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Solidus
18-04-2012
Le solidus est une monnaie d'or romaine créée par l'Empereur Constantin Ier au début du IVème siècle après JC. Le solidus (pluriel solidi) a remplacé la monnaie l'aureus, qui fut la monnaie d'or depuis la fondation de l'Empire Romain par Auguste. Le solidus a connu une exceptionnelle longévité, puisqu'il a été la monnaie d'or pendant toute l'Antiquité tardive; le solidus est resté la monnaie d'or de l'Empire byzantin jusqu'au XIème siècle. Le solidus, qui fut d'abord une monnaie réelle, a également été un des éléments majeurs de la monnaie de compte au Moyen Age, le "sou" valant 12 deniers. Le sou est ensuite devenue une monnaie de faible valeur au XVIIème siècle, après avoir été pendant des siècles l'étalon monétaire dominant dans le monde méditerranéen.

Sommaire de l'article

  1. Quelques photos de solidus
    1. Solidus de Contantin Ier
    2. Solidus de Constant
    3. Solidus de Magnence
    4. Solidus de Julien II
    5. Solidus de Valentinien II
  2. La création du Solidus par Constantin
  3. Le nom du solidus : une monnaie "solide", c'est-à-dire forte et stable
  4. Métrologie du solidus
  5. Divisions du solidus : le semis et le triens
  6. Les multiples du solidus : les médaillons d'or
  7. Le solidus dans l'Antiquité tardive
  8. Postérité du solidus
  9. Autres pages sur les monnaies romaines en or

Quelques photos de solidus


Solidus de Contantin Ier

Solidus de Constantin Ier
Solidus de Constantin I, 307 – 337. Solidus, Treveri 313-315, 4.38 g. CONSTANTINVS P F AVG Tête laurée tournée à droite. Revers : VICTORIA CONSTANTINI AVG Victoire avançant à gauche, tenant une couronne et une palme. De chaque côté un captif assis au sol. En exergue, SMT. C 602. RIC 32. Depeyrot 12/11. Alföldi 577. Biaggi 2015

Solidus de Constant

Solidus de Constant
Solidus de Constant Auguste (337-350), AV solidus, 337-340, Thessalonique. Droit : FL IVL CON-STANS PF AVG B. diad., drapé, cuirassé à droite. Diadème formé de lierre et de rosettes. Revers : VIRTVS EXERCITVM/ TES L'empereur debout à gauche, tenant une lance surmontée d'un trophée et un bouclier, entre deux captifs assis tournant la tête vers lui. Références de la monnaie : RIC 35. 4,46 grammes. Très Rare. Superbe à Fleur de Coin EF - Unc.

Solidus de Magnence


Solidus de Magnence
Solidus de Magnence (350-353), AV solidus, début 351-août 352, Trèves. Droit : DN MAGNEN-TIVS P F AVG B. drapé, cuirassé à droite. Revers : VICTORIA CAES LIB ROMANOR/ TR La Victoire et la Liberté debout face à face, tenant un trophée.
Références de la monnaie : RIC - (D277/R279); Bastien, Magnence, - (D45/R47). 4,39 grammes.

Solidus de Julien II

Solidus de Julien II
JULIEN II Auguste (360-363), AV solidus, Sirmium. Droit : FL CL IVLIA-NVS P P AVG B. diad., drapé, cuirassé à droite. Buste étroit à barbe courte. Revers : VIRTVS EXERCI-TVS ROMANORVM/ SIRM[..] Soldat marchant à droite, tête à gauche, tenant un trophée et posant la main sur la tête d'un captif agenouillé. Références de la monnaie : RIC 94; Depeyrot, 20/1. 4,48 grammes. Très Rare. Graffiti au revers. Excellent portrait. Superbe EF

Solidus de Valentinien II


Solidus de Valentinien II
Solidus de Valentinien II, 375-392 après JC. Diamètre : 22 mm. Atelier de Thessalonique 378–383 après JC, 4.42 grammes. Photo Numismatica Ars Classica

La création du Solidus par Constantin


Constantin, probablement en 312, fixa l'aureus à 1/72ème de la livre ou 4,55 grammes et réussit à mettre plus de régularité dans la frappe. Le solidus remplaça ainsi l'aureus de Dioclétien qui correspondait à 1/60ème de livre romaine, soit 5,4 grammes.

Cette monnaie est frappée pour la première fois à l'atelier de Trèves vers 309 ou 310 avec une première diminution de poids, puis après la victoire sur Maxence en 312 par les ateliers monétaires d'Italie, avec un poids de nouveau diminué à 1/72e de livre, soit 4,55 grammes, et parfois une marque LXXII précisant ce poids. En même temps, les émissions l'aureus de 5,4 grammes cessent en 313.

Par la suite Constantin put maintenir le poids du solidus à 1/72e de livre en récupérant en 324 le trésor de guerre de son adversaire Licinius, puis en 331 par les confiscations de métal précieux conservés dans les temples. Enfin, pour réalimenter son stock d'or de façon plus régulière et assurer ses dépenses considérables, Constantin dut créer de nouveaux impôts, payables pour la plupart en or :

  1. le chrysargyre (en grec, or et argent), levé tous les quatre ans sur les commerçants et les artisans
  2. l'or coronaire (aurum coronarium), dû par les décurions des cités
  3. l'or oblatice (aurum oblaticium, or offert), contribution imposée aux sénateurs

Outre l'émission régulière de solidus, des multiples d'un solidus et demi, deux solidi, voire plus, sont frappés en nombre limité pour commémorer des événements tels que les anniversaires impériaux, des nominations de hauts fonctionnaires, ou pour des cadeaux. Certaines frappes atteignent plusieurs centaines de grammes d'or, mais il ne s'agit alors plus de d'objets destinés à la circulation mais de médailles que l'on thésaurise.

Le nom du solidus : une monnaie "solide", c'est-à-dire forte et stable


Le nom de "solidus aureus", ou plus simplement de "solidus", que Constantin donna à la nouvelle monnaie d'or étalon était déjà auparavant appliqué à l'unité monétaire ou pondérale : c'est ainsi qu'en 146 après JC. Volusius Maecianus dit "Prima divisio SOLIDI id est librae, quod as vocatur" (cf. Vol. Maecianus, Distrib. I, dans Hultsch, Script. t. II, p.61). Il servait aussi parfois à qualifier l'aureus pour indiquer que le poids était complet, c'est-à-dire conforme au taux normal et l'aloi excellent. C'est dans ce sens qu'Apulée, dès la fin du IIème siècle, parle de "centum aurei solidi" (Apulée, Métamorphoses, X, 9).

Métrologie du solidus


En 325, le solidus est donné comme l'équivalent de 4 scrupules, c'est à dire 1/72° de livre. Bientôt, dans les comptes courants, le nom de livre finit par passer à ce nombre 1/72°, comme représentant l'unité étalon : cet usage vint évidemment de ce que les monnaies d'or n'étaient guère reçues qu'au poids, même dans les caisses publiques, on comptait par soixante-douzièmes toutes les sommes qui passaient sur les plateaux de la balance.

Les expressions "auri pondus", "solidos appendere, et non numerare", de même que celles "d'argenti pondus", sont courantes dans les textes législatifs et montrent que, le plus souvent, on pesait les métaux précieux, même monnayés (cf. Cod. Théod.). A la vérité, en 334 un décret officiel fixe une somme en un nombre déterminé de solidi, mais l'irrégularité effective des exemplaires nous démontre qu'en pratique dans ce cas même on devait les peser. Ainsi s'explique-t-on qu'un certain nombre d'aurei et de solidi romains dépassent le poids normal et que ces pièces trop lourdes n'aient pas été rognées; l'irrégularité de leurs contours et les bavures même de la frappe ont, en général, éré respectées.

Certaines ordonnances impériales prescrivent aux autorités compétentes de veiller à la pureté du métal de la monnaie d'or. Il ne semble pas, pourtant, si l'on s'en rapporte à l'examen des médaillers, que l'altération des pièces d'or ait été, avant le VIIème siècle, autre choses qu'une industrie peu répandue, exercée par des faux monnayeurs. Vers le milieu du IVème siècle, commence à figurer dans les textes, à côté du sou d'or (solidus), du semis et du triens une autre monnaie appelée "siliqua auri", valant 1/24° du solidus ou 1/1728° de la livre d'or. Mais il n'a jamais existé en or de pièces aussi petites : c'étaient des monnaies de compte, qui n'ont été réelles qu'en argent.

Divisions du solidus : le semis et le triens


Les divisions du solidus furent le demi solidus ou semis, semissis, du poids théorique de 2,97 grammes, et le tiers de solidus ou triens, tremissis, du poids de1,52 grammes. Le demi-solidus fut toujours assez rare et l'on peut se demander s'il a réellement existé dès le temps de Constantin. A titre d'exemple, nous en citerons un de Valentinien II au revers VICTORIA AVGVSTORVM, qui pèse 2,30 grammes; le triens du même empereur qui porte la même légende a le poids presque normal de 1,5 grammes. Mais le triens est fréquent depuis Constantin et son poids effectif varie de1,50 grammes à 1,80 grammes; il est de plus en plus répandu au fur et à mesure que s'accentue la décadence de l'empire; chez plusieurs des peuples babares qui s'installèrent en Occident et frappèrent des monnaies d'or en imitation de celles des empereurs, le triens fut même la pièce la plus ordinaire.

Les multiples du solidus : les médaillons d'or


A partir de Constantin, il n'est pas rare de rencontrer des médaillons d'or de 1 solidus et demi, de deux solidi, de trois solidi, de quatre solidi, etc., qu'on distribuait comme des médailles commémoratives. C'était l'usage chez les romains de distinction, au IV° siècle, de faire des cadeaux de valeurs à des amis, à l'occasion de réjouissances de famille, d'un succès, d'une promotion ou d'un jour particulièrement heureux, par exemple le jour de l'entrée en fonction d'un consul. Ces présents consistaient souvent en un double sou d'or ou en pièces d'or d'un poids et d'un module plus élevé, ou enfin en médaillons d'argent : c'était la « sportula », les « apophoreta ».

Les énormes pièces d'or et d'argent des deux derniers siècles de l'Empire et aussi du commencement de la période byzantine rentrent dans cette catégorie de médailles commémoratives. Il y en avait qui pesaient jusqu'à une livre d'or ou 90 solidi; d'autres une livre ou 72 solidi; puis 56, 48, 40, 36 et 15 solidi. Un certain nombre d'exemplaires de ces grands médaillons nous sont parvenus; ils n'avaient pas de noms spéciaux. Les auteurs qui en parlent, comme Grégoire de Tours, par exemple, ne les désignent que par le chiffre qui indique leur rapport avec l'unité monétaire ("aureos etiam singularum librarum pondere ostendit", cf. Grégoire de Tours, VI, 2). La plupart d'entre eux sont encore munis d'une bélière de suspension ou sertis dans un encadrement qui prouvent qu'on les portait fixés à des colliers, comme des bijoux de grand luxe.

Le solidus dans l'Antiquité tardive


En 395, la dernière séparation de l'empire entre Occident et Orient ne change pas l'unité du système monétaire, les solidi frappés à Constantinople circulent en Occident. Dans l'empire d'Orient, le nom grec de la monnaie est dès son origine le nomisma, nom qui perdure tandis que l'usage officiel du latin disparait, mais les numismates continuent de désigner le type par le nom latin solidus pour ses productions jusqu'au xe siècle, époque de sa dévaluation.

La situation est plus complexe dans l'empire d'Occident après les Grandes invasions : dans le réduit romain les ateliers monétaires impériaux de Ravenne, de Milan, de Rome et parfois d'Arles continuent d'émettre des solidi à l'effigie des empereurs, jusqu'à Romulus Augustule en 476, tandis que les peuples germaniques installés comme fédérés dans les provinces périphériques frappent à leur tour des solidi, également au nom de l'empereur en titre, mais avec des marques d'ateliers fictives. Ainsi, à partir de la fin du règne de Valentinien III vers 450, le royaume wisigoth de Toulouse émet des solidi de poids moindre, l'éphémère royaume suève d'Espagne des tiers de solidi, puis les Burgondes font de même14.

Après la fin politique de l'empire d'Occident, marquée par la destitution de Romulus Augustule en 476, le solidus a toujours cours. Il est imité par les rois barbares, en particulier les Mérovingiens, quoique le plus souvent sous forme de "tiers de sou" (tremissis). Il est employé comme unité de compte pour les amendes du wergeld, droit germanique qui établit les indemnités financières pour les atteintes à la personne.

Postérité du solidus


Le nom "solidus" est à l'origine des appellations de monnaies "Sol" et, plus près de nous, "sou", et également du solde et du soldat via l'italien soldo. Lors de la réformé monétaire de Charlemagne, le "sou", bien que n'existant plus en tant que monnaie physique a été intégré dans le système de compte : 1 sou valait 12 deniers. Le "sou" a été recrée en Occident sous forme de monnaies d'argent d'une valeur de 12 deniers, les "Gros" au XIIIème siècle (réforme monétaire de Saint Louis en 1266). Par la suite les dévaluation du sou ont également déprécié la qualité du sou (qui était au départ une monnaie forte, "solide") dans l'esprit public. Le sou est ainsi devenu une pièce de peu de valeur.

Autres pages sur les monnaies romaines en or


Les monnaies d'or romaines
Aureus
Dernière mise à jour : ( 18-04-2012 )
 
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