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NÉRON (Lucius-Domitius-Néro-Claudius), empereur, auquel ses débauches et ses crimes ont assuré une effroyable immortalité, naquit à Antium, l'an de Rome 788 (57 dep. J.-C), fils de Domitius-Aenobarbus et d'Agrippine, eut pour premier instituteur un histrion et un barbier.
Après le mariage de sa mère avec Claude, il fut adopté par ce faible prince, et eut pour gouverneurs Burrhus et Sénèque, dont les sages avis ne purent que comprimer pour quelque temps son mauvais naturel. Claude expira, et Néron, salué empereur par les prétoriens, reconnu par le sénat, prononça lui-même l'éloge funèbre de son prédécesseur, qu'il, mit au rang des dieux. Il promit de prendre Auguste pour modèle, et parut, dans les premiers temps, vouloir tenir sa promesse.
Quelques actes de modération et de sagesse signalèrent le commencement de son règne. On sait qu'ayant à signer la sentence de mort de deux criminels, il dit : Ô Que je voudrais ne pas savoir écrire ! » Ce n'était là, sans doute, que de l'hypocrisie : il le prouva bientôt. Il s'assura l'affection du peuple et des prétoriens par ses largesses, et se débarrassa de ses gouverneurs. Cet essai l'enhardissant à secouer aussi le joug de sa mère, qu'il avait laissé régner jusque-là sous son nom, celle-ci le menaça de rendre le trône à Britannicus : ce fut l'arrêt de mort de ce jeune prince, le légitime héritier de Claude.
A partir de cette époque, un changement total s'opère dans l'empereur : il fait assassiner sa mère, qui le gêne depuis longtemps, et, pour apaiser ses remords, il rappelle en Italie les histrions et les pantomimes, se mêle au milieu d'eux, et se plaît à conduire un char dans le cirque. Bientôt Burrhus expire, et l'on a lieu de croire qu'il a été empoisonné; Sénèque cesse de prendre part aux affaires, dont la direction est laissée à Tigellin; la malheureuse Octavie, répudiée et exilée fait place à l'infâme Poppée.
Tandis que le tyran se délasse de ses cruautés par les plus honteuses débauches à Antium, il apprend que Rome est en proie à un vaste incendie, et il y vole pour contempler, du haut d'une tour cet affreux spectacle, et chanter, la lyre en main, un poème qu'il a composé sur l'embrasement de Troie. Cependant il tendit une main secourable aux victimes de cette grande calamité; mais il en rejeta tout l'odieux sur les chrétiens, et leur fit subir la première et la plus violente persécution que l'on connaisse.
La conspiration de Calpurnius-Pison, qui ne réussit point à délivrer l'univers de ce monstre, anima encore davantage sa fureur. Les conjurés, parmi lesquels on cite le poète Lucain, leurs parents, leurs amis, tous ceux qui avaient eu quelque rapport avec eux, périrent dans les supplices. Bientôt il ne fallut plus même de prétexte à Néron pour faire couler le sang : il fit étouffer dans un bain chaud le consul Vestinus, par la seule raison qu'il lui déplaisait; Sénèque, Poppée, Pétrone, le vertueux Thraséas furent en peu de temps immolés aussi. Mais au retour d'un voyage en Grèce, dans lequel il avait fait briller son talent de poète et de musicien et remporté 1800 couronnes, et pendant qu'il célébrait ses triomphes au sein de Rome, il apprit que Vindex, gouverneur de la Gaule celtique, et Galba, gouverneur de l'Espagne, marchaient sur l'Italie; il se livra à une colère d'enfant, au lieu de songer aux moyens de salut qui pouvaient lui rester. Galba fut proclamé empereur par les prétoriens, et reconnu presque aussitôt par le sénat, tandis que Néron, déclaré ennemi public, et forcé de s'ôter la vie, s'écriait : « Faut-il qu'un si bon musicien périsse ! »
Enfin, son secrétaire Epaphrodite l'aida à se poignarder, l'an 68 de l'ère chrétienne. Ce monstre avait 51 ans et en avait régné 14 (v. sur sa vie Tacite et Suétone). L'Histoire secrète de Néron, par Lavaur, 1726, 2 vol. in-12, n'est qu'un extrait de Pétrone. Cardan a fait l'éloge de Néron ; mais il a fait aussi l'éloge de la goutte. Quand les horreurs de son règne auraient été exagérés par les historiens Néron n'en resterait pas moins un homme abominable.
Weiss, Biographie Universelle
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Néron et l'incendie de Rome
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