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Les premiers systèmes monétaires grecs
(38 votes)
On a vu comment, avant son invention, pour faciliter l'opération matérielle des transactions, s'est graduellement introduit l'usage de fractionner les lingots métalliques à l'avance, suivant des poids fixes, correspondant aux divisions d'un système pondéral préexistant. C'est ainsi que le lingot de fer de Sparte, le « pelanor », pesait une mine éginétique et que les lingots de bronze italiotes étaient des multiples de la livre. Voilà pourquoi, dans toutes les langues de l'antiquité, les noms des monnaies, ou au moins de l'unité monétaire, étaient les noms même des poids ou de l'unité pondérale. Le sicle, par exemple, devint à la fois un poids et une monnaie; il en fut de même du statère, de la drachme, de l'obole. En Italie, la livre (as) et ses divisions sont, à la fois, des poids et des monnaies. En un mot, les monnaies conservèrent les noms des poids qu'elles représentaient sur le plateau de la balance. La monnaie n'est qu'un lingot pesé et garanti par l'Etat. Mais tandis que le « talent » et la « mines », envisagés du point de vue monétaire, n'ont jamais été, chez les Grecs, que des monnaies de compte, parce qu'en monnaie réelle, ces divisions pondérales eussent constitué des pièces trop volumineuses et trop lourdes, encombrantrs et incommodes, on choisit, parmi les divisions inférieures des systèmes pondéraux, une pièce-étalon pour servir de base à tout le système monétaire et dont les autres pièces ne fussent que les multiples et les sous-multiples.
Il y a naturellement autant de pièces-étalons que de systèmes monétaires différents.

Dans tout le Péloponèes, à Sparte et Argos, comme dans l'île d'Egine, le poids étalon du commerce était la mine éginétique, de 628 grammes; elle était divisée en 100 drachmes de 6,28 grammes. Phidon, créant sa monnaie d'argent à la tortue, prit pour base de son système les petites divisions de cette mine de 628 grammes. Il frappa :
-le statère ou didrachme (1/50° de mine) = 12,57 grammes
-la drachme (1/100° de mine) = 6,28 grammes
-l'obole (1/6° de drachme) = 1,04 grammes
et d'autres divisions régulières. Tel est le système monétaire éginétique ou phidonien.
En Attique et en Eubée, prévalut un autre système pondéral dénommé euboïque ou euboïco-atttique, qui plus tard, sous le nom de système attique, finit, avec Athènes et Alexandre le Grand, par s'imposer à la plus grande partie du monde hellénique.
La mine euboïco-attique pèse 436 grammes, d'où une drachme de 4,36 grammes. On frappa comme divisions principales :

-le tétradrachme (4 drachmes) = 17,46 grammes
-le didrachme (double drachme, statère) = 8,73 grammes
-la drachme (1/100° de mine) = 4,36 grammes
-l'obole (1/6° de drachme) = 0,73 grammes

Les systèmes primitifs de l'Asie mineure sont tout autres et leur formation est due à des facteurs bien différents. La Grèce d'Europe, Athènes, Egine, Chalcis, Erétrie, Thèbes, les Cyclades, n'ont monnayé que l'argent : ce sont des pays monométallistes. Au contraire, l'Asie mineure est, dès l'origine, un pays bimétalliste et même trimétalliste, parce qu'on y émet des simultanément des monnaies d'or, d'électrum et d'argent. Dès lors, il a fallu, de toute nécessité, tenir compte de la valeur relative des métaux, les uns par rapport aux autres, et établir des monnaies par équivalence. Voici, par exemple, un mouton, qui vaut deux statères d'or; mais si l'acheteur ne possède que de l'argent pour s'acquitter, quel poids de ce métal devra-t-il donner pour que le vendeur l'accepte comme l'équivalence de deux statères d'or ? Même raisonnement pour l'électrum.
Vers le temps de la création de la monnaie d'Etat, le rapport de valeur de l'or à l'argent était, dans le commercce gréco-oriental, comme1 est à 13 1/3. En d'autres termes, il fallait 13 1/3 statères d'argent pou équivaloir à un statère d'or du même poids.
C'est l'application de ce rapport que nous allons constater dans les système pondéraux de la monnaie en Asie mineure et dans tout l'Orient. Ces systèmes sont d'origine chadéo-babylonienne.
Les Chaldéo-Assyriens faisaient usage simultanément de deux systèmes de poids qui étaient le double l'un de l'autre et dans chacun desquels on trouve, comme unités essentielles : le talent (« biltu, bilat »), l'étalon fondamental; la mine (« mana, mna »), la 60° partie du talent; le sicle (« scheqel »), la 60° partie de la mine.


Voici le tableau des trois unités principales dans les deux séries :

Dénominations

Majeure

Mineure

Talent (bilat) = 60 mines = 3600 sicles

60,552 kilos

30,276 kilos

Mine (mna) = 60 sicles

1,00920 kilos

504,6 grammes

Sicle (scheqel) = 1/60° de mine

16,82 grammes

8,41 grammes

Lorsque la monnaie d'Etat fut créée en Asie mineure, le poids de 16,82 grammes (sicle de la série majeure) devint le poids du statère dans le système monétaire qui est appelé système phocaïque, du nom de la ville de Phocée d'où ce système de taille rayonna dans les contrées environnantes. Quant au poids de 8,41 grammes (sicle de la série mineure), il fut adopté pour la taille dans la darique d'or, lorsque cette pièce de monnaie fut créée par Darius Ier, fils d'Hystaspe, vers 515 avant JC.
Ainsi, le statère phocaïque de 16,82 grammes et la darique d'or de 8,41 grammes, sont, pondéralement, des emprunts directs au système pondéral des Babyloniens.
Le système bimétallique de la monnaie d'or pur et d'argent de Crésus (561-546) est tout autre. L'opulent roi de Lydie créa deux systèmes de taille pour l'or et un seul système pour l'argent. Toutes les pièces, or et argent, des deux systèmes, ont pour type les protomés (bustes) d'un lion et d'un taureau opposés l'une à l'autre : on ne les distingue que par le métal et le poids.
Voici l'échelle des divisions du premier groupe (il n'a a que des pièces d'or pur) :

-Statère = 8,17 grammes
-Hémi-statère = 4,08 grammes
-1/3 de statère (trité) = 2,72 grammes
-1/6° de statère (hecté) = 1,36 grammes
-1/12° de statère (hémi-hecté) = 0,68 grammes

L'échelle des divisions du seconde groupe, qui comprend des pièces d'or pur et d'argent est la suivante :

-Statère = 10,89 grammes
-Hémi-statère = 5,44 grammes
-1/3 de statère (trité) = 3,63 grammes
-1/6° de statère (hecté) = 1,81 grammes
-1/12° de statère (hémi-hecté) = 0,90 grammes

La coexistence de ces deux systèmes s'explique aisément. En effet, si nous appliquons au Créséides le rapport de valeur entre l'or et l'argent, comme 1 à 13 1/3, nous constations que pour équivaloir à un statère d'or de 8,17 grammes, il fallait un poids d'argent de 108,90 grammes. Mais comment songer à monnayer un lingot aussi lourd ? On préféra le fractionner en dix morceaux, et c'est ainsi que fut créée la pièce étalon de 10,89 grammes. Il fallut dès lors 10 pièces d'argent de 10,89 grammes pour équivaloir à une pièce d'or de 8,17 grammes.
D'autre part, comme le rapport de l'or pur à l'électrum était conventionnellement comme 1 à 1 1/3, il s'ensuivit qu'une pièce d'électrum de 10,89 grammes fut l'équivalent de la créséide d'or pur de 8,17 grammes.
Ce poids de 10,89 grammes est resté en Asie mineure après la disparition de la monarchie de Crésus, et il devint l'étalon, pour l'argent, de la Lycie et des régions avoisinantes jusqu'à Alexandre le Grand.
Pourquoi Crésus, ayant son statère d'or pur de8,17 grammes, fit-il frapper une autre pièce d'or pur de 10,89 grammes, c'est à dire du même poids que son statère d'argent ? C'est que cette pièce d'or était nécessaire au commerce que les Lydiens entretenaient avec Milet, Ephèse et les autres villes où régnait un nouvel étalon, celui de14,52 grammes, dont nous allons expliquer l'origine.
Pour équivaloir à un statère d'or de 10,89 grammes, il fallait un lingot d'argent de 145,20 grammes. Il n'était pas possible, pratiquement, de lancer dans le commerce une monnaie d'un pareil poids : on le divisa par 10, pour former des monnaies d'argent de14,52 grammes. Il fallait conséquemment 10 statères d'argent de 14,52 grammes pour équivaloir à un statère d'or de 10,89 grammes.
D'autre part, le rapport légal de l'électrum à l'argent étant comme 1 à 10, pour équivaloir à un statère d'électrum de 14,52 grammes, il fallait 10 pièces d'argent de ce même poids.
Enfin, le rapport de valeur fixé entre l'or et l'électrum étant comme 3 à 4 (ou 1 à 1 1/3), le statère d'or pur de 10,89 grammes était l'équivalent du statère d'electrum de 14,52 grammes.
Telle est évidemment, la raison de commodité et de facilité d'emploi qui fit adopter ce poids de 14,52 grammes pour l'electrum aussi bien que pour l'argent, dans l'Ionie méridionale, c'est à dire à Milet, Ephèse, Téos et d'autres villes. Nous appelons ce système du nom de milésiaque parce que c'est à Milet qu'il s'est répandu et qu'il a d'abord et appliqué; c'est de cette ville qu'il s'est répandu dans le reste de l'Ionie méridionale et plus loins.
On voit que la coordination de tous ces systèmes monétaires primitifs est mathématique, savante, admirable.
Il n'y a pas de monnaies de Cyrus Ier le Grand (554-529), le vainqueur de Crésus en 546, ni de Cambyse (529-522). Maus Darius Ier, fils d'Hystaspe (521-485), créa la darique d'or pur et la darique d'argent, plus ordinairement appelée sicle médique.
La darique d'or, au type de l'archer royal porte-javeline, pèse 8,41 grammes; nous avons vu plus haut l'origine babylonienne de ce poids. Mais le sicle médique, bien qu'au même type, pèse seulement 5,60 grammes. Pour former cette pièce, Darius procéda comme l'avait fait Crésus, c'est à dire qu'il prit pour base de son système bi-métalliste le rapport de 1 à 13 1/3. Effectivement, la darique (8,41 grammes) équivalaut à un poids d'argent de 112,10 grammes. Darius ne pouvait songer à lancer dans le commerce une pièce aussi lourde : il divisa en dix parties ce poids d'argent, ce qui lui donna une pièce de 11,21 grammes. Il fallait donc10 pièces d'arge,t de 11,21 grammes pour équivaloir à une darique d'or de 8,41 grammes.
Cette pièce d'argent de 11,21 grammes devint l'étalon du système persique; frappée en abondance dans tout l'Orient, elle fut appliquée à la taille des monnaies satrapales et urbaines. Cependant, Darius ne s'en servit pas pour sa monnaie royale. Des raisons de commodité l'engagèrent à ne monnayer que la moitié du statère d'argent de 11,21 grammes, c'est à dire la pièce de 5,60 grammes, celle à laquelle on donnait le nom de darique d'argent ou de sicle médique. Il fallait, en conséquence, 20 sicles médiques pour équivaloir à une darique d'or.
En résumé, les divers systèmes monétaires du monde gréco-asiatiques, du 7ème au 4ème siècle avant notre ère, reposent sur les rapports suivants admis entre les métaux : l'or est à l'argent comme 1 à 13 1/3; l'or est à l'électrum comme 1 à 1 1/3; l'électrum est à l'argent comme 1 à 10.

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Dernière mise à jour : ( 16-04-2009 )
 
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