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Collectionner la Galerie métallique des grands hommes français
12-04-2012
Il y a quelques années un vendeur a proposé à la vente sur eBay une série d'une quarantaine de médailles appartenant à la « Galerie métallique des grands hommes français ». Il est assez intéressant de regarder les résultats de cette vente pour connaître non seulement la valeur de collection de ces médailles mais aussi la popularité actuelle des grands hommes français tels qu'on les voyait au début du XIXème siècle. C'est également une excellente occasion d'évoquer l'histoire de cette série qui mérite certainement d'être connue.

Exemple de médaille de la Galerie métallique des Grands hommes français : Descartes

Médaille de Descartes dans la galerie métallique des grands hommes

La Galerie métallique des grands hommes français (que l'on peut abréger par les lettres « GMGH »)  est née en 1816 de la volonté de Louis Bérard (1783-1859), qui fut un politicien, un ingénieur, un industriel et un haut fonctionnaire français. Le contexte politique de 1816 est celui de la Restauration : après la défaite de Napoléon à Waterloo (1815), la France vaincue renoue avec un régime monarchique. Ce contexte politique, mais aussi la personnalité de Louis Bérard ne furent évidemment pas sans conséquences sur la nature de la Galerie métallique des grands hommes français.

Louis Bérard : un libéral patriote


Bien que son père ait été guillotiné en 1794 pour avoir pris parti pour le roi, Louis Bérard fut un fervent défenseur des idées libérales. Il servit fidèlement Napoléon, ce qui lui valut d'être provisoirement écarté du Conseil d'Etat en 1815 avant d'être rappelé en 1817 et d'en ressortir de nouveau en 1820. Il faut noter que Bérard fut non seulement un libéral, mais aussi, par la suite, un opposant très résolu au roi Charles X. Bien que sa vie politique ait été très agitée, Bérard a toujours été un grand serviteur de l'Etat à la façon de l'Ancien Régime ainsi qu'un fervent patriote.

En plus de ses engagements politiques, Bérard fut un industriel particulièrement actif et la création de la série de médailles sur les grands hommes français montre son dynamisme. Cependant, cette activité de « médailleur » ne fut pour lui qu'une activité de prestige, d'honneur et de patriotisme. Il tira certainement bien plus de revenus de sa Compagnie d'éclairage au gaz ou de ses forges d'Alès que des médailles des grands français.

La Galerie métallique naît en 1816, en pleine restauration monarchique


L'idée première qui a présidé à la création de la GMGH, c'est l'idée patriotique. Louis Bérard a sans doute eu l'intention de rappeler un glorieux passé français après l'écrasement de la France à Waterloo. Il a voulu redonner une raison d'être fiers aux français vaincus.
Mais, compte tenu du contexte politique de restauration monarchique, il ne pouvait pas être question d'évoquer les gloires politiques et militaires récentes et Napoléon est le grand absent de la galerie métallique. Son ombre plane pourtant sur cette série de médailles. Il faut remarquer que les rois de France sont eux aussi absents de la série qui se veut plus ou moins apolitique (ni bonapartiste ni royaliste) : la GMGH est essentiellement constituée d'hommes de science, d'hommes de lettres et d'artistes.


Portrait de Jacques Delille dans la Galerie métallique des grands hommes

Portrait de Jacques Delille dans la Galerie métallique des Grands hommes


« L'ombre de Napoléon plane sur la Galerie métallique des grands hommes français »


Le bibliothécaire et érudit Jules Berger de Xivrey a publié en 1837 une excellente présentation de la GMGH (cf. bibliographie n°3). Dans cette présentation il évoque, en plus du patriotisme, les autres motivations qui ont conduit à la création de la Galerie métallique. Louis Bérard aurait remarqué que la plupart des hommes célèbres avaient déjà leur médaille, mais que  la collection de ces médailles était rendue très difficile en raison leur diversité et de leur éparpillement. Bérard voulut donc créer une série uniforme et homogène, qui soit aussi complète que possible.

Nous avons vu ci-dessus que l'idée de représenter la totalité des grands hommes n'était tout simplement pas possible en raison du contexte politique. Et puis pour créer une galerie exhaustive des Grands hommes français, il aurait fallu donner une définition rigoureuse de ce qu'est un Grand Homme. Jules Berger de Xivrey n'est pas d'accord avec tous les choix qui ont été faits : certains « grands hommes » de la GMGH ne sont pas assez grands à son goût... c'est le cas notamment de Parny, qui s'était fait connaître en 1778 par ses « Poésies érotiques », cause suffisante selon lui pour être banni de la liste des Grands hommes. La Galerie métallique ne pouvait être de toute façon qu'une liste incomplète, partiale et influencée par la situation politique de son temps.

La GMGH : une société anonyme à but non lucratif


La Galerie métallique des grands hommes français est née le 28 août 1816 sous la forme d'une société anonyme (cf. bibliographie, n°2). Si l'on en croit Jules Berger de Xivrey, Bérard aurait communiqué son projet à « plusieurs personnes de sa connaissance, prises dans différentes positions, dans différentes carrières, de manière que chacun pût apporter, dans le choix des grands hommes à immortaliser ainsi, les prédilections de sa profession, de ses goûts, de ses habitudes. Chacun de ces actionnaires désintéressés pour tout autre objet que l'illustration nationale, versa une somme de 500 francs, dont la réunion permit de commencer cette libérale entreprise ».
Deux faits ressortent des remarques qui précèdent : la GMGH fut créée par une association de notables de haut rang, puisque 500 francs représentaient une somme considérable à l'époque; et cette société n'avait pas un but lucratif, mais uniquement artistique et patriotique.

Après 2 ans d'euphorie les caisses de la GMGH sont vides


La GMGH rencontra d'abord un franc succès auprès des hommes riches et éclairés. Pendant les deux premières années d'existence de la Société, les bénéfices de l'entreprise, auxquels les actionnaires avaient renoncé, furent suffisants pour : « 1° décerner un prix au graveur qui, d'après le jugement de l'Académie des Beaux Arts, aurait exécuté la meilleure médaille pendant l'année; 2° à faire graver en taille-douce les médailles publiées, entourées d'élégants attributs et suivies d'un texte explicatif. Ce texte offrait à la fois une courte notice biographique du personnage représenté et l'indication des sources d'après lesquelles la médaille avait été gravée, pour constater l'authenticité et la ressemblance. » (cf. Berger de Xivrey, op.cit). Mais cette pratique n'est pas allée au-delà de 20 médailles : deux ans après sa création, la GMGH avait en effet cessé d'être bénéficiaire. Malgré tout, l'entreprise existait encore plus de vingt ans après sa création et avait presque accompli le projet initial qui prévoyait la publication de 120 médailles.


Médaille représentant le peintre Poussin dans la Galerie métallique des grands hommes

Médaille représentant Poussin dans la Galerie métallique des grands hommes français


Pourtant la série officielle n'est pas allée au-delà des 118 médailles qui existaient déjà en 1837. Le catalogue des coins de la série, publié en 1892 (cf. biliographie, n°4), ne comprend d'ailleurs que 118 numéros. A cette liste, il faut ajouter la médaille de Jacques Callot par le graveur Caqué; cette médaille porte la date de 1838 (soit un an après la parution du texte de Jules Berger de Xivrey). Le revers de cette médaille, outre la mention habituelle de la date de naissance et de décès de Jacques Callot, porte la mention suivante : "Supplément à la galerie numismatique des grands hommes français, par les soins de G. de Pixerécourt, son compatriote. 1838".  C'est donc à l'initiative personnelle d'un compatriote nancéen de Jacques Callot, l'auteur dramatique et bibliophile Guilbert de Pixerécourt, que la 119ème médaille de la GMGH a vu le jour. A propos de la 120ème médaille, il semble qu'elle n'ait jamais été publiée.

De nombreux graveurs ont collaboré à la GMGH


Bien que le prix décerné au meilleur graveur n'ait duré que peu de temps, les rémunérations versées selon un système progressif parvinrent à attirer les maîtres graveurs aussi bien que les jeunes « espoirs de la gravure ». Laissons encore une fois la parole à Jules Berger de Xivray : « Une somme fut fixée, comme maximum, pour les artistes célèbres. Les jeunes artistes qui vinrent associer leurs noms encore nouveaux à ceux de ces maîtres de leur art ne reçurent pour leur première médaille que la moitié de ce prix, qui, par des augmentations successives, se trouvait porté, après la quatrième médaille, au même taux que la somme payée aux maîtres. ».

Les 22 graveurs dont les noms figurent dans la liste suivante ont réalisé des médailles dans la GMGH; le chiffre entre parenthèses indique le nombre de médailles dues à chaque graveur :

Andrieu (1), Barre (1), Caqué (11), Caunois (11), Chardigny (1), Depaulis (10), Desboeufs (2), Domard (9), Donadio (5), Dubois (7), Dubour (1), Galle (2), Gatteaux (17),  Gayrard (15), Grandjean (Caroline)(1), Jaley (1), Leclerc (1), Masson (3), Montagny (1),  Petit (8), Rogat (1), Pingret (3), Vatinelle (2) et Vivier (5).

Gatteaux et Gayrard ont été les graveurs les plus actifs avec respectivement 17 et 15 médailles, tandis que Caqué et Caunois sont les auteurs de 11 médailles chacun. Parmi les particularités, on peut noter qu'une « graveuse » unique, du nom de Caroline Grandjean a contribué à la série des Grands hommes : on lui doit le portrait de Madame Deshoulières (médaille n°34 de la série).

Catalogue de la Galerie médailles des grands hommes français


Afin que les collectionneurs puissent soit se lancer dans la collection de la GMGH (ou la compléter), des tableaux qui reprennent la liste de toutes les médailles sont disponibles au format pdf. Il est possible de télécharger ces tableaux gratuitement et de les imprimer :

Catalogue de la galerie métallique des Grands hommes (format pdf)

Liste des prix de vente réalisés sur eBay (format pdf)

Le tableau n°1 reprend la numérotation de l'inventaire des coins des médailles françaises réalisé en 1892 (cf. bibliographie n°4). Cet inventaire ne contient que 118 numéros; les médailles sont classées par ordre alphabétique du nom des Grands hommes mais ce classement est imparfait (par exemple la médaille n°118, au nom de Varin est rangée en dernier et qui aurait dû figurer au n°110, avant la médaille de Vauban).

Comme nous l'avons vu ci-dessus, le catalogue initial devait comprendre 120 médailles, mais il n'a été possible d'en identifier que 119. La dernière médaille date de 1838, soit 1 an après que Jules Berger de Xivrey ait écrit son texte (cf. bibliographie n°3); il s'agit la médaille de Jacques Callot par Caqué, qui porte le n°119 dans le tableau n°1.
 
L'avant-dernière colonne du tableau mentionne les prix réalisés par les médailles sur eBay lors de la vente du début septembre 2009. Ces prix sont en euros.

En ce qui concerne la dernière colonne elle est destinée aux collectionneurs qui possèdent déjà des médailles de la GMGH ou qui souhaitent se lancer dans la collection de cette série : il est possible  de cocher les cases, et éventuellement de noter la date d'achat et le prix payé pour chaque médaille.

Rareté, prix des médailles et popularité des grands hommes

C'est par la question de la popularité relative des grands hommes, ainsi que par la rareté et les prix de vente réalisés par les médailles lors de la vente eBay du début du mois de septembre 2009 que nous terminerons ce tour d'horizon de la Galerie métallique des grands hommes français.

Il n'existe pas (à notre connaissance) d'indications sur le tirage des médailles et sur leur rareté.
On peut noter par contre qu'il existe des refrappes (= rééditions) postérieures au tirage original; on peut les identifier à l'aide des poinçons spécifiques qui figurent sur la tranche des médailles, alors que les émissions originales ne portent aucun poinçon.
Ces médailles rééditées ont forcément moins de valeur que les émissions originales. L'état des médailles, dont certaines ont mal traversé les siècles, peut cependant influencer leur prix final.

Les prix réalisés lors de la vente sont le résultat de la popularité relative de chaque grand homme, puisque des médailles rares représentant de Grands hommes peu connus peuvent être plus recherchées que des médailles communes de Grands hommes très connus...

La vente eBay a porté sur 42 médailles, soit un peu plus d'un tiers de la totalité de la série. Ces 42 médailles ont réalisé un prix total de 1128,87 euros, soit un prix moyen de 26,87 euro par médaille.

La médaille la plus chère est celle... de Jacques Callot (n°119, prix réalisé : 67,54 euros). Ce prix s'explique certainement par le caractère exceptionnel de cette médaille, qui, comme nous l'avons vu, est un supplément à la liste initiale, plutôt que par la popularité de Jacques Callot lui-même, dont il faut bien reconnaître qu'il est bien oublié aujourd'hui...

Le tableau n°2 expose la liste des Grands hommes triée selon le prix final réalisé par les médailles (Ce tableau est disponible en téléchargement le site http://galerie-metallique-des-grands-hommes.monnaie.me ).  La liste ne contient aucun invendu, mais les observateurs attentifs ne manqueront pas de remarquer que les théologiens se trouvent plutôt vers la fin du palmarès... La Fontaine et Descartes, deux esprits très vifs quoique très différents, n'ont quant à eux réalisé que des « scores » médiocres : c'est à peine si leurs médailles dépassent la vingtaine d'euros; au contraire, le beau portrait de madame de Sévigné par Gayrard (médaille n°101) réalise un score très honorable (8ème position au classement); Richelieu, puissant mais controversé artisan de l'unité française, n'obtient que la 7ème place. Et, une fois n'est pas coutume, c'est un maréchal, Turenne, qui prend la première place. Pour le reste, chacun jugera ce classement selon ses connaissances et selon ses goûts.

Bibliographie


1. Abrégé de la vie de Louis Bérard dans le « Dictionnaire universel des contemporains, contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers », par G. Vapereau, Paris, Hachette, 1858.
2. « Collection complète des lois, décrets, ordonnances... etc », par JB Duvergier, tome 21, Paris 1827, col. 12
3. « Galerie Métallique des grands hommes français », pages 342-352 dans : « Essais d'appréciations historiques, ou examen de quelques points de philologie, de géographie, d'archéologie et d'histoire, » par Jules Berger de Xivrey. Tome Premier, Philologie – Géographie. Paris, Desforges, Libraire-Editeur, rue du Pont-de-Lodi, n°8, 1837
4.« Médailles françaises dont les coins sont conservés au musée monétaire », par Direction des monnaies et médailles, Paris, Imprimerie nationale, 1892

Les différentes éditions citées ci-dessous sont disponibles sur Google Livres (http://books.google.fr/), à l'exception du n°4 que l'on peut consulter sur le site www.archivesmonetaires.org

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Dernière mise à jour : ( 12-04-2012 )
 
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