Accueil arrow Monnaies françaises arrow Les monnaies royales de France depuis l'avènement des Capétiens
16-10-2018
Abonnement par email

Entrez votre adresse email pour recevoir les derniers articles

Menu principal
Accueil
Monnaies françaises
Monnaies du monde
Pièces or
Pièces argent
Euro
Trésors
ARTICLES MONNAIES
Actualités numismatiques
Monnaies en vente
Collectionner les monnaies
Dictionnaire des monnaies
Monnaies grecques
Monnaies gauloises
Monnaies romaines
Monnaies du Moyen Age
Monnaie inflation crise
Liens articles monnaies
Monnaies grecques
Monnaies gauloises
Monnaies romaines
Monnaies médiévales
Monnaies françaises
Monnaies du monde
Trésors
Collectionner les monnaies
Dictionnaire numismatique
Catalogues de monnaies
Ouvrages historiques
Littérature latine
Mythologie
Plan du site
Sites Internet
Annuaire numismatique
Les monnaies royales de France depuis l'avènement des Capétiens
09-12-2007

Sommaire

  1. De l'origine à la suppression des monnaies féodales
  2. La monnaie la plus répandue sous les capétiens : la monnaie tournois
  3. Derniers, oboles et monnaie de compte
  4. Réformes monétaires de Saint Louis
  5. Les ateliers monétaires
  6. L'apparition des différents monétaires et des points secrets sur les monnaies
  7. Liste des différents marqués par des points secrets
  8. Liste des ateliers monétaires sous Henri VI
  9. Liste des ateliers de Charles VII
  10. Les ateliers monétaires de Louis XI à 1900
  11. Liste des ateliers monétaires depuis François Ier jusqu'au XIXème siècle
  12. Informations complémentaires sur les ateliers et les monnaies françaises
  13. Date d'apparition des différentes monnaies
  14. Autres pages sur les monnaies royales françaises

De l'origine à la suppression des monnaies féodales


La décentralisation monétaire fut le résultat des démembrements de l'empire de Charlemagne, causés par la faiblesse de ses successeurs.
Mais les ducs des Francs, assez puissants pour renverser la dynastie carolingienne, n'avaient guère d'autorité sur les autres seigneurs et Hugues Capet, qui ne possédait même pas tous les domaines des anciens ducs des Francs, dut se résigner à ne frapper monnaie que dans l'Ile de France et l'Orléanais.
Jusqu'à Philippe Auguste le domaine royal s'accrut insensiblement, et, sous le règne de ce dernier, les monnaies royales commencèrent à être frappées dans un tiers environ de la France actuelle. Le mouvement centralisateur n'arriva qu'au bout de plusieurs siècles, à supprimer complètement le monnayage féodal.

La monnaie la plus répandue sous les capétiens : la monnaie tournois


La monnaie la plus répandue était celle de l'abbaye de Saint-Martin de Tours, qui donna son nom à la monnaie tournois : les rois de France, qui n'avaient d'abord d'autre atelier que celui de Paris, établirent ensuite la monnaie parisis qui ne semble paraître que sous le règne Philippe Ier (V. Duchesne, t. IV, p. 224 et 423). Tant que le monnayage royal ne fut exercé que dans un ou doux ateliers, les pièces qu'il produisait ne pouvaient servir de types, mais quand les rois purent multiplier leurs ateliers en les soumettant aux règles qui régissaient la monnaie de Paris, il y eut un système parisis. Les parisis valaient un quart en sus des tournois, de sorte que 15 deniers tournois faisaient un sou parisis.

Derniers, oboles et monnaie de compte

Les seules monnaies employées dès le commencement du règne des Capétiens, comme dans les fiefs des grands feudataires, sont le denier et l’obole. Le sou, que l'on trouve mentionné dans quelques actes contemporains, n'était qu'une monnaie de compte, indiquant une collection de 12 deniers. Sous Philippe Ier, le marc remplaça la livre (On peut fixer entre 1070 et 1090 le premier emploi du marc : en 1075, on voit encore mentionner des livres : fisco nostro auri libras C festinet persolvere (Spicil. de D. L. d'Achery, t. I) ; en 1093, Philippe Ier donnait 9 marcs d'argent pour rebâtir une église qui avait été brûlée (id., t.II, 751). Chaque province eut son marc qui valait les deux tiers de son ancienne livre : le marc de Paris était de 4,608 grains). Philippe-Auguste étendit encore son monnayage en Bretagne et en Artois où il employait la langue vulgaire pour indiquer les noms de lieux : il ne conserva les parisis que dans ses domaines, qui formèrent ce que l'on appelait le serment de France, et adopta dans toutes ses nouvelles possessions la monnaie de Saint-Martin de Tours.

Réformes monétaires de Saint Louis

Saint Louis réforma complètement les monnaies de France; il les fit frapper à un très haut titre (11 deniers 12 grains),
et transforma en une monnaie réelle le sou qui, jusqu'à lui, n'avait été qu'une valeur idéale : le sou d'argent s'appela dès lors gros, et le denier fut désigné sous la dénomination de petit tournois. Le titre des monnaies commença à être altéré à dater de la mort de saint Louis, sous Philippe le Hardi, Philippe le Bel, que le peuple appelait le faux-monnayeur, Louis X et Philippe le Long. Le gros tournois, qui avait valu 12 deniers, monte sous Philippe IV jusqu'à 21. Il arrive souvent pour ces rois homonymes que parmi les monnaies aux mêmes types émises sous leurs règnes, on ne peut faire d'attribution qu'approximativement, et en ayant égard au plus ou moins de pureté du métal. Charles le Bel suivit l'exemple de ses prédécesseurs.

Les ateliers monétaires

En 1306, il y avait 8 ateliers royaux : Paris, Rouen, Troyes, Tournai, Toulouse, Saint-Pourçain, Montpellier et Montreuil-Bonnin (Monsteriolum), Philippe de Valois affaiblit considérablement ses monnaies, au point que plusieurs de celles d'argent et de billon sont presque de cuivre : ses types sont très variés, il semble que l'on ait voulu, par leur variété et leur beauté, faire oublier les changements qui étaient opérés sur le module, le poids et le titre : pour en donner une idée, il nous suffira de dire que, le 21 mars 1359, les gros de Philippe de Valois valaient deux fois et demie autant que ceux fabriqués sous saint Louis, bien qu'il y entrât dix-sept fois moins d'argent. L'assemblée des trois États convoquée par Jean II en 1355, exigea une monnaie meilleure, mais les États du Languedoc obtinrent seuls satisfaction. A Paris, Etienne Marcel, le prévôt des marchands, interdit le cours des nouveaux deniers blancs de 1356, et se révolta contre l'autorité du dauphin.

L'apparition des différents monétaires et des points secrets sur les monnaies


Le nombre des ateliers, la fréquence des refontes, les changements d'aloi, rendirent bientôt nécessaires des signes particuliers destinés à faire reconnaître les officines et les monnayeurs qui avaient fait les émissions de numéraire. Telle fut l'origine des différents monétaires. Ainsi, le 25 avril 1360, le dauphin, régent, faisait frapper des gros qui devaient avoir un petit point dans l'O du mot FRANCORVM, et dans celui de IOHANNES; le 28 mai on faisait d'autres gros sur lesquels la fleur de lis, placée au commencement de la légende de l'avers et du revers, de­vait être accostée de deux points.
 

Liste des différents marqués par des points secrets

C'est seulement sous Charles VI que nous pouvons, à l'aide des textes, dresser une liste des différents marqués par des points secrets. Pour les retrouver, il suffit de compter les lettres des légendes quelles qu'elles soient et de s'arrêter au chiffre de la lettre au-dessous de laquelle on trouve un point.

  • 1 Tournon, atelier transféré à Crémieu vers 1386
  • 2 Romans
  • 3 Crémieu, puis Mirabel, transféré à Embrun dès 1406; Mirabel, en 1417, puis à Montélimar en 1426
  • 4 Montpellier depuis 1306
  • 5 Toulouse
  • 6 Tours
  • 7 Angers
  • 8 Poitiers
  • 9 La Rochelle
  • 10 Limoges
  • 11 Saint-Pourçain, depuis 1339; à Montferrand, en 1532-1534
  • 12 Mâcon, transféré à Lyon en 1415
  • 13 Dijon
  • 14 Troyes
  • 15 Rouen
  • 16 Tournai, jusqu'en 1489; prit la 17eme lettre, en 1421, pendant quelques mois
  • 17 Saint-Quentin, Montdidier
  • 18 Paris
  • 19 Saint-Lô, depuis 1352
  • 20 Saint-André ou Villeneuve-les-Avignon, depuis 1389
  • 21 Sainte-Menehould, ponctuation remplacée par des croisettes, depuis 1392; transféré à Châlons-sur-Marne en 1412 et rétabli lorsqu'on n'ouvra plus à Tournai
  • 22 Châlons-sur-Marne; Auxerre, en 1456
  • 23 Chalon-sur-Saône, depuis 1360
  • 24 Arras en 1456
  • 25 Bayonne, depuis 1488
  • Entre les deux premiers mots des légendes, Marvejols, en 1418

Dès 1417, la reine Isabeau de Bavière exerça la régence et fit ouvrer au nom du roi. Le duc de Bourgogne en fit autant dans les ateliers de Dijon, Mâcon, Châlons et Troyes, dont on lui avait donné les revenus. Le dauphin retiré à Bourges, monnaya dans les six provinces de son obéissance pendant que le roi d'Angleterre frappait en Normandie. Les ateliers de Henri V qui prit la qualité d'héritier du royaume étaient, en 1420 : Rouen, point sous la première; Saint-Lô, sous la seconde.
 

Liste des ateliers monétaires sous Henri VI


Sous Henri VI, et tant que les Anglais furent maîtres de Paris (jusqu'au 3 avril 1437) et de la Guyenne (décembre 1453), le régent duc de Bedford fit monnayer dans les ateliers suivants :
  1. Amiens, différent: agneau pascal.
  2. Arras, depuis 1420, losange ou trèfle.
  3. Auxerre, fer de moulin.
  4. Châlons, croissant.
  5. Dijon, Véronique ou saint Suaire.
  6. Mâcon, trèfle.
  7. Le Mans, depuis 1425, racine.
  8. Nevers, étoile.
  9. Paris, couronne, 1422-36.
  10. Saint-Lô, fleur de lis, 1420-48.
  11. Saint-Quentin, molette.
  12. Rouen, léopard, 1422-48.
  13. Troyes, rose.

Liste des ateliers de Charles VII

Les ateliers de Charles VII, encore Dauphin, à partir de 1420 eurent comme différents la première lettre de leur nom :

  1. Bourges
  2. Chinon
  3. Figeac (f)
  4. Fontenay (F)
  5. Loche
  6. Lyon (un trèfle)
  7. Mont-Saint-Michel (coquille)
  8. Montaigu
  9. Montferrand (m)
  10. Niort
  11. Orléans
  12. Parthenay, 1420-1430
  13. Saumur
  14. Sens
Il y eut encore beaucoup d'autres ateliers, qui ne paraissent pas avoir eu de différents fixes, mais des signes qui changeaient pour chaque émission. Citons : 
  1. Beaucaire, 1419-1435
  2. Bordeaux, 1455
  3. Château-Thierry, 1430
  4. Chaumont, 1430
  5. Condom, 1369
  6. La Côte-Saint-André
  7. Crotoy, 1435
  8. Figeac, 1346-1456
  9. Grenoble, depuis 1489
  10. Guise, 1419-1435
  11. Laon, 1456
  12. Le Puy, 1421-1435
  13. Le Vigan ? 1346
  14. Massères, 1420-30
  15. Melun, 1430
  16. Mont de Dôme, 1339-88
  17. Montdidier, 1346
  18. Mouzon, 1419-1430 (RN., 1885, p. 354)
  19. Pont-Saint-Esprit, 1419-1435
  20. Rochegade, 1366-73
  21. Romans, depuis 1370
  22. Saint-Cyr, 1430
  23. Saint-Laurent, 1361
  24. Sommières, à Montpellier, en 1340
  25. Tarascon. 1508
  26. Villefranche-de-Rouergue, 1420-1529

On trouvera sur ces ateliers de précieux renseignements dans les ouvrages de F. de Saulcy, qui, malgré de nombreuses erreurs, sont utiles à consulter. (Ateliers monétaires, 1877; Documents, etc.).

Les ateliers monétaires de Louis XI à 1900

Quand Louis XI fit occuper Perpignan, on mit un P au centre de la croix des monnaies. François Ier, par l'ordonnance du 14 janvier 1539, assigna des lettres et des signes variés à 31 ateliers. Les points secrets furent encore employés sur les monnaies postérieures à cette date, simultanément avec les lettres. Louis XIV, par ses conquêtes, ajouta quelques ateliers, mais Louis XV en supprima 13 en février 1772. La République, après en avoir fait chômer plusieurs en rouvrit 8 le 22 vendémiaire an IV. L'empire en ajouta qui furent supprimés en 1814. Le perfectionnement de l'outillage fut cause que sous Louis-Philippe, on réduisit le nombre des ateliers, en 1837. On adopta ensuite la vapeur pour faire mouvoir le matériel et, en 1848, il n'y eut plus que les officines de Paris, Bordeaux et Strasbourg. De 1853 à 1857, Lille, Lyon, Marseille et Rouen furent rouverts pour travailler à la refonte des monnaies de cuivre. Voici la liste des ateliers depuis François Ier, avec leurs différents et les changements survenus.

Liste des ateliers monétaires depuis François Ier jusqu'au XIXème siècle

  1. A Paris, depuis 1539. La lettre fut donnée à Corbeil pendant les troubles de la Fronde, 1655 à 1658
  2. AA Metz, 1662 : 1690-1794
  3. AR et un rat, Arras, 1640-1658.
  4. AQ Compiègne, 1572-1594.
  5. B Rouen, 1539-1858. Pendant la Fronde, il fut transporté à Pont-de-1'Arche, ou à Dieppe, 1655-1658.
  6. B et un gland de chêne, Bologne, 1806-1813.
  7. BB Strasbourg, 1696-1870.
  8. BD en monogramme. Béarn, 1675.
  9. C Saint-Lô, 1539-1654, et 1659-1693; Caen, 1655-58 et 1693-1772.
  10. Deux C opposés : Besançon, 1693-1772.
  11. CC Gênes, 1803.
  12. CL et une proue. Gênes, 1811-1814.
  13. D Lyon 1539-1794-1858. Pendant la Fronde, la lettre fut donnée à Vienne, 1655-58.
  14. E Tours, 1539-1772. Meung-sur-Loire, 1655-1658.
  15. F Angers, 1539-1738.
  16. G Poitiers, 1539-1772. Avec un lion, Genève, en l'an VIII, supprimé le 27 pluviôse an XIII (1799-1805).
  17. H La Rochelle, 1539-1794-1837.
  18. I Limoges, 1539-1794-1837.
  19. K Bordeaux, 1539, encore ouvert.
  20. L Bayonne, 1539-1837.
  21. LA Laon, pendant la Ligue.
  22. LL Lille, en septembre 1685.
  23. L couronnée. Lille, 1686. (voir W).
  24. M Toulouse, 1539-1794, 1810-1837 (voir V).
  25. M et une coupe renversée. Milan, 1804-1814.
  26. MA en monogramme. Marseille, 1786-1858.
  27. N Montpellier, 1539-1794.
  28. O Saint-Pourçain, 1539-1549 ; Moulins, 1549-1555 ; Riom, 1555-1772. A Clermont, en 1572 et 1591-1594. .
  29. P Dijon, 1539-1772.
  30. Q Châlons-sur-Mame, 1539-1572? 1590; Narbonne, 1700-1710 ; Perpignan ; 1710-1837.
  31. R Villeneuve-Saint-André, 1539-1646; Nîmes, 1655-1658; Orléans, 1700-1799?
  32. R couronné et une louve. Rome, 1811-1814.
  33. R et un lis. Gand (ou Londres), 1815, pour Louis XVIII.
  34. S Troyes, 1539-1679.
  35. S couronné. Troyes, 1679-1690 (voir V).
  36. S et la Sainte-Ampoule. Reims, 1679-1772.
  37. T Sainte-Menehould, 1439-1540; Turin, 1540-1549; Nantes, 1599-1837 (voir 99).
  38. U Turin, 1803-1814.
  39. V Turin, 1538-1544 ; Amiens, 1571-1578 ; Troyes, 1690-1772? Toulouse, 1803-1810.
  40. V et une ancre. Venise, 1807-1814.
  41. W Lille. 1693-1858.
  42. X Villefranche-de-Rouergue, 1539-1548; Aix; 1548-1578; Amiens, 1578-1772.
  43. Y Bourges, 1539-1772.
  44. Z Grenoble, 1539-1578-1772.
  45. & Provence, 1539; Aix, 1544-1786.
  46. 9 Rennes, 1539-1772.
  47. 99 Nantes, 1539-1596 (voir T).
  48. ft Marseille, 1539-1542.
  49. Etoile : Chambéry, 1539.
  50. Symbole masculin (un monde). Montélimar, 1539-1594.
  51. Trois croix au dessus d’une forme ovoïde Crémieu, 1 539-1548.
  52. Armes de Navarre, Saint-Palais, 1589.
  53. Vache, Pau, 1589-1794
  54. Deux poissons et un mât, Utrecht, 1811-1814. 

Informations complémentaires sur les ateliers et les monnaies françaises


Nos recherches personnelles dans les archives nationales nous ont l'ait connaître les faits suivants :
 
La monnaie de Pamiers était en activité en septembre 1591.

La monnaie de Paris était transférée à Melun, au 22 octobre 1593. (Il s'agit d'un atelier d'Henri IV.) Enfin, en 1656 et 1657, des ateliers établis à Vimy, et à Lusignan (ci-devant à Limoges), frappèrent une grande quantité de liards.

Après Charles VII, Louis XI acheva la réforme des monnaies et émit les écus au soleil dont la renommée est proverbiale.

En 1396, Gênes et Savone s'étaient données à la France. On y frappa monnaie, ainsi que dans plusieurs autres villes d'Italie, pendant les expéditions de Charles VIII, Louis XII et François Ier. Ces monnaies sont presque toujours des imitations des monnaies locales. Sous Charles VI, la légende benedictvm sit nomen domini nostri dei iesv christi est abrégée en sit nomen domini benedictvm qui se maintient jusqu'à la République. Sous Charles VII, l'écu de France n'a plus que trois lis.

Les écus d'or frappés par la duchesse Anne de Bretagne, pendant son veuvage (1498) sont les premières pièces françaises portant un millésime.

Sous Louis XII, l'effigie du souverain paraît sur les monnaies nommées testons à cause de la teste : l'Italie avait donné cet exemple depuis longtemps.

Le millésime et le numéro d'ordre après le nom du roi ne manquent sur aucune pièce postérieure à 1549.

Les lettres gréco-latines xps commencent à faire place à l'orthographe moderne chrs.

Quant aux douzains barbares portant le nom de Louis XII, s'ils n'ont pas été frappés par Louis Ier, prince de Condé, sous Charles IX, ils sont probablement des imitations italiennes, (RN. 1863, p. 353.)

Le roi de la Ligue, Charles X, cardinal de Bourbon, frappa dans les ateliers de Paris, Rouen, Lyon, Bayonne, Riom, Dijon, Troyes, Amiens, Bourges, Nantes et Dinan (99). Dans ces deux dernières officines, le duc de Mercœur fit ouvrer au nom de Charles X, de 1593 à 1598, quoique le cardinal fût mort en 1590.

Henri, seigneur de Damville, connétable de Montmorency, établit une monnaie à Béziers, en 1586, où il frappa des pièces de 6 blancs. Il la supprima au mois de septembre, moyennant quinze mille écus que lui donnèrent les directeurs de la monnaie de Montpellier. Il avait déjà établi un atelier à Beaucaire, et il fit frapper aussi des pièces de 6 blancs à Villeneuve et à Bagnols, pour payer les troupes de la Ligue. (Hist. du Languedoc, t. V, p. 413-438.)

Guillaume, maréchal de Joyeuse, suivant cet exemple, résolut de faire frapper des pièces de 6 blancs à Narbonne et à Toulouse. (Ibid. p. 438.). Bernard de Nogaret, amiral, fit également frapper des pièces semblables à Sisteron et à Toulon, et ces pignatelles dont la valeur était de vingt-quatre deniers descendirent à six. Le désordre était si grand que plusieurs gentilshommes de la Provence, fabriquaient publiquement de cette monnaie chez eux. (Duby, Monnaie des Barons, t. II, 329.).

Henri IV s'empressa de mettre de l'ordre dans ce chaos. Les monnaies du XVIIème siècle furent remarquables par la gravure, et, à ce point de vue, elles eurent beaucoup de cette perfection qui est la meilleure garantie contre les faussaires.

La première république eut une numismatique originale par ses types et plus encore par l'adoption du système décimal. L'empire ne trouve de place que pour la tête du souverain ; la Restauration reprend les armes de France que la Révolution de Juillet supprime. Le type des monnaies changea plusieurs fois sous la République de 1848. Apres l'Hercule de l'an III, et la tête de 1793, coiffée du bonnet phrygien, on adopta une tête de femme, sèche parodie du profil vivant qui se détachait sur les décadrachmes de l'antique Syracuse. Cette tête, sur laquelle on amoncela les fleurs et les fruits, représenta la République. Le second empire, après avoir repris les types du premier, associa l'aigle à la tête du souverain, et la troisième République reprit les types de la seconde, le génie pour les pièces d'or, la tête de femme pour celles d'argent et de bronze. Il faut signaler encore les monnaies du prétendant Henri V. Les pièces de 5 francs et de 1 franc, de 1831 et 1832, portant la marque W.t., ont été frappées à Londres. Des pièces de un demi-franc, avec la date de 1833, d'un poids irrégulier de deux à trois grammes, ont été fabriquées dans un atelier clandestin de Paris (faubourg Saint-Honoré) ; quelques-unes auraient été faites à Nantes (Delombardy, cat. coll. Rignault, 1848). Enfin, des pièces de 5 francs ont été frappées à Bruges, en 1871, lorsque le comte de Chambord se trouvait dans cette ville. Elles portent la fleur de lys, ancienne marque de l'atelier de Bruges. (Rev. Belge, 1874, 120.). Des pièces de 5 francs portent la tête de Thiers et celle de Gambetta. Elles ont été frappées en Belgique.
 

Date d'apparition des différentes monnaies

II n'est pas inutile de parler brièvement de l'apparition des différentes monnaies. Le denier de Charlemagne fut d'abord la seule monnaie usitée, avec l'obole, sa subdivision. Le gros tournois parut sous Saint Louis. M.L. Blancard a donné une origine certaine à cette intéressante pièce en formulant sa théorie de la manière suivante : " Le gros tournois reproduit si exactement le nombre et la disposition de l'une des faces du sarrazinas chrétien d'Acre de 1251, qu'il doit être considéré comme l'imitation de cette monnaie (R. N., 1883, 167.) Ce qui confirme cette opinion, c'est que saint Louis a contribué à la transformation chrétienne du sarrazinas d'Acre. (Cf. H. Lavoix, M. à Légendes Arabes, 1877, 61.)

La monnaie d'or paraît sous saint Louis avec le denier d'or à l'écu. Quant à l'Agnel que Le Blanc faisait remonter à la même époque, il paraît bien probable que son apparition date seulement du règne de Philippe IV. Les textes sur lesquels on s'était appuyé portent simplement que ce dernier roi frappa des monnaies d'or qui devaient avoir le poids de celles de saint Louis, mais ne disent pas que les monnaies de ce dernier étaient à l'agnel. (Le denier d'or à l'agnel, par M. de Marchéville, R. N., 1889, p. 1-38 ; sur l'agnel, v. aussi une intéressante monographie de M. J. Hermerel, Reo. belge, 1889, p. 295.) Leblanc et Haultin signalent un denier d'or au nom de la reine Blanche, qui aurait été frappé par saint Louis en l'honneur de sa mère. On n'a pas encore retrouvé cette monnaie qui est peut-être la même que les deniers ou florins d'or à la reine, mentionnés dans les ordonnances monétaires, jusque sous Charles le Bel. Il pourrait bien se faire que les deniers à la reine fussent une appellation populaire de la petite masse d'or ou mantelet généralement attribuée à Philippe le Hardi, et qui représente le roi debout et couvert d'un long manteau royal. La masse d'or paraît sous Philippe III; le petit royal parisis, le double tournois, la mitte, les bourgeois, la maille, la chaise et le petit royal d'or, sous Philippe IV. 

Le parisis d'or, en 1329; l’écu, en 1336; le lion, en 1338; le pavillon, la couronne, le double royal, en 1339; le florin Georges et l'ange ou l'angelot, en 1340.

Le demi-mouton et le denier aux fleurs de lis, en 1351.

Après le retour de Jean, le florin et le franc à cheval. Sous le même roi, le gros tournois à la queue qui porte le surnom de Poillevilain, un des maîtres généraux, puis gouverneur de toutes les monnaies de France. 

L’écu couronné, en 1384; l’écu heaume frappé seulement sous Charles VI, et le salut (1421), que les ateliers anglo-français garderont.

Le gros de Roi, le carolus valant dix deniers- tournois, sous Charles VIII.

Le dizain de Louis XII, imité du carolus; le teston de Louis XII; les pièces à la salamandre et à la croisette sous François Ier ; le Henri d'or et le Gros de Nesle, sous Henri II; le double sol et le sol parisis, de Charles IX. Les monnaies de cuivre rouge sous Henri III. 

Sous ce même prince, le franc à effigie et ses divisions (ordonnance du 31 mai 1575) remplace le teston qui disparaît en 1577. Au mois d'octobre 1580, paraît une espèce nouvelle le quart et le demi-quart d'écu (valant le 1/4 et le 1/8 de l’écu, soit 15 sols et 7 sols 6 deniers). 

Les louis d'or et d'argent sous Louis XIII ; le lis d'or, de 1655 à 1657 ; le lis d'argent et ses divisions, en 1655 ; et les différentes variétés d'écus. 

Le sol de cuivre est une création due à Jean Law, en 1719. Le sou, qui représentait le gros tournois de saint Louis, valait dix-huit fois moins : la différence entre le prix du marc d'argent aux deux époques était à peu près semblable.

Le liard (en 1721) valut trois deniers comme celui du XVIème siècle qui était le quart du douzain.

La valeur de toutes ces monnaies eut naturellement une grande fluctuation au moment de la banqueroute de Law. Pour connaître la valeur des espèces à cette époque, il faudrait dresser le tableau des Edits, ordonnances et arrêts du Conseil d'Etat qui se succédaient de jour en jour, relevant et abaissant le cours des monnaies. Ainsi pour l'année 1720, nous connaissons plus de quarante arrêtés de ce genre. 

La grande diversité des espèces, parmi lesquelles on trouvait les écus de Charles VII aussi bien que les louis de toutes les fabrications, était un obstacle au développement du commerce. C'est pourquoi, le 18 thermidor an III (15 août 1794), l'unité des monnaies fut établie en prenant pour unité monétaire le franc, pesant 5 grammes et ayant pour base le système métrique.

Autres pages sur les monnaies royales françaises


Les monnaies royales françaises (résumé d'un livre catalogue sur les monnaies royales françaises; lien pour l'acheter)
Dernière mise à jour : ( 18-04-2012 )
 
< Précédent   Suivant >
Contact : sacramon@yahoo.fr | Sacra-Moneta.com 2006-2017 monnnaies numismatique or et pieces de collection |