Dans sa mise au point téléphonique hebdomadaire du lundi, Ron Paul
expose son point de vue sur la situation financière et monétaire
mondiale (le 5 décembre 2011). Selon lui, les établissements bancaires
"trop gros pour faire faillites" sont une déviance du système
capitaliste, qui conduit ces sociétés à prendre des bénéfices quand
c'est possible et à socialiser les pertes quand elles se présentent.
Socialiser les pertes signifie faire payer l'Etat et donc la
collectivité; c'est évidemment une injustice absolue, puisque les
mauvais gestionnaires ne sont pas sanctionnés par les marchés, mais au
contraire récompensés.
Selon Ron Paul, le marché n'est pas libre, son cours est faussé par la
Réserve Fédérale des Etats-Unis à laquelle il reproche de n'être pas
fédérale, de n'être pas assez contrôlée par les politiques et de
conduire une politique monétaire de "fiat currency" très accomodante
qui est inflationniste et finalement désastreuse pour les classes
moyennes américaines et pour le monde entier, puisque l'inflation
américaine est exportée dans tous les pays du monde. Ron Paul veut une
réforme monétaire.
Une réforme financière et monétaire ? Oui mais...
Le concept de marché comme régulateur absolu est discutable car la
concurrence libre et non faussée est une vue de l'esprit. L'idée de
laisser faire faillite les grandes banques risquerait de provoquer une
énorme spirale déflationniste, et c'est ce scénario que les banquiers
centraux semblent vouloir éviter à tout prix. Une réforme monétaire
serait certainement nécessaire, mais laquelle, et au profit de quelle
nation ? Un retour à l'étalon or, qui limiterait la création monétaire
ex-nihilo peut-il se concevoir ? Pour l'instant le système de planche à
billets semble être la seule issue possible. C'est ça ou la déflation à
la façon de 1929.
Etienne Chouard s'est fait connaître en 2005 pour son opposition au
traité établissant une constitution pour l'Europe
Dans la vidéo ci-dessous, il explique le mécanisme de la création
monétaire. Ses explications claires s'appuient sur plusieurs ouvrages
qu'il présente rapidement. La liste de ces ouvrages se trouve
ci-dessous.
Etienne Chouard "Les enjeux de la création monétaire"
Jean-Pierre Jouyet, Président de l'Autorité des Marchés Financiers,
était l'invité de l'émission "Les Matins" de France Culture le 21
novembre 2011. Au cours de cette émission, il a été question de la
"dictature des marchés".
Jean-Pierre Jouyet a fait sensation avec une "petite phrase" qui a eu
un grand effet : "les marchés font pression par le jeu démocratique,
mais à terme les citoyens se révolteront contre cette dictature de fait
des marchés".
Au cours de l'entretien, le Président de l'Autorité des Marchés
financiers s'explique sur la signification qu'il faut donner à cette
phrase.
Jean-Pierre Jouyet évoque la "dictature des marchés"
On dit que l'histoire ne se répète jamais, mais il est toujours
possible d'établir des parallèles entre deux périodes nettement
distinctes. A propos de la période qui précède la crise de 1929, John
Kenneth Galbraith écrivit ceci dans son petit livre intitulé "La crise économique de 1929",
initialement paru en 1954 et qui vient d'être réédité par les éditions
Payot :
"Il y avait encore de meilleurs moyens de faire de l'argent. En
principe, les banques de New York pouvaient emprunter de l'argent à la
Banque fédérale à 5% et le reprêter sur le marché à court terme au taux
de 12%. C'est ce qu'elles firent en fait. Ce fut probablement
l'opération d'arbitrage la plus profitable de tous les temps".
C'est très exactement ce que font les banques actuellement; et elles
s'enrichissent sur le dos d'Etats comme la France qui ont abandonné un pouvoir souverain de la plus haute importance, le pouvoir
de création monétaire.
Comprendre la dette publique en quelques minutes, c'est le titre de la
petite vidéo que l'on peut découvrir ci-dessous. Cette vidéo qui traite
d'un sujet assez délicat, la création monétaire, a réussi un coup de
maître, puisque les explications très pédagogiques qui y sont
présentées ont déjà été vues plus de 230000 fois depuis leur mise en
ligne le 27 septembre 2011. Il faut dire que la question de la dette,
et en particulier de la dette souveraine de nombreux états est
au coeur de l'actualité depuis déjà pas mal de temps.
La vidéo explique donc le système bancaire, fondé sur les réserves
fractionnaires, la création monétaire par le crédit et le fait que la
création monétaire est aujourd'hui complètement privatisée. C'est là le
coeur du problème. Il suffirait que les hommes politiques reprennent le
contrôle de la création monétaire (abandonné par la France pour
d'obscures raisons en 1973) pour mettre immédiatement un terme à la
crise des dettes souveraines. Concrètement, cela signifie que les
nations doivent reprendre la possibilité de s'accorder elles-même des
lignes de crédit à zéro pour cent sans
passer par le biais des marchés financiers. Cette réforme
est très facile à mettre en oeuvre. Il suffit d'avoir la volonté
politique de la faire. Mais les hommes politique le
veulent-ils vraiment ? Les faits montrent que ce n'est pas le cas.
Vidéo : comprendre la dette publique en quelques minutes
Statistique sur la vidéo comprendre la dette publique
Max Kaiser est un analyste financier américain qui produit le
désormais fameux "Kaiser Report" : le Kaiser report est
une revue de presse de la situation économique et financière
américaine et internationale. Au cours de ces revues de presse, qui
puisent des extraits dans diverses sources (vidéos, sources
officielles, extraits de journaux, déclarations de diverses
personnalités), Max Keiser et Stacy Herbert commentent avec un style
inimitable les faits et rumeurs économiques. L'extrait vidéo
ci-dessous, rapidement traduit en français donne un aperçu du "style
Kaiser", qui est un mélange d'explications sérieuses, souvent imagées,
et d'humour. Le ton léger contraste avec la gravité du propos.
Cet extrait date du 26 septembre 2011.
Il est question dans cette vidéo de l'opération twist,
conduite par la Réserve Fédérale américaine, de la hausse du dollar qui
a suivi et de la baisse des cours
de l'or et de l'argent. On pourra découvrir au passage une
autre star du web dans le domaine de l'analyse
financière, Marc Faber, connu sous le nom de "Monsieur
Catastrophe" car il est réputé comme particulièrement pessimiste (ou
réaliste) sur la situation économique mondiale. Max Kaiser et Marc
Faber sont sur la même ligne globale : ils pensent que les monnaies de
papier imprimées sans limites par les banques centrales et en
particulier par la Réserve Fédérale américaine (avec ses fameux
"Assouplissements Quantitatifs", les "QE") conduisent inéluctablement à
une dépréciation monétaire. Le fait que le dollar ne soit plus arrimé à
l'or depuis 1971 (voir cette vidéo : Nixon
et l'or) a largement contribué à ces dérives, en alimentant
les unes après les autres des bulles financières qui finissent toujours
par éclater.
Vidéo : Max Kaiser commente la politique monétaire américaine
L'opération twist ayant échoué, la FED va sans doute faire
fonctionner la planche à billets
Le patron de la Réserve Fédérale américaine Ben Bernanke a déclaré hier
qu'il était prêt à lancer des mesures de politique monétaire non
conventionnelles si la situation de l'économie américaine devait encore
s'aggraver.
Pièce américaine de 5 dollars or
"Nous ne
voulons pas de déflation" (B. Bernanke 28-09-2011)
Ben Bernanke a déclaré ceci : "Si l'inflation tombait trop bas,
il faudrait que nous y apportions une réponse car nous ne voulons pas
de déflation", lors de la séance de question suivant une
intervention publique à Cleveland. Le spectre de la crise de 1929 pèse sur cette
année 2011.
Ce matin Jean-Pierre Jouyet, président de l'autorité des marchés
financiers, était l'invité de Patrick Cohen dans le 7/9 sur France
Inter (8h20 - 23 septembre 2011).
Il a été question du vent de panique qui a une nouvelle fois soufflé
sur les marchés financiers, la Bourse de Paris lâchant plus de 5%
jeudi, ce qui correspond à une perte de 40 milliards d'euros de
capitalisation boursière. La bourse de Paris est au plus bas depuis
deux ans et demi.
Une situation "très préoccupante"
Crack boursier rampant et risques de crise systémique
Il y a quarante ans jour pour jour, le 15 août 1971, le président des Etats-Unis Richard Nixon suspendait la convertibilité du dollar en or, mettant ainsi fin au système monétaire international de Bretton Woods, qui datait de 1944.
Dans la vidéo ci-dessous, on peut découvrir l'annonce (sous-titrée en français) par Nixon de la fin de la convertibilité du dollar en or mais aussi toute une série de mesures destinées à contrer la crise du dollar.
15 août 1971 : Nixon annonce la fin de la convertibilité du dollar en or
Les conséquences de cette décision ont façonné le monde d'aujourd'hui
"Quand le dollar nous tue", c'est le titre d'un petit livre d'Edouard Tétreau paru aux éditions Grasset en mai 2011.
Il s'agit d'un livre court (123 pages) qui se lit assez vite mais qui contient quelques idées intéressantes sur l'état actuel du système monétaire international. L'idée principale se trouve dans le titre du livre : le dollar, depuis qu'il n'est plus arrimé à l'or, matière tangible qui permettait de limiter les déséquilibres monétaires et commerciaux entre les nations, le dollar, donc, est créé ex nihilo.
C'est ce que recouvre l'expression "Quantitative Easing 2 - QE2" : la Réserve Fédérale américaine se crédite de 600 milliards de dollars. Autrefois on aurait dit que la FED avait fait fonctionner la "planche à billets". Cette création monétaire a lieu sans contrepartie tangible. Mais il faut noter ici immédiatement que l'essentiel de la création monétaire est le fait des banques privées par le biais du crédit, et que cette création monétaire échappe aux seules Banques Centrales (qui peuvent partiellement la contrôler par le biais des taux d'intérêt).
Pièce de 20 dollars or de 1924. Valeur actuelle : environ 1500 dollars
20 dollars or. Valeur faciale initiale : 20 dollars. Valeur actuelle : environ 1500 dollars. Soit 7500% d'augmentation.
Bien que la convertibilité du dollar en or ait été suspendue en 1971, le dollar a conservé sa position d'Etalon monétaire international. C'est en dollar que les échanges internationaux sont libellés, notamment dans le cas des matières premières agricoles, mais aussi des métaux de toutes sortes, ou encore bien sûr du pétrole.
Le dollar a donc perdu son arrimage à l'or, mais pas son statut de monnaie de réserve internationale. Tout pourrait fonctionner sans problème si le dollar était une monnaie neutre, mais il n'en est rien. Le dollar est un instrument politique aux mains d'une nation particulière et il est utilisé pour défendre les intérêts de cette nation particulière. La politique monétaire des Etats-Unis est d'ailleurs tout à fait claire : son but est de permettre le plein emploi et la stabilité des prix (les prix sont considérés comme stables quand l'inflation ne dépasse pas 2%). Or la création monétaire débridée de l'Amérique après la crise de 2008, la création de dollars ex nihilo a eu comme conséquence une forte inflation à l'échelle mondiale, du fait du statut de monnaie de réserve et d'étalon des échanges internationaux joué par le dollar. L'Amérique exporte son inflation dans le monde entier. D'où le titre du livre, "Quand le dollar nous tue". Ce titre un peu caricatural signifie que le dollar c'est leur monnaie mais notre problème.