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Comment faisait-on du commerce avant l'invention de la monnaie ?
29-01-2008
La monnaie est une invention des Grecs, au VIIème siècle avant notre ère. Bien qu'elle nous paraissent aujourd'hui, sous ses diverses formes, indispensable à la vie sociale, il faut pourtant reconnaître que de grands civilisations comme celles de l'Egypte, de la Chaldée, de l'Assyrie, de la Phénicie, de la Crète, ont vécu des milliers d'années dans l'activité commerciale la plus développée sans connaître la monnaie au sens propre du mot.

En Egypte, des peintures et des bas-reliefs montrent le troc pur et simple, c'est-à-dire le trafic par échange des marchandises, pratiqué sur les marchés où chasseurs, pâtres et laboureurs viennent troquer leurs produits contre des étoffes, des bijoux, des ustensiles manufacturés. Des usages analogues sont constatés en Chaldée, en Assyrie, et le commerce des Phéniciens n'a jamais revêtu d'autre forme. La Bible, les livres homériques, Hérodote nous représentent leurs navigateurs installant sur les côtes étrangères des marchés volants, déballant sur la grève toute espèce de pacotille, recevant en échange des esclaves et des produits naturels.

Dans nombre d'occasions, chez les Grecs d'Homère, la détermination de la valeur des choses se fait en têtes de bétail. Un grand trépied de bronze est évalué douze boeufs; Laerte paie vingt boeufs une femme esclave. Sous les murs de Troie, les Grecs achètent du vin de Lemnos qu'ils paient en peaux de boeufs et en boeufs vivants.

Ces usages, issus de la vie pastorale et agricole promitive, ont laissé des traces jusque dans les lois de Dracon qui, vers la fin du VIIème siècle, fixent encore, par tradition, en têtes de bétail le tarif des amendes.
C'est de là également qu'est venu le type de la vache, du boeuf, de la tête de boeuf sur les plus anciennes monnaies de l'Eubée et de l'Italie centrale. Le mot boeuf resta en terme populaire et conventionnel pour désigner la monnaie métallique, et au temps d'Eschyle on disait d'un homme dont le silence avait été acheté à prix d'argent, qu'il avait un « boeuf sur la langue ». Les vieilles expressions « sans troupeau » et « possesseur de nombreux troupeaux » demeurées dans le langage, finirent par signifier « pauve » et « riche ».

Des survivances analogues se constantent chez les Romains : le gros et le petit bétail ayant été à l'origine, en Italie, la principale richesse ayant servi d'étalon pour évaluer les marchandises, il est venu de là que « pecus » (Bétail) a formé le mot « pecunia », qui finit par s'appliquer exclusivement à la monnaie métallique quand cette dernière fut seule employée.

L'habitude de compter le bétail par têtes, « capita » a donné naissance au mot « capital », terme qui désigne dans notre langue la richesse en numéraire. Le mot « pécule » (peculium) a signifié « petit troupeau », avant d'être synonyme de petit trésor d'argent. De même dans les langues sémitiques, le mot « keseph » signifie à la fois mouton et argent, et le mot « gemel », à la fois chameau et salaire.

Tout en employant le bétail-monnaie comme étalon, on fut vite amené, dans la pratique, à discerner les commodités, pour ce rôle, que présentaient les métaux. Moins altérables que les autres marchandises, relativement peu volumineux, transportables, faciles à emmagasiner et à diviser, utiles à tout le monde par les appropriations qu'ils reçoivent de l'industrie, ils furent employés d'abord concurremment avec le bétail-monnaie, dans l'évaluation des prix; puis, un jour vint où ils prirent toute la place, ne laissant au bétail que le souvenir de son ancien rôle.

Dans leur utilisation monétaire, les métaux nous apparaissent les formes les plus variées : pépites, poudre, lingots, baguettes, aes rude, aes infectum, comme disaient les latins; ustensiles d'un usage courant, haches, marmites, hoyaux, fers de javelots; briques, saumons, plaques rectangulaires obtenues par la fusion et le laminage.

Dans les peintures égyptiennes, l'opération du pesage des métaux monétaires montre sur l'un des plateaux de la balance des poids et sur l'autre plateau les métaux sous toutes formes, mais le plus ordinairement en anneaux épais, tous semblables et apparemment du même poids (90 à 96 grammes), qui servent sous le nom de « deben », d'étalon monétaire pour toutes les marchandises. On paye en « deben », c'est à dire en anneaux d'or, en « deben » ou anneaux de cuivre. Il y a aussi de petites et ténues tiges ou fils d'or, enroulées ou repliées sur elles-mêmes, dont on pouvait aisément, à l'aide de ciseaux, comme le font encore les Chinois, couper un bout plus ou moins long, pour parfaire sur la balance un poids déterminé.

La balance finit par régner en souveraine sur les bords du Nil, en Chaldée, en Phénicie, chez les Israélites. De là vient que, dans toutes les langues sémitiques, le mot « seqel » (sicle), signifie à la fois « peser » et « payer ». Avec de l'argent pesé, on achète un esclave, une maison, un champ. Le sicle fut longtemps une unité pondérale avant de devenir à l'époque grecque une unité monétaire. La première transaction commerciale que mentionne la Genèse est l'acquisition, par Abraham, de la caverne de Macpela que le patriarche paie « 400 sicles d'argent, tels qu'ils ont cours entre les marchands ». Ce sont, bien évidemment, des sicles représentés par un poids d'argent et non des sicles-monnaie. C'est dans le même sens « d'argent pesé » qu'il faut comprendre les 20 sicles d'argent, prix pour lequel Joseph est vendu comme esclave par ses frères; ou encore les 800 sicles que les Philistins promettent à Dalila pour l'engager à tuer Samson.

Au temps du roi Joas (Ixème siècle avant JC), il y avait, dans le temple de Jérusalem, un coffret dont le couvercle était percé d'une rainure comme les troncs de nos églises. Dans cette ouverture, les fidèles glissaient les petits lingots offerts pour la restauration du Temple; le tronc, une fois rempli, était vidé et l'on mettait l'argent dans des sacs après l'avoir compté et pesé. Tous ces usages nous rapprochent graduellement de la monnaie, mais ces morceaux de métal n'en sont pourtant pas encore.

Dans les poèmes homériques, on constate que les individus prévoyants entassent les métaux comme on grossit ses troupeaux. Dolon a la réputation d'un homme riche « par ses amas d'or et de bronze ». Les Grecs d'Homère pèsent l'or avec un soin minutieux et ils l'évaluent en « talents ».

Des commentateurs estiment que le talent d'or homérique équivalait au prix d'un boeuf et se reliait par là à l'état social où le boeuf était l'étalon. D'autres ont cherché à établir que le talent homérique était un poids de 8,55 grammes ou de 8,27 grammes; d'autres enfin ont dit 16,82 grammes pour mettre le talent homérique en rapport avec l'un des systèmes pondéraux originaires de Babylone.

Le bronze figure souvent dans les paiements, sous la forme de haches, de trépieds, de chaudrons. La valeur de ces ustensiles varie naturellement suivant leurs dimensions et leur ornementation. Dans les jeux des funérailles de Patrocle, Achille offre deux prix, l'un de dix bipennes ou haches à double tranchant, l'autre de dix haches simples ou à un seul tranchant.

Des inscriptions crétoises du Ivème siècle rappellent des tarifs et des évaluations de l'époque primitive où le paiement des amendes était fixé en chaudrons et en trépieds : nous y lisons qu'un individu est condamné à payer 25, 50 et jusqu'à 100 chaudrons. Dans ces temps reculés, on amassait donc les chaudrons, les marmites, non seulement en raison de leur rôle monétaire, mais comme étant le signe de la richesse.

Même coutumes à Chypres, la grande pourvoyeuse du cuivre pour tout l'Orient comme pour les Grecs de l'Odyssée. Au sortir de la mine, ce métal était mis, par un premier travail de métallurgie, sous la forme de bipennes colossales, usage que rappellent nos saumons de cuivre ou de plomb. De là vient qu'une tradition antique prétend qu'il circulait primitivement à Paphos des bipennes de bronze de dix mines (6,280 kilos) et de six mines (3,768 kilos). Vers 450 avant JC, un décret de Stasicypros, roi d'Idalon, confère au médecin Onasilos un salaire de « quatre haches bipennes et deux didrachmes ». Il est évident qu'ici la bipenne n'est qu'une monnaie de compte, mais son nom rappelle les vieux usages.

Dans diverses contrées du monde grec, surtout en Crète, on a recueilli de nombreuses haches-bipennes en bronze qui pèsent parfois plus de 35 kilos. Les plus petites sont de 5 grammes. Minuscules ou colossales, ces bipennes étaient devenues des ex-votos déposés dans les sanctuaires. On a cherché à rattacher ces curieux monuments à des systèmes pondéraux positifs de l'Egypte ou de la Chaldée. Pausanias raconte qu'il a vu, à Delphes, des bipennes de genre qui avaient été, croyait-on, offertes en ex-votos par Periclytos, roi de Ténédos, au temps de la guerre de Troie.

Dans monnaies de Damastium, la capitale du disctrict minier de l'Epire, frappées au IIIème siècle avant notre ère, ont pour type un lingot carré muni d'une bride qui servait à le transporter : c'est l'image du lingot après la fusion et l'opération du martelage.

Longtemps après que l'usage de la monnaie eut été partout répandu dans le monde hellénique, les Lacédémoniens s'obstinaient, par tradition, à faire usage de vieux lingots de fer ou de bronze qui, au lieu d'être façonnés en bipennes ou en barres, étaient moulés en gâteaux ou miches arrondies, qui pesaient chacun une mine éginétique (628 grammes); pour les transporter, même en petit nombre, il fallait un attelage de deux boeufs. Ce renseignement, que nous fournissent Xénophon et Plutarque, est conforme à ce qui se passait également dans l'Italie centrale où les encombrants lingots de bronze qui servaient de monnaie à l'époque primitive, au témoignage de Tite-Live, transportés sur des chariots : « aes grave plaustris convehentes ».

Autres pages sur l'invention de la monnaie


L'invention de la monnaie par les Grecs au VIIème siècle avant JC
Les plus anciennes monnaies de la Grèce Antique
La monnaie marchandise (vidéo sur les monnaies qui ne se présentent pas sous forme de pièces métalliques)

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Commentaires
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merisier gaston - actualité   2008-02-24 17:49:54
c'est pour moi le plaisir de te faire venir cette information.
sacramon - Information monnaies   2008-02-24 18:11:46
Cher Gaston, c'est un plaisir pour moi aussi, mais de quelle information parlez-vous ?
Alexandra - Commerce avant la monnaie   2012-03-13 13:11:22
Tout dépend de ce qu'on entend par "monnaie". Avant la monnaie, les gens faisaient du troc avec des objets qui servaient de substitut à la monnaie : des lingots, du bétail, des haches en bronze, toutes sortes d'objets.
Serenité - Marketing...   2012-03-18 19:22:16
Ils avaient sûrement pas encore inventé le marketing...
emmanuel - commercant   2012-10-24 18:16:02
toute personne physique e/out morale qu elle exerce la proffession du commerce par des actes qualifies par la loi
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Dernière mise à jour : ( 22-03-2012 )
 
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