mais le roi ne peut utiliser ce droit qu'en cas de necessité[7]. Aussi, au début de son règne, le roi de France n'est pas certain d'avoir le droit de transformer les monnaies à sa guise. Dans l'ordonnance qui accompagne la mutation monétaire de1295, le roi explique la nécessité de ce remuement monétaire et s'engage à dédommager les victimes éventuelles[8]. Ces éléments sont assez significatifs de la façon dont on percevait la monnaie au Moyen Age. L'idée populaire et assez générale qui court est celle de l'immuabilité de la monnaie, érigée en principe. Le gens du Moyen-Age, en général, ne conçoivent pas les notions d'inflation, de dévaluation ou de système monétaire. S'il y a des problèmes monétaires, qu'il s'agisse d'inflation ou de pénurie de monnaie, ils ne peuvent être que le fait des actions de l'autorité responsable de la monnaie, ce qui, certes, n'est pas totalement faux. Mais on perçoit mal certaines contraintes inhérentes au système monétaire, comme la spéculation à laquelle se livrent changeurs et marchands. Dans la pratique, le roi ne contrôle pas tous les paramètres de la politique monétaire. Les assemblées de prélats et de barons convoquées périodiquement, au début du XIV° siècle pour donner leur avis sur la question monétaire réclament toutes le retour à la bonne monnaie de Saint-Louis[9], quelque peu idéalisée. Il est vrai que la politique monétaire de Philippe le Bel est tout sauf stable. Le système monétaire a été bouleversé de fond en comble. Cette situation, qui n'avait pas de précédent historique, contraste fortement avec les pratiques monétaires de ses prédécesseurs, Saint-Louis et Philippe le Hardi, dont les monnayages sont alors considérés comme des modèles de stabilité. Le résultat des mutations, dans l'opinion publique, est simple: bien que le roi agisse selon son bon droit, toute transformation de la monnaie est assimilée à un abus déloyal, voire à une falsification pure et simple.
 
 
Examinons à présent le monnayage de Philippe le Bel[10]. Ses émissions monétaires comportent à la fois des éléments de continuité et des innovations nombreuses et sans précédent historique. Au début de son règne, les monnaies de Philippe le Bel sont identiques à celles de ses prédécesseurs. Il poursuit la fabrication des deniers tournois et parisis, monnaies traditionnelles des rois de France. Ces pièces ne contiennent qu'une faible quantité d'argent pur. Il s'agit de monnaies de billon. Philippe le Bel poursuit également l'émission des Gros tournois. Ces grosses monnaies d'argent instituées par Saint-Louis ont été frappées à partir de 1266. Elle valent alors 12 deniers tournois et leur titre, c'est-à-dire la quantité d'argent fin qu'elles contiennent, est élevé (958/1000). Assez rapidement, le roi est contraint de modifier le cours du Gros, sous-évalué au début de son règne. Nous reviendrons sur cet aspect par ailleurs. Notons dès à présent la multiplication des nouveaux types monétaires de billon ou d'argent de bon aloi tout au long du règne. Les nouvelles monnaies d'argent sont la "Maille demie", ordonnée en 1296 et la "Maille tierce" (à l'O rond ou à l'O lond), auxquelles il faut rajouter le "Gros affaibli", au titre de 9 deniers d'argent-le-roi, soit 718/1000 d'argent fin au lieu des 12 deniers d'argent-le-roi (958/1000) utilisés jusque là. Cette pièce, citée formellement dans les archives, a été frappée entre 1303 et 1305, mais n'a jamais été retrouvée[11]. Le nouvelles monnaies de billon sont nombreuses : le Toulousain est frappé en 1291 et 1308; le Double parisis, dit "cornu", ainsi que le Double tournois sont frappés entre 1295 et 1303. Citons encore le "Demi-double" parisis, ainsi que le "Bourgeois fort" et le "Bourgeois simple", frappés en 1311-1312. La multiplication de nouveaux types de monnaies est également valable pour le monnayage d'or. Dès 1290, des Petits royaux d'or sont fabriqués et mis en circulation. Des ateliers monétaires sortiront aussi la Masse d'or, frappée entre 1296 et 1303, la Chaise d'or, d'un meilleur aloi, à partir de 1303, le Denier à la Reine et le Petit royal d'or ou "Mantelet" en 1305, et, enfin l'Agnel d'or en 1311. Cette fabrication de pièces d'or est certainement l'innovation monétaire la plus remarquable du temps de Philippe le Bel. Certes, Saint Louis a fait frapper quelques Ecus d'or. Mais ces frappes très modestes semblent avoir plutôt répondu à une préoccupation de prestige politique qu'à une réelle intention économique. En réalité c'est sous Philippe le Bel que le système monétaire redevient bimétallique, grâce à des émissions de monnaies d'or régulières et abondantes.
 
 
L'explication de cette multiplication de types monétaires n'est pas simple. L'émission de monnaies répondait en effet à différentes intentions parfois contradictoires : l'autorité monétaire agissait en fonction de buts fiscaux, économiques, sociaux ou politiques. Les émissions de monnaies procuraient à la monarchie des revenus conséquents, car un droit de seigneuriage était prélevé sur les pièces fabriquées : le roi gardait un pourcentage déterminé des monnaies frappées dans ses ateliers. La production de monnaie était donc comparable à un impôt. Or, on sait que les besoins financiers de la monarchie, sous Philippe le Bel, ont eu tendance à enfler considérablement pour financer les guerres, la diplomatie et l'essor de l'Etat royal[12]. Dans la pratique, au début du règne de Philippe le Bel, une part conséquente des revenus de la couronne provenait effectivement de la fabrication de monnaie. Le roi avait donc en théorie tout intérêt à multiplier les nouveaux types de monnaie et à démonétiser, à "décrier" selon l'expression médiévale, les monnaies anciennes, pour accroître l'afflux de métal dans ses ateliers. Cette préoccupation fiscale a certainement été prise en compte, mais elle apparaît finalement comme assez secondaire face aux autres motivations. Pour pallier la grave pénurie de numéraire qui caractérise la fin du règne de Philippe le Bel, les assemblées de notables préconisent d'ailleurs l'interruption provisoire du droit de seigneuriage royal sur les monnaies.
 
 
Plus qu'à des motivations fiscales, les émissions de monnaie correspondent en premier lieu à des motivations d'ordre économiques, politiques et sociales. La réapparition de la frappe de grosses monnaies d'argent et de monnaies d'or dans l'Europe médiévale au XIII° siècle correspond d'abord à une nécessité économique. Le denier féodal était sans doute parfaitement adapté à des échanges limités au cadre étroit de la seigneurie, dans une économie micro-régionale faiblement monétarisée[13]. L'intensification du commerce régional et international au XIII° siècle fait de ces monnaies dont de multiples dévaluations ont généralement réduit la valeur intrinsèque à peu de chose, des instruments inadaptés au grand commerce. Les échanges commerciaux internationaux se règlent en argent ou en or, et non pas en monnaie de billon, difficile à manipuler (il faut plusieurs kilos de monnaie pour réunir une somme conséquente). Les grosses monnaies servent aussi à la diplomatie : c'est à coup de gros sacs de bonne monnaie sonnante et trébuchante que le roi paye chèrement ses alliances diplomatiques[14]. Evidemment, aucun Prince étranger n'accepterait d'être payé en monnaie de billon. Par certains aspect, la politique monétaire de Philippe le Bel semble inconstante. Pourtant, tout le règne est marqué par la volonté politique forte de frapper des monnaies d'or à tout prix, non pas sans doute pour stimuler le commerce international, mais plutôt pour financer ses grandes ambitions politiques.
 
 
La monnaie était aussi et surtout l'instrument nécessaire à toutes les couches de la société pour les paiements courants. Le roi et son entourage étaient parfaitement conscients de la gêne occasionnée à ses sujets par la pénurie de monnaie. Une décision monétaire de 1308 est justifiée ainsi : ... parce que notre royaume n'est pas à présent suffisamment garni de petite monnaie[15].Le souci d'alimenter la circulation monétaire était donc réel. Il faut y ajouter les demandes pressantes de certaines catégories sociales favorables à un retour de la bonne monnaie. C'est en ces termes qu'une ordonnance de 1303 est justifiée : ...comme nos subgez, c'est assavoir le clergié, les barons et le commun peuple de nostre royaume, de nouvel nous aient requis que il nous plaise remettre nostre monnoye en son premier estat...[16] Le roi, donc, n'était pas totalement sourd aux demandes de ses sujets, qu'il s'agisse des nobles ou du "commun peuple". On comprend aisément la cause de ce genre de requette. L'inflation nominale de la monnaie réduit en effet considérablement les recettes des rentiers en tout genre : ecclésiastiques, seigneurs ou bourgeois voient leurs rentes, traditionnellement établies en monnaie de compte selon un prix fixe, réduites à néant par l'inflation. Pierre Dubois, publiciste normand contemporain de Philippe le Bel[17] affirme par exemple avec une certaine amertume: depuis que l'on a commencé à altérer les monnaies, j'ai vu mon revenu diminuer de 500 livres tournois. La réévaluation de 1306 semble avoir répondu à ces demandes pressantes, avec les conséquences que l'on a déjà mentionnées : la réévaluation provoque une émeute populaire à Paris, car la monnaie de compte est brutalement divisée par trois, alors que dans le même temps le montant des rentes reste identique. Le roi a beau prendre des mesures comme la fixation des prix, la situation donne l'impression de décisions peu réfléchies, ponctuelles, prises au coup par coup. Pourtant, le roi et ses conseillers ont probablement eu l'intention d'agir pour l'intérêt commun. Leurs actions s'expliquent par l'absence de précédents historiques qui auraient pu leur donner une meilleure appréciation des conséquences de leurs décisions. Après ce premier renforcement, l'inflation repart lentement et en 1311-1314, la même cause produit le même effet : les assemblées de notables et les Ligues nobiliaires exigent à nouveau un retour à la bonne monnaie. Politiquement, le roi se trouve une nouvelle fois dans une situation difficile.
 
 
Il faut enfin évoquer les contraintes inhérentes au système monétaire. Il existe quelques données constantes, par exemple l'insuffisance permanente du stock de métaux précieux à l'échelle européenne, qu'il s'agisse d'argent ou d'or. Pour pallier cette insuffisance de métal monnayable, différentes mesures ont été prises, comme la réquisition du métal précieux conservé sous forme de vaisselle. En 1302, par exemple, le roi propose aux prélats et barons, pour résoudre le problème monétaire, de faire fondre la moitié de leur argenterie. Ce genre de décision ne pouvait apporter qu'une amélioration provisoire et insuffisante au problème. Le roi pouvait aussi tenter d'interdire l'exportation des métaux précieux hors du royaume, ce qu'il fit en 1289, 1295,1296, ou encore en 1303. Là encore, ce genre de décret, difficile à mettre en oeuvre, s'est révélé inefficace, puisqu'à la fin du règne de Philippe le Bel, la pénurie de monnaies d'argent et même de billon n'a jamais été aussi forte. La contrainte majeure à laquelle le roi devait faire face, en réalité, c'est le caractère international du marché des changes des deux étalons monétaires européens, l'argent et l'or. C'est la variable monétaire que le Roi de France, à moins de devenir l'Empereur de l'Europe comme l'aurait souhaité Pierre Dubois[18], ne maîtrisait pas. Pour que le métal afflue dans les ateliers royaux, il fallait l'acheter à un bon prix, en monnaie de compte. Si ce prix était trop bas, soit le métal était thésaurisé en attendant mieux, soit il était vendu dans les ateliers concurrents, à condition que ceux-ci offrent un prix suffisamment élevé. Le résultat de cette concurrence est une hausse de longue durée du prix des métaux précieux à l'échelle européenne, en raison de la spéculation pratiquée par des changeurs, financiers, politiques et autres commerçants de haut vol. Cette hausse des prix du métal n'est rien moins qu'une dévaluation continue de la monnaie de compte. La quantité de métal étant insuffisante, on multiplie sur le papier la valeur des monnaies en sous ou en deniers.
 
 
La spéculation s'exerce aussi sur la différence du prix d'achat de l'or et de l'argent. Voilà ce que dit à ce sujet un document contemporain : ... pour ce que l'or n'estoit pas adjusté à l'argent, a esté le réaume de France robé par les susdiz et malicieux [les spéculateurs] qui y sont et qui y ont esté[19].La conscience du rôle des spéculateurs existe donc, on connaît leur responsabilité. Leur raisonnement est simple : si l'or est surévalué par rapport à l'argent, ce qui est constamment le cas sous Philippe le Bel, l'argent est exporté contre de l'or. La pénurie d'argent s'installe tandis que le métal jaune afflue. Mais la principale responsabilité de la fuite de l'argent, c'est d'abord la volonté du roi de frapper de l'or à tout prix en surévaluant son prix d'achat par rapport à l'argent. Pendant le règne de Philippe le Bel, la fuite de l'argent est constante, alors que l'or devient abondant. Le Journal du Trésor du Temple montre bien cette évolution : en 1295, la proportion d'or n'est que de 4 %; elle s'élève environ à un tiers en 1306. En 1310, on compte 70 % d'or contre seulement 30 % d'argent[20]. L'évasion massive d'argent par le biais des spéculateurs est telle qu'à la fin du règne de Philippe le Bel, seules des monnaies d'or et de billon (qui n'existent d'ailleurs qu'en quantité insuffisante) continuent à circuler. Les monnaies d'argent ont disparu de la circulation. Rajoutons que la fuite de l'argent est encore agravée par les réévaluations qui abaissent fortement le prix d'achat de l'argent. A ce tarif, plus personne ne porte de "métal blanc" aux ateliers monétaires. La fabrication de monnaies d'argent est provisoirement interrompue. Le roi n'était donc pas en mesure de prendre ses désirs pour des réalités. La production de monnaie devait aussi s'appuyer sur un minimum de réalisme.
 
 
La spéculation porte aussi sur la différence entre les monnaies de billon et les monnaies d'argent. Un exemple suffira à illustrer ce propos. Le Gros tournois, au début du règne de Philippe le Bel est sous évalué par rapport au denier : son cours officiel est de 12 deniers tournois, mais la valeur intrinsèque (en métal-argent) de 12 deniers tournois est inférieure à celle d'un Gros. La loi de Greisham joue alors : la mauvaise monnaie chasse la bonne. Les Gros tournois a peine frappés disparaissent de la circulation. Soit ils sont thésaurisés, soit ils repartent immédiatement au creuset. Cette situation n'était pas tenable, et dès 1290, le Gros tournois est réévalué : son cours officiel passe de 12 d. tournois à 13 1/8 d. tournois. Cela revient à dévaluer le denier, qui perd ainsi près de 10 % de sa valeur. Cette première dévaluation de la monnaie de compte ouvre une longue période d'instabilité monétaire. Elle est assez emblématique des désquilibres monétaires du temps de Philippe le Bel. Elle montre les failles du système monétaire. Le moindre écart en valeur métallique intrinsèque ou en monnaie de compte entre deux monnaies était automatiquement exploité par les spéculateurs.
 
 
Le roi est bien conscient que la spéculation vide souvent ses réformes de leur sens. Différentes mesures ont été prises pour y remédier. Les autorités tentent d'instaurer un contrôle des changes à l'intérieur du Royaume. A partir de 1305-1306, seuls les changeurs patentés par le roi ont le droit d'exercer cette profession, et ils obtiennent le monopole des opérations de change. En 1309 encore, il leur est interdit d'acheter le métal plus cher que le tarif officiel pratiqué dans les ateliers monétaires (ce qui a pour effet, sans doute, d'accentuer un peu plus la thésaurisation et la pénurie de monnaie). La lutte contre la spéculation concerne également, au sein même du Royaume, les monnayages seigneuriaux. L'ordonnance de juin 1313, par exemple, leur interdit toute mutation : à cause des grands abus qui se commettoient dans les monnaies des seigneurs, par leurs officiers,[...] il est ordonné et commandé que nuls prélats et nuls barons puissent allégier ou empirer leurs monnoyes, de prix, de loy, du point de l'état ancien, et se ils font le contraire, ils, dès lors en avant, aurront leurs monnayes forfaittes à toujours[21]. Mais la lutte efficace contre les monnaies seigneuriales ne pouvait pas remettre en cause l'existence du marché des changes international. La spéculation, sous Philippe le Bel, n'en est encore qu'à ses débuts.
 
 
Sur le plan monétaire, le règne de Philippe le Bel est certainement une période de changements majeurs. L'innovation la plus remarquable de cette période est sans doute l'apparition durable d'émissions de monnaies d'or. Le retour à un vrai bimetallisme est accompagné de sévères crises monétaires, attisées par la spéculation internationale, la concurrence des monnaies seigneuriales et les incohérences du système monétaire. La carence en métaux précieux provoque une forte dévaluation de la monnaie de compte, qui se traduit dans la pratique par de nombreuses émissions de nouvelles monnaies. Ces mutations mécontentent la noblesse, les bourgeois des bonnes villes et l'Eglise, dont l'inflation diminue considérablement les revenus. Des réévaluations des pièces d'argent et de billon sont tentées mais leur résultat est plus que mitigé : des émeutes populaire éclatent, et surtout, l'argent finit par ne plus être monnayé, car son prix d'achat est fixé trop bas. Le roi, après avoir tout tenté pour stabiliser sa monnaie, finit par se trouver dans une position politique difficile. Philippe le Bel, comme le dit Geoffroi de Paris, a trop mangé sa gent[22]. A la fin de son règne, il doit affronter la fronde d'une partie de ses sujets.


[1]Enquête sur Bernard Saisset dans Gallia Christiana, t. XIII, Instr., p. 122-130.
[2]Recueil de Muratori, Lib. VIII, cap. LVIII, tome XIII, 390, c.
[3]L'extrait de la chronique de Geoffroi de Paris est cité en ancien français dans L'histoire de France, de Lavisse, 1901, tome troisième (A. Luchaire), fasc. III, p. 237.
[4]Montesquieu, Lettres persanes, 1721. L'extrait cité est tiré de la Lettre 24.
[5]Dante, La Divine Comédie, Paradis, ch. XIX, V. 118-120
[6]Nouveau Testament, Matthieu, 22, 21 et Marc 12, 17.
[7]Voir le texte en ancien français dans M. Bompaire et F. Dumas, Numismatique médiévale, éd. Brepols, 2000, p. 412.
[8]E. de Laurière (et alii), Ordonnances des rois de France de la troisième race,, Paris, 1723-1849 (23 volumes). Pour l'ordonnance citée, voir I, 325
[9]C'est ce que disent par exemple les députés des bonnes villes rassemblés en 1308 (cf. M. Bompaire, Nusmismatique..., p. 410).
[10]Voir la liste des monnaies de Philippe le Bel ci-jointe.
[11]M. Bompaire, Numismatique..., Annexe J, p. 599. Au XIX° siècle, F de Saulcy a fait fondre quelques Gros pour démontrer que le Gros affaibli n'existait pas et que Philippe le Bel n'avait pas fait frapper de la fausse monnaie (F de Saulcy, Philippe le Bel a-t-il mérité le surnom de roi faux-monnayeur ? dans Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1876, tome XXXVII.
[12]Voir la synthèse remarquable de Jean Favier, Philippe le Bel, Paris, Fayard, 1998
[13]Voir ce que dit à ce sujet E. Babelon, La théorie féodale de la monnaie, Mémoires d'Institut (Académie des Inscriptions et Belles Lettres), tome XXXVIII, p. 339-340
[14]Cf. Jean Favier, Philippe le Bel, Paris, Fayard, 1998
[15]M. Bompaire, Numismatique médiévale, p. 410
[16]Recueil des Ordonnances... (op. cit.), t. I, p. 389.
[17]Cf. E. Lavisse, Histoire de France, Fascicule 7, p. 234 et 284
[18]Voir, Lavisse, Histoire de France, Fasc. 7, p. 284-291, où sont exposées Les idées de Pierre Dubois
[19]E. Babelon, La théorie féodale..., p. 344
[20]E. Babelon, La théorie féodale..., p. 345
[21]E. Babelon, La théorie féodale..., p. 322. et Recueil des ordonnances (op. cit.), p. 519 et suiv.
[22]Cf. Lavisse, Histoire de France, Fasc. 7, p. 265 ainsi que Jean Favier, Philippe le Bel, op. cit.
 
 

Les monnaies de Philippe Le Bel

 

Références sur les monnaies de Philippe Le Bel

 
Jean Duplessy, Monnaies royales françaises, t. I, De Hugues Capet à Louis XII, Paris, Maastricht, Platt, 1988. Cet ouvrage représente la référence la plus récente, à la suite du livre de Jean Lafaurie, Les monnaies des rois de France, t.I, De Hugues Capet à Louis XII, Paris-Bâle, 1951. Dans ce livre, la liste des monnaies de Philippe le Bel est exhaustive. Les illustrations sont les gravures tirées du manuel de Henri Hoffmann, Les monnaies royales de France depuis Hugues Capet jusqu'à Louis XVI, Paris, 1878. Il faut rajouter que l'ouvrage de M. Bompaire et F. Dumas, Numismatique médiévale, Turnhout, Brepols, 2000, comporte en annexes un gros dossier très utile, précis et illustré de photos sur les monnaies de Philippe le Bel. Dans la liste ci-dessous, l'ouvrage de Jean Duplessy est cité par l'abréviation "Dy"; celui de M. Bompaire et F. Dumas est abrégé "Bomp.".
 
 

Monnaies de billon émises sous Philippe Le Bel

 
1. Denier tournois. A l'O rond : A/ PHILIPPVS REX, croix pattée. R/ TVRONIS CIVIS, châtel tournois surmonté d'une croix, initiale de la légende. Emis 1285-1290. Poids : 1,127 g. Titre : 0,299. [Dy 223]. Variante avec L ornementé et symboles séparatifs [Dy 223A]. Denier tournois à l'O long : même type que le d. t. à l'O rond, émission de 1290-1295 [Dy, 225]
 
2. Obole tournois. A l'O rond : type et légende identiques que le denier tournois à l'O rond, mêmes dates. Poids : 0,618 g. Titre : 0,270. Diamètre : 15 mm [Dy 224] Variantes avec T oncial et symboles séparatifs [Duplessy, 224A] et avec L ornementée et symboles séparatifs [Dy 224B]. Obole tournois à l'O long : même type que le denier tournois à l'O rond, émission de 1290-1295 [Dy, 225]
 
3. Denier parisis. A/ PHILIPPVS REX. FRA NCO dans le champ. R/ + PARISIVS CIVIS, croix.
Emis 1307-1310. Poids : 1,171 g. Titre : 0,359. Diamètre : 19 mm [Dy 221]
 
4. Obole parisis. Type et légende identiques, mêmes dates. Poids : 0,672 g. Titre : 0,359. Diamètre : 16 mm [Dy 222]. Variétés avec P, H, R, X [Dy, 230A] et P, H, I, X [Dy 230 B].
 
5. Double parisis, dit "Double cornu". A/ + PHILIPPVS REX. Croix fleuronnée. R/ + MONETA (globule) DVPLEX. Fleur de lis. REGA LIS. Emis 1295-1303. Poids : 1,510 g. Titre : 0,480. Diamètre : 21 mm [Dy, 227]. Variante avec + PHILIPPVS REX à l'avers et au revers [Dy 227 A]. Variante avec un globule sous le I de REGALIS et un trèfle entre MONETA DVPLEX (émission de 1303-1305). Titre : 0,186. Poids : 1,10 gr. [Dy 227B, Bomp., Fig. 139, p.606].
 
6. Demi-double parisis. A/ Croix tréflée fleuronnée. R/ Fleur de lis REGA LIS. Emis 1295-1303. Poids : 0,755 g. Titre : 0,186. Diamètre : 15 mm [Dy 228, Bomp. Fig. 140, p.606]
 
7. Double tournois. A/ + PHILIPPVS REX. Croix pattée, lis dans le 2° canton. R/ + PMON DVPLEX REGAL. Fronton de châtel tournois annelé à sa base et accosté de 2 lis; une croix au sommet. Emis 1295-1303. Poids 1,439 g. Titre : 0,399 (0,459 ?). Diamètre : 19,5-20,5 mm. [Dy 229]. Variante : A/ fleur de lis dans le 3° canton, R/ globule sous le châtel. Emis 1303-1305 (titre affaibli). [Dy 229A, Bomp. Fig. 141, p.607]
 
8. Demi-double tournois. A/ Croix cantonnée de P, H, R, EX. R/ Fronton de châtel tournois annelé à sa base et accosté de 2 lis; une croix au sommet. Emis 1295-1303. Poids : 0,719 g. Titre : 0,399 (0,459 ?). [Dy, 230]
 
9. Bourgeois fort. A/ + PHILIP PVS REX, croix bourgeoise coupant la légende (fleuronnée à pied long, coeur évidé) R/ BVRGENSIS. Grande couronne fleurdelisée au bandeau annelé. Dessous FOR TIS. Poids : 1,359 g. Titre : 0,479. Diamètre : 20 mm. Emis 1311-1312. [Dy 231, Bomp. Fig. 142, p. 607]
 
10. Bourgeois simple. + PHILIP PVS REX, croix latine coupant la légende en bas. R/ BVRGENSIS. Fleur de lis accostée de 2 annelets NOV VS. Poids : 1,03 g.. Titre 0,299. Diamètre : 18,5 mm. Emis 1311-1312. [Dy 232. Bomp. Fig. 143, p.608]
 
11. Obole bourgeoise. Type et légende identiques. Poids : 0,618 gr. ? Titre : 0,270 ? [Dy 233]
 
12. Toulousain. A/ + PHILIPPVS REX., fleur de lis. R/ TO LA CI VI, fleurs de lis coupant la légende; O long. Croix pattée. Poids : 1,171 g. Titre : 0,559. Diamètre : 19 mm. [Dy 220, Bomp. Fig. 138, p.605]
 
 

Monnaies d'argent émises sous Philippe Le Bel

 
13. Gros tournois. A l'O rond. A/ + PHILIPPVS REX (variante avec le X cantonné de 4 points), croix. Légende extérieure : + BNDICTV SIT NOME DNI NRI IHV XHI. R/ + TVRONIS CIVIS, châtel tournois surmonté d'une croix. 3 annelets sous le fronton. Bordure de 12 lis. Poids : 4,219 g. Titre : 0,958. Diamètre : 24,5 mm. Emis 1285-1290. [Dy 213. Bomp. Fig. 133, p.603]. Variantes avec T oncial [Dy, 213A], avec L ornementée et globule à côté du lis du haut [Duplessy, 213B], avec symboles séparatifs [Dy, 213C], avec 13 lis [Dy 213D]. Gros tournois à l'O long, type et légende identiques au Gros tournois à l'O rond. Emis 1290-1295 [Dy, 214]. Gros tournois à l'O long, type et légende identiques au Gros tournois à l'O rond, châtel tournois surmonté d'une fleur de lis [Dy, 217. Bomp. Fig. 134, p.603]. Gros tournois à titre affaibli (titre : 0,718), frappé entre 1303 et 1305; cette pièce n'a jamais été retrouvée [cf. Dy, 218. Bomp., p.599].
 
14. Maille demie ou Maille blanche. A/ + PHILIPPVS REX, croix. Légende extérieure : + BNDICTV SIT NOME DNI NRI DEI. R/ TVRONIS CIVIS, châtel tournois surmonté d'une croix. Bordure de 12 lis. Poids : 2,109 g.-1,35 g. Titre : de 0,958 à 0,640. Diamètre : 22,5 mm. Emise 1296-1303 [Dy 216. Bomp. Fig. 135, p.604]
 
15. Maille tierce. A l'O rond. A/ + PHILIPPVS REX, croix. Légende extérieure : + BNDICTV SIT NOME DNI NRI. R/ TVRONIS CIVIS, châtel tournois surmonté d'une croix. Bordure de 10 lis. Poids : 1,406 g. Titre : 0,958. Diamètre : 19 mm. Emise en 1295 [Duplessy 219. Bomp. Fig.136, p.604]. Variantes : X cantonné de 4 points [Dy, 219A]; avec NOMEN au lieu de NOME [Dy, 219B]. Avec + BNDICTV SIT NOME DNI NI et lis du haut encadré de deux points [Dy 219C]. Avec + BNDICTV SIT NOMEN DOMINI. [Dy 219D]. Maille tierce à l'O long, type et légende identiques à la Maille tierce à l'O rond, lis dans le 2° canton de la croix à l'avers. Emise en 1306-1311 [Dy, 216. Bomp. Fig. 137, p.605].
 
 

Monnaies d'or émises sous Philippe Le Bel

 
16. Petit royal d'or. A/ PHILIPPVS DEI GRATIA, le roi couronné assis de face sur son trône, tenant le sceptre de la main droite et une fleur de lis de la main gauche. R/ + FRA NCO RVM REX. Croix fleuronnée coupant la légende, 4 fleurs de lis dans les cantons. Poids : 3,547 g. Titre : or pur (24 carats). Diamètre : 20 mm. Emise en 1290-1291. [Dy 207. Bomp. Fig. 127, p.600]
 
17. Masse d'or. A/ + PHILIPPVS DEI GRA FRANCHORVM REX, le roi couronné assis de face sur son trône et encadré par un polylobe, tient le sceptre de la main droite et une fleur de lis de la main gauche. R/ + XPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT. Croix fleuronnée entourée par un quadrilobe, 4 fleurs de lis dans les cantons. Poids : 7,06 g. Titre : 0,916 (22 carats). Diamètre : 30,5 mm. Emise en 1296-1303. [Bomp. Fig. 128, p.600]
 
18. Chaise d'or. A/ + PHILIPPVS DEI GRA FRANCHORVM REX, dans un polylobe fleudelisé, le roi couronné assis de face sur son trône gothique tient le sceptre de la main droite et une fleur de lis de la main gauche. R/ + XPC VINCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT. Croix fleuronnée dans un quadrilobe aux angles rentrants fleuronnés; 4 couronnes à l'extérieur du quadrilobe. Poids : 7,094 g. Titre : or pur (24 carats). Diamètre : 30 mm. Emise en 1303. [Bomp. Fig. 128, p.600]
 
19. Denier à la Reine. A/ PHILIPP DEI GRA FRACHORV REX. Le roi couronné assis de face sur son trône, tenant le sceptre de la main droite et une fleur de lis de la main gauche. Une fleur de lis de part et d'autre R/ + XPC VICIT XPC REGNAT XPC IMPERAT. Croix fleuronnée, 4 fleurs de lis dans les cantons. Poids : 4,706 g. Titre : or pur (24 carats). Diamètre : 27 mm. Emise 1305-1309. [Bomp. Fig. 130, p.601]
 
20. Mantelet d'or. A/ PH DEI GRA FRACOR REX. Le roi debout tenant un sceptre. Une fleur de lis de part et d'autre. R/ + XPC VICIT XPC REGNAT XPC IPERAT. Croix fleurdelisée dans un quadrilobe cantonné de 4 trèfles. Poids : 3,496 g. Titre : or pur (24 carats). Diamètre : 21 mm. Emise en 1305. [Bomp. Fig. 131, p.602]
 
21. Agnel d'or. A/ AGN DI QVI TOLL PCCA MVDI MISERERE NOB. L'agneau de Dieu biblique à gauche, la tête nimbée tournée à droite vers une croix fleurdelisée avec gonfanon. Exergue : PH REX. R/ + XPC VInCIT XPC REGNAT XPC IMPERAT. Croix fleurdelisée dans un quadrilobe cantonné de 4 trèfles. Poids : 4,196 g. Titre : or pur (24 carats). Diamètre : 23 mm. Emise en 1311. [Bomp. Fig. 132, p.602]
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Commentaires
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Enki - Très intéressant   2009-09-02 07:34:32
Merci pour cet article passionnant! Je ne suis pas un spécialiste de numismatique mais j'ai trouvé cet article éclairant!
Etudiant en Histoire - Très bon article !   2009-09-10 21:51:37
Merci pour cette mine d'informations ! Cet article m'a beaucoup aidé pour des recherches sur la monnaie sous Philippe le Bel. J'ai trouvé bon nombre de réponses à mes questions !
MENARD - monnaie en billon sous Philipp   2012-11-17 13:09:57
Article fort intéressant.
Par qui faire évaluer des pièces en billon frappées sous Philippe le Bel ?
Merci de me répondre
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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
 
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