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20-10-2018
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Que nous apprennent les monnaies anciennes ?
Les monnaies anciennes sont des témoins souvent irremplaçables de l'histoire d'une ville ou d'une dynastie. Les monnaies sont de véritables documents historiques qui nous renseignent sur de nombreux aspects des civilisations disparues : on peut en tirer des informations économiques, mais aussi politiques, historiques, religieuses et bien sûr des indications sur l'art tel qu'il était pratiqué.

La suite monétaire d'une ville reflète son histoire politique et économique d'une manière saisissante. Prenons, par exemple, les monnaies d'Ephèse. En les disposant soigneusement dans l'ordre chronologique, vous pourrez suivre pas à pas l'histoire de l'art dans la capitale de l'Ionie; vous assisterez, à ses débuts, à son épanouissement, à sa décadence; vous contemplerez, se déroulant sous vos yeux, l'imposante théorie des dieux honorés dans cette ville, l'Artémis éphésienne et ses symboles, le cerf et l'abeille; Zeus et Apollon; des dininités allégoriques comme le dieu du mont Pion, les dieux fleuves Caistre, Cenchrius et Marnas; différents épisodes des légendes relatives à l'établissement des Ioniens en Asie Mineure; Coresus, un des fondateurs mythiques du temple d'Artémis, et jusqu'à Héraclite, le philisophe de la mélancolie.

Pour l'histoire politique, vous suivrez toutes les phases par les monnaies, qui montrent Ephèse subissant, tour à tour, la suprématie athénienne ou la domination des Perses, s'alliant avec Iasos, Rhodes, Cnide et Samos, ballotée entre la tyrannie et la démocratie, frappant ensuite au nom d'Alexandre, de Lysimaque, des Séleucides, des Ptolémées; prenant au gré de ses maîtres successifs les noms d'Arsinoé et d'Eurydicée, retournant à son nom d'Ephèse, ouvrant son atelier aux rois de Pergamer, affirmant son alliance avec Mithridate, enfin recueillant dans son port la galère qui portait le proconsul romain. Un grand nombre de ces évènements, dont le souvenir est consacré par les monnaies, ne sont connus, précisés ou datés que par elles.

Dans l'ordre économique, nous voyons Ephèse adopter tour à tour, pour la taille de ses espèces, suivant les avantages de son commerce extérieur, le système dit asiatique ou phénicien, le système rhodien, le système attique : nous constations des associations commerciales dont l'histoire, sans les monnaies, n'aurait nul souvenir : alliance d'Ephèse avec Aradus de Phénicie, avec Alexandrie d'Egypte, avec Cyzique, Smyrne, Mytilène, Pergame, Mésembrie, Périnhte et vingt autres villes; sous nos yeux se forment et se dénouent, au gré des intérêts ou sous la pression des évènements, ces ligues hanséatiques dont le Moyen Age n'eut pas de secret et dont l'histoire est encore à écrire.
Et quand aux annales municipales d'Ephèse, les bases essentielles en sont constituées par la série, qui s'accroît chaque jour, des prytanes éponymes dont les noms, au nombre de près de 400, ont été jusqu'ici relvés sur les monnaies. Les monnaies éphésiennes énumèrent encore la suite des proconsuls de la province d'Asie, avec la date de leurs fonctions, et les noms de différents magistrats locaux, tels que le grammateus, l'archiereus, le hiereus, l'episcopos. Quelle inappréciable ressource pour la fixation chronologique des textes ou des inscriptions où ces mêmes personnages se trouvent sporadiquement mentionnés !

La numismatique d'Ephèse n'est pas une exception; nous pourrions parcourir le monde hellénique en entier, et constater que partout, aussi bien qu'à Ephèse, à Smyrne, Clazomène, Cyzique, Sinope, Panticapée, Tarse, Tyr, Sidon, Antioche, Alexandrie, Athènes, Corinthe, Corcyre, Tarente, Syracuse, Marseille, Rome, Carthage ou Cyrène, - partout les monnaies sont le reflet des commotions politiques, de l'histoire de l'art, de la vie municipale, de l'activité commerciale, de l'expansion et du rayonnement au dehors; de cette diversité d'institutions, d'usages, de traditions locales qui procure à l'étude de l'antiquité un si puissant attrait. Tandis qu'Ephèse nous donne le nom de ses prytanes éponymes, dans d'autres villes, la monnaie est signé par des magistrats d'ordres divers : ici, ce sont des fonctionnaires administratifs, l'archonte, le stratège, le presbeute, le prytane, le boularque, le nomothète, le logistès, l'éphore, les duumvirs, les décurions; là, ce sont des contrôleurs financiers, le tamias, l'épinétète, l'étésamène; ailleurs, c'est l'agonothète, ou président des jeux publics, le gymnasiarque, le sphiste, le stéphanophore, le théologos ou interprète des oracles, le néocore, préposé à l'entretien des temples; l'hiéromnénom à Byzance; le panégyriarque à Apamée en Phrygie; les propoloi et les amphictions à Delphes; les gérontes et les nomophylaques à Lacédémine; l'archiatre ou chef des médecins à Héraclée d'Ionie. Il y a même des villes, comme Byzance, Pergame, Laodicée, où les monnaies nous apprennent que les femmes pouvaient être investies des plus hautes fonctions publiques.

Par suite de l'abondance de l'abondance et de l'infinie variété des monuments numismatiques, chaque jour fournit à qui veut étudier, une découverte intéressante ou, au moins, quelque utile appoint dans l'un ou dans l'autre des nombreux domaines de l'érudition moderne; chaque trouvaille provoque notre curiosité et nous incite à considérer sous un aspect nouveau des points spéciaux d'histoire politique ou administrative, d'économie sociale, de philologie, de géographie comparée, d'épigraphie, d'iconographie, d'art, de chronologie. Naguère, c'étaient les monnaies de la Characène qui nous permettaient de reconstituer sans lacunes toute la série des prince, tributaires des Parthes, qui ont régné sur ce petit pays; c'était un bronze donnant, pour la première fois, le nom punique de Massinissa et nous fixant sur les traits du fameux roi numide; les belles pièces aux effigies de Tiribaze, de Tissapherne, de Pharnabaze, d'Oronte, de Spithridate; celles qui portent les portraits de divers proconsuls romains, entre autres M. Annius Afrinus, gouverneur de la Galatie sous le règne de Claude, ou enfin celles qui donnent l'effigie de simples particuliers, comme Xénophon, médecin de l'empereur Claude, sur des pièces de Cos. Qu'on juge, par ces derniers exemples, des ressources permanentes qu'offre l'iconographie pour l'attribution des statues de nos musées, cette immense galerie d'effigies monétaires qui commence au Vème siècle avant notre ère, avec les dynastes lyciens et les satrapes perses, pour ne s'arrêter qu'avec la chute de l'empire romain !

Pour déterminer la date d'un monument figuré, quels termes de comparaison pourrait-on invoquer plus précis que les monnaies, dont la place chronologique est souvent sûre, et qui constituent une suite ininterrompue de types dans lesquels se reflètent directement les caractères de l'art contemporain ? Dans nombre de villes, chaque monnaie porte la mention de l'année, quelquefois même, comme chez les Parthes Arsacides et dans le Pont, du mois dans lequel elle a été frappée : quels précieux renseignements pour fixer les bases de la chronologie, sans lesquelles il n'y a pas d'histoire ! Et les transformations graduelles et successives des alphabets grec ou latin, chypriote ou lycien, phénicien ou araméen, bactrien ou pehlvi, punique ou celtibérien, dans l'ordre des temps comme dans l'ordre géographique, qui nous les fournira mieux que le numéraire de chaque région ?

Dernière mise à jour : ( 29-02-2008 )
 
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