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GUIDE DU BEUVRAY
_Phrourion Bibrachta_,
(STRABON, IV, 3.)
Le mont Beuvray, situé à 25 kilomètres d'Autun, occupe la pointe
méridionale de la chaîne du Morvan, à laquelle il n'est relié que par le
col de L'Echenaux, placé à 255 mètres au-dessous de sa cime. Les
nombreuses sources auxquelles il donne naissance forment autour de sa
base un fossé profond de 20 kilomètres de circonférence; les montagnes,
qui sont derrière lui, atteignent les Vosges à l'est et se prolongent
jusqu'aux extrémités de l'Armorique; l'Yonne, affluent de la Seine, naît
à ses pieds: le massif de 800 à 900 mètres d'élévation--dont il occupe
un des sommets--forme donc le point d'intersection des trois principaux
bassins de la Gaule centrale: ceux de la Loire, de la Seine et de
la Saône.
Sur le faîte de cette montagne, aujourd'hui en partie boisée, s'élevait
jadis une des plus importantes cités de la Gaule: BIBRACTE--la capitale
des Éduens, l'_oppidum maximae auctoritatis_ de César, le _Phrourion
Bibrachta_ de Strabon--dont le nom a persisté dans le _Biffractum_ des
chartes et dans celui de Beuvray.
L'occupation d'une pareille place expliquerait, à elle seule,
l'influence des Éduens sur les nations limitrophes. Bibracte, du haut de
ses plateaux, présentait le front à chacune d'elles, et pouvait lancer à
son gré des bandes dans leurs vallées qui s'ouvraient à ses pieds, ou
les replier en cas d'insuccès dans ses retranchements inexpugnables.
Si l'on songe aux conditions physiques où se trouvait la Gaule, à ces
guerres permanentes qui faisaient de ce pays un vaste champ-clos, dans
lequel les tribus n'étaient occupées qu'à s'attaquer ou à se défendre, à
soutenir ou à entreprendre des sièges, on doit convenir qu'il n'existe,
sur aucun point du territoire Éduen, un lieu plus merveilleusement
approprié que le mont Beuvray aux exigences d'un état de choses
aussi violent.
Avant de décrire les diverses parties de l'_oppidum_ de Bibracte, mises
à jour par les fouilles de ces dernières années, nous essaierons de
retracer brièvement l'histoire de cette forteresse dont la destinée se
liait à celle d'une puissante cité, et qui fut, pendant de longs
siècles, l'instrument de son salut et de sa grandeur.
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