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L'électrum ou or pâle monnayé dans l'antiquité

L'électrum était un alliage, tantôt naturel, tantôt artificiel d'or et d'argent. A cause de sa couleur, plus jaune que l'argent et plus blanche que l'or, les Grecs le désignaient souvent par la périphrase « or pâle ou or blanc ». Hérodote, par exemple distingue avec soin l'électrum de l'or pur (Hérodote, I, 50, 2; le vermeil, qu'il ne faut pas confondre avec l'électrum, est l'argent doré et non un alliage chimique d'or et d'argent). La même distinction se trouve précisée dans les comptes des hiéropes du temple d'Apollon à Délos. On trouve aussi, parfois, pour désigner l'or pâle ou électrum, l'expression « or de Cyzique » ou « or de Phocée », parce que les monnaies si répandues de Cyzique et de Phocée, avant Alexandre, étaient de ce métal.

Exemple de monnaie grecque antique en électrum

Exemple de monnaie grecque en électrum ( = or pâle ou or blanc). MYSIE, Cyzique. Vers 550-500 av JC. Statère d'électrum (17mm, 15.98 g). Photo CNG.

On admet généralement que, chez les Grecs avant le IVème siècle, le terme d'électrum était appliqué exclusivement à l'ambre jaune, et dans les poèmes homériques, par exemple, ce mot ne désigne pas un métal mais bien cette substance résineuse qui jouait un grand rôle dans le luxe et la décoration personnelle ou mobilière. L'alliage métallique lui-même, qu'il soit naturel ou artificiel, était connu des Grecs dès l'époque homérique. Schliemann a recueilli, dans ses fouilles d'Hissarlik, un assez grand nombre d'objets manufacturés en électrum à côté d'objets en or et en argent. Si les contemporains de la rédaction de l'Iliade et de l'Odyssée n'avaient pas le mot, ils connaissaient bien la chose.

Pline l'Ancien dit qu'on appelle « électrum » le métal dans la composition duquel il entre un cinquième d'argent, et il ajoute qu'on peut produire ce mélange artificiellement : « Ubicumque quinta argenti portio est, electrum vocatur. Fit et cura electrum argento addito » (Pline, Histoire Naturelle, XXXIII, 23); et ailleurs : « Juvat argentum auro confundere ut electra fiant » (Pline, Histoire Naturelle, IX, 65). Isidore de Séville distingue avec soin l'électrum naturel de l'électrum artificiel : « Electrum est metallum quod naturaliter invenitur, et in pretio habetur; alterum, quod fit de tribus partibus auri et argenti una, quas partes, etiamsi naturam resolvas, invenies. Unde et nihil interest, natum sit, an factum, utrumque enim ejusdem naturae est » (Isidore de Séville, Orig., XVI, 24).

L'électrum naturel des monnaies de Cyzique, de Phocée et des statères primitifs des villes de la côte d'Asie Mineure recueilli dans les filons quartzeux du Sipyle et du Tmolus, ou dans les sables du Pactole, était d'un alliage extrêmement variable. Il est des monnaies qui sont presque de l'or pur, n'ayant guère plus de 5 parties d'argent contre 95 parties d'or; d'autres présentent un alliage tout contraite et n'ont que 5% d'or. Puis, tous les degrés intermédiaires se rencontrent; la proportion la plus ordinaire, pourtant, varie, d'après les analyses, entre 52,25 % d'or contre 47,75 % d'argent et 27 % d'or contre 73 % d'argent.
Les rois du Bosphore Cimmérien ont aussi frappé des monnaies en électrum depuis environ le commencement de notre ère jusqu'au milieu du IIIème siècle, sous Rhescuporis V. Cet électrum, qui provenait de l'Oural, resta longtemps d'un titre plus régulier que l'électrum lydien, soit que les mines de l'Oural donnassent un minerai plus uniforme que celles de la Lydie, soit que le minerai fût régularisé artificiellement, soit enfin que l'autorité, qui dans le royaume bosporan, faisait frapper la monnaie, fût plus stable que les pouvoirs multiples qui ordonnèrent les émissions monétaires primitives des villes d'Asie Mineures. C'est peut-être en ayant en vue ces monnaies d'électrum bosporanes du Ier siècle que Sevius et Isidore de Séville disent que l'électrum devait contenir trois parties d'or et une partie d'argent. Cependant, au Iième et surtout au IIIème siècle de notre ère, le titre des monnaies d'électrum bosporanes est systématiquement altéré, à tel point que l'or n'y entre que pour 13 millièmes; le reste est de l'argent et surtout du cuivre.
On trouve encore des monnaies d'électrum, d'alliage variable, en Campanie, à Syracuse, à Carthage, en Gaule.
Les monnaies d'électrum de Syracuse n'ont été émises que momentanément entre 345 et 317 avant JC, époque où Timoléon de Corinthe rétablit à Syracuse le gouvernement démocratique. Dès le règne d'Agathocle (317-289), le monnayage de l'or fut restauré. Il paraît bien que Syracuse, en émettant une monnaie d'électrum, n'a eu pour but que de faciliter ses relations commerciales avec Carthage qui, à cette époque, monnayait l'électrum, concurremment avec l'or et l'argent. C'est, en effet, vers l'an 345 que l'on peut placer l'apparition du monnayage de l'électrum à Carthage : il s'y maintint jusqu'au commencement de la seconde guerre punique.
Les Gaulois aussi ont eu des monnaies d'électrum; le titre en est des plus arbitraires, à cause de la diversité des ateliers et de l'impéritie des pouvoirs ordonnant les émissions. Au point de vue du titre, les pièces gauloises en électrum frappées chez les Bituriges Cubi, les Pictons, les Santons, les Eduens, et dans l'Ouest et le Nord, aussi bien que dans les régions helvétiques, pourraient s'échelonner depuis l'or pur jusqu'à l'argent légèrement saucé. L'analyse des monnaies d'électrum des anciens Bretons y a fait constater de l'argent, de l'étain et du cuivre en plus grande quantité que l'or.
Le facécieux auteur de l'Histoire Auguste, déguisé sous le masque de Lampride, prétend que Sévère Alexandre fit frapper quelques monnaies d'électrum (« nummos electros aliquantos); il s'agit d'une invention pure et simple.
Malgré ces exemples, on peut dire que le monnayage de l'électrum n'a été que par exception mis en vogue dans l'antiquité. On le retrouve encore plus tard chez les Byzantins et dans l'inextricable dissémination du monnayage mérovingien. On peut remarquer que ce monnayage ne pouvait pas être d'un usage vraiment pratique dans les relations commerciales, surtout celles qui avaient un caractère international. A moins de faire fondre les pièces qu'on recevait en paiement, le degré d'alliage de l'électrum ne pouvant s'apprécier ni à la vue ni au poids, on ne savait pas exactement quelle somme de métal précieux l'on recevait dans un paiement en électrum. Il était faicle au pouvoir émetteur de faire des bénéfices illicites sur l'émission en introduisant dans la composition des lingots monétaires un peu moins d'or et un peu plus de cuivre ou d'argent; la fraude privée pouvait enfin plus aisément se donner libre carrière.
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Commentaires
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Colonna Danielle - Electrum   2012-05-03 07:41:29
Où a-t-on trouvés de l'électrum naturel ? Dans quel pays ? Peut-on voir une photo ?
Sacramon - Electrum   2012-05-03 07:44:02
Il existe de très nombreux filons où l'or et l'argent sont mêlés dans des proportions; les géologues affirment d'ailleurs que l'or natif contient toujours une certaine proportion d'argent.
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Dernière mise à jour : ( 29-02-2008 )
 
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