|
Taux BCE : vers une nouvelle baisse |
|
04-12-2008 |
Jean-Claude Trichet doit annoncer aujourd'hui une nouvelle baisse du principal taux directeur de la BCE (Banque Centrale Européenne)
Le patron de la BCE, qui est responsable de la politique monétaire de la zone euro, a laissé entendre clairement qu'une nouvelle baisse conséquente des taux d'intérêt aurait lieu aujourd'hui (jeudi 4 décembre 2008). Il s'agit de faire face au relentissement économique majeur qui frappe les économies de la zone euro après que le risque de crise systémique du système financier mondial ait provoqué un blocage complet du crédit entre la mi-septembre et la mi-octobre 2008.
Risques de déflation
Après l'intervention massive des Etats, qui se sont portés garants du système bancaire, la situation sur le plan du crédit est voie de normalisation, mais malgré un sauvetage du système financier, l'éclatement de la bulle monétaire se propage désormais avec une extrême violence et une très grande rapidité dans l'économie réelle. Il n'est plus question maintenant d'inflation de la masse monétaire, mais de désinflation (décélération du gonflement de la masse monétaire) et même de déflation, qui est la pire situation monétaire possible.
Dans ces circonstances, l'intervention de la BCE avec une nouvelle baisse des taux d'intérêt est très attendue. La ministre française de l'économie, Christine Lagarde, a demandé la semaine dernière à Jean-Claude Trichet de faire "encore un petit effort"; cet appel est soutenu également par les autorités européennes.
La baisse des taux d'intérêt ne fait aucun doute. Les analystes se demandent simplement quelle sera son ampleur : une baisse 0,50 ou de 0,75 points de base est attendue, ce qui porterait le principal taux directeur à 2,75% ou 2,5% au lieu de 3,25%.
La baisse des taux suffira-t-elle ?
Dans un contexte de très fort ralentissement de l'activité économique, une baisse du loyer de l'argent est bienvenue : elle est susceptible de relancer le crédit des particuliers (consommation) et des entreprises (investissements). Mais compte-tenu de l'ampleur de la crise économique, l'instrument monétaire ne pourra pas suffire à mettre fin à la crise, tout au plus pourra-t-il en amortir l'impact. On se demande d'ailleurs si la BCE ne sera pas contrainte dans un futur assez proche d'en arriver à une politique de taux 0, à la façon du Japon (dont les taux d'intérêt sont actuellement de 0,3%).
La crise actuelle est une crise cyclique du capitalisme, et la sortie de crise ne se fera que lorsque les entreprises auront trouvé de nouvelles sources de profit grâce à l'innovation (par exemple dans le domaine de l'énergie). L'ancien cycle de développement, fondé sur la diminution des coûts de la masse salariale grâce aux délocalisations semble remis en question : c'est de toute façon une voie sans issue car le capitalisme a besoin de consommateurs solvables pour fonctionner.
Autres pages sur la BCE, les taux d'intérêt
La BCE aisse ses taux d'intérêt à 3,25 % (06-11-2008)
Taux d'intérêt : des taux d'intérêt trop élevés nuisent aux travailleurs
La FED baisse ses taux d'intérêt à 1%
Baisse concertée des taux d'intérêt
Taux d'intérêt : pragmatisme américain contre dogmatisme européen
Baisse des taux d'intérêt : qu'attend la BCE pour réagir ?
La BCE laisse les taux d'intérêt inchangés à 4,25%
La BCE baisse ses taux à 2,5% (04-12-2008)
La BCE baisse sont taux d'intérêt à 2% (le 15-01-2009)
La BCE et la Banque d'Angleterre baissent leurs taux d'intérêt (05-03-2009)
Histoire de la BCE
Naissance de la Banque Centrale Européenne et de l'Euro
|
|
Dernière mise à jour : ( 11-05-2009 )
|