Accueil arrow Euro arrow Une nouvelle pièce de 5 euro ?
25-05-2019
Abonnement par email

Entrez votre adresse email pour recevoir les derniers articles

Menu principal
Accueil
Monnaies françaises
Monnaies du monde
Pièces or
Pièces argent
Euro
Trésors
ARTICLES MONNAIES
Actualités numismatiques
Monnaies en vente
Collectionner les monnaies
Dictionnaire des monnaies
Monnaies grecques
Monnaies gauloises
Monnaies romaines
Monnaies du Moyen Age
Monnaie inflation crise
Liens articles monnaies
Monnaies grecques
Monnaies gauloises
Monnaies romaines
Monnaies médiévales
Monnaies françaises
Monnaies du monde
Trésors
Collectionner les monnaies
Dictionnaire numismatique
Catalogues de monnaies
Ouvrages historiques
Littérature latine
Mythologie
Plan du site
Sites Internet
Annuaire numismatique
Une nouvelle pièce de 5 euro ?
05-04-2011
Christophe Beaux, patron de la Monnaie de Paris a donné ce matin (5-04-2011) une interview au journaliste d'Europe 1 Martial You.

Il y a été question d'une nouvelle pièce de 5 euros, proposée par la Monnaie de Paris, mais refusée dans des termes peu diplomatiques par le patron de la Banque de France, Chritian Noyer. A la question de savoir si une nouvelle pièce de 5 euros serait possible, il aurait en effet répondu sèchement : "Il n'en est pas question une minute !" (4-04-2011). C'est peut-être pour répondre à Christian Noyer que Christophe Beaux est venu expliquer pourquoi une nouvelle pièce de 5 euro pourrait être une bonne idée. Au cours de la discussion, divers sujets sont abordés, dont les résultats financiers excellents de la Monnaie de Paris, portés par les émissions d'euro or et argent.

La nouvelle pièce de 5 euro



L'interview commence sur le sujet de la création d'une nouvelle pièce de 5 euro de circulation courante. Il s'agit à ce stade d'une idée prospective développée par 6 instituts monétaires européens. L'idée c'est qu'une pièce est plus économique qu'un billet car plus durable. A terme une nouvelle pièce de 5 euros pourrait faire faire des économies considérables. Chaque année les Etats de la zone euro doivent racheter des billets en raison de leur usure rapide. Ces billets sont d'ailleurs produits par les Banques Centrales (ce qui explique sans doute la réaction de Christian Noyer). 10 milliards d'euro d'économie pourraient être réalisés.
Pour illustrer son propos, Mr Beaux présente une pièce de 5 franc suisse de 1968 "prélevée" dans les monnaies actuellement en circulation en Suisse, ce qui montre la longévité exceptionnelle des pièces de monnaies comparativement aux billets de banque.

pièce de 5 franc suisse de 1968
Exemple de pièce de 5 francs suisse, actuellement en circulation
 

Le billet de 1 euro : "une idée pas très économique..."


Il est ensuite question du billet de 1 euro proposé l'année dernière par Louis Giscard d'Estaing. Christophe Beaux, s'était alors élevé contre cette idée qualifiée "d'idiote" par le journaliste, terme que ne reprend pas Mr Beaux à son compte, lui préférant l'expression "d'idée pas très économique". Là encore, l'argument est le même : les pièces sont beaucoup plus économiques que les billets car elles sont plus durables : la durée de vie des pièces peut s'étaler sur 30 ans, ce qui n'est pas le cas des billets, surtout s'il s'agit de petites coupures.

"Les Banques Centrales fabriquent les billets, donc elles sont juge et partie..."


Sur la défense des pièces contre les billets, le journaliste parle de "lobbyisme". Là encore, Mr Beaux préfère l'expression "défense". Il est normal qu'il défende les pièces puisqu'il dirige un établissement spécialisé dans leur fabrication. De même les Banques Centrales, qui fabriquent les billets, défendent la fabrication de billets. Quand elles défendent la fabrication de billets, elles sont juge et partie... Quoi qu'il en soit, l'unanimité pour la fabrication d'une nouvelle pièce de 5 euros est encore loin d'être acquise y compris au sein des 6 organismes monétaires impliqués. Le meilleur argument avancé en faveur du projet est une écnomie potentielle de 10 milliards d'euros.

Une nouvelle pièce de 5 euros encouragerait la hausse des prix ?


Un des arguments de la Banque Centrale contre la nouvelle pièce de 5 euros est celui du risque de hausse des prix qu'elle pourrait provoquer. Christophe Beaux évoque alors la pièce de 20 francs émise au cours des années 1992-2001 (la pièce de 20 francs Mont Saint-Michel).

 

Photo d'une pièce de 20 francs Mont Saint Michel
Photo pièce de 20 francs Mont Saint-Michel


Cette pièce ne s'est pas vraiment imposée dans le public, car en matière monétaire il faut un certain temps avant que les usages s'établissent. Le rapport à l'argent est très psychologique et cette pièce n'a pas eu le temps de s'acclimater dans le paysage monétaire français. La création d'une nouvelle pièce de 5 euros pourrait rattraper l'inflation qui a eu lieu depuis l'apparition de l'euro. Du fait de l'inflation, les instruments monétaires ont vu pour la partie métallique leur valeur baisser. La nouvelle pièce de 5 euros serait à peu près équivalente à la pièce de 20 francs des années 1990.

La fabrication des pièces de monnaie : un combat d'arrière-garde ?


Le journaliste s'interroge ensuite sur le fait de savoir si la défense des pièces de monnaie n'est pas, à l'heure du tout électronique et de la dématérialisation, un combat d'arrière garde. Selon Mr. Beaux, l'exemple du porte-monnaie électronique Monéo, qui n'a pas fonctionné illustre le fait que les signes d'échange tangibles que sont les monnaies conservent dans le public toute leur place.

Les résultats exceptionnels de la Monnaie de Paris sont liés à l'engouement pour les euros en or et en argent


Les résultats de la Monnaie de Paris sont excellents (150 millions d'euros de Chiffre d'affaires, 18 millions d'euros de résultats nets). La fabrication de pièces n'occupe plus la partie la plus importante du chiffre d'affaires de la Monnaie de Paris (1 tiers du chiffre d'affaires). Ce sont les autres produits, de type euros en or et en argent ou euros des régions, qui ont tiré le chiffre d'affaires vers le haut.

La Monnaie de Paris a pleinement bénéficié de l'engouement pour les métaux précieux consécutif à la crise de 2008. Le succès des euros en or et argent ne se dément pas depuis 2008, puisque plus de 7 millions de pièces ont été vendues en trois ans. Il s'agit de nouveaux objets de thésaurisation et d'épargne. Les euros en or sont en quelque sorte des rééditions des Napoléons, que les français ont abondamment thésaurisé dans le fameux "bas de laine" au XIXème siècle. Désormais les pièces de 100 euros or, 250 ou 500 euros or occupent en partie la place qui était celle des Napoléons autrefois. Le 8 avril 2011 une pièce de 1000 euros en or va être commercialisée. Ces pièces ont le double avantage d'être constituées de métaux précieux et d'avoir un cours légal qui garantit une valeur minimum; de plus ces pièces ayant un tirage limité, elle bénéficient d'un effet de rareté et voient leur prix s'envoler... Par exemple, la pièce de 10 euro de Mayotte s'est négociée jusqu'à 60 euros (le prix actuel est plus proche de 35 euros).

Pour conclure Mr Beaux verrait bien la Monnaie de Paris s'emparer d'une partie du marché de production des pièces au sein de la zone euro (au détriment des Instituts monétaires les moins productifs). Tout cela se ferait dans la cadre d'une compétition qui aurait exclusivement lieu entre Institutions publiques. Il n'est pas sûr que les pays visés soient d'accord car les questions monétaires sont aussi des questions de souveraineté nationale. D'ailleurs on peut regretter que monsieur Beaux n'ait rien dit sur le cas d'une sortie de la France de l'euro et d'un retour au franc. Il faut espérer qu'il a pris en compte cette éventualité.


Autres pages sur la Monnaie de Paris et ses émissions de monnaie


10 euro Mayotte
Catalogue Monnaie de Paris 2011
euros des régions
Euros en or et en argent de la série Semeuse
Dernière mise à jour : ( 05-04-2011 )
 
< Précédent   Suivant >
Contact : sacramon@yahoo.fr | Sacra-Moneta.com 2006-2019 monnnaies numismatique or et pieces de collection |