Né à Saint-Amand le 7 mars 1790, mort à Paris le 5 juillet 1854.
D'un père médecin, élève du lycée de Bourges, puis, à partir de 1810, de l'École normale supérieure, bientôt professeur au lycée Louis-Le-Grand. Nommé à l'Institut par l'ordonnance du 21 mars 1816 qui pourvoyait au remplacement des régicides exclus de l'Académie. Choisi par Guizot la même année comme suppléant de son cours d'histoire moderne à la Sorbonne, il fut, à la mort de Millin, nommé par ordonnance royale du 26 août 1818 conservateur des médailles et pierres gravées du Cabinet des médailles (alors que Mionnet, le premier employé du Cabinet, était le premier sur la liste soumise au ministre de l'intérieur). Laissant à Mionnet le soin des travaux scientifiques, il ne s'intéressa qu'aux acquisitions et se consacra surtout à la chaire d'archéologie de la Bibliothèque. Nommé chevalier de la Légion d'honneur par ordonnance du 1er mai1821, il fut élu en 1830 vice-président du conservatoire de la Bibliothèque, poste créé par l'ordonnance royale du 2 novembre 1828. Deux affaires allaient toutefois entacher sa réputation : celle du trésor de Berthouville et celle du grand vol de 1831. Dans la première affaire, devançant Charles Lenormant qui intervenait pour le Louvre, il agit avec Rollin, marchand de médailles et d'antiquités au Palais-Royal, un des principaux partenaires du Cabinet, confondant les intérêts du marchand et ceux du Cabinet, sans certainement en retirer un profit personnel. L'opinion publique le rendit responsable du vol de 1831 qui fut un vrai désastre pour le Cabinet. Déconsidéré, ces affaires portèrent un coup fatal à son ascension. Candidat à deux reprises à la direction de la Bibliothèque, en 1838, et en 1839, il lui fut à chaque fois préféré Jomard. De plus, en 1832 avaient été créés deux postes nouveaux au Cabinet, celui de second conservateur et celui de second conservateur-adjoint auxquels furent nommés respectivement Letronne et Lenormant. De 1832 à 1848, Letronne s'employa à le déconsidérer. Raoul-Rochette fut victime de la chute de Louis-Philippe en 1848. Il fut révoqué par Carnot, ministre de l'instruction publique du nouveau gouvernement. Il conserva toutefois sa chaire d'archéologie à la Bibliothèque, mais ne revint jamais au Cabinet.
G. Perrot, Notice sur la vie et les travaux de Désiré Raoul-Rochette, Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1906, p. 638-701.
Source : BNF Cabinet des Médailles
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