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18-06-2018
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Histoire de la monnaie : du réel au virtuel

L'histoire de la monnaie depuis sa création par les Grecs au VIème siècle avant notre ère peut être résumée par le raccourci suivant : l'humanité est passée de la monnaie « réelle », « sonnante et trébuchante », à la monnaie complètement virtuelle (on dit aussi « fiduciaire ») d'aujourd'hui. Cette transformation a pris 26 siècles et s'est opérée non sans à-coups, selon les grands rythmes de l'histoire des civilisations, avec des phases d'éclipse (après la chute de l'Empire Romain), d'éveil (invention du capitalisme marchand au XIIème siècle) et d'expansion rapide (informatisation des systèmes monétaires mondiaux au XXème siècle). Cette évolution n'est pas complètement achevée. La situation monétaire internationale, virtualisée à 99,9%, pourrait encore révéler bien des surprises. On voit aujourd'hui le haut degré d'instabilité qui règne sur les marchés monétaires. Les marchés sont « volatils », à l'image de la pensée de ceux qui font les cours, banquiers et cambistes... Tout ceci mérite quelques explications.
 
Exemple de monnaies contemporaines variees
 


Qu'est-ce que la monnaie ? A quoi sert la monnaie ? Une société développée peut-elle exister sans monnaie ?

Une rafale de questions simples permettent de préciser les choses. Première question : qu'est-ce que la monaie ? Chacun sait que la monnaie se présente sous forme de pièces métalliques, en principe rondes, et qui sont constitués d'un métal plus ou moins précieux (cuivre, nickel, argent, or, etc). La monnaie, ce sont aussi les billets papier. Entre la pièce de monnaie constituée de métal et le billet chacun conçoit qu'il existe un fossé profond : la pièce métallique est héritée de la conception première de la monnaie, qui consistait à échanger une « valeur réelle » (par exemple un petit lingot de métal) contre une autre valeur réelle. En ce qui concerne le billet, il ne vaut rien en lui-même : c'est la confiance inspirée par l'autorité qui le met en circulation ou la contrainte de la loi (cours forcé du billet) qui lui donne sa valeur. Le billet est déjà un très grand pas dans la virtualisation de la monnaie. Pour achever cette réponse sommaire à la question « qu'est-ce que la monnaie », disons enfin que la monnaie c'est aussi des lignes d'écritures dans les livres des banquiers ou des prêteurs. Précisons ce point. Dès qu'un banquier prête de l'argent à quelqu'un, il indique la somme sur un registre et donne l'argent à l'emprunteur. Donc, la somme existe doublement : dans la main de l'emprunteur, et dans le livre d'écritures du banquier, qui vient donc de créer de la monnaie « virtuelle ». Nous ne parlerons pas ici des intérêts qui sont la cause du prêt, mais on peut juste dire que ce sont les banques publiques ou privées qui sont aujourd'hui les premières créatrices de monnaie (et non plus les banques centrales, qui continuent cependant à jouer un rôle important).

Mais revenons à la cause de la naissance de la monnaie, qui nous permet de répondre à la question « à quoi sert la monnaie ? ». La monnaie sert aux échanges, qui sont absoluments vitaux dans les sociétés humaines. L'homme est un animal social. Il ne survit que dans un groupe social qui ne peut satisfaire à tous ses besoins sans échanges commerciaux. Par exemple, au Moyen Age, les paysans avaient besoin de sel pour leurs troupeaux et se le procuraient au moyen du commerce et des échanges. Pour satisfaire à l'échange, qui consiste à donner une valeur contre une autre valeur équivalente, les hommes ont commencé à faire du troc. Les plus anciennes civilisations ont vécu longtemps sans monnaie, ce qui ne les empêchait pas de connaître un commerce développé. Mais le troc pose des problèmes sérieux : il faut transporter des objets encombrants et hétéroclites sur le lieu du marché; et surtout le troc n'est pas commode car il est imprécis. On peut échanger un boeuf contre 10 moutons. Mais comment établir un prix pour un collier de perles, un vase orné, ou une pièce de tissu ? Ce sont les Grecs, au VIIème siècle avant notre ère qui ont fait le pas décisif pour l'humanité d'inventer la monnaie. Conceptualisation simple et géniale : la monnaie (qui se présente sous forme de petits lingots de métal estampillés au nom d'une autorité) est l'intermédiaire entre les objets échangés; c'est ainsi que naît la notion de prix, qui dépend de l'offre et de la demande (la notion de valeur existait déjà avant la l'invention de la monnaie).

A la question « une société peut-elle exister sans monnaie » ? On peut répondre de but en blanc oui; mais la monnaie est un pas décisif vers une forme de société plus sophistiquée, un pas en avant vers le capitalisme marchand et financier tel qu'il existe aujourd'hui.

Il faut dire que la monnaie telle qu'elle se présente aux origines est encore très concrète, mais qu'elle représente cependant le premier pas vers la virtualisation des échanges. Au départ, dans le troc, on échange un objet; avec la monnaie métallique, on échange un objet contre un petit lingot qui garde une valeur réelle. Mais ce lingot n'a pas une valeur « d'utilité » : cette monnaie c'est un pari sur l'avenir : on parie qu'une personne qui adhère aux principes du système monétaire acceptera cette monnaie en échange d'une marchandise quelconque. La monnaie, c'est une pièce réelle, sonnante et trébuchante, mais c'est aussi une croyance dans l'avenir; sa valeur est déterminée par la confiance qu'on lui prête. Une monnaie inspire plus ou moins confiance. Plusieurs facteurs entrent en jeu : dans quel métal est-elle fabriquée ? Est-elle complètement fiduciaire et virtuelle (comme le dollar aujourd'hui) ou réelle (comme les Napoléons Or du XIXème siècle) ? Cette monnaie est-elle garantie par une autorité incontestable ou par un pouvoir douteux ? Voilà autant d'éléments de croyances qui influent sur la valeur des monnaies. Disons donc que dès sa création, la monnaie est un concept virtuel, qui entre dans le domaine des croyances.

En marche vers la virtualité totale et la dématérialisation complète de la monnaie

Bien que par sa nature profonde la monnaie soit une «virtualité », elle reste longtemps, pendant les 26 siècles qui nous séparent de son invention, gagée sur du concret, c'est-à-dire sur le métal précieux, principalement l'or. Les sociétés de l'antiquité ont connu le crédit, qui était pratiqué à des taux usuraires, mais pour l'essentiel, le système monétaire était fondé sur les monnaies réelles. La crise monétaire de l'Empire Romain est très forte au IIIème siècle de notre ère : l'inflation massive se traduit concrètement par l'avilissement des monnaies dont la valeur chute sans cesse et par une hausse massive des prix. Cette crise monétaire et financière, qui est le reflet d'une profonde crise de civilisation, manque d'emporter l'Empire. Tout est tenté par les Empereurs pour redresser la barre. Dioclétien essaye même une fixation autoritaire des prix à la fin du IIIème siècle, ce qui montre la nullité de la pensée monétaire qui prévalait à l'époque. Les conséquences d'une fixation autoritaire des prix sont immédiates : les commerçants cachent leurs produits et un marché noir se met en place. Même causes, mêmes effets pendant la Révolution française : le cours forcé des Assignats précipite la ruine économique du pays, ruine l'activité, bride les échanges et la production, paralyse l'économie entière.
 
L'Empire romain d'Occident ne passe pas le Vème siècle. Quoi qu'on en dise, les périodes mérovingiennes et carolingiennes sont des époques de recul très important de la civilisation à tous les niveaux. Sur le plan monétaire, la monnaie disparaît, purement et simplement, on revient au troc. Les seules pièces qui circulent en Occident sont des monnaies d'or excessivement rares qui sont aux mains d'une aristocratie qui s'en sert pour les échanges avec l'Orient civilisé et Byzance. Et encore, le commerce international est-il réduit à rien après les conquêtes de l'Islam.
 
C'est au XIIème siècle que le renouveau se produit. Avec les Croisades, le commerce reprend. Les marchands Italients inventent de nouveaux moyens d'échanges capitalistes : sociétés par actions, lettres de changes, banques. La mise en place des instruments capitalisme est en place : la monnaie, le crédit (lettres de change), les banques. Le système connaît des secousses violentes (retentissantes faillites de banquiers italiens aux XIVème et XVème siècles). Dans la deuxième moitié du XXème siècle, tout s'accélère : les monnaies ne sont plus convertibles en or; l'informatique permet une virstualisation croissante des transactions financières à partir des années 90 du XXème siècle (comptes bancaires en ligne, paiements en ligne par carte de crédit, virements internationaux, achats d'actions tout autour de la planète sans changer d'endroit...).
 
La numérisation et la virtualisation sans cesse croissantes risquent bien d'arriver un jour à ce résultat qu'il n'existera plus du tout de monnaies réelles, remplacées définitivement par une monnaie complètement virtualisée. 


Epilogue : science fiction monétaire

Des masses considérables d'argent se déplacent aujourd'hui autour de la planète, avec une simplicité et une rapidité déconcertante : d'un simple clic de souris, des banquiers s'échangent ainsi des milliards d'euro tous les jours... On imagine ce qui pourrait se passer en cas de crash informatique mondial : des faillites virtuelles, et même des troubles géopolitiques graves.
 
On imagine aussi que la création de la monnaie, qui était jusque là le monopole des Etats pourrait bien redevenir privée. Ce système existe déjà d'une certaine manière quand une société vous offre un bon d'achat ou des points. Que sont ces "points" sinon une monnaie virtuelle ? Le jeu "Second Life" a aussi sa monnaie, le "Linden" convertible en dollars... Les Etats accepteront-ils de laisser ces monnaies privées prendre le dessus ? Comment feront-ils pour lutter contre elles ?
 
Mais tout ceci n'est que très secondaire face à la crise de confiance générale qui pourrait se manifester à l'encontre de cette monnaie complètement virtuelle. Que devient une monnaie qui n'inspire plus confiance ? C'est simple, les utilisateurs n'en veulent plus, ils s'en débarrassent au profit d'une monnaie jugée plus solide. Actuellement, le dollar est en train de subir une de ces crises de confiance. Sa valeur diminue notamment car les états n'ont plus confiance dans l'Amérique et préfèrent à présent diversifier leurs réserves de changes en particulier avec des monnaies comme l'Euro. Cette tendance est provisoire. En matière monétaire, l'histoire a montré qu'aucune position monétaire dominante n'est définitivement acquise. La virtualisation croissante de la monnaie accélère les reclassements des différentes monnaies mondiales.


Autres pages sur les phénomènes monétaires


Qu'est-ce que l'inflation ?
La monnaie comme dette (illustration du processus de création de monnaie par le crédit)
La monnaie marchandise (vidéo sur les monnaies qui ne se présentent pas sous forme de pièces métalliques)

Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
 
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