L'or monnayé par les Grecs et par les Romains est presque toujours pur, du moins il est censé tel, c'est-à-dire amené au degré de pureté que pouvaient lui faire atteindre les procédés d'affinage des Anciens.
Dans un passage de Thucydide, on trouve l'expression « or souvent recuit jusqu'à ce qu'il devienne pur » (Thucydide, II, 13, 5). L'or natif, non purifié est dit « or sans cuisson » (Hérod. III, 97).
La latins appelaient l'or pur « aurum excoctum, aurum obryzum ou obryzussum ». Suétone emploie l'expression « aurum ad obrussam » (Suétone, Néron, 44); Pline donne l'explication suivante : « Aurique experimentum ignis est, ut simili colore rubeat, ignescatque; id ipsum OBRUSSAM vocant » (Pline, Histoire Naturelle, XXXIII, 19, ce qui signifie : « L'épreuve du feu pour l'or lui fait prendre une couleur ignée et il devient incandescent; cette épreuve s'appelle obrussa ».

Exemple d'Aureus (monnaie d'or) romain. GALBA. 68-69 AD. AV Aureus (7.08 gm). Bare head right / Legend within oak wreath. RIC I 164; Cohen 286. VF, ex-jewelry, small banker's mark at bottom of obverse. ($2500). Photo CNG. Dans l'antiquité l'or monnayé était généralement d'un très haut degré de pureté
Naguère, on appréciait le degré de pureté de l'or par le terme de « carat », qui, au Moyen Age, a été emprunté à l'arabe « quirdt »; ce dernier mot venait à son tour du latin « ceratium » ou « siliqua », qui désignait un petit poids égal au 1/1725° de la livre. Le carat est la vingt quatrième partie d'or pur d'un lingot considéré comme composé de vingt quatre vingt quatrièmes. Quand on disait que l'or était à 24 carats, on entendait de l'or fin et sans mélange; si l'on disait que l'or était à 21 carats, on exprimait qu'il n'y avait que 21 parties d'or et que les trois autres parties étaient d'une autre substance. Aujourd'hui, on compte plutôt, en suivant le même système, par millièmes d'unités : les pièces d'or de 20 francs étaient à 900 millièmes, c'est à dire que sur 1000 millièmes, il y avait 100 parties qui n'étaient pas de l'or.
L'analyse chimique a démontré que l'or des dariques n'a que 3 pour 100 d'alliage naturel; c'est donc de l'or à plus de 23 carats ou à 970 millièmes de fin.
C'est autour de ce chiffre que flotte le degré d'affinage des monnaies d'or de l'antiquité tout entière. Ainsi, la monnaie d'or n'est jamais altérée officiellement dans son titre ou dans son aloi. La créséide et la darique sont en or plus pur et, partant, plus mou que nos monnaies modernes, de même que les statères de Philippe et d'Alexandre, de même que les rares monnaies d'or frappées par les dynastes de Carie ou de Chrypre, les abondantes émissions des rois d'Egypte, les statères de Lampsaque, de Cios ou de la Cyrénaïque, ceux d'Athènes, de Syracuse ou de Tarente, ceux des généraux de la République romaine, de même enfin que tout le monnayage d'or de l'empire. D'Auguste à Vespasien, les monnaies d'or romaines contiennent de 998 à 991 millièmes d'or fin. Plus tard, la moyenne est, en général, de 980 millièmes. Nulle part, donc, on ne rencontre d'altération officielle et systématique du titre de la monnaie d'or : ce principe ne comporte d'exceptions que celles qui résultent momentanément de grands troubles politiques, de l'état de siège ou du laisser-aller des temps de profonde barbarie comme chez les Gaulois avant César ou chez les Mérovingiens, ou enfin, des fraudes clandestines des faux monnayeurs. Bref, on n'a jamais confondu officiellement, dans l'antiquité, la monnaie d'or avec la monnaie d'electrum ou d'or pâle.
|