Les cornes d'abondance sont en fait les cornes de la chèvre Amalthée, qui a nourri Zeus / Jupiter lorqu'il était enfant. Les cornes d'abondance ont été très souvent représentées sur les monnaies de l'antiquité, qu'il s'agisse de monnaies grecques ou de monnaies romaines. Cette page présente une série de pièces de monnaies grecques et romaines sur lesquelles ont été représentées des cornes d'abondance.
On peut voir que la corne d'abondance est représentée sur des monnaies de toutes origines géographiques : sur des monnaies Séleucides, Ptolémaiques, Parthes, d'Afrique du Nord, de Judée, mais aussi bien sûr sur les monnaies impériales romaines.
La cornes d'abondance sont parfois représentées seules, d'autres fois par paires. Sur les monnaies romaines, elle sont l'attribut de diverses personnifications et allégories, dont bien sûr l'Abondance, mais aussi la Fortune et parfois des personnifications plus surprenantes (comme par exemple la Concorde qui tient une double corne d'abondance sur la monnaie d'Aquilia Severa).
En matière de cornes d'abondance, la palme de l'originalité revient sans conteste au sesterce de Drusus (fils de l'empereur Tibère), dont l'avers montre deux têtes d'enfants qui sortent de cornes d'abondance croisées, avec en arrière-plan un caducée ailé. Il s'agit des héritiers de la dynastie impériale.
Plus pragmatique, la monnaie de Septime Sévère présente les trois allégories de la Monnaie avec chacune une corne d'abondance dans les bras. Il s'agit dans ce cas d'une abondance monétaire.
Auguste quant à lui était assez superstitieus; il a fait représenter sur une de ses monnaies son signe astrologique, le capricorne, derrière lequel figure une corne d'abondance, référence à la Fortune qui tient en main le destin des hommes.
La corne d'abondance étant un élément de la mythologie gréo-romaine traditionnelle, c'est-à-dire païenne, elle disparaît des monnaies après que l'Empire romain se soit converti au christianisme. Cependant, Constantin fut lui même païen avant de devenir chrétien, et les monnaies du début de son règne reprennent tous les thèmes que l'on pouvait voir alors sur les monnaies, dont la corne d'abondance.
Nous donnons et on donnait dans l'antiquité le nom de cistophores à des pièces d'argent d'Asie Mineure qui ont pour type d'un côté la ciste mystique de Bacchus entr'ouverte et laissant échapper un serpent, au milieu d'une couronne de lierre; au revers, un arc dans son étui, entre deux serpents dressés de chaque côté et les queues enlacées. Tite-Live mentionne à plusieurs reprises les cistophores. Il raconte que Manius Acilius Glabrio rapporta de ses victoires sur Antiochus et les Etoliens (190 avant JC), 248000 cistophores (Tite-Live, XXXVII, 46); que L. Aemilius Regillus en eut, de sa victoire sur la flotte du roi de Syrie, 131300 (id. XXXVII, 58); que L. Cornelius Scipio Asiagenes en rapporta 331070 (id., XXXVII, 59); que Cn. Manlius Vulso en recueillit 25000 dans la défaite qu'il infligea aux Galates (id. XXXIX, 7).
12,66 grammes. Droit : Ciste mystique de laquelle s'échappe un serpent. Le tout dans une couronne de lierre et de fleurs. Revers : Deux serpents enroulés face à face, la tête dressée. Entre eux, carquois orné d'un aplustre. A gauche, double corne d'abondance surmontée d'une étoile au-dessus de TPAΛ. A droite, Tyché debout à gauche, tenant une corne d'abondance. Sous Tyché, lettres incertaines. Photo Jean Elsen et ses fils. Estimation : 150 euros – Prix réalisé : 120 euros.
Les cistophores constituaient, aux IIème et Ier siècles avant notre ère, la plus grande part du monnayage d'argent en Asie Mineure. Cicéron, dans plusieurs de ses lettres, dit que ces pièces à la ciste étaient la monnaie la plus répandue dans sa province, et qu'on éprouvait quelque peine à les fair chanfer par les banquiers de Rome (Cicéron, Ad Atticum, II, 6, II, 16, XX, 1; Ad Famil, V, 20).
Le cistophore, qui pèse 12,75 grammes à 12,40 grammes environ, est en réalité un didrachme de poids éginétique. Il y a le demi-cistophore et le quart de cistophore; ces deux pièces, très rares, n'ont plus pour type la ciste dionysiaque : au droit, figure la massue et la peau de lion d'Hercule, au milieu d'une couronne de pampres; au revers une grappe de raisin.
Cet article reprend le très long compte-rendu publié par M. Hase dans le Journal des savants en mai, juillet et octobre 1859 au
Exemple de revers d'un tétradrachme d'Athènes frappé vers 450-400 avant JC. Photo J. Elsen
sujet du livre de E. Beulé consacré aux monnaies d'Athènes, et dont voici le titre complet : « Les monnaies d'Athènes », par E. Beulé, professeur d'archéologie à la Bibliothèque impériale. Paris, chez Rollin, éditeur, rue Vivienne, n°12, 1858, grand in-4° de 419 pages. Nous reproduisons ci-dessous les deux premières parties de ce compte-rendu mais pas la dernière, consacrée au classement des monnaies. Les différents parties du compte-rendu sont entrecoupées avec des intertritres qui permettent d'y voir un peu plus clair. Bien sûr une partie des données présentées a été rendue obsolète par les progrès des recherches numismatiques. Cependant les jalons essentiels sont toujours valables. C'est toute l'histoire de la monnaie athénienne antique que l'on découvre au travers de ce simple compte-rendu.
En ce qui concerne Charles Ernest Beulé, l'auteur de cet ouvrage fameux sur les monnaies d'Athènes, on peut présenter ici brièvement sa biographie. Il est né à Saumur (Maine-et-Loire) le 29 juin 1826 et mort le 4 avril 1874; il fut archéologue et homme politique, après avoir fait ses études à l'École normale et de l'École française d'Athènes ; il se fit connaître de bonne heure par la découverte de l'escalier de l'Acropole (1853) ; il succéda à Raoul Rochette comme professeur d'archéologie (1854), il fit des fouilles importantes sur l'emplacement de Carthage, en particulier en dévoilant les absides qui portent son nom sur la colline de Byrsa. Il devint membre de l'Académie des inscriptions (1860), et bientôt (1862) secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts.
Il est l'auteur de plusieurs travaux de pure érudition : dont « L'Acropole d'Athènes, 1854 », « Etudes sur le Péloponèse », 1855 ; « Les Monnaies d'Athènes, 1858 », « Histoire de l'art grec », 1870 auxquels il faut ajouter quelques ouvrages fort remarqués, et qui ont été réunis sous ce titre général Le Procès des Césars (1866-1870). Une partie de sa carrière jusqu'en 1858 est évoquée dans le compte-rendu ci-dessous. E. Beulé entra dans la vie politique après la révolution de 1870 comme député de Maine-et-Loire, prit place au centre droit, et fut ministre de l'intérieur au 24 mai 1873. Il est mort le 4 avril 1874.
Les monnaie du type « Philippes » sont fréquemment citées dans la littérature antique, mais aussi sur les inscriptions lapidaires. Diodore de Sicile, Pollux, Plaute ou encore Tite Live en parlent dans leurs oeuvres. On trouve aussi des monnaies du type « Philippes » mentionnées dans le Corpus des inscriptions grecques, par exemple dans les comptes des hiéropes de Délos (cf. Bull. Corr. Hell., t. VI, 1882, p.131) ou encore dans les Comtpes du Temple d'Eleusis (id., t. VIII, 1888, p.198). Il s'agit en fait des statères d'or de Philippe II de Macédoine, père d'Alexandre le Grand.
Royaume de Macedoine. Philippe II (359-336), AV statère, vers 340-328 av. J.-C. Pella. Droit : Tête l. d'Apollon à droite. Revers : ΦΙΛΙΠΠOY Bige au galop à droite. Sous les chevaux, un bouclier de profil. Ref.: Le Rider, 390; SNG ANS 162. 8,50g. Photo Jean Elsen & ses Fils. Estimation : 3500 euros
Ils ont, au droit, pour type, la tête laurée d'Apollon d'Ichnae, et au revers le bige qui rappelle la victoire de Philippe aux jeux olympiques; leur poids est de 8,60 grammes, dépassant par conséquent de 20 centigrammes le poids de la darique. Mais l'habitude chez les grecs de donner le nom de « darique » aux pièces d'or était si invétérée que le terme de « philippe » ne s'imposa pas tout de suite; les nouvelles pièces d'or étaient parfois appelées « les dariques de Philippe », pour les distinguer des dariques asiatiques sensiblement plus légères.
On a vu comment, avant son invention, pour faciliter l'opération matérielle des transactions, s'est graduellement introduit l'usage de fractionner les lingots métalliques à l'avance, suivant des poids fixes, correspondant aux divisions d'un système pondéral préexistant. C'est ainsi que le lingot de fer de Sparte, le « pelanor », pesait une mine éginétique et que les lingots de bronze italiotes étaient des multiples de la livre. Voilà pourquoi, dans toutes les langues de l'antiquité, les noms des monnaies, ou au moins de l'unité monétaire, étaient les noms même des poids ou de l'unité pondérale. Le sicle, par exemple, devint à la fois un poids et une monnaie; il en fut de même du statère, de la drachme, de l'obole. En Italie, la livre (as) et ses divisions sont, à la fois, des poids et des monnaies. En un mot, les monnaies conservèrent les noms des poids qu'elles représentaient sur le plateau de la balance. La monnaie n'est qu'un lingot pesé et garanti par l'Etat. Mais tandis que le « talent » et la « mines », envisagés du point de vue monétaire, n'ont jamais été, chez les Grecs, que des monnaies de compte, parce qu'en monnaie réelle, ces divisions pondérales eussent constitué des pièces trop volumineuses et trop lourdes, encombrantrs et incommodes, on choisit, parmi les divisions inférieures des systèmes pondéraux, une pièce-étalon pour servir de base à tout le système monétaire et dont les autres pièces ne fussent que les multiples et les sous-multiples.
Il y a naturellement autant de pièces-étalons que de systèmes monétaires différents.
Statère d'Akarnania, vers 229-168 avant JC, au nom du magistrat Lykourgos. L'avers de la pièce montre le Dieu fleuve Achelous (photo CNG).
Partout, les dieux et les héros grecs vivent et s'agitent en des milliers d'épisodes. En Crète, par exemple, où une cinquantaine de
villes frappent monnaie, c'est la naisance de Zeus dans la grotte du mont Ida; Minos, Thésée, le labyrinthe, le Minotaure; Artémis Dictynne, Cydon allaité par une chienne; le monstre marin Itanus, le géant Talus, les mythes d'Hermès, d'Europe, d'Héraclès. Les monnaies de la Thessalie interprètent les légendes de Poséidon Onchestius, de Zeus Acreaus, de Phrixus et d'Hellé, de Philoctète, de Protésilas, de Machaon, de Jason, de la nymphe Larissa. Celles de la Thrace nous montrent le grand dieu Kursa et le héros cavalier qui rappellent le culte des ancêtres. En Béotie, nous trouvons l'Héraclès Thébain, l'Hermès criophore à Tanagra, les Niobides à Orchomène; en Argolide, c'est Héra et ses symboles, ou Diomède, ou Apollon Lycien, ou le combat de Danaus et de Gélanor pour la domination du Péloponèse, ou encore la touchante histoire de Cléobis et Biton traînant eux-mêmes le chariot sur lequel leur pieuse mère est assise pour se rendre au temple de Héra. En Arcadie, c'est Ulysse, armé d'un aviron, qui cherche l'homme mystérieux que lui a désigné le devin Tirésia, ou le jeune Arcas avec sa mère Callisté, ou encore Actéon enchaîné. A Aenea de Macédoine, c'est Enée le fondateur mythique de la ville, fuyant l'incendie de Troie avec sa famille. A Egine, c'est Eaque, le sombre juge des morts; à Athènes, la dispute d'Athéna et de Poseidon pour la fondation de la capitale de l'Attique. A Messana, c'est Pheraemon, fils d'Eole, roi mythique de la Sicile.
Monnaies grecques de Corinthe : symboles et objets
La galerie de photo ci-dessous présente une série d'avers de monnaies antiques de la cité de Corinthe. Comme on peut le voir, les graveurs ont ajouté dans les champs des pièces de petits symboles variés, qui l'ont peut découvrir ci-dessous.
Symboles dans le champ des monnaies de Corinthe
Les monnaies figurant dans cette galerie sont celles du Musée National d'Histoire Américaine (Etats-Unis). En plus des photos, le musée donne quelques explications sur ces symboles sur les monnaies de Corinthe :
Les artistes de la Grèce antique ont créé des monnaies extraordinaires, dont l'exceptionnel pouvoir de séduction reste intact après 25 siècles. Cependant, collectionner ces monnaies n'est pas simple : pour s'y retrouver il faut quelques connaissances historiques et géographiques. Pour commencer, nous nous proposons d'expliquer sommairement les caractères géographiques, historiques et artistiques des plus anciennes monnaies grecques, c'est-à-dire les monnaies d'Asie Mineure émises entre le VIIème et le début Vème siècle avant notre ère.
Les Grecs, qui s'appelaient eux-mêmes les Héllènes, ont peuplé les rivages et les nombreuses îles de la Méditerranée nord-orientale. La Grèce continentale est constituée par la partie inférieure de la péninsule des Balkans, dont l'extrémité sud s'arrête avec la presqu'île du Péloponnèse. A l'Est, la Mer Egée sépare la Grèce continentale des territoires grecs de l'Asie Mineure (Turquie actuelle - voir carte); à l'ouest, c'est la mer Ionienne qui sépare le Péloponnèse de la Sicile et de l'Italie du sud. C'est sur les côtes d'Asie Mineure que les premières monnaies ont été inventées, avant de se répandre dans l'ensemble du monde grec.
La vente sur offres de monnaies n°36 de la CGB est ouverte jusqu'au 23 octobre 2008. Dans cette vente organisée par la plus grosse société numismatique française, pas moins de 280 monnaies grecques sont proposées à la vente. Il s'agit essentiellement (mais pas uniquement) de tétradrachmes et de statères, qui sont les plus grosses monnaies grecques antiques.
Nous proposons ci-dessous un aperçu en images d'une petite partie de ces monnaies.
L'étendue géographique des monnaies de la vente est très large, et la liste des régions concernées est longue : on peut citer entre autres, la Campanie, la Calabre, la Lucanie, le Bruttium, la Sicile, la Thrace, la Macédoine, la Péonie, l'Epire, la Thessalie, la Béotie, l'Attique ou encore Egine. Et encore cette liste est-elle incomplète. Parmi les cités grecques représentées dans cette vente, on peut aussi en citer quelques-unes, dont le nom prestigieux évoque souvent une très riche histoire : Tarente, Agriggente, Messine, Syracuse; mais aussi Byzance, Larissa, Thèbes ou encore Athènes.
L'étendue chronologique des monnaies présentées à la vente n'est pas moins vaste que l'étendue géographique desdites monnaies : on trouve par exemple une drachme de Vélia émise au VIème-Vème siècle avant JC (monnaie n°8), ou encore un statère de Sélinonte frappé entre 520 et 490 avant JC, mais aussi des monnaies Ptolémaïques frappées peu de temps avant la conquête romaine (par exemple les monnaies n°273 à 276).
Parmi toutes monnaies grecques de la vente CGB 36, on trouve un grand nombre de monnaies dont les types sont des classiques de la numismatique antique. Parmi ces monnaies, citons en quelques-unes à titre d'exemple : un tétradrachme frappé à Sicile sous Agathoklès, tyran de Syracuse (monnaie n°55), une monnaie à la tortue d'Egine (monnaie n°142); une monnaie à la chouette d'Athènes (monnaie n°135), une drachme de Rhodes (monnaie n°186), un statère au poulain de Corinthe (monnaie n°144), un Alexandre (monnaie n°92), un Philippe (monnaie n°97), un statère ou didrachme de Larissa (monnaie n°116), ou encore un cistophore d'Ephèse (monnaie n°171). Parmi les 280 monnaies de la vente se trouvent bien entendu un grand nombre de pièces moins connues qui raviront les amateurs de raretés.