
Les derniers développements de la crise économique et financière mondiale n'ont rien de rassurants. Le plan de sauvetage américain du secteur financier a bien été adopté, mais il ne saurait résoudre à lui seul et durablement des années d'errements de la finance mondiale. Le plan de sauvetage américain n'est qu'une mesure nécessaire mais ponctuelle. Le coeur du problème, ce sont les profonds déséquilibres économiques qu'a créé la mondialisaion.
Quelle que soit l'efficacité du Plan Paulson, on constate à présent que la crise financière se propage à l'économie réelle. En France, le chômage est en hausse. Les taux d'intérêt pratiqués par les banques pour les particuliers ou pour les entreprises augmentent. Une crise économique majeure se prépare en Europe. Cette situation exceptionnelle appelle des réactions exceptionnelles.
Les Etats, en empêchant les faillites des banques, réagissent comme il se doit. La BCE injecte des liquidités sur le marché interbancaire pour fluidifier le système et empêcher un assèchement complet du crédit. Mais la BCE serait bien inspirée d'utiliser un des leviers d'action majeurs dont elle dispose, la baisse des taux d'intérêt, pour atténuer l'impact de la crise, plutôt que de s'acharner à vouloir maintenir une illusoire stabilité de la monnaie.
Les circonstances actuelles exigent des décisions rapides et fortes : la BCE doit baisser les taux d'intérêt immédiatement et fortement pour donner un souffle d'air aux économiques européennes. L'heure n'est pas à l'attentisme, à la molesse et au manque de décision. Les peuples d'Europe vont payer le prix de la crise; la BCE doit prendre ses responsabilités et agir immédiatement avec les moyens dont elle dispose pour atténuer la crise autant que possible.