TESTONS. — Les testons, portant la teste du prince, commencèrent à paraître en Italie, au xve siècle. Louis XII en fit frapper en France en 1513. Sous le règne de Henri III, on remplaça les testons par les pièces de 20 sous.
Définition de Chéruel (1899) :
Testons. — Monnaie d'argent fabriquée pour la première fois en 1513, sous le règne de Louis XII. Elle tirait son nom de l'effigie, qui représentait la tête du roi. On fabriqua des testons, en France, jusqu'au règne de Henri III. On les remplaça à cette époque par des pièces de vingt sous.
Exemple de teston : FRANCE. François I. 1515-1547. AR Teston (9.33 gm). Frappé en 1515-1540 à Toulouse. Ciani 1113; Duplessy 794. Vendu 370 US Dollars, vente CNG 25 septembre 2002
Fabrication de monnaies au marteau à Treignes (Belgique)
Le village de Treignes en Belgique (voir la carte ci-dessous) possède un musée où l'on peut participer à de nombreux ateliers, dont un consacré à la frappe de monnaies au marteau, selon la technique qui a été le plus souvent utilisée jusqu'au XVIIème siècle, avec les débuts de la mécanisation de la fabrication des monnaies.
Vidéo sur l'atelier de fabrication des monnaies au marteau
La créséide est la monnaie de Crésus, roi de Lydie (561-546 avant JC). La créséide est citée par Hérodote, Plutarque, Pollux, elle était renommée pour son bon aloi. Elle forme deux séries de pièces d'or ayant respectivement pour étalons, un statère d'or de 10 grammes 89 et un statère de 8,17 grammes.
Chaque série comprend un statère, la trité, l'hecté et l'obole d'or. Toutes ces pièces ont pour type les protomé affrontés d'un taureau et d'un lion. Par extension, le nom de "créséide d'argent" fut donné à la monnaie de ce métal que Crésus fit frapper au même type. On trouve généralement les créséides dans les environs des ruines de Sardes.
Les créséides sont des monnaies rares, célèbres en raison de Crésus dont la réputation de richesse légendaire a traversé les siècles. Les deux exemples de Créséides présentés ci-dessous donnent une idée du prix de ces monnaies.
Vie et mort d'une célèbre monnaie romaine : le denier
Le denier est une des monnaies romaines les plus célèbres avec le et l'as. A l'origine, il s'agit d'une monnaie d'argent de la République Romaine, qui a survécu sous l'Empire romain jusqu'au IIIème siècle après JC. Le denier a aussi connu des prolongements pendant le Moyen Age, au cours duquel il a longtemps été l'unité monétaire.
Nous n'évoquerons ici que le denier romain et son histoire dans l'antiquité, en traitant notamment les questions suivantes : quand, comment et pourquoi le denier a-t-il été créé ? Quelle fut sa place dans le système monétaire romain sous la République, puis sous l'Empire ? Pourquoi le denier a-t-il disparu au IIIème siècle de notre ère ?
Les allégories et personnifications sont très nombreuses sur les monnaies romaines; la liste ci-dessous en contient pas moins de 34 :
Abondance, Equité, Eternité, Annone, Clémence, Concorde, Constance, Fécondité, Joie, Fidélité, Fortune, Allégresse, Indulgence, Justice, Bonheur, Générosité, Liberté, Monnaie, Noblesse, Richesse, Patience, Paix, Piété, Providence, Chasteté, Santé, Sécurité, Espoir, Fertilité, Victoire, Chance, Génie, Honneur, Courage
Quelques images d'allégories et de personnifications sur les monnaies romaines
Il s'agit des principales personnifications et allégories figurant sur le revers des monnaies romaines.
Le tableau de synthèse ci-dessous présente le nom latin et français des divers personnifications, ainsi que leurs attributs les plus ordinaires; cependant, les attitudes des diverses allégories ainsi que les objets qu'elles tiennent varie à l'infini. La dernière colonne du tableau renvoie donc aux pages détaillées sur les diverses allégories.
Ce qui surprend dans cette liste de valeurs, c'est la tendance romaine à transformer presque toutes les idées importantes en personnes, en images : on voit par ces monnaies que les Romains ont su utiliser le monnyage pour faire passer des idées dans tous les domaines. La plupart du temps, les valeurs listées ci-dessous sont attribuées aux Empereurs ou aux membres de la dynastie impériale. Il existe un fossé entre ces qualités revendiquées par les Empereurs sur les monnaies et la réalité de l'histoire : il suffit de lire Suétone pour s'apercevoir que les Césars n'ont pas toujours été les hommes vertueux que présentent les monnaies; avec les allégories représentées sur les monnaies romaines, on a donc affaire à un cas de propagande politique ordinaire, que l'on peut schématiser ainsi :
Idée (qualité, vertu) + Personnification + Symbole simples + Représentations artistiques + Association avec l'image de l'Empereur => propagande politique impériale
Le quinaire était une petite monnaie romaine en argent qui valait un demi-denier. En latin le quinaire était désigné par l'expression « quinarius nummus ». Le quinaire fut frappé pendant quelques années, en même temps que les sesterces d'argent, sous la République romaine, à l'époque où fut créé le denier (211 avant JC). A cette époque, le quinaire valait 5 as et il pesait environ 2,28 grammes. Les quinaires furent réintroduits en 101 avant JC pour remplacer le Victoriat, et fut alors évalué à 8 as, en raison de la réévaluation du denier à 16 as en 118 avant JC. Peu de temps après sa réintroduction, de grandes quantités de quinaires furent produits, dont beaucoup circulèrent en Gaule. La pièce fut produite sporadiquement jusqu'au IIIème siècle après JC.
Les premiers quinaires fabriqués sous la République sont marqués de la lettre V (correspondant à 5 as). Les derniers quinaires ont été fabriqués sous le règne de Trajan Dèce. Après la suppression des Victoriats, les quinaires portent parfois la lettre Q qui correspond à la première lettre de leur nom.
On peut dire que contrairement au denier qui a été fabriqué en abondance sous la République et sous l'Empire, les quinaires d'argent sont généralement rares et frappés à des intervalles irréguliers. La période au cours de laquelle le quinaire est le plus fréquent est celle de la fin de la République romaine, notamment sous les règnes de Marc Antoine et Jules César. A l'époque impériale, on rencontre des quinaires sous presque tous les empereurs jusqu'au temps de la dépréciation et de l'altération du denier au IIIème siècle. Les mêmes causes qui ont provoqué la disparition du denier (inflation, création de l'antoninien) ont provoqué la disparition du quinaire. Ces derniers reparaissent sous d'autres formes et avec un autre nom sous les règnes de Dioclétien et Constantin.
On emploie également le mot quinaire pour les monnaies d'or qui correspondent à un demi aureus. Le quinaire d'or est évalué à 12,5 deniers.
Quelques exemples de quinaires
Quinaire d'argent anonyme frappé sous la République romaine (après 211 avant JC. 16mm, 2.14 grammes). Tête casquée de Rome tournée à droite, V (pour 5 as) derrière. R/ Les Dioscures chevauchant à droite; ROMA en exergue. Références de la monnaie : Crawford 44/6; Sydenham 169; RSC 3. Photo CNG
L'Antoninien est une monnaie romaine qui a été frappée au IIIème siècle après JC et qui valait deux deniers.
« L'argenteus antoninianus », ou par abréviation, antoninianus (en français "Antoninien", n'a jamais été désigné sous le nom de denarius; la marque qui se trouve parfois à l'exergue du revers est une étoile, et non, comme on l'a cru souvent, le signe du denier. D'ailleurs, après qu'on eut commencé la fabrication des antoniniens, on ne cessa point pour cela l'émission du véritable denier; les deux pièces restèrent simultanément en circulation, mais bien distinctes l'une de l'autre, et certains empereurs, comme Sévère Alexandre et Maximin, ne firent frapper que des deniers, tandis que d'autres, comme Gordien le Pieux, émirent surtout des antoniniens. Rapidement, l'antoninien fut déprécié dans son aloi, aussi bien que le denier; passant graduellement de l'argent au billon, puis au cuivre saucé, il en arriva à contenir à peine ½ pour 100 d'argent. Aurelien essaya de le restaurer, et ses pièces, sont un peu moins altérées.
Exemple d'antoninien de Gallien (253-268 après JC). (2.92 grammes). Frappé à Rome, 6ème émission, vers 260/1-262. A/ Buste radié et cuirassé tourné à droite. R/ Trois victoires debout de face, la tête à gauche, chacune tenant une couronne et une palme. RIC V 294; MIR 36, 368o; RSC 1034. Cet exemplaire d'antoninien est très rare, c'est un parfait contre exemple car d'énormes quantités de monnaies de ce type ont été émises au cours de la deuxième moitié du IIIème siècle. Photo CNG
On dut alors placer dans le champ de ces espèces de meilleur aloi, des marques spéciales pour préciser leur valeur. Ces marques furent, dans les ateliers orientaux, KA ( = 21) et dans les ateliers de l'Occident XXI, qui indiquent que cet antoninianus nouveau était l'équivalent de 21 as. Il y eut une petite divergence dans l'atelier de Trèves qui marqua ses antoniniani du chiffre XX (20 as).
Mais cette restauration monétaire n'eut pas de lendemain; après Aurelien, l'antoninianus, comme le denier, reprit sa marche décroissante au point de vue de l'aloi, si bien que les antoniniani de Probus ne sont plus en réalité que des petits bronzes. La réforme de Dioclétien fit enfin disparaître l'antoninianus, en reprenant le projet d'Aurelien et en rétablissant le nom d'argenteus, le denier d'argent de Néron.
Le cuivre ou bronze (aes en latin), est le métal le plus répandu dans le monnayage de l'Antiquité. Bien que les chimistes
Exemple de monnaie romaine de bronze : As d'Auguste divinisé
établissent une distinction très nette entre le cuivre proprement dit, et le bronze, alliage de cuivre et d'étain, il n'y a pas, sauf exceptions occasionnelles, opportunité de préciser cette distinction dans la description des monnaies. Le cuivre pur et les alliages qu'il forme avec l'étain, le zinc, le plomb, le nickel, l'arsenic et divers autres métaux, c'est-à-dire les bronzes, les cuivres et les laitons des modernes, étaient désignés indifféremment dans l'antiquité par le mot aes chez les latins, nom que l'on traduit par cuivre, airain ou bronze. Aussi les Anciens n'ont-ils pas employé deux mots distincts et spécifiques pour le cuivre et le bronze.
Pour bien comprendre les textes d'autrefois, il convient d'écarter de notre esprit les définitions précises acquises par la chimie de notre temps. C'est en vertu de ce principe qu'en numismatique on désigne indistinctement sous le nom de monnaies de bronze, toutes les variétés du cuivre et de ses alliages.
De très bonne heure les Grecs, instruits par les Phéniciens, allèrent chercher à Chypre le cuivre dont ils avaient besoin et qu'en général, on préfér ait au fer, à cause de sa ductilité et de sa malléabilité. De là vient que l'île de Chypre donna son nom au cuivre, « aes cyprium, cyprium, cuprum ».
Les économites ont pris l'habitude de donner le nom générique de « monnaie de billon » à la monnaie d'appoint, c'est à dire aux pièces de bronze, de nickel ou aux rares monnaies divisionnaire de bas argent, et dont la valeur nominale est de beaucoup supérieure à la valeur réelle. Autrefois, le mot billon a signifié d'abord lingot en masse, non purifié; de là est venu le sens, assez fréquent au Moyen Age, de lieu où l'on purifie les lingots, et où l'on frappe la monnaie, l'hôtel des monnaies; enfin, billon a signifié, le plus ordinairement, toute espèce de monnaie dont l'alliage était inférieur au titre prescrit par la loi.