L'avènement des Carolingiens sur le trône fut accompagné d'une révolution monétaire des plus complètes, qui s'était déjà annoncée dès la fin de la dynastie des mérovingiens. L'or, si commun sous les Mérovingiens, ne fut plus employé : quelques pièces d'or de Charlemagne et de Louis-le-Débonnaire font seules exception à cette règle. Le flan des monnaies s'amoindrit et s'élargit; les têtes royales devinrent rares; les noms des monétaires disparurent à jamais, et les monnaies ne furent plus autorisées que par le nom du souverain. Ainsi les pièces carolingiennes diffèrent essentiellement des mérovingiennes par la matière, l'épaisseur, le style et les légendes. Les seules espèces réelles alors en usage sont le denier et le demi-denier ou obole. Charlemagne renforça le poids de la monnaie; ses deniers pèsent près de 31 grains; mais M. Guérard pense que le poids légal devait être de 32 grains ; ce qui fait 38 grains pour le sou d'argent, et 7680 grains pour la livre de Charlemagne, car ce prince avait ordonné qu'on taillerait 20 sous à la livre d'argent. Les calculs ingénieux de M. Guérard portent à 3 fr. 50 centimes (XIXème s.) la valeur relative du dernier carolingien.
Dans le principe, le type de la monnaie carolingienne est extrêmement simple : on y remarque pour tout ornement la croix à tranches égales légèrement pattées, et pour légende le nom du roi; au revers un nom de lieu. A partir du IXème siècle, le type paraît un peu plus varié et plus compliqué. Charlemagne essaya d'améliorer la monnaie, tant sous le rapport du poids que sous le rapport de l'art; il réussit à rendre les lettres plus correctes et le dessin moins grossier.
L'article ci-dessous est tiré du Manuel de Numismatique d'A Blanchet (Paris, 1890). Certains de ses aspects on vieilli (notamment la notion de "races" pour désigner les différents rois de France. Cependant bien des aspects de ce texte sur les monnaies mérovingiennes restent d'actualité; les reflexions sur la localisation des lieux d'émissions des monnaies demeurent toujours très intéressantes.
Italie, Sénat de Rome. Charles d'Anjou, première dignité sénatoriale. 1263-1266. Gros d'argent (2,91 grammes). A/ + K A R 0 L V S . S . P. Q . R . ( Karohts, Senatns populusque romanus. Lion marchant à gauche; au-dessus, l'écu de France à trois fleurs de lys, chargé en chef d'un lamhel à trois pendants. R/ RO MA CAP MVNDI. Rome, sous la figure d'une femme, assise de face, la tête couronnée, tenant dans la main droite un globe, et dans la gauche une palme. Photo CNG
Cette monnaie d'argent a été frappée par Charles d'Anjou, frère de saint Louis, en son titre de sénateur de Rome.
Le sénateur était, au treizième siècle, le premier magistrat de la république romaine. Les papes, suivant qu'ils furent puissants ou faibles, et selon le degré d'autorité qu'ils eurent sur les Romains, retinrent pour eux ou abandonnèrent au peuple l'élection du sénateur. A plusieurs reprises, au treizième siècle, il y eut à la fois deux sénateurs.
Le peuple romain, s'étant, au douzième siècle, constitué en république, s'empara du droit de battre monnaie, qui avait jusque là appartenu au souverain pontife. Clément III, d'ailleurs, reconnut, en 1188, le droit du peuple romain à frapper monnaie; tout en se réservant un tiers sur les profits provenant du monnayage. La plupart des sénateurs n'ont mis sur les espèces émises pendant la durée de leur magistrature que leurs armoiries, ou l'initiale de leur nom, et cela d'une façon peu apparente. Deux seulement ont osé y inscrire leur nom en toutes lettres ; ce sont Brancaleone et Charles d'Anjou. Le premier était un citoyen de Bologne, que les romains, profitant de l'absence du pape Innocent IV, appelèrent en 1232 pour les gouverner; il exerça pendant trois ans un pouvoir dictatorial. Quant au second, Charles d'Anjou, il fut plusieurs fois investi de la dignité sénatoriale. Le 29 mai 1263, le frère de saint Louis fut proclamé sénateur pour un an; bientôt après, le 6 janvier 1260, il fut couronné roi de Sicile par le pape Clément IV. Ce même pontife lui conféra à nouveau, en septembre 1268, le titre de sénateur, qu'il devait conserver pendant dix ans. Enfin, Martin IV ayant obtenu des Romains la reconnaissance solennelle du droit qu'avait le pape de gouverner la ville, nomma Charles d'Anjou sénateur à vie. Charles mourut, comme on sait, le 7 janvier 1283 ; mais quelque temps avant sa mort le peuple romain s'était soulevé contre le vicaire royal qui le représentait à Rome.
Trésor de 264 monnaies d'or byzantines découvertes à Jérusalem
La spectaculaire découverte d'un trésor de 264 monnaies d'or Byzantines de la période d'Héraclius a été faite à Jérusalem le 22 décembre dernier. Il s'agit du plus important trésor de monnaies d'or byzantines découvert à Jérusalem à ce jour. Les monnaies étaient enfouies au pied du mur d'un bâtiment du VIIème siècle.
Le trésor n'était pas caché dans une poterie, comme on le voit parfois, mais il était vraisemblablement inséré dans une cache creusée dans mur. Toutes les monnaies portent l'effigie d'Heraclius (610-641 après JC).
On peut découvrir des images de la découverte du trésor dans la vidéo ci-dessous. Les commentaires sont en anglais.
Vidéo sur la découverte du trésor de monnaies d'or de Jérusalem
Une des plus célèbres monnaies féodales du Languedoc : le denier de Melgueil
L’observation rapide du système monétaire entre le IX° et le XIV° siècle donne l’impression d’un inextricable désordre. Une multitude de monnaies féodales circulaient alors, parallèlement aux monnaies royales. Nous nous proposons d’examiner ici le cas d’une des monnaies féodales les plus célèbres et les plus utilisées dans le Languedoc médiéval, la monnaie de Melgueil, qui était la monnaie officielle de la ville de Montpellier. L’histoire de ce monnayage appelle plusieurs questions : quand et comment est-il apparu, quand a-t-il disparu ? Quel est l’aspect de ces monnaies, dans quelle zone ont-elles été utilisées et, enfin, quelle était leur valeur ?
Trésor de monnaies Carolingiennes de Gravigny Balizy
La collection Henri Garnier est constituée de deniers et d'obole carolingiens; cette "collection" est en fait un trésor de monnaies carolingiennes découvert en 1930 ou 1931 par Henri Garnier, ouvrier agricole. Le dépôt de monnaies se trouvait sous une pierre, dans un champ à proximité d'un ancien mur.
En 2007 Claude André Daillan est devenu le propriétaire de ce dépôt, qui est désormais inventorié et même publié sur Internet (voir le site ici).
Trésor de Gravigny sur http://www.carolingien-hg.com
Claude André Daillan a publié sur son site deux documents qui complétent la description et les photos des monnaies : il s'agit d'un article qui expose la composition du trésor de Gravigny et d'un fichier dans lequel sont présentés les prix des monnaies (cet aspect n'intéresse pas la science mais peut éventuellement intéresser les collectionneurs qui ont des préoccupations prosaïques...
Le règne de Philippe le Bel, roi de France de 1285 à 1314, a été particulièrement agité sur le plan monétaire. Le roi et ses conseillers ont multiplié les émissions de nouvelles monnaies. Aux dévaluations ont succédé les réévaluations, qui donnent un sentiment d'incohérence de la politique royale. Ces mutations monétaires ont finalement abouti à un mécontentement général du Royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fait face à des émeutes populaires mais aussi à des ligues nobiliaires qui exigent, entre autre, le retour à la bonne monnaie. Sans chercher à répondre à toutes les questions complexes soulevées par ce dossier controversé, on peut s'interroger : en quoi le monnayage de Philippe le Bel est-il différent de celui de ses prédécesseurs ? A quelles manipulations monétaires s'est-on livré, dans quel but, et avec quels résultats ?
Le trésor d'Harrogate a été découvert en 2007 près de la ville d'Harrogate en Grande-Bretagne par deux prospecteurs (cliquer ici pour voir une vidéo sur le trésor et les circonstances de sa découverte => Trésor d'Harrogate). Il s'agit d'un trésor viking, contenant des objets provenant d'expéditions très lointaines.
Le trésor était contenu dans un vase finement ouvragé a fait l'objet d'une micro fouille. La galerie de photos ci-dessous permet de découvrir l'aspect général de cet extraordinaire trésor viking. Les photos ont été prises par le British Museum, à qui elles appartiennent.
C'est une chose surprenante que la multiplicité des noms de lieux inscrits sur les monnaies de la période mérovingienne (1). Personne ne fait difficulté d'admettre qu'on ait frappé monnaie dans les chefs-lieux des cités et dans les centres commerciaux. Mais y-a-t-il eu un atelier monétaire dans chacune des nombreuses localités, vici, castra, villae, domus, dont on lit les noms sur les tiers de sou mérovingiens ? M. A. de Barthélémy, qui a fait de ce monnayage une étude particulière et qui pour la plupart des problèmes difficiles qu'il a examinés, a donné des solutions si heureuses (2), pense, contrairement à feu Charles Robert (3), « que l'on ne frappait pas monnaie danstous les vicus, dans toutes les villa et les simples domus dont les noms sont révélés par la numismatique (4). »