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Les sources de l'histoire des monnaies royales françaises
05-11-2011
Frontispice du Traité des monnaies de Boizard (1711)On doit à Adolphe Dieudonné (1868-1945) une longue liste d'ouvrages sur la numismatique et l'archéologie. Parmi ces livres figure le remarquable tome II de la série "Manuel de numismatique française", paru en 1916 et intitulé "Monaies royales françaises depuis Hugues Capet jusqu'à la Révolution" (compte-rendu et ouvrage à télécharger ici : Monnaies Royales françaises).

Il se trouve au début de ce livre un chapitre consacré aux sources de l'histoire des monnaies royales françaises, qui mentionne les principaux ouvrages disponibles à l'époque. Nous reproduisons ci-dessous ce chapitre. De nombreux ouvrages mentionnés par Dieudonné à l'époque sont aujourd'hui disponibles gratuitement sur internet. On voit qu'internet n'a pas seulement bouleversé le marché numismatique, radicalement différent aujourd'hui de ce qu'il pouvait être il y a encore 20 ans. Internet modifie également en profondeur l'accès aux connaissances, dans le domaine numismatique comme dans tous les autres domaines : les lecteurs disposent à présent en quelques clics de milliers de sources d'information.

Les sources de l'histoire des monnaies royales françaises


d'après A. Dieudonné, Manuel de Numismatique française, t. II, 1916.

Le monnayage d'Etat, institué dans notre pays par les Romains, tombé dans l'émiettement à l'époque mérovingienne, restauré par Charlemagne, détruit à nouveau par lui après la féodalité, est rétabli définitivement par la royauté capétienne, dont les monnaies dites "royales françaises" feront l'objet du tome II de ce manuel.

Nous commencerons donc par Hugues Capet, élu roi en 987; la loi du 24 août 1793, qui constitue le premier pas dans l'application du système décimal aux monnaies, sera notre limite.

Les documents qui concernent le sujet ne nous sont pas tous parvenus à l'état intégral; mais divers conseillers de la Cour des monnaies, soit dans un but professionnel, soit par curiosité d'érudits, en ont fait des extraits d'après les originaux déposés à la Cour des comptes et aujourd'hui perdus.
Le premier en date fut le recueil de Philippe de Lautier, général maître des monnaies sous François Ier, lequel est, surtout pour les origines, incroyablement inexact; il faut dire que Lautier, destitué et condamné, n'a pas eu le loisir de collationner ces textes et que bien des additions suspectes sont le fait de copies postérieures. Le manuscrit de "Poullain", conseiller du temps de Louis XIII, ne vaut guère mieux. Le "Registre entre deux ais", qui n'eut pas une autre origine, quoiqu'il fît autorité à la Cour, ne doit être consulté qu'avec prudence.
Les documents mêmes dont on est sûr appellent la critique. Que d'ordonnances sont restées lettre morte ! Que de monnaies "abattues" ressuscitent dans les tarifs postérieurs ! Que de vaines prescriptions contre la hausse ! Et que de fois le roi est obligé de se répéter pour être obéi, si même il ne sursoit après s'être prononcé ou se déjuge ! Enfin, que de projets administratifs sont réédités avant d'aboutir !

Tous ces textes, ordonnances des rois, exécutoires de la Chambre ou Cour des monnaies, mandements, pièces de comptabilité des frappes, pièces relatives au personnal, cris et décris des monnaies, liste des prix du marc, notes prises par les changeurs, comptes publics et privés, sont la pierre d'assise des études de numismatique française. A partir de 1540, sous François Ier, s'y joignent les placards reproduits dès la première heure par l'imprimerie.

Combinant l'examen des textes qu'il a pu connaître avec celui des monuments métalliques, Le Blanc, sous Louis XIV, a composé son "Traité historique des monnoyes de France" (Paris, 1690 et 1703; Amsterdam, 1692), qui, s'il n'est pas l'oeuvre d'un Eckhel, se consulte encore néanmoins avec fruit.
Le Blanc n'a pas eu le courage de rejeter les opinions les plus extravagantes, comme celle d'attribuer des Francs d'or à Philippe Ier, mais il n'en est pas non plus, on le sent, tout à fait dupe; même quand il se trompe, il donne des exemples de bonne critique. On ne peut croire, quoi qu'il en dire, qu'il ait vu toutes les pièces dont il a parlé; certaines, qui étaient perdues, se sont retrouvées; d'autres se retrouveront peut-être, un petit nombre demeurent invraisemblables.

Dans le même temps, où Du Cange avait composé l'article "Moneta" de son Glossaire, Boizard écrivait son petit "Traité des monoyes" (1711), [télécharger : Boizard Traité des monaie Tome 1 | Boizard Traité des monnaies Tome 2] d'un caractère plus technique et juridique que numismatique, mais qui est bon pour faire connaître les procédés de fabrication et les formes de l'administation de cette époque; puis c'est Abot de Bazinghen qui a compilé un "Traité des monnoies en forme de dictionnaire" (1764) [télécharger : Dictionnaire des monnaies Tome 1 | Dictionnaire des monnaies Tome 2]. Le XVIIIème siècle a poursuivi activement le recueil des "Ordonnances des rois de France", précieux par ses textes, ses tableaux, ses notes et ses tables.

Au siècle dernier, l'impulsion fut donnée principalement par la création de la "Revue de la numismatique française", en 1836, due à Cartier de La Saussaye (devenue depuis la "Revue numismatique", chez MM. Rollin et Feuardent, à peu près interrompue ou remplacée de 1871 à 1882 par les "Mélanges de numismatique Saulcy-Barthélémy-Hucher", restaurée en 1883, voyez la table parue en 1908, avant propos), et par la création de la "Société française de numismatique en 1865"; deux institutions aujourd'hui florissantes. Le petit "Manuel de numismatique du moyen âge", de A. de Barthélémy, paru dans la collection Roret en 1851, eut sa part dans cette renaissance.

Trois grands ouvrages, trois monuments, ont fait époque dans nos études : le "Mémoire sur les variations de la livre tournois" de N. de Wailly (1857), les "Monnaies royales" de Hoffmann (1878) et le "Recueil de Documents relatifs à l'histoire des monnaies frappées par les rois de France", de F. Saulcy (1879-1892) [Note 2 : L'ouvrage de Waily a paru dans les "Mémoires de l'Académie des inscriptions", tome XXI, 2ème partie. Celui de Hoffmann comprend 118 planches gravées sur bois, oeuvre de L. Dardel. L'oeuvre de Saulcy a été projetée par Delombardy, commencée par Barthélémy; elle comprend 4 volumes, dont le premier est dans la "Collection de documents inédits sur l'histoire de France", dont le tome II (Chales VI, Henri V, Henri VI), imprimé à Caen chez H. Delesques, les tomes III et IV à Macon chez Protat, ont paru en 1887, 1888 et 1892].

Wailly, trop systématique, prête aux phénomènes monétaires un aspect de régularité et de précision illusoire, mais il se rachète par l'admirable netteté de la pensée et, sous deux ou trois points de vue définis, donne le tableau de toute l'histoire. Hoffmann a remplacé le livre ancien et vieilli de Combrouse; nous lui devons un répertoire où le choix des variétés laisse à désirer, mais si bien illustré, si abondant et si commode qu'on y renoncera difficilement. Enfin, Saulcy, dans ses textes, ne se recommande pas non plus par une critique impeccable, mais il est tellement riche de butin et tellement consciencieux qu'il donne au chercheur tous les moyens de le corriger.

Le recueil des "Ordonnance" s'arrête à l'avènement de François Ier; les "Documents" de Saulcy se terminent avec le règne de ce prince; la Société de numismatique, qui a entrepris de les continuer, publie le règne de Henri II; au reste, à partir de cette époque, les papiers de la Monnaie de Paris, classés par M. Mazerolle, et les "placards", dont A. Morel-Fatio a légué une belle collection au Cabinet des médailles, fournissent de précieux renseignements.
La bibliographie des monnaies royales a suscité un ouvrage important, le "Répertoire des sources imprimées de la numismatique française" (paru en 1887-1889) de MM. A. Engel et R. Serrure. La "Table de la Revue numismatique", qui va de 1836 à 1905, et le "Bulletin bibliographique", trimestriel de M. Blanchet, qui commence en 1905, complètent nos moyens d'information. La "Revue numismatique" a été constamment doublée : par "l'Annuaire de la Société de numismatique", de 1866 à 1896, par la "Gazette numismatique française" depuis 1897; par le "Bulletin de numismatique", de R. Serrure, de 1881 à 1906.

Parmi les articles de revues, ceux de Duchalais, de Marchéville, pour ne pas parler des vivants, restent les meilleurs.
Enfin, M. Blanchet a réédité le Manuel de Barthélémy en 1890 et R. Serrure a compris les monnaies royales françaises dans son "Traité de numismatique du moyen âge et des temps modernes", achevé après lui en 1905 [télécharger la première partie, consacrée aux XVIème-XVIIIème siècles et parue en 1897 : Traité numismatique Engel et Serrure].
Les collectionneurs, de leur côté, ont travaillé pour la science. Déjà Pierre de l'Estoile, au XVIème siècle, recueillait les monnaies royales, et Pétau, au XVIIème. Parmi les collections, les plus belles qui aient passé en vente sont celles de Rignault (1848, "Catalogue Delombardy"), J. Rousseau (1860), Saulcy (1881), Gariel (1885), Fabre de Larche, Castellana (très bien classée par l'auteur, 1896), Meyer (1902), du Lac (1910).

Ce sont les trouvailles qui ont enrichi les musées et les collections; mais tel n'est pas leur unique avantage, car elles apprennent beaucoup à l'érudit. Dans un trésor, le poids, le degré d'usure des monnaies bien classées renseignent sur l'époque de l'enfouissement, et, de la présence simultanée de pièces moins connues, on tire des conclusions sur leur classement; en dehors même de la numismatique proprement dite, les trouvailles renseignent efficacement sur la nature de la circulation monétaire à une époque donnée. Le plus grand nombre des trésors enterrés sont contemporains des guerres; beaucoup de gens ont caché leur pécule, que la mort ou toute autre cause ont empêché d'aller le reprendre, comme en témoigne ce billet curieux d'un paysan de Wurtemberg : "Der Schwedt ist komme, hat alz mitgnomme, hat auch wolle hawe, i habs vergrabe. - Le Suédois est venu, il a tout emporté, il a aussi voulu l'avoir (le trésor), mais je l'ai enfoui" (Trésor de Bollingen (Würtemberg) dans le Bulletin de M. Blanchet, 1911, p. 373).

Beaucoup de trésors restent ignorés dans leur composition exacte, et c'est grand dommage; mais on craint d'avoir à partager avec l'Etat, et on fait mystère de sa découverte. Rappelons que l'Etat français ne se réserve aucun privilège et que tout trésor de monnaies anciennes appartient par moitié au propriétaire du fonds et à l'inventeur.

Des travaux des érudits, comme de l'examen des collections et des trouvailles, se dégage une idée d'ensemble; c'est que les monnaies royales françaises peuvent se répartir, au moins théoriquement, en deux catégories : celles du moyen âge et celles des temps modernes.
Les caractéristiques qui différencient de la première cette seconde catégorie sont :

  1. La substitution d'ateliers purement administratifs, que désignent les lettres de l'alphabet, aux Monnaies de caractère local et la suppression des emblèmes provinciaux.
  2. L'abolition des monnaies féodales.
  3. L'emploi de pièces lourdes d'or et d'argent.
  4. La présence de la monnaie fiduciaire ou monnaie de cuivre.
  5. La frappe au balancier et à la virole brisée.
  6. L'emploi d'une date et de l'effigie royale avec numéro d'ordre du prince.
 
Mais ces diverses réformes ne s'accomplirent pas tout d'un coup; quelques-unes n'ont été achevées que de nos jours. Il est donc impossible de les mettre en relief par une ligne de démarcation précise. D'ailleurs l'Ancien régime présente, au point de vue monnaie, des caractères constants : c'est ceux-là que nous allons faire ressortir dansn notre livrer Ier, dit des Généralités et définitions; la division chronologique reparaîtra dans le Livre II ou "Histoire", et dans le livre III ou "Description", pour s'accomoder à la succession des évènements. Les mêmes faits pourront ainsi figurer plusieurs fois dans notre ouvrage, considérés de points de vue différents; la table alphabétique servira de lien en les trois parties.

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