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La dictature des marchés
21-11-2011
Jean-Pierre Jouyet, Président de l'Autorité des Marchés Financiers, était l'invité de l'émission "Les Matins" de France Culture le 21 novembre 2011. Au cours de cette émission, il a été question de la "dictature des marchés".
Jean-Pierre Jouyet a fait sensation avec une "petite phrase" qui a eu un grand effet : "les marchés font pression par le jeu démocratique, mais à terme les citoyens se révolteront contre cette dictature de fait des marchés".
Au cours de l'entretien, le Président de l'Autorité des Marchés financiers s'explique sur la signification qu'il faut donner à cette phrase.

Jean-Pierre Jouyet évoque la "dictature des marchés"




Un cycle excessif de financiarisation...


M. Jouyet parle de dictature des marchés à partir de faits qu'il observe. Nous sommes actuellement dans un cycle excessif de financiarisation de la société. Il existe des phénomènes nouveaux, qui n'existaient pas il y a trente ans. Parmi ces nouveautés, il y a les produits dérivés qui représentaient 2 trillions de dollars en 2000 et plus de 530 trillions de dollars en 2007. Le montant des produits dérivés a été multiplié par plus de 250 fois. Les CDS, qui jouent aujourd'hui un très grand rôle dans la spéculation n'existaient pas il y a 10 ans. Avant on pouvait être contre les marchés, mais on savait où ils étaient; aujourd'hui, on ne sait plus où sont les marchés.

3 ou 4 banques ou fonds d'investissement jouent et font des paris sur les titres d'Etat; il y a d'ailleurs des paris rationnels et des paris irrationnels. Les marchés sont dans les algorithmes : aujourd'hui, il est possible de passer des ordres et des contre-ordres en un millionième de seconde. Des millions d'ordres sont passés tout les jours sur des titres d'Etats ou sur des titres privés. Les actions sont maintenant vendues dans des paquets d'indices vendus sur des marchés que personne ne contrôle et le cours des sociétés est indépendant des résultats réels de ces sociétés

Les pouvoirs des régulateurs sont en retard par rapport aux évolutions technologiques des marchés


Les pouvoirs attribués aux régulateurs sont toujours en retard par rapport à l'évolution technologique des marchés, par rapport à l'essor de leur opacité. Aujourd'hui, ni les entreprises ni les Etats ne parviennent à reprendre le contrôle. C'est un problème très très grave pour l'économie et pour les démocraties. Depuis les années 1980, les politiques ont laissé construire des espaces libéraux, sans voir où cela pouvait mener. Le marché intérieur de l'Europe reposait sur des dogmes libéraux. M. Jouyet pense toujours que la construction d'un gouvernement économique de la zone euro prenant en main son destin permettra de réduire la pression des marchés. Si l'Europe de la zone euro n'est pas suffisamment organisée et démocratique, et si les pays qui constituent cette zone ne s'organisent pas, alors les marchés, qui sont dominés par les anglo-saxons, vont dominer le système.

La valeur de marché n'a plus de signification dans l'économie réelle


Pour illustrer le fait qu'aujourd'hui la valeur de marché n'a plus de sens, M. Jouyet évoque le cas d'une entreprise qui vaut 100 le matin, qui est censée aller bien, et qui est obligée le soir de faire un plan de redressement car elle a perdu 15% dans la journée après des spéculations financières. De même, la nomination d'anciens membres de Goldman Sachs à la tête de la BCE, de la Grèce et de l'Italie, n'a servi à rien : les "marchés" ont réagi par des attaques spéculatives sur les titres d'Etats sans qu'aucune raison objective ne justifie ces mouvements là.

La conversation se poursuit ensuite sur le rôle des agences de notations, dont M. Jouyet pense qu'il vaut mieux les conserver plutôt que de les supprimer et de provoquer ainsi la naissance d'un système de notation opaque. Au sujet des changements de gouvernement qui ont eu lieu récemment dans plusieurs pays européens, M. Jouyet ne voit pas objectivement que la démocratie ait été baffouée, notamment dans le cas de l'Espagne.

En ce qui concerne le rôle de la Banque Centrale Européenne dans la crise, il existe une nette divergence entre la France et l'Allemagne pour savoir si elle doit être un prêteur en dernier ressort. Il faut, affirme M. Jouyet, lever ces interrogations. Il faut notamment que la zone euro soit armée face à ceux qui donnent des leçons de l'extérieur, et en particulier la City de Londres, ce qui est inadmissible.

La conversation se poursuit par la suite, notamment avec les questions de Brice Couturier qui considère que la dictature des marchés est un mythe médiatique. En réalité, la dictature des marchés, serait soit l'abandon du pouvoir par les responsables politiques soit un alibi pour conduire des politiques que l'on refuse d'assumer ouvertement.

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Dernière mise à jour : ( 22-11-2011 )
 
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