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23-05-2017
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Les monnaies antiques d'Athènes

Cet article reprend le très long compte-rendu publié par M. Hase dans le Journal des savants en mai, juillet et octobre 1859 au
Revers d'un tétradrachme d'Athènes (monnaie à la chouette)
 Exemple de revers d'un tétradrachme d'Athènes frappé vers 450-400 avant JC. Photo J. Elsen
sujet du livre de E. Beulé consacré aux monnaies d'Athènes, et dont voici le titre complet : « Les monnaies d'Athènes », par E. Beulé, professeur d'archéologie à la Bibliothèque impériale. Paris, chez Rollin, éditeur, rue Vivienne, n°12, 1858, grand in-4° de 419 pages. Nous reproduisons ci-dessous les deux premières parties de ce compte-rendu mais pas la dernière, consacrée au classement des monnaies. Les différents parties du compte-rendu sont entrecoupées avec des intertritres qui permettent d'y voir un peu plus clair. Bien sûr une partie des données présentées a été rendue obsolète par les progrès des recherches numismatiques. Cependant les jalons essentiels sont toujours valables. C'est toute l'histoire de la monnaie athénienne antique que l'on découvre au travers de ce simple compte-rendu.

En ce qui concerne Charles Ernest Beulé, l'auteur de cet ouvrage fameux sur les monnaies d'Athènes, on peut présenter ici brièvement sa biographie. Il est né à Saumur (Maine-et-Loire) le 29 juin 1826 et mort le 4 avril 1874; il fut archéologue et homme politique, après avoir fait ses études à l'École normale et de l'École française d'Athènes ; il se fit connaître de bonne heure par la découverte de l'escalier de l'Acropole (1853) ; il succéda à Raoul Rochette comme professeur d'archéologie (1854), il fit des fouilles importantes sur l'emplacement de Carthage, en particulier en dévoilant les absides qui portent son nom sur la colline de Byrsa. Il devint membre de l'Académie des inscriptions (1860), et bientôt (1862) secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts.

Il est l'auteur de plusieurs travaux de pure érudition : dont « L'Acropole d'Athènes, 1854 », « Etudes sur le Péloponèse », 1855 ; « Les Monnaies d'Athènes, 1858 », « Histoire de l'art grec », 1870 auxquels il faut ajouter quelques ouvrages fort remarqués, et qui ont été réunis sous ce titre général Le Procès des Césars (1866-1870). Une partie de sa carrière jusqu'en 1858 est évoquée dans le compte-rendu ci-dessous. E. Beulé entra dans la vie politique après la révolution de 1870 comme député de Maine-et-Loire, prit place au centre droit, et fut ministre de l'intérieur au 24 mai 1873. Il est mort le 4 avril 1874.
 

Sommaire de l'article :



Carte de localisation d'Athènes



Athènes s'étend dans la plaine de l'Attique, entre le Péloponnèse, les Cyclades et l'Eubée.


Compte-rendu du livre « Les monnaies d'Athènes »


Parcours et oeuvres d'E. Beulé jusqu'en 1858


Le livre que nous annonçons peut être considéré comme le couronnement d'une série de travaux entrepris par l'auteur pour nous faire mieux connaître la Grèce dans sa splendeur antique et dans son état actuel. Elève distingué de l'école française d'Athènes, M. Beulé retourna dans cette ville chargé d'une mission par M. le ministre de l'instruction publique; et, armé de cette circonspection judicieuse qui ne repousse pas l'évidence, mais qui veut et doit se servir du doute, afin de s'assurer mieux de ses découvertes, il examina avec persévérence et sagacité, pendant les années 1852 et 1853, tout ce qui reste du Pathénon, de l'Erechthéion et des Propylées. Fouillant tous les débris, remuant tous les décombres, interrogeant toutes les ruines de l'Acropole, il y fit exécuter des travaux importants, et les conduisit avec une intelligence et une énergie qui, pour me servir ici des propres paroles d'un archéologue illustre, n'eurent d'égale que leur succès. L'Europe savante a pu apprécier l'étendue et la valeur de ces découvertes par l'ouvrage que M. Beulé publia peu de temps après son retour en France (« L'Acropole d'Athènes », par E. Beulé); et deux ans après, il déposa, dans un autre volume non moins instructif, le tribut de ses observations faites dans la partie méridionale de la Grèce, berceau de presque toutes les traditions épiques. On y remarque des considérations ingénieuses sur l'école de peinture de Sicyone, sur les jeux olympiques, les moeurs et l'histoire des Arcadiens, et sur l'état des arts à Sparte. Enfin, nous apprenons que M. Beulé, établi depuis quelque temps sur les ruines de Carthage, y a entrepris, à ses frais, des fouilles considérables; qu'il a voulu éclaircir certains points de la topographie de cette cité illustre, sur laquelle il prépare un travail général. On nous écrit qu'il a trouvé, superposés les uns aux autres, les restes de la ville byzantine, romaine et punique, les fortifications, tant vantées par les historiens, qui entouraient Byrsa, de nombreux fragments du temple d'Esculape et un édifice romain d'une fort grande étendue, qui a pu être ou le palais des proconsuls ou la bibliothèque de la ville.

Nature du travail de E. Beulé sur les monnaies d'Athènes et hommage rendu à son travail


Aujourd'hui, c'est également un travail tout spécial dont nous donnons l'analyse. Il a pour objet les monnaies d'Athènes, monuments nombreux et authentiques, restés intacts pendant tant de siècles pour l'instruction, et, à certains égards, pour l'admiration de notre âge. Sans doute le même sujet avait déjà été traité dans une multitude d'ouvrages. Après les grands noms que toutes les voix répètent, ceux de Bathélémy, Böckh, d'Eckhel, il suffit de citer ceux de MM. Arneth, Barucci, Bessy, Cadalvène, Cavedoni, Leake, Lenormant, Pinder, de Prokesch, Rathgeber, de Witte, qui tous rappellent d'éminents services rendus à la science dans cette branche de l'archéologie. Mais aucun de ces savants n'avait embrassé d'un seul coup d'oeil toutes les parties de la numismatique athénienne, aucun n'avait essayé d'en faire un corps de doctrine. Plus on remarquait dans leurs écrits ce savoir et cet instinct critique qui permettent d'apprécier à leur valeur les éléments de tant de questions complexes, plus on pouvait regretter que ces observations judicieuses se trouvassent répandues en une infinité de dissertations, de catalogues raisonnés, d'ouvrages volumineux, d'écrits de toute espèce. Quand la route est tracée, et que, dans l'ordre des temps, on est le dernier à la suivre, il convient de réunir ce que nos prédécesseurs ont séparé, de rassembler ce qu'ils ont éparpillé. C'est ce qui a été fait par M. Beulé. Joignant à la connaissance des livres celle des principales langues modernes, il a lu et examiné tout ce qui se rattachait de loin ou de près à son sujet; familiarisé avec les auteurs classiques, les rhéteurs de la décadence, les néoplatoniciens, les lexicographes et les scholiastes de tous les temps, souvent même il a consulté avec fruit les Pères de l'Eglise. S'étant formé lui-même une riche collection de monnaies athéniennes, visitant les grands cabinets de l'Europe, maniant des milliers de tétradrachmes et de bronzes attiques, il a pu ainsi établir des comparaisons et rencontrer des faits qui avaiant échappé aux savants dont l'attention ne s'était portée que sur quelques points isolés; il a pu relever des erreurs et des méprises, inévitables pour ceux qui n'avaient sous les yeux qu'un petit nombre d'exemplaires, assez souvent dans un mauvais état de conservation. Il est vrai que toutes ces recherches, toutes ces vérifications sont d'un détail immense, capable de lasser la patience la plus opiniâtre, et quelquefois rebutant par l'exactitude minutieuse qu'elles exigent. On ne plaindrait pas ceux qui emploieraient autant de temps de travail à quelque théorie brillante et peut-être inutile; ils seraient récompensés par le plaisir de l'invention et par un certain éclat qui frapperait les esprits superficiels. Mais les hommes qui suivent une route différente ont la certitude que leurs travaux ne seront jamais oubliés, et leur renommée, plus pénible à acquérir et souvent moins brillante, est plus durable.
 

Structure des « Monnaies d'Athènes » de Beulé


Le nouvel ouvrage de M. Beulé se divise en deux parties principales : la première est précédée d'une introduction où l'auteur traite du caractère général de la monnaie d'Athènes; il décrit ensuite les monnaies attiques de l'ancien style. Il a placé dans la deuxième partie celles du style nouveau et les bronzes de l'époque impériale; car, jusque vers le milieu du IIIème siècle de notre ère, Athènes fut au nombre de ces villes privilégiées auxquelles Rome victorieuse permit de frapper monnaie à leurs propres types. Dans l'analyse que nous présenterons successivement de ces diverses parties, nous ne pourrons que donner une idée fort incomplète de la riche moisson de faits curieux et de vues lumineuses qu'elles renferment. Nous tâcherons, cependant, que notre extrait suffise pour faire apprécier toute l'importance du livre qui nous occupe.
 

Les plus anciennes monnaies d'Athènes


Le nom seul d'Athènes rappelle les merveilles qui sortirent du ciseau de ses statuaires, les peintures brillantes qui ornèrent la ville de Minerve, le triomphe de tous les arts dépendants du dessin. On pourrait donc croire que les graveurs chargés d'exécuter les coins servant à frapper monnaie étaient les dignes émules des sculpteurs leurs contemporains, et qu'Athènes, sous ce rapport, devait au moins rivaliser avec les colonies de la Sicile et de la Grande Grèce, qui mettaient en circulation de véritables chef d'oeuvre, admirables par le caractère et l'expression des têtes, l'effet pittoresque des poses et la délicatesse des détails. Il n'en est rien cependant. Les monnaies d'Athènes, même au siècle de Périclès, sont d'une type peu varié, offrant des lettres mal formées, des figures souvent défectueuses et grossières, des profils quelquefois voisins de la caricature. Dans son introduction (p. 1-7), M. Beulé explique cette singularité, qui a toujours été pour les modernes un sujet d'étonnement. « Pour les Athéniens, dit-il, la monnaie garda toujours son caractère propre, qui est de servir au commerce et aux besoins de la vie. L'étendue de leur commerce exigeait une émission immense : ils s'attachèrent à émettre, avec le moins de frais possible, la monnaie la plus digne d'être recherchée. Or, ce qui fait recherche les monnaies, ce ne sont point les belles représentations qu'on y grave, c'est la pureté du titre, la commodité des divisions, la notoriété des types, qui sont comme les armes parlantes d'une grande cité ».
 

Succès des monnaies d'Athènes dans l'Antiquité


En effet, Athènes conquit promptement cette notoriété. Malgré l'inhabileté ou la négligeance de ses graveurs, ses tétradrachmes, d'un argent si pur, eurent cours dans toute l'étendue du monde grec et même chez les barbares; on en trouve jusque dans les contrées voisines de l'antique Sarmatie, dans le grand-duché de Psen. M. Beulé les compare aux pièces espagnoles qui portent deux colonnes, et qui aujourd'hui encore, sont répandues sur tous les marchés du Levant. Ajoutons, s'il nous est permis de rappeler nos propres souvenirs, qu'on y rencontre également, jusqu'en Asie Mineure, d'anciens sequins de Venise, dont se parent les femmes de la campagne. Cette monnaie d'or paraît avoir été jadis fort recherchée par les trafiquants, malgré l'imperfection de son type, qui rappelle souvent les pièces impériales byzantines les plus informes, et qui cependant provient d'une ville dont l'école de peinture peut citer avec orgueil les noms du Tintoret, de Paul Véronèse et du Titien. Le commerce a des habitudes que l'intérêt seul, et non pas le sentiment de l'art, peut changer.

Nous avons dit que, dans la première partie de son ouvrage (p. 9-79), le savant auteur traite des pièces attiques de l'ancien style. Partageant l'opinion d'Eckhel, d'Ottfried Müller et de tous les critiques modernes, il rejete la tradition d'après laquelle Thésée aurait été l'inventeur de la monnaie. Malgré Plutarque, qui adopte cette fable, il ne pense pas qu'avant le Vième siècle Athènes eût une monnaie bien régulière, capable de rivaliser avec les tortues d'Egine et les pièces asiatiques. Ce ne fut que vers l'an 594 avant notre ère que Solon, qui paraît avoir constitué le système attique, si clair, si bien divisé, qui devait bientôt s'étendre à une grande partie du monde ancien. En effet, par intérêt de commerce ou d'alliance politique, ce système monétaire prévalut en Sicile et dans la Grande Grèce; l'Eubée, la confédération thessalienne, plusieurs villes de la Crète le suivirent également. Alexandre le Grand fit de même, et dès lors, les rois macédoniens, les rois séleucides, Lysimaque, les rois de Pergame, imitèrent l'exemple qu'Alexandre leur avait donné.
 

Le système de poids et de taille des monnaies d'Athènes


Pour avoir une idée complète de ce système, il était nécessaire de connaître avec une précision rigoureuse ses divisions et leur valeur représentative. Aussi M. Beulé, comparant les évaluations données par Barthélémy, Eckhel et Letronne, avec celles que l'on doit à MM. Böckh et de Prokesch, a-t-il pesé lui même, avec une longue patience, une quantité considérable de pièces attiques; et le poids de 17 grammes 20 centigrammes est la moyenne que lui ont fournie des expériences répétées sur un grand nombre de tétradrachmes bien conservés. C'est d'après ces observations qu'il donne (p.12), la liste des quinze espèces de monnaies d'argent frappées à Athènes pendant le VIème, le Vème, et le Ivème siècle avant notre ère, c'est à dire tant que dura l'ancien style. Cette série, commençant par le décadrachme, de 43 grammes, se termine par des subdivisions fort minutieuses, dont la dernière est le tartémorion, ou le quart d'obole, pesant 18 centigrammes et ne valant pas même 4 centimes. L'absence totale d'une monnaie de cuivre, qui ne fut adoptée définitivement que lorsque les Athéniens virent déchoir leur puissance, les obligeait à diviser l'argent en fractions tellement délicates qu'elles devaient être fort incommodes pour le débit en détail. Probablement aussi les gens du peuple, en allant au marché, portaient-ils dans leur bouche des petites parcelles de métal, comme ils le faisaient plus tard pour les oboles de cuivre (cf. Aristophane, Eccles. V. 817, ainsi que Les Guêpes, v. 609 et 791).

Après Solon dominèrent Pisitrate et ses fils. M. Beulé croit que le Cabinet des Médailles de Paris possède 26 pièces d'argent frappées pendant leur règne. Trouvées à Athènes, mais attribuées par d'habiles numismates à Olbia, à Néapolis, à la Thessalie, elles offrent les unes une tête de Gorgone, les autres une chouette, un cheval ou une moitié de cheval, un osselet, une roue, ou trois jambes qui ont un centre commun, type connu sous le nom de triskèle. Au revers de toutes, on voit le carré creux, indice d'une haute antiquité, et produit par le coin informe servant à fixer le flan de manière à ce qu'il ne glissât pas pendant l'opération de la frappe. Aucune n'a de légendes. Si la conjecture ingénieuse de M. Beulé est fondée, ces pièces et d'autres semblables, conservées dans divers cabinets, prouveraient que les Pisitratides, bien qu'ils eussent recours à tous les moyens pour se procurer de l'argent, n'osèrent pourtant pas altérer les monnaies; car si l'on tient compte de la matière enlevée par l'usage, les ving-six pièces dont il s'agit ici sont assez conformes au système solonien. D'après ce système, le poids normal de la drachme atttique est de 4,30 grammes; les drachmes trouvées parmi les vingt-six monnaies dont nous parlons varient de 4,25 à 3,85 grammes, poids trop faible sans doute, mais comme nous venons de le dire, toutes ces pièces, fort usées par le frottement, ont dû perdre une quantité notable de métal.

 

Les monnaies d'Athènes après l'expulsion des Pisitratides


L'expulsion des Pisistratides, suivie de tant d'agitations fut-elle suivie également d'une réforme dans les types monétaires ?. M. Beulé est disposé à le croire. Il lui paraît probable que la république voulut avoir ses emblèmes propres, et que, répudiant ceux qu'avaient adoptés ses anciens dominateurs, elle commença dès lors à frapper des monnaies à l'effigie de Minerve. C'est aussi de la même époque, peu antérieure aux guerres médiques, que semblent dater les premiers tétradrachmes dont Athènes, au temps de sa puissance, émit une si grande quantité. Figurées avec une fidélité scrupuleuse dans les planches qui accompagnent l'ouvrage, les plus anciens de ces tétradrachmes, il faut le dire, font voir combien le visage humain est une étude difficile pendant l'enfance de l'art. La tête de Minerve, toujours représentée de profil, est d'un dessin bien primitif : les lèvres sont épaisses, l'oeil globuleux, l'expression maladroite. Mais au revers, le carré creux a disparu; il est remplacé par la chouette, à côté de laquelle paraissent les les AΘE, initiales du mot Athènes. Un progrès sensible de l'art se manifeste sur les tétradrachmes frappés pendant l'administration de Périclès; toutefois, les types attiques conservent une forte empreinte d'archaïsme jusqu'à la mort d'Alexandre le Grand, où s'arrête l'ancien style, n'ayant pu soutenir la redoutable concurrence des belles monnaies macédoniennes.
 

Les décadrachmes d'Athènes : des monnaies rares


Autant les tétradrachmes d'Athènes abondent dans les cabinets de l'Europe, autant les décadrachmes y sont rares, au point que, pendant longtemps, on ignorait leur existence, et que plus tard, on regardait comme des faux le petit nombre d'exemplaires qui le hasard faisait découvrir. M. Beulé prouve que ces soupçons étaient mal fondés. Il a manié et observé avec la plus minutieuse défiance plusieurs tétradrachmes à Paris, à Londres, en Grèce; et, bien qu'il ait rencontré quelques imitations faites par des faussaires, il n'hésite pas à affirmer que les Athéniens, à la plus belle époque de l'art, ont frappé des pièces de dix drachmes. Celles qui nous sont parvenues datent probablement du siècle de Périclès, alors que les mines du Laurium, que Xénophon croyait inépuisables (De Vectig. IV, III), et celles de Scapté-Hylé, que Cimon enleva aux Thasiens, devinrent pour la république une source de richesses.

 

Grandeur et décadence d'Athènes


Mais on sait combien cette prospérité et cette abondance d'argent furent passagères. Bientôt Philippe s'empara des mines de Scapté, dans le mont Pangée; et au temps de Strabon, on était réduit à remuer les scories entassées dans la montagne du Laurium pour en extraire quelques parcelles de métal que les contemporains de Thémistocle avaient négligées (Strabon, p.343, I, 21 de l'édition de M. Müller).
 

A-t-il existé des monnaies d'or Athéniennes ?


Les Athéniens ont-ils frappé de la monnaie d'or ? Eckhel n'a jamais voulu le croire. Sa prudence habituelle le portait à nier un fait attesté par les anciens, plutôt que d'accepter des monuments qui lui paraissaient douteux; et pendant longtemps, l'autorité du grand numismate en imposa à des savants distingués. Mais aujourd'hui des découvertes successives ont apporté des preuves incontestables de l'existence d'une monnaie d'or à Athènes. Le musée britannique, celui de l'université d'Athènes, l'université de Turin, d'autres collections encore, possèdent des monnaies d'or athéniennes, et le cabinet de Paris nous montre une série unique et inestimable des divisions de l'or attique. Selon M. Beulé, ces divisions étaient au nombr de neuf. MM. Böch et Lenormant, l'un par de savantes recherches dans son ouvrage sur l'économie politique des Athéniens, l'autre dans un mémoire où cette question complexe est traité avec autant de critique que de succès, avaient déjà prouvé qu'à Athènes, à certaines époques, l'or était à l'argent dans le rapport de 1 à 10; et leur opinion se trouve complètement confirmée par les nombreuses expériences faites par M. Beulé sur ces mêmes pièces dont l'existence a été niée pendant si longtemps. Le chrysus ou statère, la plus forte des monnaies d'or, valait donc vingt drachmes; il égalait en poids le didrachme pesant 8,60 grammes, et comme la monnaie d'argent, il se divisait en fractions d'une telle subtilité qu'encore aujourd'hui on trouve de très petites pièces qui ne pèsent que 2 centigrammes. Aussi notre savant numismate est-il loin de croire que ces délicates feuilles d'or aient jamais eu cours comme monnaie. Il suppose que c'était l'obole qu'on mettait dans la bouche des morts pour payer le passage de la barque de Caron, offrande plus fastueuse en apparence, mais en réalité, plus économique qui si l'on eût destiné au rocher infernal une obole d'argent pesant 72 centigrammes et valant huit chalcus, quand il y eut une monnaie de cuivre.

Mais à quelle époque remontent ces pièces d'or, dont la découverte est, pour ainsi dire, toute récente ? C'est une question fort controversée parmi les hommes éminents qui, de nos jours, ont fait faire le plus de progrès à la science numismatique. Selon les uns, ce fut aux temps les plus prospères de l'éhégémonie athénienne, depuis les grands succès maritimes de Cimon jusqu'à la mort de Périclès, qu'eut lieu l'émission d'un métal qui ne fut frappé, en Attique, que rarement et en petite quantité. D'autres numismates attribuent cette fabrication de la monnaie d'or au temps de Philippe; d'autres encore ne veulent pas remonter plus haut que le règne d'Alexandre le Grand. L'examen et la comparaison attentive des pièces elles-mêmes ont permis à M. Beulé de concilier des opinions dépoque différente. Il y en a portant d'un côté le carré creux, de l'autre la chouette, d'un travail archaïque, naïf, grossier; ceux-ci paraissent être du temps de Solon et de Pisitrate. D'autres, d'un style mesquin, semblent contemporains de Philippe ou d'Alexandre, « alors, dit notre auteur, que l'art monétaire se corrompait chez les Athéniens vaincus et appauvris et que les artistes habiles étaient attirés à la cour du roi ou dans les villes plus heureuses ». Quant à l'administration de Périclès, il serait en effet surprenant qu'après tant de victoires fécondes en dépouilles, au milieu d'une si grande affluence de numéraire, on n'eût pas frappé d'or à Athènes, et M. Beulé s'attend, à cet égard, à des trouvailles futures; mais, jusqu'à présent, ses perséverantes recherches ne lui ont fait découvrir qu'une seule pièce que l'on puisse, avec quelque probabilité, rapporter à l'époque gloirieuse dont nous parlons. C'est un demi-statère, unique dans son genre et donné par M. le duc de Luynes au Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale.
 

Les monnaies Athéniennes de cuivre et de bronze


On sait que le cuivre, employé comme monnaie, n'a qu'une valeur conventionnelle et non point représentative, et que ce métal, quand il reste sans mélange, n'est pas d'une qualité entièrement convenable pour la fabrication des monnaies. Il reçoit avec facilité, il est vrai, l'empreinte des parties délicates du travail des coins; mais les reliefs déliés sont aisément effacés par le frottement; et enfouis dans la terre, il s'oxyde profondément. Ce n'est que lorsqu'il a été allié avec de l'étain que, prenant le nom de bronze, il acquiert les qualités contraires aux inconvénients qui viennent d'être indiqués. Dans les nombreuses pièces de cuivre grecques et romaines qui nous sont parvenues, la quantité de cet alliage varie ordinairement depuis cinq jusqu'à douze pour cent; mais pour trouver ces proportions, il fallait de l'expértience et de l'étude; aussi chez toutes les nations de l'antiquité, les Romains exceptés, l'emploi de l'argent dans le monnayage a-t-il précédé celui du cuivre. D'après l'observation ingénieuse de M. Beulé, les Athéniens surtout devaient sentir moins que beaucoup d'autres peuples la nécessité d'avoir une monnaie de bronze; nous avons vu qu'ils savaient divier l'argent en fractions tellement petites, qu'il suffisait à toutes les transactions intérieures. L'obole d'argent égalait 15 centimes, l'hémiobole 7 centimes et demi; le tartémorion n'égalait pas même 4 centimes. Il fallut des malheurs publics, l'appauvrissement des mines du Laurium, la nécessité de réserver l'argent au commerce extérieur, pour que le cuivre trouvât crédit en Attique; encore les premières tentatives de le mettre en circulation échouèrent-elles devant les mécontentements et les railleries du peuple. Ce n'est qu'au règne de Philippe, d'après la conjecture de notre judicieux numismate, qu'on peut avec probabilité fixer l'époque à partir de laquelle la monnaie de cuivre fut définitivement adoptée à Athènes et y resta constamment en usage, même lorsque la fabrication des pièces d'or et d'argent y avait cessé. Il est certain, du moins, qu'il existe des bronzes attiques appartenant à l'ancien style; ils sont donc antérieurs à la mort d'Alexandre le Grand, et leur valeur conventionnelle était dans un rapport exact avec la valeur réelle de l'argent. Ce sont des « chalcus » et des « lepta »; sept de ces derniers égalaient un chalcus et cinquant-six une obole. On savait déjà, par un passage du scholiaste d'Aristophane (Oiseaux, v. 301), que le type de ces bronzes était une chouette, assertion confirmée par les planches qui accompagnent l'ouvrage dont nous rendons compte. Elle offrent, d'un côté de la pièce, la tête de Minerve tournée à droite, comme toujours, et de l'autre, l'oiseau de la déesse, entouré quelquefois d'une couronne d'épis ou ayant à ses pieds un grain d'orge « souvenir de Cérès » dit M. Beulé, « et des champs Rhariens, où l'orge fut semée pour la première fois ». Envisagée sous son vrait point de vue, la numismatique hellénique n'est pas seulement une branche auxiliaire de l'histoire; un esprit éclairé et pénétrant y reconnaît aussi la manifestation des croyances religieuses et du symbolisme mythologique qui domine dans les monuments que nous a laissé un peuple enthousiaste, s'abandonnant à sa vive et féconde imagination. La multitude n'a jamais compris l'utilité du doute. En Grèce, surtout, une fable naïve ou gracieuse, une fois introduite, se reproduisait sous toutes les formes possibles, et on ne la laissait échapper qu'à regret.

A la suite des monnaies athéniennes de l'ancien style, M. Beulé a placé (p.78) trois pièces fort curieuses, qui évidemment appartiennent à une catégorie différente. La première fait partie de la riche collection de M. de Prokesch; elle est en bronze, et offre, d'un côté, quatre chouettes. La deuxième et la troisième pièce sont en plomb; elles portent un P et un Ω, avec la tête de Minerve tournée à gauche, ce qui ne se voit sur aucun autre monument numismatique d'Athènes. On pourrait sans doute être tenté de regarder comme une monnaie au moins la première de ces pièces; mais M. Beulé suppose, avec raison selon nous, que toutes les trois sont des tessères, servant pour les tribunaux ou pour les assemblées que présidaient les thesmothètes. On sait que ces magistrats formaient une cour suprême qui jugeait les affaires de haute trahison, de péculat, de faux et que, veillant à la stricte observation des règlements, ils étaient chargés de corriger les vices ou de remplir les lacunes de la législation. Il est probable que les trois pièces dont il s'agit faisaient partie de ces espèces de jetons ou numéros d'ordre distribués par les thesmothètes, et portant les vingt quatre lettres de l'alphabet, depuis l'Alpha jusqu'à l'Oméga, comme, d'après le témoigagne du scholiaste d'Arsitphane, les dix tribus d'Athènes étaient désignées par les dix premières lettres du même alphabet. Mais là doivent s'arrêter nos conjectures; car comme le fait remarquer notre auteur, également éloigné de l'esprit de système et des fantaisies de l'érudition, si les tessères d'hospitalité et les tessères de théâtre ont été l'objet de travaux particuliers, qui semblent avoir épuisé la matière, les tessères politiques ou judiciaires sont un sujet beaucoup moins connu, et digne cependant de sérieuses recherches.

En terminant ici l'analyse de la première partie de l'ouvrage de M. Beulé, je suis loin d'avoir épuisé tout ce que cet important travail offre de remarquable, car il me reste à en faire connaître la deuxième partie, beaucoup plus considérable que la première. Les observations savantes de l'auteur sur les monnaies de nouveau style, sur les magistrats monétaires d'Athènes, sur les bronzes de l'époque impériale, seront le sujet d'un second article. HASE
 

Deuxième partie du compte-rendu : les monnaies Athéniennes de nouveau style


J'ai maintenant, pour remplir la seconde partie de la tâche que je me suis imposée, à rendre compte des recherches et des observations sur les monnaies athéniennnes de nouveau style. Adoptant l'opinion de Corsini, d'Ottfired Müller et de M. Böchh, notre savant numismate place la première émission de ces pièces vers l'an 323 avant notre ère; c'est lépoque de la guerre Lamiaque. Athènes, abaissée par Philippe, flattée par Alexandre, mais maintenu dans l'impuissance, atteinte aussi profondément dans sa prospérité commerciale que dans sa grandeur politique, respira plus librement en apprenant la mort du conquérant macédonien. En faisant un effort suprême elle espérait retrouver sa liberté, son influence, ses colonies; ses flottes allaient de nouveau dominer les mers, et l'Asie, désormais grecque jusqu'à l'Indus et jusqu'en Bactirane, serait ouverte à son riche trafic. On enrôla donc tous les citoyens au-dessous de 40 ans, auxquels on joignit des troupes nombreuses de soldats mercenaires; on équipa trois cents trirèmes, quarante galères à quatre rangs de rames, et on déclara la guerre à Antipater, alors gouverneur de la Macédoine.

Exemple de monnaie d'Athènes émise au IIème siècle avant JC

Exemple de monnaie antique d'Athènes  émise au IIème siècle avant JC. Photo J. Elsen

ATTIQUE, ATHENES, AR tétradrachme, 152-151 av. J.-C. Droit : Tête casquée d'Athéna à droite. Revers : A-ΘE/ AΦPO-ΔΙΣΙ/ ΔIO/ΓE/ ΣA/TV Chouette sur une amphore. A droite, une double corne d'abondance ornée de bandelettes. Sur l'amphore, Λ. Dessous, ΣΦ. Le tout dans une couronne de laurier. Ref.: Thompson, 551a. 15,92 grammes.



Il est vraisemblable, dit M. Beulé, qu'au moment de cette renaissance politique on changea même les types monétaires. Pour féconder le commerce que l'on rêvait, pour se rouvrir les marchés, pour payer les mercenaires étrangers, pour supplanter la monnaie macédonienne, il fallait rajeunir un type suranné. Le siècle d'Alexandre, plus épris de l'élégance que de la simplicité, préférait les tétradrachmes bien coupés, bien arrondis, aux anciennes monnaies frappées avec négligence. Athènes voulut avoir des pièces rondes, à surface aplatie, et d'un plus grand module. La chouette hérissé et la Minerve coiffée d'un simple casque, que le siècle de Périclès avait maniées sans jamais se lasser, paraissaient au siècle d'Alexandre des sujets trop naïfs; à cette époque, l'aspect des monnaies change dans toute la Grèce. Athènes elle-même suivit ce mouvement : elle compliqua ses types, mais sans en substituer d'autres, espérant ainsi concilier la faveur de la nouveauté avec la faveur des vieux souvenirs.

Les gravures nombreuses jointes à l'ouvrage qui nous occupe montrent, mieux que ne pourraient le faire les descriptions les plus minutieuses, combien ces nouveaux types diffèrent de ceux qui les précèdent. Les premiers tétradrachmes d'argent, ceux qui furent frappés immédiatement après la révolution monétaire dont nous parlons, ressemblent quant au module, aux pièces d'Alexandre le Grand; leur diamètre est presque le double de celui des tétradrachmes anciens. Il offrent, d'un côté, la tête de Minerve coiffée d'un casque chargé d'ornements et surmonté d'un riche cimier; au-dessus de la visière, on aperçoit une rangée de chevaux au galop. Eckhel, Quatremère de Quincy, et, après eux, beaucoup d'autres archélologues distingués, ont cru reconnaître dans cette tête une copie de la célèbre Minerve du Parthénon, regardée, de tout temps, comme la merveille de la sculpture antique. M. Beulé (p.94), hésite à adopter cette conjecture. La description que Pausanias (I, XXIV) donne du chef d'oeuvre de Phidias ne lui paraît pas pouvoir convenir à la tête de Minerve telle qu'elle est figurée sur les monnaies dont il s'agit, tête fort belle, au reste, et qui a été reproduite, à peu près avec les mêmes détails, sur des pâtes et des pierres gravées. M. Beulé ne trouve sur les tétradrachmes ni le sphinx, ni les griffons qui, d'après le témoignage de l'écrivain grec, ornaient le casque de la statue, et il voit, au contraire, dans le collier de la déesse, dans ses pendants d'oreille, dans d'autres accessoires gravés sur les monnaies, un cachet de recherche et de profusion, une ostentation ambitieuse et une prétention à l'effet entièrement opposés au style du grand siècle et à l'exquise sobriété qui est l'essence de l'art grec avant sa décadence. Il lui paraît donc douteux que, sur les tétradrachmes athéniens, on ait voulu représenter la Minerve du Parthénon, statue colossale, dont le caractère simple et grandiose devait avoir de l'analogie avec les sculptures de Phidias transportées à Londres; il pense que les graveurs ont copié quelque autre modèle illustre, œuvre d'un artiste visant à la décoration pompeuse, type d'une beauté éclatante plutôt que céleste et pure. Ces considérations sont développées avec talent, mais elles ne changeront peut-être pas une opinion établie par de grands critiques; aussi M. Beulé n'expose-t-il ses doutes qu'avec cette réserve qu'en général il porte dans l'examen de toutes les questions de numismatique et d'archéologie. Et cependant, plus d'une fois, ce qui n'est pour lui qu'une conjecture serait pour bien d'autres une chose prouvée.

À l'exception de trois bractéates que possède le Cabinet des Médailles de Paris, et que notre savant archéologue a cru devoir placer dans la seconde partie de son ouvrage, on ne connaît point de monnaie d'or athénienne de nouveau style; mais les pièces de cuivre abondent, car on les fabriqua seules pendant de longues années, tandis que, selon la conjecture très probable de M. Beulé (p. 100), Athènes cessa de frapper de l'argent au siècle et peut-être sous le règne d'Auguste; malgré son autonomie, quelquefois réelle, plus souvent fictive, la ville se sentait hors d'état de soutenir la concurrence avec le denier romain. Soumise aux empereurs elle se contenta donc d'émettre des pièces de cuivre, remarquables, non par la délicatesse et la précision du burin, mais par la variété et la complication des sujets, et, sous ce rapport, différentes des bronzes qui remontent vers l'époque de l'introduction du nouveau style. Ceux-ci, moins variés, présentent le même type que les monnaies d'argent : d'un côté, la tête casquée de Minerve; de l'autre la chouette traditionnelle, posée sur une amphore tantôt droite tantôt couchée, et entourée d'une couronne d'olivier ou d'épis. Sur quelques pièces moins anciennes la chouette est seule, sans amphore, et la légende AΘH commence à remplacer l'orthographe archaïque AΘE.

Nous avons parlé de l'élégance des tétradrachmes de nouveau style, ronds, bien frappés, ornés de compositions gracieuses et riches. Que ces belles pièces datent du temps de la guerre lamiaque, comme le suppose M. Beulé, ou qu'elles remontent plus haut, même jusqu'au siècle de Périclès, comme quelques savants l'ont pensé, il est certain que cet état florissant de l'art monétaire à Athènes fut de peu de durée. Personne n'ignore qu'à l'administration glorieuse de Périclès succéda bientôt le gouvernement désastreux des Trente tyrans ; et, lorsque, après la mort d'Alexandre, un enthousiasme soudain anima les cités helléniques à reconquérir leur liberté, Antipater réussit, par le succès décisif qu'il obtint à la fin, à charger la Grèce de fers encore plus pesants que ceux qu'elle avait portés jusque-là. Athènes surtout, qui s'était abandonnée à de vastes espérances et à de folles ambitions, ne put acheter la paix qu'en changeant entièrement sa constitution, en permettant que la plus grande partie de ses citoyens fût transportée en Thrace (9000 citoyens seulement obtinrent l'autorisation de rester à Athènes; les autres, au nombre de plus de douze mille, regardés par Antipater comme des hommes turbulents et ennemis du repos public, furent expulsés de la ville; cf. Diodore de Sicile, XVIII, XVIII, V), en s'engageant enfin à livrer deux de ses orateurs les plus éloquents, Hyperide et Démosthènes. Avec l'anéantissement de sa puissance politique, la gravure monétaire y éprouva une altération sensible, et, jusqu'aux derniers temps de l'art, on peut suivre la décadence du type primitif sur les planches qui accompagnent l'ouvrage de M. Beulé.

Toutefois il paraît que, dans les premiers siècles qui suivirent l'introduction du second style, il y eut encore une émission considérable de tétradrachmes d'argent. Aujourd'hui même ils abondent tellement, que le prix en est fort bas, qu'à cause de cette modicité du prix aucun faussaire moderne n'a daigné les contrefaire, et que notre savant numismate affirme avoir eu entre les mains plus de mille pièces de ce genre qui lui ont servi à en déterminer, avec toute la précision dont un tel sujet est susceptible, le titre, le poids et la fabrique (p. 103-108). On pourrait croire qu'à Athènes, à mesure que l'art tombait en décadence, la pureté des monnaies s'altérait au même degré; il n'en est rien cependant. M. Beulé, qui a déjà fait plus d'un sacrifice à la science, possédait dans sa collection quatre-vingt-sept tétradrachmes de nouveau style, presque frustes et dont la plupart dataient des derniers temps de l'autonomie. Il les porta à l'hôtel des Monnaies, les fit fondre, et le lingot obtenu par cette opération avait pour titre 966 millièmes d'argent, trente-deux d'alliage et deux millièmes d'or. On sait qu'en France les monnaies d'argent, si recherchées dans toute l'Europe, sont composées légalement d'un dixième de cuivre (nous ne tenons pas compte de ce qu'on appelle la tolérance), c'est-à-dire qu'elles sont au titre de 900 millièmes et ne s'élèvent jamais, comme les tétradrachmcs athéniens, à celui de 966, degré de pureté qui doit surtout étonner quand on songe que les Grecs ne savaient point affiner les métaux (la présence de 2 millièmes d'or dans le lingot de M. Beulé en est la preuve, et qu'ils ne pouvaient pas appliquer à la théorie et à la pratique du monnayage les connaissances qui leur manquaient, ni les résultats d'une expérience qu'ils n'avaient pas acquise.

Le poids de ces mêmes tétradrachmes a préoccupé beaucoup les savants qui ont agité des questions métrologiques; mais ces sortes de recherches présentent de grandes difficultés. La détérioration des pièces par le temps et le frottement sont des obstacles d'autant plus fâcheux, qu'il faut, pour ces vérifications, examiner et comparer un nombre infini d'exemplaires; en outre, notre auteur s'est aperçu que non seulement les diverses séries ont une moyenne qui se relève et s'abaisse sans aucune règle et sans suivre les vraisemblances historiques, mais que, dans la même série, des pièces qui paraissent également bien conservées, varient notablement de poids. Un seul fait est constant et a été signalé déjà par d'autres numismates : les tétradrachmes de nouveau style sont toujours inférieurs en poids aux tétradrachmes anciens. M. Beulé croit pouvoir fixer la moyenne générale des premiers à seize grammes cinq ou six centigrammes; et la même étude, faite sur de nombreux échantillons, lui a appris que les drachmes et les demi drachmes nouvelles ont fléchi dans le même rapport. Celles-là pèsent rarement plus de quatre grammes quinze centigrammes et restent parfois au-dessous de quatre; les demi-drachmes n'en dépassent guère deux. Tels sont, du moins, les résultats obtenus par M. Beulé au moyen de ces recherches qu'on se dispense trop souvent d'estimer en disant qu'elles ne demandent que de la patience. Mais rien n'accélère autant les progrès des sciences que lorsqu'on joint à cette patience la force de tête nécessaire pour s'élever à des considérations générales après avoir rassemblé beaucoup de faits épars. Un long dévouement, que rien ne contrait, peut seul conduire à des découvertes utiles; la vérité ne se laisse voir qu'à ceux qui sont passionnés pour elle; et il en coûte moins pour décrier une science que pour l'approfondir.

Nous ne dirons que peu de mots des remarques de l'auteur ayant pour objet la fabrication des monnaies athéniennes (p. 106-108). I1 fait observer que les Grecs ne connaissaient ni le balancier ni les autres moyens mécaniques découverts depuis la renaissance des arts, et qui, perfectionnés aujourd'hui, donnent des empreintes parfaitement identiques. On se contentait de placer le flan entre les deux coins, sans l'y fixer d'une manière sûre et régulière, et l'opération avait lieu au moyen de coups de marteau redoublés. De là l'imperfection des monnaies d'Athènes sous le rapport matériel, leur peu d'uniformité, l'inexactitude et les variations dans la rondeur des pièces, et le peu de régularité de la frappe. Ajoutons, d'après M. Beulé, que la production des ateliers monétaires était considérable et que les moyens de production n'étaient point en rapport avec l'étendue des besoins. On ne savait pas tremper les coins; la promptitude avec laquelle ils s'usaient exigeait donc qu'ils fussent sans cesse rafraîchis ou renouvelés, quelquefois par des mains peu habiles. De là les différences les plus surprenantes du même type, du même coin, à la même époque, et l'impossibilité de faire de l'appréciation et de la comparaison du style la base principale d'une classification quelconque.

Difficulté de classement des monnaies d'Athènes


C'est cependant une classification, aussi méthodique que possible, que M. Beulé a essayé d'établir. Elle aurait été facile, si Athènes avait marqué sur ses monnaies la date de l'émission par le nom de l'archonte « éponyme », ou si l'on y avait inscrit les chiffres d'une ère, comme le firent plus tard beaucoup de villes de l'Asie Mineure et de la Syrie. Mais jamais les monnaies d'Athènes ne portent une indication chronologique. On lit, il est vrai, sur les tétradrachmes les noms de plusieurs magistrats; M. Beulé a relevé près de six cents de ces noms, et quelques savants, tels que Corsini, Spanheim et Mionnet, avaient cru y reconnaître ceux des archontes. Il faut voir dans l'ouvrage même les raisons qui empêchent d'admettre cette opinion, qu'il n'est, en effet, que trop aisé de réfuter; aussi l'auteur propose-t-il un système entièrement différent, et l'on peut dire qu'en le développant il a porté, pour la première fois, la lumière sur plusieurs points importants et très contestés de la numismatique athénienne.

Il suffit d'avoir vu quelques tétradrachmes de nouveau style pour savoir qu'ils présentent, au revers, la chouette traditionnelle, posée sur une amphore couchée. A côté de la tête de l'oiseau consacré à Minerve on lit les lettres AΘE ou, plus tard, AΘH; au-dessous paraissent les noms de deux ou de trois magistrats. Dans le champ se trouvent ce que les savants appellent les symboles, objets quelquefois difficiles à reconnaître, les proportions des figures étant si petites, que les détails se distinguent à peine. Sur l'amphore couchée il y a une lettre, depuis l'A jusqu'au M inclusivement; enfin au bas, dans l'espace qui formerait l'exergue des monnaies modernes, on voit deux, trois, quelquefois même quatre lettres, qui semblent les initiales de noms propres. Ce sont toutes ces légendes et ces figures, fort diversement interprétées par des numismates éminents, que M. Beulé cherche à expliquer à son tour dans quatre sections de son ouvrage. Elles sont intitulées : les magistrats monétaires, les symboles, les lettres d'amphore, les marques d'atelier.
 

Les noms de magistrats inscrits sur les monnaies d'Athènes


Rien n'est plus compliqué ni moins éclairé, dans la numismatique d'Athènes, que ce qui concerne les magistrats supérieurs préposés à la surveillance des monnaies. Étaient-ce les questeurs du trésor de Minerve, les thesmothètes, ou enfin un administrateur en chef ? Quand on est bien riche en connaissances réelles, on a facilement le courage de convenir de ce qu'on ignore; aussi M. Beulé avoue-t-il (p. 114) que, malgré les recherches auxquelles il s'est livré, le titre officiel de ce magistrat reste encore pour lui un problème. Il suppose seulement que, lorsqu'il y a trois noms gravés sur un tétradracbme, le premier de ces noms, occupant la place d'honneur, est celui du haut fonctionnaire dont il s'agit. Le second nom, au contraire, semble celui du directeur spécial de la monnaie, du citoyen qui la prenait chaque année par entreprise, ou plutôt qui était désigné pour cette liturgie; c'est à ce citoyen qu'appartient le symbole qui se trouve dans le champ et qui se renouvelle annuellement. Enfin le troisième nom paraît à M. Beulé celui de l'inspecteur de la monnaie, contrôleur nommé par les tribus, surveillant aussi bien le directeur de la monnaie que la monnaie elle-même et prenant sa part de la responsabilité. Ces hypothèses, dues à l'ingénieuse sagacité de l'auteur, deviennent fort probables quand on se rappelle le système de défiance que trahit en toutes choses l'organisation administrative de la république d'Athènes, quand on songe à la vigilance continuelle, aux précautions compliquées dont elle entourait tous ses magistrats. Ceux qui étaient préposés à la fabrication des monnaies devaient surtout exciter les soupçons d'un peuple inconstant et jaloux; leurs noms et ceux de leurs surveillants figurent sur les tétradrachmes, les drachmes, les demi-drachmes elles-mêmes, non comme une marque d'honneur, mais comme une signature périlleuse qui garantissait la gloire de l'argent attique et la pureté des pièces émises par ces fonctionnaires, sinon qui punissait de mort leur prévarication, car telle était la loi.

Les symboles représentés sur les monnaies d'Athènes


Dans la section suivante (p. 117-118), l'auteur essaye d'expliquer les symboles, c'est-à-dire les objets souvent très-petits que l'on aperçoit dans le champ des tétradrachmes à droite ou à gauche de la chouette, et qui varient à l'infini. Nous y avons remarqué les images de Cérès, de Minerve et de plusieurs autres divinités, l'aigle et le foudre de Jupiter, la corne d'Amalthée, la massue de Thésée ou d'Hercule, le caducée ailé, le bâton et le serpent d'Esculape, les bonnets des Dioscures, le Pégase, la tête de Méduse. Sur d'autres pièces on voit des abeilles, des branches de feuillages et de fruits, des carquois, des cigales, des coqs avec une palme, des éléphants, des épis, des grappes de raisin, des griffons, des lions, le soleil entre deux croissants, des sphinx, des pavots et des proues de vaisseau, des quadriges, des thyrses, des trépieds, des trophées, enfin une foule de compositions diverses, telles que les artistes grecs savaient les produire avec une fécondité et une grâce merveilleuses. Mais, si l'étude de ces symboles est peut-être la partie la plus intéressante que présente la numismatique d'Athènes, c'est aussi la plus difficile. Faut-il voir dans les symboles, comme plusieurs savants l'ont pensé, des signes ajoutés à plaisir par les archontes ou par les préfets de la monnaie? Sont-ils la répétition des sujets gravés sur les cachets des magistrats? Peut-on partager l'opinion d'un archéologue distingué qui y trouvait des espèces de jeux de mots, des allusions étymologiques ou homonymiques rappelant des gloires de famille, des gloires contemporaines, des traditions plus ou moins constatées? Qui, pour ne citer qu'un seul exemple, fait remarquer, au sujet d'un tétradrachme portant le nom de Métrodore et, comme symbole, une grappe de raisin, qu'un certain Métrodore, disciple d'Épicure, professait pour unique maxime qu'il faut manger et boire du vin; qu'il était de Lampsaque, célèbre par ses vins, et que la grappe de raisin est une allusion à la maxime de Métrodore ? M. Beulé, après avoir réfuté avec tous les ménagements convenables les premières de ces hypothèses, s'est vu dans la nécessité de blâmer hautement ce dernier genre d'explications; et, en effet, pour tout antiquaire intéressé aux progrès de la science, qui ne peut s'avancer qu'en marchant dans les voies d'une critique sage et éclairée, c'est un devoir de protester contre de pareils systèmes d'interprétation abusive, qui se fondent sur des combibinaisons de mots plus ingénieuses que solides, sur des apparences plus spécieuses que réelles. Notre auteur, dont la critique prudente et la raison éclairée ne se laissent point surprendre par des analogies aussi trompeuses, cherche, au contraire, dans l'histoire et dans les croyances des Athéniens, la clef de cette multitude de symboles qui, selon lui, devaient avoir un caractère public; mais il n'ose décider si le choix de tant d'emblèmes était laissé aux officiers monétaires ou fixé par les chefs de la république, pour rappeler la cérémonie religieuse ou l'événement politique le plus saillant parmi ceux qui précédaient l'émission des nouvelles monnaies. On verra plus loin qu'il y a d'autres points encore sur lesquels M. Beulé sait suspendre son jugement. En archéologie, comme dans les autres sciences, il existe des bornes au delà desquelles il est douteux que l'esprit humain puisse jamais pénétrer, mais que sûrement aujourd'hui il ne peut franchir qu'à l'aide de nouvelles découvertes, de travaux assidus, et avec l'habitude de suivre longtemps un même objet ou une même idée.
 

Signification des amphores couchée sur les monnaies d'Athènes, ainsi que des lettres qu'elle portent


Nous avons dit que sur les tétradrachmes de nouveau style on aperçoit, au-dessous de la chouette, une amphore couchée. Cet attribut n'est point une allusion à l'art céramique des Athéniens, comme le supposait Corsini, ni, comme le croyait Eckhel, à la bonté de leur vin; c'est l'amphore panathénaïque dont parlent Simonide, Pindare et Callimaque, et qu'on donnait aux vainqueurs pleine de l'huile qu'avaient fournie les oliviers sacrés plantés près de l'Académie. Sur l'amphore on voit une lettre, depuis l'A jusqu'au M, que plusieurs savants ont prise pour l'indication des ateliers monétaires; la conjecture de M. Beulé (p. 129-134), que cette lettre appartient au troisième magistrat, nous paraît plus probable. Personne n'ignore qu'après l'occupation d'Athènes par Démettrius Poliorcète le peuple épuisa envers ce prince, fils d'Antigone, tontes les formes de la flatterie la plus outrée; dans l'excès de sa joie il ajouta aux dix tribus déjà existantes deux tribus nouvelles, Démétrias et Antigonis, et cette division par douze servit dès lors de base à la répartition des fonctions et des charges. On peut donc supposer que les magistrats qui occupent la troisième place sur les tétradrachmes étaient nommés par les douze tribus ou choisis à diverses reprises dans chacune d'elles; qu'une lettre gravée sur l'amphore correspondait à chacun des douze noms et fixait leur rang à titre de chiffre; qu'un inspecteur avait l'A et était responsable de toutes les pièces frappées avec son nom et avec l'A; qu'un autre avait le B, et ainsi de suite jusqu'au M, douzième caractère de l'alphabet grec. Il est vrai que la lettre étant gravée sur le ventre arrondi de l'amphore, c'est-à-dire sur la partie la plus saillante du tétradrachme et la plus exposée à s'user par le frottement, il en résulte que souvent la lettre est effacée ou peu reconnaissablc. Les personnes qui ont quelques notions de paléographie savent combien il est facile, dans certains manuscrits comme sur les marbres et sur les médailles, de confondre l'A, le Δ et le Λ, l'I l'H et le M; il ne faut donc pas s'étonner si des numismates habiles, ne saisissant pas bien ces formes fugitives, ont lu un N au lieu d'un M, un O au lieu d'un Θ. M. Beulé, consultant des exemplaires mieux conservés, a dû relever ces erreurs; elles sont aussi excusables que nombreuses.

Ce que nous venons de dire des lettres d'amphore, mal lues sur des pièces frustes, peut également s'appliquer aux lettres gravées au-dessous de l'amphore, entre celle-ci et la couronne d'olivier qui entoure le tout. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, elles représentent, selon toute apparence, des mots ou des noms écrits en abrégé. Quelques-unes de ces combinaisons de lettres, AII, ΔI ou ΔIO, ME ou MENE, IIE, ΣO, ΣΦ, ΣΩ, reviennent sans cesse; d'autres, telles que BIΛ, ΛA, EMΦ, sont rares. Le nombre de ces sigles serait de cinquante-trois, si on comptait toutes les lectures fautives publiées dans certains ouvrages de numismatique et recueillies d'après des pièces mal conservées; aussi pouvons-nous dire que M. Beulé a rendu un véritable service à la science en examinant un grand nombre de tétradrachmes, en comparant avec soin les exemplaires tronqués avec d'autres en bon état, et en signalant, dans une espèce de table alphabétique, les erreurs presque inévitables où étaient tombés plusieurs de ses devanciers, erreurs qui ne se montrent qu'à des yeux attentifs et exercés. Il a pu réduire ainsi à vingt-trois les sigles dont la leçon est certaine. Il aborde ensuite (p. 137-142) une question fort difficile : quelle signification convient-il d'attacher à ces marques, qui ne sont ni des dates historiques ni des chiffres? Corsini avait pensé que les dèmes de l'Attique figuraient ainsi sur la monnaie avec leurs initiales; mais il y a douze sigles, depuis APP jusqu'à ΣΩ, qui ne peuvent désigner ces subdivisions des citoyens; le nom d'aucun des cent soixante et un dèmes ne commence par de semblables assemblages de lettres. Dira-t-on que ces marques sont l'abréviation d'un nom d'officier monétaire ou la signature du graveur ? On expliquerait ainsi pourquoi tel sigle se retrouve sans cesse aux époques les plus diverses, tandis que tel autre ne se rencontre que rarement. Les lettres ME, par exemple, les plus fréquentes de toutes, sont les initiales de plus de deux cents noms grecs, noms portés sans doute par une multitude d'individus pendant les trois siècles qui précèdent l'empire romain; les initiales de ces noms ont pu être inscrites, à un titre quelconque, sur les monnaies d'Athènes. BIΛ, au contraire, y est presque unique, parce que peu de noms propres grecs commencent ainsi; nous ne connaissons guère qu'un personnage, qui avait construit, ce semble, un globe céleste conservé pendant longtemps dans la ville de Sinope, tandis qu'un autre avait été guéri par un médecin hippocratique ou, comme on croyait jadis, par Hippocrate lui-même. Toutefois, ce système d'interprétation offre également des difficultés telles, que M. Beulé a cru devoir en présenter un autre; il suppose que les vingt-trois sigles désignent vingt-trois ateliers de l'hôtel de la Monnaie, mentionné non-seulement par les auteurs anciens, mais encore par les inscriptions; et sa discussion pleine de méthode montre qu'aucune opinion arrêtée d'avance, aucune vue de système ne l'ont empêché de se livrer, dans la pleine liberté de son esprit, à l'examen d'une question regardée comme insoluble par beaucoup de savants. Selon lui, certains ateliers étaient en permanence à Athènes ; les autres, dont les sigles ne paraissent qu'à de longs intervalles, ne fonctionnaient que dans des années où le numéraire abondait et où l'émission était considérable. Au surplus, M. Beulé lui-même ne présente cette conjecture et quelques autres que comme des hypothèses fournissant, dit-il, des résultats insuffisants, «qu'il m'était facile de ne point publier.» Nous croyons, au contraire, que la suppression de ces conjectures, exposées avec ordre et lucidité, aurait été très regrettable. Dans toutes les sciences, la connaissance de la méthode habilement employée à trouver des faits est, pour ainsi dire, plus précieuse que celle de ces vérités mêmes, puisqu'elle renferme souvent le germe de celles qui restent à découvrir.

Je n'ai pas à m'excuser auprès de nos lecteurs d'avoir donné tant d'étendue à des discussions qui se justifient, si je ne m'abuse, par l'importance du sujet; mais il ne me reste plus d'espace pour continuer l'examen de l'ouvrage de M. Beulé, et je suis obligé de remettre à un prochain article la suite de cet examen. Il aura pour objet la classification des monnaies athéniennes établie par l'auteur, et ses remarques judicieuses sur les bronzes de l'époque impériale.
HASE.

 

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Commentaires
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AICARD JEAN LOUIS - C'est chouette athènes   2008-06-09 21:50:41
qu'est-ce-que c'est difficile mais qu'est-ce-que c'est intéressant !
Kourkoudialos S. - Identification   2008-06-11 23:59:49
Votre site est tres interessant. Je suis en possession d'une piece de monnaie ancienne que je crois grecque mais que je n'arrive pas a situer.
pouvez vous m'aider ou m'indiquer des liens sur internet.
admin - Site pour idientifier les monn   2008-06-12 06:11:33
Bonjour, je vous conseille de faire une recherche sur le site Wildwinds.com (en Anglais) ou encore sur Coinarchives.com (moteur de recherche sur les monnaies passées en vente aux enchères)
cigu57 - identification monnaie   2009-01-06 10:23:18
Bonjour, je fais appel aux spécialistes pour identifier une monnaie grecque après de vaines recherches...Elle ressemble au tétradrachme d'Athènes représentant Athéna casqué et une chouette de face ailes déployées. Après nettoyage je ne peux préciser s'il s'agit vraiment d'argent (billon ?). De plus le diamètre est atypique : 33 mm, de même que le poids : environ 25 gr.
D'avance merci.
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Dernière mise à jour : ( 25-04-2009 )
 
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