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16-06-2019
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Une monnaie d'argent de la République Romaine : le Victoriat

Indépendemment du denier, du quinaire et du sesterce, l'atelier du Capitole, sous la République, émit temporairement d'autres espèces d'argent qui sont : le victoriat, le double-victoriat et le demi-victoriat. Ces pièces ont poiur type au droit la tête de Jupiter (quelquefois d'Apollon); au revers, la Victoire couronnant un trophée : c'est de ce dernier type que leur nom est dérivé. La valeur du victoriat qui porte souvent le lettre V, initiale de son nom, était de ¾ de denier ou 12 as; le demi-victoriat, marqué quelquefois des lettres IS qui signifient 1 sesterce ½ valait 3/8° de denier ou 6 as. Les plus anciens victoriats pèsent 3,41 grammes ou 1/96° de livre. On ne connaît jusqu'ici qu'un seul exemplaire de double-victoriat (cf. E. Babelon, Monnaies de la République romaine, t. I, pp. 41 (double victoriat), 49, 56, 251, 259, 348; t. II, pp. 159, 209, 537).

Exemple de Victoriat

Exemple de Victoriat. Emission anonyme, 211-210 av. JC. 3,6 grammes. Emission d'Apulie. A/ Tête de Jupiter tournée à droite. R/ Victoire tournée à droite couronnant un trophée. Q entre la Victoire et le trophée. (Crawford 102/1). Photo CNG. Estimation : 150 US$

Le victoriat a été émis entre 221 et 170 avant JC. Pline s'exprime ainsi au sujet de cette nouvelle monnaie : Hic nummus, ex Illyrico advectus, mercis loco habebatur : est autem signatus victoria et inde nomen (Pline, Histoire Naturelle, XXXIII, 13). Ainsi, d'après la tradition romaine, le victoriat est une pièce importée d'Illyrie à Rome où elle fut reçue, d'abord, comme un lingot dont la valeur monétaire n'était pas officiellement reconnue. A l'époque de la frappe du victoriat, le commerce très actif de Rome avec les villes de l'Adriatique était principalement alimenté par les drachmes d'Apollonie et de Dyrrachium dont le type est une vache allaitant son veau. Ces drachmes qui pèsent 3,41 grammes et équivalaient à 3 scrupules romains affluèrent surtout après la conquête de l'Illyrie par les Romains en 229 av. JC, sur le marché de Rome, mercis loco,dit Pline. Alors, pour faciliter les relations commerciales Rome se décida à frapper des pièces du même poids : ce furent le victoriat et ses divisions, dont le type de Victoire rappelle les triomphes des armées romaines sur la reine d'Illyrie, Teuta (voir Mommsen-Blacas, Monnaies romaines, t. II, p. 104).

Cette explication de Mommsen fondée sur le témoignage de Pline, n'est pas acceptée sans résserves par d'autres historiens de la monnaie romaine. Zobel de Zangroniz, et d'après lui, Marquardt et François Lenormant (cf. Zobel de Zangroniz, dans Mommsen-Blacas, Monnaies Romaines, t. II, p. 104, J. Marquardt, De l'organisation financière chez les romains, trad. Vigié, pp. 22-23; Fr. Lenormant, article « Denarius » dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines de Saglio) ont observé que le victoriat, avant de devenir une monnaie officielle de Rome, circulait en abondance, non seulement en Illyrie et sur les côtes de la mer Ionienne et Adriatique, mais en Espagne, avant que ce pays fût devenu province romaine, et dans l'Italie méridionale. Cette pièce était en outre acceptée depuis longtemps déjà dans le commerce de Marseille, de la Campanie, de Rhodes et de l'Egypte, et elle était taillé sur le même pied que la drachme phocéenne. Le double-victoriat correspondant exactement comme poids, au didrachme campanien. Enfin, le type même du victoriat se trouve non par sur la drachme illyrienne, mais sur des monnaies de Capoue, d'Atella et du Bruttium. Certains victoriats romains portent les initiales des ateliers de Luceria, Croto, Vibo, Canusium, Corcyre (E. Babelon, Monnaies de la République romaine, t. I, P. 55 et 56), d'où il paraît résulter que les romains ne firent que continuer l'émission de cette pièce dans ces villes où elle était antérieurement connue. Il est donc vraissemblable que les Romains, en introduisant la frappe du victorat à Rome, et dans leurs autres ateliers, ne cherchèrent pas plus à imiter la drachme illyrienne que toutes les autres monnaies du même poids que nous venons d'énumérer. Ils voulurent créer une pièce qui fut en rapport direct avec celle qui était la plus répandue dans le commerce international des peuples Méditerranéens. En raison de cette origine, le victoriat fut surtout, pour les romains, une monnaie à l'usage du commerce extérieur, tandis qu'à Rome même, on se servait du denier. Les lieux d'émission du victoriat sont la preuve de cette assertion. A Rome, on le considéra longtemps comme une monnaie étrangère : c'est ainsi qu'il faut interpréter le passage de Pline cité plus haut.

Après l'an 217 avant JC, époque de l'établissement de l'as oncial et de la réduction du denier à 3,89 gr., le poids du victoriat fut également diminué; on le descendit à 2,92 gr. Cette nouvelle espèce eut une vogue immense dans les colonies et servit de prototype au monnayage provincial. Les pièces si communes de Corinthe, de Rhode, de Marseille, notamment, furent modifiées quant au pied monétaire, et on les frappa au poids du victoriat romain de 2, 92 gr. Dans ce système, le victoriat, demeuré toujours les trois quart du denier, servit à remplacer le quinaire dont l'émission cessa, nous l'avons dit, en 217 av. JC. Il arriva même un moment où l'on donna au victoriat la valeur d'un demi denier, c'est à dire que le victoriat fut identique, pour le poids, à l'ancien quinaire démonétisé. Cette nouvelle transformation fut décrétée par la loi Clodia, vers l'an 104 av. JC (cf. Pline, Histoire Naturelle, XXXIII, 46; cf. Borghesi, Oeuvres, t. II, p. 309; Mommsen Blacas, Monnaie romaine, t. II, p. 101; Ed. Cuq., art. Lex dans le Dict des Antiquités grecques et romaines, p. 1135).

Les premiers victoriats émis à ce poids d'un demi-denier ou 1 gr. 95, portent même dans le champ du revers, la lettre Q (quinarius) pour indiquer l'identité de la pièce nouvelle avec le quinaire (Borhesi, Oeuvres, t. II, p. 304. Le sens de la lettre Q (quinarius) a été contesté par A. Klugmann). En même temps, la lettre V disparaît; de sorte que l'on peut dire que, de l'ancien victoriat, il ne subsista plus que l'aspect extérieur, et qu'en réalité, le quinaire fut rétabli, mais avec les types de Jupiter et de la Victoire couronnant un trophée.

C'est de pièces de cette espèce, remarque M. Marquardt (De l'oganisation financière chez les romains, trad. Vigié, p. 26), que parlent Varron et Cicéron, disant que le victoriat était la moitié du denier (note 3 : Varron, De ling. lat., X, 41 : Quam rationem duo ad unum habent, eandem habent viginti ad decem – sic est ad unum victoriatum denarius, sicut ad alterum victoriatum alter denarius. De même, dans Cicéron, Pro Fonteio, IX, 19). Sous l'Empire, le nom de Victoriat se retrouve comme synonyme de quinaire, notamment dans ce passage de Pline : is qui nunc victoriatus appellatur (Pline Histoire Naturelle, XXXIII, 46). Quintilien parle d'un certain Galba qui avait acheté en Sicile pour un victoriat, une murène longue de 5 pieds (Quintilien, VI, 3, 80 : Galba, dicente quodam, victoriato se uno in Sicilia quinque pedes longam murenam emisse). Dans une inscription d'Afrique qui est aussi de l'époque impériale, il est question de trois victoriats : victoriati terni (CIL t. VIII, n°8938). Dans un autre texte épigraphique du même temps, on compte des victoriati nummi. Ainsi, tous ces textes établissent que le victoriat s'était confondu avec le quinaire ou le demi-denier, et que ce denier à l'époque impériale, reçut souvent le nom de victoriat. On comptait parfois par Victoriats pour éviter les fractions : par exemple, « terni victoriati » ou « tres victoriatos nummus », au lieu de 1 denier ½.


Autres pièces de monnaie romaines :


Le denier

Le quinaire

Le sesterce

L'aureus

L'antoninien

La silique



 
Dernière mise à jour : ( 01-09-2008 )
 
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