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Les monnaies de cuivre ou de bronze dans l'antiquité

Le cuivre ou bronze (aes en latin), est le métal le plus répandu dans le monnayage de l'Antiquité. Bien que les chimistes

 Exemple de monnaie romaine en bronze (As d'Auguste divinisé)
Exemple de monnaie romaine de bronze : As d'Auguste divinisé

établissent une distinction très nette entre le cuivre proprement dit, et le bronze, alliage de cuivre et d'étain, il n'y a pas, sauf exceptions occasionnelles, opportunité de préciser cette distinction dans la description des monnaies. Le cuivre pur et les alliages qu'il forme avec l'étain, le zinc, le plomb, le nickel, l'arsenic et divers autres métaux, c'est-à-dire les bronzes, les cuivres et les laitons des modernes, étaient désignés indifféremment dans l'antiquité par le mot aes chez les latins, nom que l'on traduit par cuivre, airain ou bronze. Aussi les Anciens n'ont-ils pas employé deux mots distincts et spécifiques pour le cuivre et le bronze.

Pour bien comprendre les textes d'autrefois, il convient d'écarter de notre esprit les définitions précises acquises par la chimie de notre temps. C'est en vertu de ce principe qu'en numismatique on désigne indistinctement sous le nom de monnaies de bronze, toutes les variétés du cuivre et de ses alliages.

De très bonne heure les Grecs, instruits par les Phéniciens, allèrent chercher à Chypre le cuivre dont ils avaient besoin et qu'en général, on préfér ait au fer, à cause de sa ductilité et de sa malléabilité. De là vient que l'île de Chypre donna son nom au cuivre, « aes cyprium, cyprium, cuprum ».

Exemple de pépite de cuivre natif 
Exemple de pépite de cuivre natif

L'Arabie, l'Italie centrale, la Gaule, l'Espagne fournirent aussi du cuivre; il y en avait enfin dans des mines importantes dans la presqu'île de Chalcidique en Macédoine et dans l'ïle d'Eubée, doù la ville de Chalcis prit son nom. Les localités nombreuses appelées Chalcis, Chalcé, Chalcilis, ou d'une nom analogue, rappellent des endroits où l'on exploitait des mines de cuivre.

Si l'aes cyprium « airain de Chrypre », a formé le mot cuivre, l'aes brundisium « airain de Brundisium » a donné naissance au mot « brontésion », puis bronze : dans les deux cas, l'adjectif est devenu le nom principal. Le mot « aurichalcum » désignait en grec le laiton ou cuivre jaune.

Les plus beaux bronzes de l'antiquité sont, en général, un composé de 85 parties de cuivre et de 15 parties d'étain. D'après les alliages, Pline distingue, entre autres variétés, l'aes Deliacum (bronze ou airain de Délos), l'aes Aegineticum (d'Egine), l'aes Corinthiacum (de Corinthe), l'aes Capanum (de Campanie), l'aes candidum (cuivre blanc), l'aes rubrum (cuivre rouge), l'aurichalcum (le laiton ou cuivre jaune) appelé aussi aes coronarium parce qu'on en fabriquait, à l'usage des histrions, des couronnes qui ressemblaient, de loin, à des couronnes d'or.

On prétendait, dans l'antiquité, que l'airain de Corinthe, dont la composition aurait été formée et révélée par les hasard d'un violent incendie, était un alliage de cuivre, d'argent et d'or, dans des proportions déterminées et variables. Pline distingue même trois espèces d'airain de Corinthe, suivant que l'argent, l'or ou le cuivre entraient en plus ou moins grande quantité dans sa composition. Les amateurs de l'antiquité recherchaient passionnément les objets en airain de Corinthe, ustensiles, casques, cuirasses, surtout vases ou bassins décorés de sujets en relief. Cicéron parle des « Corinthia vasa » que Verrès avait dans ses collections. Les ouvriers qui travaillaient ce bronze étaient appelés « corinthiarii ». Dans la maison impériale, au temps de Tibère, il y avait des esclaves préposés à la garde la vaisselle précieuse en airain de Corinthe. Quoi qu'on en ait dit autrefois, il n'existe pas de monnaies antiques en bronze de Corinthe, c'est à dire dont le métal serait un alliage de cuivre, d'or et d'argent.

Le plus généralement, la monnaie de bronze se compose de cuivre rouge mêlé à un peu d'étain ou de zinc; ce métal a une dureté considérable, ne s'use que très lentement au frottement et ne s'oxyde qu'à la surface, circonstance qui devient même une qualité et donne naissance à la patine.


Exemples de monnaies grecques en bronze

Exemples de monnaies grecques en bronze (photo Freeman and Sear)


Mais si l'on entre dans l'analyse chimique, on constate que le bronze des monnaies antiques varie beaucoup dans sa composition, suivant les temps et les pays. Les lingots primitifs de Rome, de la série de l'aes grave, contiennent 7 à 8 pour cent d'étain et environ 20 à 23 pour 100 de plomb. Les bronzes d'Alexandre le Grand ont fourni à l'analyse environ 1/8° d'étain; ceux des Ptolémées en ont 1/16°. On trouve rarement du plomb dans la monnaie de bronze grecque, avant la domination romaine. A Rome, au contraire, et dans les pays helléniques, à partir de l'arrivée des Romains, on constate constamment la présence de plomb à côté de l'étain dans la monnaie de bronze.

L'aurichalcum (parfois orthographié orichalque) est un cuivre jaune que nous appelons maintenant plus ordinairement laiton, et qui fut monnayé presque pur au commencement de l'époque impériale à Rome et en Asie Mineure : le sesterce et le dupondius d'Auguste sont en un laiton qui comprend 80 à 60 parties de cuivre jaune pur contre 20 à 10 parties de zinc. On a même frappé à Rome, à cette époque, des médaillons composés mi-partie de laiton et de cuivre rouge, c'est à dire dans lesquels une pastille de l'un des deux métaux se trouve encastrée dans un manchon ou anneau de l'autre métal. Le cuire jaune le plus réputé était à cette époque, extrait des mines de Cordubas, en Espagne : « cadmeam maxime sorbet et aurichalci bonitatem imitatur in sestertiis dupondiariisque », dit Pline (Histoire Naturelle, XXXIV, 4).

La monnaie de laiton avait une valeur très supérieure à la monnaie de cuivre rouge. L'existence de pièces de laiton fourrées suffirait à démontrer que ce métal était particulièrement apprécié. L'âme de ces pièces fourrées est en fer ou en plomb. Il s'en trouve non seulement dans la série romaine, mais à Nîmes et dans quelques autres colonies. Dans l'Edit du « maximum » de Dioclétien, l'aurichalcum est estimé huit deniers, tandis que la même quantité de cuivre ordinaire est cotée seulement six deniers. Nous ajouterons même que, selon Procope, le laiton n'était pas de beaucoup inférieur à l'argent comme valeur.

L'altération de la monnaie de bronze est interdite par les lois. Mais, en dépit des règlements, cette altération semble avoir marché de pair avec celle de la monnaie d'argent. Sous Néron et les Flaviens, la quantité de zinc diminue dans les grands bronzes et se trouve remplacée par de l'étain; sous Vespasien, on trouve déjà 1 pour 100, sous Hadrien 2 pour 100, et sous Marc Aurèle jusqu'à 9 pour 100 de plomb.

Sous Dioclétien le métal des pièces de bronze est argentifère et de plus, comme pour les anciens antoniniani, on constate qu'elles ont été plongées dans un bain d'argent. A l'analyse, elles donnent du cuivre mélangé à du zinc et un peu d'argent. Après Constance II, il n'ya plus de traces d'argent dans les pièces de bronze. Il y a aussi peu de zinc, mais en revanche beaucoup d'étain et de plomb. A partir d'Anastase, les pièces de bronze ne contiennent comme le prescrivent les lois que du cuivre et du zinc. Des monnaies de Maxence ont fourni à l'analyse 82 grammes 03 d'étain, 11 grammes 40 de plomb. Des pièces de Théodose Ier ont donné 90 grammes 04 de cuivre, 2,6 grammes de zinc, 1,25 grammes d'étain, et 6,11 grammes de plomb. Des bronzes d'Anastase ont fourni 97,41 grammes de cuivre avec 2,31 grammes de zinc. On en cite même de Justinien en cuivre pur.

Il arrive souvent, surtout pour les monnaies de la Syrie et de la Mésopotamie au Iième siècle de notre ère, que des efflorescences ou boursouflures farineuses se manifestent de place en place à la surface des pièces. C'est ce qu'on appelle la « carie » du bronze : elle amène infailliblement, si l'on n'y remédie chimiquement, la destruction de la pièce qui finit par se retrouver en poussière.

 

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Dernière mise à jour : ( 14-09-2008 )
 
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