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Machine formée sur un bâti de fer ou de bronze
solidement maintenu par un billot de bois, de marbre ou de fonte. Entre
les
montants joue une vis foulante et aspirante à laquelle est fixée une
boîte maintenant un des coins monétaires (dit coin mobile, coin de
revers ou coin inférieur). La descente de la vis met ce coin en contact
avec le flan posé sur l’autre coin (dit coin fixe ou coin de droit).
Images de la frappe de monnaies au balancier
Frappe au balancier au
XVème siècle (d'après une gravure de l'encyclopédie de Diderot et
d'Alembert)

Presse à balancier
réalisée en bronze par le mécanicien Michel Brézin, d'après les plans
de Jacques-Denis Antoine qui est aussi l'architecte de la Monnaie de Paris. Cette machine
servit à frapper les demi louis d'or au buste habillé, à
l'effigie de Louis XVI Petit modèle, 1776
Histoire de la frappe au balancier en France par Adrien
Blanchet
Sous Henri II, en 1551, furent importés l'outillage et les procédés
nouveaux qu'avait inventés un orfèvre d'Augsbourg, Marx Schwab. Ils
comprenaient :
- Des laminoirs, destinés à amincir les lames de métal;
- Des coupoirs, pour préparer les flanns.
- Un balancier, ou presse, pour les frapper.
Le "banc à titer", adaptation d'un treuil aux filières à trous,
instrument de tréfilerie, avait constitué une première application de
la mécanique. Le Laminoir, destiné à amincir les lames de métal,
dérivait du banc à tirer; il était mû par une roue hydraulique et
s'appelait moulin.
Les cisailles à main furent abandonnées et remplacées par les coupoirs,
outils à l'emporte-pièce, empruntant leur force à un levier.
L'origine du balancier est à chercher dans la presse à vis qu'employa
Bramante pour comprimer les plombs des bulles et Benvenuto Cellini pour
la frappe des médailles; cette invention était apparentée à celle de la
presse d'imprimerie, mais, tandsi que celle-ci était une machine dont
on s'efforçait d'amortir et de graduer l'action (presse statique), la
presse à vis pour médailles agissait, au contraire, comme une masse
faisant choc par inertie (pression dynamique).
Pour cela, le trousseau, fixé à la partie inférieure d'une vis, est mis
en mouvement par un long bras d'acier armé de boules pesantes; ces
boules, au moyen de cordes, tirées par huit ou douze hommes : elles
lancent avec force le coin mobile sur le coin fixe.
Aubin Olivier compléta ces inventions par celle de la "virole brisée",
qui, en maintenant le flan, y imprimait une cannelure ou même une
légende sur la tranche. Le résultat de pareilles innovations était, non
seulement de fournir à la gravure des flans plus réguliers, mais de
décourager l'industrie des rogneurs par une rotondité parfaite. Le
balancier, grâce à sa puissance, permettait de frapper à froid et
rendait bien plus rapide la fabrication des monnaies et médailles, mais
il lui fallut un siècle pour détrôner la frappe au marteau (1551-1645).
Une légende est imprimée sur la tranche des monnaies courantes de
quelque épaisseur à partir de 1685, et un cordon ou cannelure sur les
pièces d'épaisseur moyenne. (Source : Adrien Blanchet, "Manuel de numismatique française", Paris, 1916, tome II, pages 24-25)
Description du balancier par Abot de Bazinghen
Définition complète et détaillée du balancier donnée par Abot
de Bazinhen :
Balancier, machine qui sert à frapper les monnaies, les
médailles, les jetons, les pièces de plaisir, les pieds-forts, etc.
Cette machine a été inventée vers la fin du XVIème siècle, mais l'usage
n'en a été entièrement établi dans les hôtels des monnaies de France,
que depuis l'entière suppression du monnayage au marteau, et
l'établissement de celui au moulin.
Les principales parties du balancier
sont la barre ou fléau, la vis, l'écrou, la platine et les bottes d'en
haut et d'en bas : toutes ces parties, à la réserve de la barre, sont
contenues dans le corps du balancier qui est quelquefois de fer, mais
plus ordinairement de fonte ou de bronze; ce corps, qui est très-massif
pour soutenir l'effort du travail, est porté par un fort billot ou bloc
de bois, de marbre, ou de fer fondu, tels que sont ceux de la monnaie
des médailles; la barre qui est placée horizontalement au-dessus du
corps du balancier est de fer carré, à six ou à huit pans, garnie à
chaque bout d'une boule de plomb plus ou moins forte, suivant la
longueur et la grosseur de la barre et du corps du balancier.
Les plus
grosses sont du poids de trois cents livres les deux, et les plus
faibles d'environ cent livres. C'est dans ces boules que consiste la
principale force du coup qui marque les monnaies. Ces boules sont
garnies d'anneaux où sont attachés les cordons avec lesquels on lui
donne les mouvement. Dans le milieu de la barre est enclavée la vis ;
elle s'engrène dans l'écrou qui est placé dans le milieu du corps du
balancier, et presse la boîte coulante, ou d'en haut ; par le moyen
d'un collier garni de deux jumelles et d'un boulon, lequel collier
embrassant le bout de la vis et le boulon traversant ladite botte
coulante ou d'en haut, enlève le tout ensemble et lui fait faire son
effet. Cette botte coulante ou d'en haut, qui est un gros marteau de
fer carré ou massif, traverse le milieu de la platine, qui est un autre
morceau de fonte retenu ans le balancier par des tenons et coulisses,
et sert à empêcher ladite botte d'en haut d'avoir aucune variation. A
un des bouts de ladite botte est une ouverture carrée dans laquelle
s'introduit l'un des deux carrés servant à frapper les monnaies, qui
est retenu par le moyen de quatre vis.
Enfin, la botte d'en bas plus
petite que la botte d'en haut, est introduite dans le bas du corps du
balancier auquel elle est retenue par un bout de fer d'environ trois
pouces carrés : elle est aussi percée d'un trou carré dans lequel se
place le second carré à frapper lesdites monnaies qui y est
pareillement retenu par quatre vis. A cette seconde botte est ajoutées
une espèce de porte-ressort dans lequel s'introduit une petite lame
mince en forme de croissant par le bout, et qui s'ajuste sur les bord
du carré pour retenir l'espèce ce qui s'appelle ressort; ce ressort
retient l'espèce, et sert, par la force du coup, à la détacher et à la
chasser de dessus le carré qui lui a donné l'empreinte. Ce ressort
n'est point d'un usage général dans toutes les monnaies ; il en est
dans lesquelles on se sert d'un jaquemart, qui est une branche de fer
coudée armée au bout d'une boule de plomb qui lui sert de contre-poids,
et terminée à l'autre bout par une fourche qui embrasse la botte d'en
naut, et sert à l'enlever au lieu et place du collier, jumelle et
boulon ci-dessus décrits.
Au bas du balancier placé à fleur de terre,
et garni d'une forte maçonnerie, est une profondeur qui s'appelle la
fosse où se tient assis le monnayeur qui doit mettre les flans entre
les carrés, ou les retirer quand ils sont marqués. Lorsqu'on veut
marquer un flan, ou frapper une médaille, on les met sur le carré
d'effigie, et à l'instant des hommes, tirant chacun de leur côté un des
cordons de la barre ou fléau, font tourner la vis qui est enclavée,
qui, par ce mouvement, fait lever et baisser la botte d'en haut où
tient l'un des carrés, en sorte que le flan qui se trouve au milieu
prend en même temps la double empreinte des deux carrés. Ce qui fait la
différence entre le monnayage des espèces et celui des médailles au
balancier, c'est que les espèces n'ayant pas un grand relief se
marquent d'un seul coup, et que pour les médailles, il faut les
rengrener plusieurs fois et tirer plusieurs fois la barre, avant
qu'elles aient pris toute l'empreinte, outre que les médailles dont le
relief est trop fort se moulent toujours en sable, et ne font que se
rengrener au balancier, et quelquefois si difficilement qu'il faut
donner jusqu'à douze ou quinze coups de la barre pour les achever. La
presse est une espèce de petit balancier qui a toutes les parties
essentielles du grand, avec cette différence que la vis n'étant qu'à un
filet, n'est que foulante et point aspirante, et que la barre est, pour
ainsi dire, partagée en deux et ne se tire que d'un côté.
On a inventé, dans le XVIIIème siècle, une nouvelle machine
pour
frapper la monnaie, qui serait d'une grande utilité si le projet et le
modèle, qui en furent présentés à l'Académie des sciences en 1717,
pouvaient aussi facilement s'exécuter qu'ils paraissent ingénieusement
imaginés. Cette machine est une espèce de moulin à qui les forces
ordinaires, telles que sont le vent, l'eau, ou les animaux, peuvent
donner le mouvement, comme aux autres moulins. Une trémie, assez
semblable à celle qui reçoit les grains qu'on veut moudre, contient les
flans, et les porte successivement entre les coins qui les doivent
marquer, et que les roues du même mouvement approchent et éloignent
autant qu'il le faut, et avec l'effort nécessaire pour que l'empreinte
soit parfaite.
C'est encore par un autre rouage que les flans frappés
sortent comme d'eux-mêmes d'entre les coins pour faire place à
d'autres, en sorte que quand la machine est une fois en mouvement, un
seul ouvrier suffit, soit pour remplir la trémie des flans, soit pour
les ramasser quand ils sont devenus monnaie. Balancier se dit aussi
quelquefois du lieu où sont établis les presses et balanciers pour les
médailles et jetons, dans lequel exclusivement à tout autre ils doivent
être fabriqués et frappés. En ce sens, on dit porter au balancier,
aller au balancier ; c'est ce lieu que l'on appelle aujourd'hui la
monnaie des médailles, qui fut établie sous Louis XIII dans les
galeries du Louvre.
Plusieurs lettres patentes, arrêts du conseil et de
la cour des monnaies, notamment celui du conseil du 15 janvier 1685 ;
ceux de cette cour des 18 janvier et 10 mars 1672, 14 juillet 1685; et
redit du mois de juin 1696, défendent à tous ouvriers, graveurs et
monnayeurs, et à toutes autres personnes, à l'exception des commis et
gardes balanciers du roi, établis aux galeries du Louvre à Paris et des
hôtels des monnaies, d'avoir ni tenir aucun moulin, coupoir, laminoir,
presse, balancier, et autres semblables machines, à peine d'être punis
comme faux-monnayeurs, ni faire fabriquer ailleurs qu'au balancier des
galeries du Louvre, et des hôtels des monnaies, des médailles et pièces
de plaisir, d'or, d'argent, ou d'autres métaux, à peine, contre les
ouvriers et fabricateurs, de confiscation des outils et machines, de
mille livres d'amende contre chacun des contrevenants, et de plus
grande peine s'il y échet.
Les mêmes défenses sous les mêmes peines
sont renouvelées par l'édit du mois de juin 1696, registre en la cour
des monnaies le 30 des mêmes mois et an. A ce balancier du Louvre, le
roi, par le même édit du mois de juin 1696, créa un directeur sous le
titre de directeur du balancier du Louvre, et un contrôleur et garde de
la fabrication des médailles. Par arrêt du conseil du 3 novembre
suivant, le roi a uni
l'office de contrôleur de la fabrication des médailles et jetons à
celui de directeur du balancier, créé par l'édit du mois de juin. (Abot
de Bazinhen, "Traité
des monnoies en forme de dictionnaire", 1764, article
"Balancier")
Autres pages sur la fabrication des monnaies
Frappe
au marteau (technique de fabrication monétaire qui précède la
frappe au balancier et qui lui a survécu longtemps dans certains pays)
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