|
SÉVÈRE ( Lucius-Septimus-Sévérus ), empereur romain, né, l'an 146 de J.-C.,à Leptis, sur la côte d'Afrique, se fit connaître dès l'âge de 18 ans comme orateur, devint avocat du fisc, fut admis ensuite au sénat, et parcourut rapidement la carrière des emplois publics, tout en se livrant à son goût effréné pour les plaisirs. Élevé au consulat par Commode, il commandait les légions de l'Illyrie lorsque la mort de ce prince vint lui faciliter l'accès du trône qu'il ambitionnait depuis longtemps. Cependant Pertinax et Didius-Julianus devaient s'y asseoir avant lui. Ce dernier avait acheté l'empire, et un marché si honteux avait excité l'indignation des Romains. Sévère s'annonce pour le vengeur de Pertinax, est proclamé empereur par ses légions, l'an 193, et court à Rome se faire reconnaître par le sénat qui avait devancé son désir. Le nouveau monarque, après avoir cassé les prétoriens, fit son entrée dans la capitale, et promit de prendre pour modèle Marc-Aurèle et Pertinax. Il lui restait un rival redoutable dans Pescennius-Niger, qui, revêtu de la pourpre aussi par ses légions, dominait en Orient. Après avoir assuré la tranquillité de Rome par de sages mesures, il marcha contre Niger, qui succomba dans cette lutte. Sévère déshonora sa victoire par des cruautés, et au retour d'une campagne qui n'avait été ni longue ni marquée par de grands exploits, reçut les surnoms d'Arabique, d'Adia-bénique et de Parthique. Il avait ménagé jusqu'alors Albin, commandant des légions de la Grande-Bretagne, pour n'avoir pas en même temps deux ennemis à combattre aux deux extrémités de l'empire; mais une fois débarrassé de l'un, il sut trouver un prétexte pour écraser l'autre, et Albin succomba à son tour dans les Gaules, l'an 197. Dès lors Sévère s'abandonna tout entier à la vengeance. Il fit dresser des tables de proscriptions dans les Gaules et dans l'Ibérie, et, de retour à Rome, poursuivit le cours de ses cruautés. Il ne paraissait vouloir plaire qu'au peuple et aux soldats. L'invasion des Parthes dans la Mésopotamie l'obligea de retourner, vers la fin de 197, dans l'Orient. Après l'avoir pacifié, il passa en Egypte dont il enleva les livres sacrés, et revint à Rome l'an 205. Son retour triomphal fut consacré par l'arc qui porte son nom et par les jeux et les fêles les plus magnifiques. La désunion funeste de ses deux fils, Caracalla et Géta, empoisonna ses derniers jours. Il partit néanmoins avec eux, en 208, pour la Grande-Bretagne, où les Calédoniens et les Méales s'étaient révoltés; mais celte expédition ne lui rapporta guère que le titre de Britannicus-Maximus. Bientôt ses infirmités l'avertirent que sa dernière heure était arrivée, et il expira l'an 211, à York, à l'âge de 66 ans. Il était sobre, patient, simple dans ses goûts et d'une activité infatigable; il aimait les lettres et les cultiva avec quelques succès; mais on a vu quels actes déshonorèrent de si précieuses qualités.
Weiss, Biographie universelle
|