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17-01-2018
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Comment les monnaies Antiques ont-elles été perçues au Moyen Age ?
Les habitudes commerciales, le hasard des trouvailles, la force de la routine mirent entre les mains des gens du moyen âge une masse énorme de monnaies romaines et grecques qui furent envoyées au creuset. En voici un exemple caractéristique. En 1274, on fit, dans le jardin de l'Hôtel-Dieu, à Padoue, une trouvaille de pièces d'or antiques qu'on évalua à plus de 30000 livres. Le trésor fut disputé entre les inventeurs, l'évêque, le Podestat et ses officiers; finalement, un quart fut consacré à acheter des propriétés pour l'Hôtel-Dieu. Le texte de la Chronique de Padoue qui nous raconte ce curieux épisode mérite d'être rapporté en entier : « 1274 ... Inventus fuit thesaurus magnus in metallis auri optimi in horto Hospitalis Domus Dei de Padua, valoris, ut dicebatur, lbrarum pluris XXX millium : quod male distinctum fuit, ut dicitur, primo per inventores, deinder per episcopum et per Potestatem, et suos officiales; ita quod in utilitatem Hospitalis fere quarta pars fuit conversa in emendis possessionibus pro Hospitali ».

Sans doute, la plupart du temps, comme dans les circonstances que nous venons de relater, les pièces anciennes d'or et d'argent étaient fondues; pourtant, ce n'était point une règle absolue, et même, pour les pièces de bronze, il s'en trouva qui restèrent dans la circulation, comme monnaie d'appoint, jusqu'à l'époque moderne.
La beauté plastique des types monétaires de l'antiquité, la netteté des effigies, l'habileté de la frappe ne manquèrent pas, même aux siècles les plus barbares, de faire impression sur les esprits réfléchis, et nous pouvons appliquer aux monnaies ce qu'a écrit M. Eugène Müntz à propos des autres catégories d'objets d'art : « Les uns ont vu en eux des monuments d'idolâtrie, et à ce titre les ont réprouvés; d'autres leur ont attribué des vertus magiques; d'autres encore se sont laissés aller à l'admiration que leur causaient l'immensité des ruines romaines, la richesse de la matière première, la perfection de la main d'oeuvre » (Eugène Müntz, « Les précurseurs de la Renaissance », page 1).

On a montré que la tradition antique était loin de s'être perdue au moyen âge, et que dans la littérature comme dans l'art, les chefs-d'oeuvre de la Grèce et de Rome avaient exercé leur influence sur les contemporains de Charlemagne et de Saint Louis. Ce culte qu'eurent les hommes instruits et éclairés du Moyen Age pour les oeuvres littéraires et artistiques de l'antiquité, eut son corollaire dans l'usage auquel on affecta tout ce qui venait des Grecs et des Romains et qui pouvait encore utilement cadrer avec la religion, les habitudes et les moeurs nouvelles. On voit ainsi des sarcophages païens ou des baignoires devenir des cuves baptismales; des urnes cinéraires sont transformées en bénitiers, des chaises de bain en trônes épiscopaux.

Les attributions chrétiennes dont se trouvent affublés les camées et les intailles antiques fourmillent dans tous les inventaires : les Hermès criophoros y sont désignés sou le nom de Bons Pasteurs; Horus à cheval tuant le dragon reçoit le nom de saint Georges; Hercule étouffant le lion s'appelle Samson ou David; Persée avec la tête de Gorgone, c'est David vainqueur de Goliath; les Vénus et les Lédas sont des Vierges Marie; les Amours ou les Victoires, des anges; les têtes de Gorgone ou de Méduse, des saintes Faces, des Véroniques. Un grand nombre de gemmes antiques furent en outre dotées de vertus magiques ou talismatiques.

Les monnaies grecques et les monnaies romaines, ou du moins un certain nombre d'entre elles, eurent leur part de ce superstitieux respect et bénéficièrent de cette admiration naïve.

« Les unes, dit M. F. de Mély, soit à cause des inscriptions grecques, des caractères « estranges » qu'elles portaient, soit à cause des sujets qu'elles représentaient, et dont les livres de magie s'étaient emparés... étaient considérées comme de véritables talismans, tandis que les autress, soit par les portraits, soit par leurs sujets religuex même, trouvèrent leur place sur des reliquaires ». On croyait reconnaïtre des portraits des patriarches et des autres personnages bibliques dans les effigies des empereurs romains; des types de revers tels qu'un empereur à chevel foulant aux pieds ses ennemis passaient pour représenter Salomon terrassant les maladies. Le « numisma cum iagine B. Virginis », conservé parmi les reliques de Saint Venceslas de Prague, était peut-être quelque pièce avec l'effigie d'une impératrice romaine, à moins pourtant que ce ne fut une de ces monnaies byzantines qui ont le buste de la Vierge pour type de revers.

Il sera malheureusement toujours fort difficile, la plupart du temps, d'identifier les monnaies antiques signalées dans les documents du Moyen Age, à cause du laconisme ou du manque de précision des descriptions qui nous en sont données.
« Nous ignorerons probablement toujours, dit encore M. de Mély, quelles étaient les « numismata » rapportées par Robert de Clari à Cordie, dont Bonnefons nous parle, comme aussi cet argent des Mages conservé à Milan, qui se composait de pièces d'or apportées par les Mages à l'Enfant Jésus, frappées, nous apprennent les Evangiles apocryphes, par Tarah, le père d'Abraham, données par Jospeh, fils de Jacob, au trésorier du royaume de Saba, quand il alla dans ce royaume acheter des parfums pour embaumer son père, et enfin apportées à Salomon par la reine de Saba ».

Parmi les légendes formées autour de certaines monnaies anciennes, aucune ne fut plus accréditée que celle relative aux trente deniers que reçut Judas pour prix de sa trahison envers le Sauveur. M. de Mély a relevé dans les Inventaires des trésors du Moyen Age ou d'anciens auteurs, la mention d'une quinzaine de ces prétendus deniers de Judas. Il y en avait un dans le trésor de l'abbaye de Saint-Denis; un autre au couvent des Visitandines d'Aix; deux à Florence, à l'église de l'Annonciade et à l'église de Sainte-Croix; d'autres à l'abbaye de Montserrat en Catalogne et à Héverlé près de Louvain : ce dernier est aujourd'hui au couvent des capucins d'Enghien. Ces pièces ne sont pas toujours assez explicitement décrites pour qu'il soit possible de les identifier. Nous savons cependant, ce qu'étaient exactement les deniers de Judas conservés à Malte, à l'église Saint-Jean-de-Latran de Paris, à la commanderie de Malte de Paris, à Oviédo, à Vincennes, à Héverlé, et dans quelques autres localités : c'étaient des drachmes de Rhodes ayant pour types, d'une part, la tête de Hélios radiée ou non radiée, et d'autre part, la rose en tige ou épanouie. Le « Promptuaire des médailles », en 1553, reproduit l'une de ces pièces, en altérant, d'ailleurs, la légende, et en la prenant pour un denier romain ordinaire. Voici le texte explicatif qui l'accompagne : « judas Iscariot... vendit son Maîstre et le nostre pour la somme de 30 deniers...; puis se repentit, et reporta l'argent, duquel fut acheté un champ, pour y enterrer les estrangers... Or, quant est des deniers ils estoyent tels que vous en voyez la marque d'un costé et d'autre ci-dessus : et leur valeur estoit de trois sols et demi pour pièce, suivant l'opinion commune que c'estoyent deniers romains communs; et à ce compte il auroit vendu nostre Seigneur cinq livres cinq sols... ».

L'une de ces monnaies rhodiennes est conservée aujourd'hui comme relique dans l'église de Rome qui est sous le vocable de Sainte-Croix-enJérusalem; une autre est encore, comme nous l'avons dit, chez les Capucins d'Enghien en Belgique. Le denier de Judas que possède le trésor de la cathédrale de Sens n'est autre qu'un dirhem arabe assez fruste. M. Feuardent possédait, au XIXème siècle, un médaillon de Syracuse entouré d'un cercle d'or sur lequel était gravée l'inscription en lettres gothiques : « quia pretium sanguinis est ». Cette légende ne permet pas d'hésiter à reconnaître dans cette belle et curieuse médaille dont on ignore le sort aujourd'hio. On donnait aux pèlerins des empreintes de cire de ces pièces qui furent, pendant des siècles, l'objet d'une superstitieuse vénération.

Pour les monnaies antiques employées comme ornements de reliquaires ou de chasses, nous citerons, entre autres exemples : une monnaie romaine fixée au chef de saint Jean d'Amiens, et le médaillon byzantin de l'abbaye de Liessies en Hainaut. Juste Lipse, en 1609, parle de ce denier en ces termes : « un grand médaillon byzantin en or, que l'on conservait dans l'abbaye de Liessies en Hainaut, et qui lui avait été communiqué par Denis Villers. Ce médaillon avait été envoyé de Constantinople, en 1208, avec d'autres objets précieux par l'empereur Henri, successeur de Baudouin ».

Rappelons enfin le fameux reliquaire de l'abbaye de Corbie, désigné sous le nom de « Numisa Caroli », qui fut détruit à la Révolution. C'était un disque lenticulaire de cristal « recouvert d'un filigranne d'or et de l'autre d'une grande médaille romaine »; un vide, pratiqué au centre du cristal, contenait une statuette de la Vierge taillée dans le bois de la vraie Croix. Ce joyau fut rapporté à Corbie par Robert de Clari, à la suite de la Croisage de 1204, et il provenait du pillage de Constantinople par les Croisés. N'importe ! On racontait, peu d'années après la Croisade, que cette relique avait été donnée aux moines de Corbie par Charles le Chauve, et l'effigie de la médaille romaine devenait le portrait de Charlemagne.
Donnez votre avis se ces monnaies et sur ces textes !
Commentaires
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orphee - "Chronique de Padoue"   2009-02-01 07:23:35
Article très intéressant !
Connaissez-vous les références précises de la Chronique de Padoue ?
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Dernière mise à jour : ( 01-02-2009 )
 
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