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CARACALLA ( Marc-Aurèle-Antonin ), empereur romain né à Lyon en 188, fils de Septime-Sévère, porta d'abord le nom de Bassianus, puis reçut, à cause de sa préférence à se vêtir d'un habillement gaulois (caracalla), celui sous lequel il est connu. Déclaré césar à l'âge de 9 ans par son père, il fut, à la mort de celui-ci, en 211, proclamé empereur par les soldats; Caracalla, monstre non moins odieux que les Néron et les Caligula, n'attendit pas, pour dévoiler son penchant à tous les vices et à tous les crimes, son avènement à l'empire; on prétend même que pour y, parvenir plus tôt il avança les jours de son père, et il est certain qu'il avait tenté de l'assassiner peu de temps auparavant. Son frère Géta partageait avec lui l'autorité suprême : il le fit poignarder entre les bras de Julie, leur mère, et, pour diminuer l'horreur de ce crime, il fit mettre sa victime au rang des dieux, bien que ses soldats, gagnés facilement par une augmentation de paye, eussent publié dans Rome que Géta, ennemi du bien public, avait lui-même tramé la perte de son frère, et qu'en le devançant celui-ci n'avait fait qu'imiter l'exemple de Romulus. Il fallait à Caracalla des apologistes de son fratricide, ou plutôt redoutant, dans le commencement de son règne, le cri de l'indignation publique, il voulait le comprimer en répandant terreur au moyen de nouveaux crines. Le jurisconsulte Papinien fut l'une de ses plus illustres Victimes, dont on fait monter le nombre à plus de 20000. Rien ne manqua pour mettre le comble à l'horreur qu'inspirait un tel monstre : il ruina les provinces à force d'impôts ; viola les droits des villes; et, non moins lâche que vain et cruel, il acheta la paix à prix d'argent, lorsque les Cates, les Allemans, les Parthes et d'autres peuples lui eurent déclaré la guerre, -ce qui ne l'empêcha pas de prendre le surnom de Germanique, de Parthique et d'Arabique. La cruauté dictait tous ses caprices, et jusque dans ceux que lui inspirait l'orgueil on retrouve son instinct féroce. Entre autres noms, il se faisait donner celui d'Alexandre-le-Grand : ne pouvant imiter la valeur de ce héros, il copiait ses manières, et fit empoisonner Festus, un de ses favoris,afin de le pleurer comme le vainqueur de Darius avait pleuré Ephestion; la terre fut enfin délivrée de ce monstre, qui périt en 217 sous les coups de Macrin, préfet du prétoire.
Weiss, Biographie universelle
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