Crise financière : les Etats doivent se substituer aux marchés défaillants
La déroute financière se poursuit et s'aggrave de jour en jour. Rien ne semble pouvoir interrompre la vague de panique qui s'est emparée de la finance mondiale. Les bourses de la toute la planète s'effondrent les unes après les autres; hier encore, le Dow Jones perdait plus de 7%; le CAC 40, la bourse de Londres ou celle de Francfort s'enfoncent un peu plus chaque jour, tandis qu'une inquiétante nouvelle arrive du Japon, dont la bourse a elle aussi été particulièrement éprouvée ces derniers jours : la compagnie Yamato Life, écrasée par une dette de 2 milliards d'euro, a fait faillite.
Les Etats ont pris la mesure de la gravité de la situation et ont agi en conséquence
Pourtant les Etats de la planète entière ont pris des mesures fortes et appropriées : Nationalisations d'établissement bancaires en difficulté, injection de liquités sur le marché interbancaire, garanties contre les faillites de Banques, relèvement des sommes garanties en cas de faillites, baisse concertée des taux d'intérêt par les banques centrales... Les responsables politiques de toute la planète semblent conscients de la gravité de la situation et semblent aussi décidés à agir pour empêcher le pire scénario, qui est celui d'une crise économique mondiale majeure.
Certains observateurs comparent la crise de 2008 à celle de 1929. Dans les deux cas, tout semble avoir commencé dans la sphère financière. Une bulle spéculative croît démesurément tant que la confiance est là et finit par s'effondrer brutalement. La crise de 1929 a provoqué des faillites en cascade de banques, puis s'est propagée dans tous les autres secteurs de l'économie. On sait que la crise de 1929, qui a commencé aux Etats-Unis, s'est ensuite repandue dans le reste du monde. On sait enfin que la crise économique a provoqué des troubles sociaux et politiques qui ont abouti à la deuxième guerre mondiale. Voilà qui a de quoi inquiéter. Mais l'histoire ne se répète jamais et 2008 n'est pas 1929.
Les marchés sont spéculatifs et irrationnels par nature
Les marchés financiers sont spéculatifs par nature. Le but des investisseurs c'est de gagner de l'argent en pariant sur l'avenir (ou, dérive du système en pariant à la baisse !). Le sens des marchés, à la hausse ou à la baisse, c'est la somme des intentions de tous les investisseurs : il est inutile d'y chercher une rationnalité (la somme de plusieurs intentions variables ne fait pas une pensée rationnelle).
On ne peut pas demander aux marchés de penser, ni d'avoir d'avoir une pensée politique, ni d'avoir une morale : il ne sont pas fait pour cela et on ne peut d'ailleurs pas le leur reprocher. Ce n'est pas leur but, ce n'est pas non plus leur nature profonde : la nature profonde des marchés, c'est la spéculation.
Les marchés font ce que leur laissent faire les politiques
Le marché n'a pas de pensée politique. Normalement, les polititiens professionnels en ont une. Quoi qu'il en soit, ce sont eux et eux seuls qui sont en mesure de faire quelque chose : les marchés ne se réformeront pas seul; ils ne le peuvent pas.
Dans la situation actuelle, les politiciens doivent poursuivre les actions entreprises : les marchés étant défaillants, ils doivent se substituer provisoirement au marché, par tous les moyens, au besoin en étandant les Nationalisations à tous les secteurs menacés. Il est aussi possible de suspendre les cotations pendant une durée illimitée, le temps d'établir de nouvelles règles mondiales. La sortie de la crise ne pourra être que politique et cette crise étant mondiale, il faudrait des décisions d'ampleur mondiale, afin d'éviter que les égoïsmes Nationaux ne débouchent sur de très sévères tensions internationales. En attendant, les Etats doivent se substituer aux marchés défaillants.
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