Le fondamentalisme de marché, c'est-à-dire la croyance dans la toute puissance d'un marché autorégulé, omnipotent et infaillible, est tombé après le déclenchement de la crise. Les fait ont montré que le marché, qui n'est qu'une somme de volontés hétéroclites, n'est pas une pensée politique cohérente. Le marché ne peut pas se substituer à une pensée politique.
Malgré la crise tout continue comme avant
La question qui se pose à présent est la suivante : on peut changer les choses, mais le veut-on vraiment ? La politique d'Obama, affirme Mr. Stiglitz, a des résultats mitigés. De l'argent a été donnée aux banques mais le crédit n'a pas repris et au final la dette nationale sera plus élevée.
De plus, la structure du système financier est pire qu'avant. Les plus grosses banques sont encore plus grosses qu'avant. Par contre, aux Etats-Unis, 140 banques plus petites ont fait faillite. Le chômage s'est accru.
Inquiétudes sur la dette des Etats et les déficits
A présent des inquiétudes se font jour sur la dette des Nations et sur les déficits : certains réclament des coupes dans les aides sociales. Mais si les gouvernement prennent ce type de mesure, ils risquent de provoquer une crise en W.
A la question "Les politiques de rigueur vont-elles s'imposer?", Joseph Stiglitz répond que c'est le voeu le plus cher des marchés, ce qui montre une nouvelle fois que les marchés ont une vue à court terme. Selon Stiglitz, les déficits et la dette ne sont pas forcément néfastes, à condition qu'ils soient employés dans des dépenses qui génèrent un retour sur investissement.
"Les marchés financiers se comportent comme des dictateurs dans des domaines politiques"
Malheureusement, affirme encore Mr. Stiglitz, les marchés financiers deviennent de véritables dictateurs dans beaucoup de domaines politiques et sont aussi fous qu'ils l'étaient avant l'arrivé de la grande crise de 2008.
La crise grecques révèle l'influence négative de la banque Goldamn Sachs
Il existe des rumeurs sans preuve à propos du rôle négatif de la banque Goldman Sachs sur la crise Grecque. Ce qu'on sait de cette banque, selon Mr. Stiglitz, c'est qu'elle créait des actifs pourris et les vendait à découvert avant le déclenchement de la crise de 2008. Cette banque n'était pas transparente. Or, il faut de la transparence et de la confiance pour que l'économie toute entière puisse fonctionner correctement. Les pratiques de cette banque (entre autres banques) ont contribué à saper la confiance. Le gel des marchés financiers et le gel du crédit interbancaire doit beaucoup aux pratiques douteuses de cette banque.
Goldman Sachs est une banque qui conseille les gouvernements d'un côté et qui spécule de l'autre. C'est un véritable scandale. Goldman Sachs vend l'Euro, l'Europe et à Grèce à découvert.
Il faut taxer la spéculation et détaxer le travail
Dans la seconde vidéo, Joseph Stiglitz évoque les places relatives de la spéculation et du travail dans nos sociétés. Il y a peu de valeurs sociales dans la spéculation, dit-il. Et pourtant on l'encourage.
Certains pays n'ont aucun impôt sur les gains du capital. Par contre, on impose lourdement le travail. Il s'agit d'un message sur les valeurs de notre société. Le message est le suivant : "On veut encourager la spéculation plus que le travail". Il faut inverser les choses car la spéculation a très peu de valeur sociale. Il est difficile d'arrêter la spéculation mais on peut l'imposer, la taxer pour la ralentir et attribuer les gains réalisés à des actions économiquement et socialement utiles.
A propos de la Grèce : l'Europe doit manifester de la solidarité en soutenant la Grèce (ce qu'elle a fait au moins en paroles). L'Europe doit s'aider elle-même et ne pas attendre d'intervention du FMI (dont la politique a changé radicalement dans le bon sens depuis une dizaine d'années).
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